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ESTOMAC — SES MOUVEMENTS

de déglutition, le contenu de l'estomac du cardia au pylore et de Là dniis l'intestin, sont excessivement douces et lentes, car on a vu Se faire sans accidents cette sorte de déglutition de corps très aigus, durs et blessants. Ces contractions résultent d'un réflexe succédant à l'impression des matières sur la surface stomacale, et paraissent ainsi produire une espèce de triage entre les substances qui doivent séjourner plus ou moins longtemps dans l'estomac. En même temps, ces contractions de l'estomac impriment, aux matières qui y séjournent, une sorte de brassage, qui les mêle intimement au suc gastrique, en les ramenant successivement de la surface vers le centre de la cavité, selon une marche indiquée par les ilèches de la figure 100.

Diverses expériences semblent montrer que les liquides ne s'accumulent que peu dans l'estomac, même pendant le repas, et souvent on ne trouve pas de différence bien considérable du contenu stomacal chez un individu qui a bu ou chez celui qui s'est abstenu de boire en mangeant. C'est qu'en effet il règne sur les faces antérieure et postérieure de l'estomac des fibres parallèles à la petite courbure, situées à quelque distance d'elle, et se continuant d'une face à l'autre au-dessous du cardia et du pylore (fig. 101) ;

Fig. 101. — Fibres musculaires (obliques) de l'estomac (cravate de Suisse) *.

Fig. 102. — Effets de la contraction de la cravate de Suisse **.

ces fibres forment donc une espèce d'anneau elliptique (cravate de Suisse), de sphincter, qui, en se contractant, divise l'estomac en deux portions

* L'estomac a été retourné et les bandes musculaires mises à nu en enlevant la muqueuse : — 1, fibres musculaires de l'œsophage; — 2, 3, fibres circulaires de l'estomac; — 5, cravate de Suisse.

** A, Coupe verticale de l'estomac à l'état de repos; — m, *n, cravate de Suisse; — B, contraction de ces faisceaux [musculaires (m' m'), rapprochant, dans le sens indiqué par les flèches, les points correspondants de la paroi de l'estomac, de façon à diviser sa cavité en deux, loges (S et L)

(fig. 102). qui sont : la région de la grande courbure ifig. 102, S), hermétiquement close, et la région de la petite courbure, constituant un canal qui va du cardia au pylore: ce canal fig. 102, L se produit lors de la

glutition des liquides, et ceux-ci le suivent, de sorte qu'on peut dire que leur déglutition se continue depuis le pharynx jusqu'au duodénum, sans qu'ils entrent a proprement parler dans l'estomac l. C'est ainsi qu'on a pu constater, chez une personne qui présentait une communication anormale du duodénum avec le côlon, des selles liquides presque immédiatement après l'iugestion d'un verre d'eau; l'eau arrivant, immédiatement après sa déglutition, dans le gros intestin, y produisait l'effet d'un lavement.

En expérimentant sur l'estomac des suppliciés aussitôt après la mort. Laborde (Société de Biologie. 9 avril 1887) a vu que. quand on provoque une contraction énergique de la musculaire, « il se produit un étranglement considérable entre le cul-de-sac et la petite courbure, divisant la cavité de l'organe en deux loges, dont l'une correspond et lait suite à l'ouverture cardio-œsophagienne et à la petite courbure, l'autre au cul- de- sac et à la grande courbure... Le siège de cet étranglement est exactement celui du faisceau de fibres elleptiques. dites, a cause de sa disposition, cravate de Suisse, et c'est évidemment à l'action ce ces fibres qu'il faut attribuer cet effet remarquable qui ressemble a l'action d'une sorte de sphincter... Ainsi s'expliquerait le passage rapide, presque intantané des liquides dans l'intestin, ainsi que l'on peut s'en assurer cbez les animaux au moyen d'une fistule duodénale... »

Tels sont les faits expérimentaux ; nous devons ajouter que la théorie

{ V.R. Larger, Essai critique et expérimental sur les

il et u ■ quelques-uns en particulier (estomac. Thèse de Strasbourg, 1-:'.'. :. 2Ô2.

Page 59 : « Nous avons eu la bonne fortune d'observer la contraction des libres obliques de l'estomac, que nous n'avons jamais réussi à provoquer artificiellement. Ce fut chez un chien : nous vîmes un sillon assez profond se

ss ner depuis le cardia jusqu'au coude stomacal, et cela exactement sur le trajet des fibres obliques (cravate de Suisse). En même tenir-. singulière, la petite courbure de l'estomac se bomba d'une façon très notable. Cet état dura un certain temps, au bout duquel tout disparut lentement. Quelques instants après, le même pbénomène se reproduisait. Ce qu'il y eut

remarquable dans ce fait, c'est le relâchement des fi; . - Ladres dans leur portion situ —us de la bande de fibres obliques, tandis

que leur portion inférieur-- était en c atraction. Nous n'avons pas vu un canal complet, en ce sens crue les deux faces de l'e^oinac ne se sont pas rejointes intérieurement sous l'influence de la contraction des fibres obliques. Mais les liquides eussent parfaitement pu passera", pylore au cardia ou inversement sans se mélanger aux aliments contenus dans la portion cardianie. car celle-ci était fortement resserrée sur ce contenu, et empêchait par cette étreinte ce dernier, s 'it de sortir, soit de se laisse] . trer par un liquide.

« Ce fait donne raison à l'hypothèse e.m-e par Luschka et par M. le professeur Kùss, dans son cours, hypothèse qui donne aux fibres obliques de l'estomac le pouvoir d'établir dans certains cas une communication directe entre les orifices cardiaque et pylorique. »

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