ESTOMAC — VOMIS8EMENT
qui en résulte n'a généralement pas plu aux médecins. A. Paris, notamment, en a présenté une réfutation basée sur <l<-s considération! mécaniques el non sur de nouvelles expériences (De l'action des fibres obliques de Vestoma ■: Progrès médical \ juin I887,p. 108), et invoquant surtout • considérations cliniques, à savoir la dilatation de L'estomac des buveurs, et l'illogisme qu'il y aurait à prescrire, aux repas, des eaux minérales, eaux alcalines par exemple, afin de modifier le suc gastrique, si ces liquides ne «levaient pas B*arrêter dans l'estomac et se mélanger a ce suc.
Vomissement. — A part ce fonctionnement particulier du collier musculaire placé le long delà petite courbure, le rôle méca nique des parois musculaires de l'estomac est, avons-nous dit, très peu considérable. Aussi dans les mouvements de régurgitation, dans le vomissement^ l'estomac est-il à peu près passif; il vide son contenu sous l'influence delà pression exercée par le diaphragme et par les muscles des parois abdominales.
Tout le monde connaît l'expérience dans laquelle Magendie ayant enlevé l'estomac à un chien et mis à la place une vessie pleine d'eau en communication avec l'cosophage, put, après avoir recousu les parois abdominales, voir l'animal rejeter par des efforts de vomissements (après injection d'émétine dans les veines) le contenu de cette vessie, par le seul effet de la presse abdominale et diaphragmatique.
Cependant les recherches récentes de Schiff ont montré que la tunique musculaire de l'estomac, si elle n'agit pas pour produire V effort du vomissement, pour projeter au dehors le contenu du viscère, agirait du moins pour en favoriser la sortie. A cet effet, les fibres longitudinales de la région cardiaque se contractent, et, redressant leur courbure, dilatent l'orifice correspondant. Les efforts de vomissement n'aboutissent que si la presse abdominale se produit en même temps que cette dilatation cardiaque. Le pneumogastrique préside à l'association de ces mouvements i.
Le vomissement est un réflexe comparable à celui de Yétemuement (V. p. 70). Quant aux agents qui le provoquent, ils peuvent porter leur action sur les centres nerveux soit directement, soit par
1 M. Schiff, Leçons sur la Physiologie de la digestion, 1867, t. II, 37e leçon.
Et en effet le professeur Sappey a démontré que les fibres Longitudinales de sophage, eu se continuant avec celles de l'estomac, décrivent autant de courbes qui regardent le centre de l'orifice par leur convexité, et qui toutes ont manifestement pour résultat, en se contractant et se redressant, de dilater cet orifice. Sur un berger qui avait été éventré par un taureau, on a pu voir, à chaque effort de vomissement, l'œsophage entrer brusquement et violemment en contraction, et à chacune de ces contractions, le cardia s'entr'ouvir et une certaine quantité d'aliments le traverser.
l'intermédiaire de divers nerfs sensitifs comme le pneumogastrique et le glosso-pharyngien. Ceux qui agissent par ce dernier nerf sont dits nauséeux (V. Sens du goût, le glosso-pharyngien, nerf nauséeux), les autres sont des vomitifs purs. Du reste, les deux actions se trouvent d'ordinaire réalisées dans une même substance; cependant il n'y a aucun doute que dans certains médicaments l'action nauséeuse ne soit due à un principe différent de celui qui produit l'action vomitive pure. Ainsi, dansl'ipécacuanha, l'action nauséeuse est due à une substance odorante (séparable par l'éther), et l'action vomitive est due à Yémétine (séparable par l'alcool) (Magendie). L'émétine agit directement sur les centres nerveux (Expérience célèbre de Magendie, provoquant le vomissement par injection d'émétique dans les veines), et sur la muqueuse gastrique, sur ses filets sensitifs, tandis que la substance nauséeuse, agissant sur les filets de la sensibilité spéciale (glosso- pharyngiens et olfactifs), fait vomir au moment d'être ingérée ou même avant de l'être l. Le centre réflexe du vomissement est dans le bulbe. On admet généralement que, dans le mal de mer, les nausées et le vomissement sont dus à un trouble de la circulation bulbaire.
II. Sécrétion gastrique ; chimisme stomacal. — L' ' èpithèlium-cylindrique de l'estomac joue d'abord vis-à-vis de ce viscère un rôle protecteur; c'est lui qui empêche que cet organe ne se digère luimême; mais dès que l'épithélium est entamé en un point quelconque, le suc gastrique agit sur les parties sous-jacentes des parois stomacales et il s'y produit une érosion que l'on connaît en pathologie sous le nom d'ulcère rond. Cet épithélium, ici comme sur tant d'autres surfaces (vessie, par exemple), s'oppose à l'absorption ; il est, en effet, prouvé que, malgré ses nombreux vaisseaux sanguins et lymphatiques, l'estomac n'absorbe que peu ou pas. Outre les expériences qui ont prouvé qu'un cheval auquel on a lié le pylore n'est pas empoisonné par l'ingestion d'une dose considérable de strychnine (expériences deBouley)2, on a observé des cas analogues chez l'homme. Ainsi, chez un homme atteint d'une oblitération du pylore, la sensation de soif persistait malgré la déglutition d'une grande quantité d'eau, et l'autopsie a prouvé que la muqueuse de l'estomac était, du reste, parfaitement normale ; par contre, la soif était calmée par l'injection d'eau dans le rectum. Dans un autre cas, nous avons vu un malade ne ressentir aucun des effets calmants de l'opium ingéré, parce qu'une cause inconnue empêchait que le
1 V. J. Grasset, De la Médication vomitive, thèse de concours, Paris, 18~.5.
2 Bouley, Bulletin de V Académie de médecine, 1882, t. XVII.