MOUVEMENTS DE L'INTESTIN
Le pancréas paraît n'avoir pas seulement pour fonction de produire le suc pancréatique versé dans l'intestin; il produirait aussi un ferment parti sulier qu'il verserait dans le Bang qui le traverse, (,t fonctionnerait ainsi comme une véritable glande vasculaire sanguine. Cette fonction nouvelle du pancréas esl en rapport ave.' l'utilisation des glycoses par l'organisme, et sa suppression produit une glycosurie ou diabète. Nous ne pourrons donc traiter cette question que plus loin, après avoir appris à connaître la fonction glycogénique du foie, et les diverses transformations des glycoses dans l'organisme (voirie chapitre Nutrition).
2° Mouvements de l'intestin. — Les aliments ainsi modifiés par les
sucs entérique et pancréatique parcourent le canal de l'intestin
île sous l'influence de ses mouvements péristaltiques. Ces mou-
aents, à l'état normal, sont toujours lents, faibles, et s'ils s'exa-
ent, ils produisent les douleurs connues sous le nom de coliques.
- contractions sont réflexes ; on les voit s'exagérer surtout dans
les cas pathologiques. Ainsi certains purgatifs agissent surtout en
exagérant ces mouvements, telles sont les huiles et en général les
substances végétales; les purgatifs salins, au contraire, agissent
surtout en amenant l'hypersécrétion des glandes de Lieberkiihn,
d'où une diarrhée séreuse, sans colique.
Tout mouvement pêristaltique résulte de la contraction de la tunique musculaire transversale, et de la tunique longitudinale ; les fibres circulaires ou transversales se contractent en arrière des matières qu'elles chassent devant elles ; les fibres longitudinales raccourcissent la portion de canal dans laquelle les matières vont igager, et l'amènent au-devant d'elles. Nous retrouverons, dans la défécation, des muscles circulaires et des muscles longitudinaux, agissant de même pour chasser les matières fécales; nous avons vu de même, dans le pharynx, des muscles circulaires (sphincters) et des muscles longitudinaux (stylo-pharyngiens), ces derniers produisant l'ascension du pharynx, c'est-à-dire l'amenant au-devant du bol alimentaire. C'est donc toujours par un mouvement pêristaltique que se fait la progression des matières, dans le tube digestif, de la bouche à l'anus. Quand le mouvement, dans l'intestin, se fait en sens inverse, on dit.qu'il est antipéristattiqùe.
Sur un animal dont on a ouvert l'abdomen, l'exposition de l'intestin à l'air y provoque des mouvements péristaltiques et antipéristaltiques très actifs, qui, vu l'aspect qu'ils présentent, sont dits mouvements vermiculaires.
La marche des matières paraît être rapide dans les deux premières parties de l'intestin grêle (duodénum et jéjunum) ; ce n'est que vers Y iléon que la marche paraît se retarder et que les aliments s'accumulent, de sorte qu'à la fin de l'intestin grêle on
les trouve entassés. Gomme pendant ce trajet les matières alimentaires sont soumises à Y absorption, on peut dire que leur marche se ralentit à mesure que leur consistance augmente et que leur quantité diminue.
Résumé. — Les aliments sont destinés à réparer les pertes de l'organisne et à fournir les matériaux nécessaires à la production de diverses forces (chaleur, travail mécanique, etc.). On peut diviser les aliments en trois classes : minéraux, hydrocarbures, albuminoïdes. La division de Liebig (en respiratoires et plastiques) ne peut plus être admise aujourd'hui, du moins telle que la concevait Liebig.
La digestion a pour but de transformer les aliments de manière à les rendre absorbables par la muqueuse intestinale. Ces transformations sont le résultat d'actions mécaniques et chimiques qui se passent successivement dans la bouche, l'estomac et l'intestin.
A. Dans la bouche, les aliments sont divisés par la mastication et imbibés d'eau par la salivation. La salive parotidienne sert surtout à la mastication, la sous -maxillaire à la gustation, la sublinguale à la déglutition. La salive mixte agit de plus chimiquement sur l'amidon, qu'elle transforme en sucre, au moyen d'une substance albuminoïde, ferment soluble, qu'elle renferme, la ptyaline ou diastase animale.
B. La déglutition nous montre, dès son deuxième temps, un exemple du mouvement dit pêristaltique, c'est-à-dire par lequel le bol alimentaire progresse dans un canal musculaire, grâce à la double action des fibres circulaires qui le chassent en avant et des fibres longitudinales qui amènent au-devant de lui la partie du canal dans laquelle il va s'engager. La déglutition est un phénomène réflexe. Pendant qu'elle s'accomplit, l'arrière -cavité des fosses nasales est fermée par le jeu des piliers postérieurs du voile (muscles pharyngo-stapliylins, constituant un véritable sphincter) ; l'orifice du larynx est fermé par le renversement de Y épiglotte, dont toutefois la présence n'est bien utile que pour la déglutition précipitée des liquides.
G. Estomac. — Disposition de fibres musculaires permettant aux liquides de passer directement du cardia au pylore; question de l'absorption stomacale très controversée; pour beaucoup de physiologistes, Y estomac absorbe les liquides; pour d'autres (expériences sur les chevaux), il est réfractaire à toute absorption.
Dans le vomissement, l'estomac esj à peu près passif; il n'agit que pour favoriser la sortie par le cardia des matières qui sont expulsées par la presse abdominale et diaphragmatique.
Le suc gastrique, sécrété par les glandes dites pepsiques (par opposition aux glandes dites muqueuses), est un liquide clair, incolore, d'une densité de 1001 a 1010, d'une réaction acide. Il contient comme éléments actifs : 1° une substance coagulable (albuminoïde), la pepsine, ferment soluble, qui a pour effet de transformer les albumines en peptones, mais qui n'agit qu'en présence de : 2° un acide : l'acide chlorhydrique, en partie libre et en partie combiné avec matières organiques ; la production
AlïSOHITlON
de cet acide se t'ait par dea actes complexes, qu'on désigne bous Le nom chimisme stomacal; on trouve aussi dea acides organiques (acide lactique, etc.); i's &e *ont Paa sécrétés par la muqueuse gastriqu . proviennent de la fermentation des aliment-.
Quantaux résultats de la digestion stomacale^ nous adoptons l'opinion qui attribue au suc gastrique une action plus complexe que de réduire les aliments en une bouillie plus ou moins épaisse (chyme). Lesuu gastrique lie les substances albuminoïdes et les transforme en pepton
Le s "ique achève eette transformation.
Le suc pancréatique agit a la fois : 1° sur les albuminoïdes, qu'il achève de transformer en peptones ; 2° sur l'amidon, qu'il transforme en glucose; 3° sur les graisses, qu'il met dans un état à'émulsion persistante
dont il dédouble peut-être une faible proportion.
Quant a la bile, nous la considérons comme agissant surtout pour favoriser Y absorption des produits de la digestion (voy. ci-après)