DU SANG : FIBRINE
mine, car il en contient à peu près 1/10% proportion qui se rencontre assez rarement dans les autres liquides de l’économie. De cette albumine, une faible partie (2 à 3 gr. de fibrine sèche1 pour 1 litre de sang) est spontanément coagulable : c’est la fibrine . L’autre partie (70 à 75 gr. pour 1 litre de sang 2) est l’albumine proprement dite, qui ne se coagule que parla chaleur ou les réactifs.
La fibrine est la cause ou, pour mieux dire, le produit de la coagulation du sang, c’est-à-dire de ce phénomène bien connu par lequel, dès sa sortie des vaisseaux, le liquide sanguin se solidifie en une masse qui présente l’aspect d’une gelée. C’est la fibrine seule qui se coagule dans ce cas et forme une espèce de réseau dans lequel sont emprisonnés les autres éléments du sang et notamment les globules. Ce n’est pas à dire pour cela que la fibrine se constitue en fibre, comme son nom semblerait l’indiquer ; elle forme plutôt une espèce de masse spongieuse qui contient, dans ses mailles toutes les autres parties du sang; puis, la coagulation se prononçant de plus en plus, la partie liquide se trouve exprimée sous forme de sérum, liquide limpide ou un peu opalin qui contient l’albumine et les divers sels du ïiquor ; la masse coagulée, et qui surnage, forme le caillot. Le caillot ne doit pas être confondu avec le cruor, puisque c’est la fibrine englobant le cruor : le mot sérum n’est pas non plus synonyme de ïiquor , puisque c’estle ïiquor moins la fibrine.
On ne connailpas bien les circonstances qui favorisent la coagulation du sang. Le froid la retarde, le contact de l’air l’accélère, et le battage, que l’on emploie pour défibriner le sang, n’agit pas autrement qu’en rendant plus intime et plus étendu le contact de l’air et de la fibrine, d’où rapide coagulation de celle-ci, qui s’attache sous forme de filaments à l’instrument employé pour battre le sang. Les globules paraissent aussi jouer un certain rôle dans ce phénomène,
J. 15 gr. de fibrine humide.
2. 70 à 75 gr. d’albumine sèche, c'est-à-dire à peu près 481 d’albumine humide. (Voy. ltobiri, Leçons sur les humeurs normales et morbides., 1874, p. 55 et 60.)
k rss et du val, Physiologie. jj
SANG ET CIRCULATION
et hâter par leur présence la solidification de la fibrine, et nous avons vu en effet, précédemment (ci-dessus, p. 213), que d’après Hayemla fibrine serait produite par la décomposilion des hématoblastes. On sait que cette coagulation est retardée par le mélange au sang de substances telles que le sucre, un sel ou un alcali. Dans ce cas un certain nombre de globules échappent à l’action enveloppante de la fibrine et colorent le sérum en rouge, tandis que le caillot
est plus pâle et peut même être tout à fait blanc dans ses couches superficielles ( couenne ) : ces
couennes fibrineuses se rencontrent aussi dans certaines conditions pathologiques, par exemple chez les pneumoniques, où l’on voit l’éponge fibrineuse enfermant les globules recouverte d’une couche de fibrine simple, blanchâtre, lardacée, couenneuse en un mot, et renfermant à sa partie inférieure les globules blancs, qui, vu leur légèreté, tendent à monter à la superficie du liquide, tandis que
Fig. 50. — Tableau schématique d’un sang coagule avec couen-
ne
les rouges tombent au fond du
liquide (fig. 50). Ce phénomène peut avoir deux causes différentes, et même indépendantes d’un excès de fibrine : ou bien les globules sanguins (rouges) sont devenus spécifiquement plus lourds, ou bien la coagulation est plus lente. Dans le premier cas, ils n’occupent pas le même niveau du liquide que la fibrine qui surnage et se coagule à part ; dans le second, ils ont le temps de se précipiter pendant que la fibrine se coagule lentement. Chez les chele sang coagulé présente toujours une couenne C
vaux,
1 . La question de la coagulation du sang soulève encore tous les jours quantité de travaux qui n ont pu cependant nous donner cn-
* a, Niveau du liquide sanguin; — c, couenne ayant la forme d’une coupe; — l, croûte granuleuse avec les amas granuleux, puriformes des globules blancs; — r, caillot avec es globules rouges (cruor et caillot rouge). (Virchow,. Pathologie cellulaire.)