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II. — Phénomènes d'échanges au niveau de la peau

Les échanges peuvent se faire de dehors en dedans (absorption), ou de dedans en dehors (sécrétion- .

A. Absorption. — L'absorption par la surface cutanée, épidermique, est une question encore en litige. Il est vrai que toute une méthode (méthode iatroliptique) d'administration des médicaments suppose l'existence de l'absorption cutanée ; mais il faut remarquer que dans ces cas on altère la peau par des actions mécaniques, par le frottement, comme dans les frictions mercurielles. C'est par une

137. — Schéma d'un bourgeon profond de l'êpiderme, ou formation d'un poil et de glandes sébacées *.

i V. Math. Durai, Note pour servir à l'étude de quelques papilles vasculaires (papilles des poils). (Journal de Vanatomie, 1S73.)

* A. Fond du bourgeon (follicule) ou se forme le iuJbe pileux: — B. B. bourgeons latéraux, origines de deux glandes sébacées; — C, extrémité du jeune poil sortant a peine de son follicule: — 1 et 2. couche de Malpighi : — 3, couche cornée de Pèpiderme.

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action mécanique que Colin arriye à obtenir l'absorption dans une expérience souvent citée: L'eau, chargée de cyanure de potassium, tombant pendant cinq heures sur le dos d'un cheval, n'a-t-elle pas déterminé à la Longue, par la percussion, la destruction de la matière sébacée et l'imbibition du cyanure à travers la peau, ce qui explique l'empoisonnement «lu cheval par l'absorption cutanée *? La question \ raiment physiologique se réduit à savoir si la peau saine absorbe L'eau: sur ce point les anciens répondaient par l'affirmative, niais aujourd'hui tout semble contredire cette manière de voir. Si l'on m- met à l'abri des nombreuses causes d'erreur, on peu constater qu'il n'y a rien d'absorbé après un long séjour dans un bain, et à Vienne, dans des essais d'un traitement des maladies cutanées par une longue immersion, on a conservé des malades plongés dans le bain pendant des semaines et des mois, sans qu'il y ait eu d'absorption sensible, car les malades éprouvaient le sentiment de la soif, et étaient obligés d'ingérer autant de liquide que s'ils avaient vécu entièrement à l'air libre. Les expériences plus récentes de P. Feodorow (Saint-Pétersbourg, 1885) parlent dans le même sens: cet auteur ayant expérimenté avec des solutions aqueuses pulvérisées, arrive même à cette conclusion que la peau humaine normale et intacte n'absorbe pas les substances médicamenteuses fixes, en solution aqueuse, quelles que soient la concentration de la solution, la température et la force de projection du jet. Le peu qui est parfois absorbé s'introduit soit par les points de transition de la peau aux muqueuses, soit par les orifices des glandes sudoripares et sébacées. Il semble que c'est une loi générale des organismes tant végétaux qu'animaux, que l'épiderme s'oppose aux échanges : les écorces végétales, l'épiderme d'un fruit sont très analogues à l'écorce, à l'épiderme animal; or, l'épiderme d'un grain de raisin s'oppose aux échanges et empêche, par exemple, ce fruit de se dessécher tant qu'il est intact ; le peu de dessiccation qui se produit se fait par le pédicule.

Du reste, la structure de l'épiderme est très peu favorable à la pénétration des liquides déposés à sa surface, et l'on se demande comment un tel passage pourrait se faire à travers ces couches corners enduites de matières grasses. Aussi ne peut-on arriver à produire artificiellement quelque absorption que par des détours : on emploie comme véhicule des corps gras (pommades), qui?alors se mêlent facilement aux corps gras de l'épiderme; ou bien, pour faire pénétrer des liquides aqueux, on savonne soigneusement la

* V. G. Colin, Physiologie C0niparèe\des animaux domestiques, 1873, t. II, p. 1?3.

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peau de façon à la dégraisser aussi complètement que possible;

encore, malgré cette dernière précaution, n'obtient- on que absorptions presque nulles. Nous arriverons donc à dénier à peu près complètement à la peau le pouvoir d'absorber. Quand on veut faire pénétrer par cette surface une substance dans l'organisme, il faut la déposer dans les couches profondes de l'épiderme, dans la •couche de Malpighi, qu'il n'est pas nécessaire de dépasser: il suffît, par exemple pour la vaccine, que la substance (lymphe vaccinale» • soit déposée au contact de ces couches globulaires éminemment vivantes et impressionables : c'est ce procédé qui tend à se généraliser aujourd'hui et qu'on appelle méthode endermique, quoiqu'elle pût être mieux caractérisée dans certains cas par le mot enépidermique.

La peau est perméable aux gaz : on connaît l'expérience de Bichat qui démontre que la surface cutanée d'un membre plongé dans des gaz putrides, les absorbe, de sorte que ceux-ci. transportés dans l'organisme, sont ensuite éliminés par la partie inférieure du tube digestif. La facile absorption des gaz par la peau a porté ■quelques auteurs à n'admettre d'absorption cutanée que pour les substances volatiles. D'après Rabuteau, si l'on trouve del'iodedans les urines après s'être frictionné avec une pommade renfermant un iodure. ou après avoir porté une chemise trempée dans l'iodure de potassium, c'est que les acides des graisses, qui rancissent à la longue, et les acides de la sueur, ont mis en liberté l'iode qui. étant volatil, a été absorbé par la peau. Chez les batraciens, cette pénétration des gaz par la peau prend une grande importance fonctionnelle, car il y a chez ces animaux une véritable respirât ion cutanée, qui peut suppléer la respiration pulmonaire. De même chez les mollusques.

B. Sécrétions. — La peau, au contraire, est admirablement disposée pour les sécrétions, puisqu'elle est le siège de constantes végétations et chutes cellulaires, etquec'e^ là ce qui constitue l'un •des mécanismes des sécrétions. La desquamation furfuracée peut <léjà être considérée comme une sécrétion diffuse ; mais le phénomène sécrétoire se localise d'une manière plus nette sur les glandes ■sudoripares et les glandes sébacées, dontlasécrétion mammaire •est une forme très exagérée.

Ces organes sécréteurs se forment, selon le mode ordinaire, par végétation, vers la profondeur, des éléments cellulaires de la couche de Malpighi i tig. 138). Tantôt cette végétation se fait sous la forme d'un tube qui s'enfonce profondément, traverse tout le derme, et. arrivé au niveau du panniculç adipeux, ne pouvant aller plus loin, .s'enroule sur lui-même et continue ainsi à végéter jusqu'à ce qu'il

ait produit un petit glomérule : c'est le peloton de la (/lande sudoripare(V. fig. i 40). D'autres fois et surtout ;mx dépens du follicule pileux, ilse produit une végétation plus large, mais moins profonde,. et qui se termine par des A.

culs-de-sac courts et arrondis; ce sont les glandes sébacées (fig. 135) ; une végétation semblable, mais bien plus considérable, produit les éléments se

créteurs de

mammaire.

la glande

"•Fig. 13S.

Développement des glandes sudoripares *. '

1° Glandes sudoripares et sueur. — Les glandes sudoripares sont très nombreuses : d'après certaines appréciations, il n'y en aurait pas moins de deux à trois 'millions de répandues à la surface du corps *; elles y sont irrégulièrement disséminées, s'accuimilant surtout vers les plis de la surface cutanée: à la région de l'aisselle, par exemple,, elles forment comme une couche rougeâtre continue: mais elles manquent totalement sur la surface interne du pavillon de l'oreille, tandis que dans le conduit auditif externe elles constituent un anneau de glandes grosses et serrées (glandes céru mineuses).

Le tube qui compose ces glandes a à peu près le diamètre d'un très fin cheveu : d'abord pelotonné (glomèrule) dans la profondeurdu derme, il se redresse, traverse le derme et se continue par un canal, simple lacune intercellulaire, qui se termine en tire-bouchon à travers l'épiderme (fig. 139 et 140). En moyenne la longueur totale d'un de ces tubes est de 2 millimètres, ce qui donne pour l'ensemble de tous les tubes sudoripares supposés mis bout à bout

i Sur les parties recouvertes par un épidémie mince, Sappey a compté près de 120 orifices de glandes sudoripares par centimètre carre; aux régionsplantaires et palmaires (épidémie épais), elles sont encore plus nombreuses, (près de 3(J0 par centimètre carré). D'après ces calculs, leur nombre total atteindrait deu.c ..t illions.

* A, développement des glandes sudoripares, par suite de la prolifération ver» l'intérieur des cellules du reseau de Malpighi; — e, èpiderme ; — r, réseau de Malpighi; — g, g, prolongement solide représentant le premier commencement de la glande (d'après KôUiker). — B, portion d'un canal de glande sudoripare développée; — t, (, tunique propre ; — c, c, couche èpithéliale.

tégument e::tei<;\e

une longueur totale de 4 kilomètres : on a pu ainsi évaluer que la masse totale de l'appareil sudoripare équivaut à un demi-rein ou au quait de la masse de l'appareil rénal ; ces nombres ne sont pas inutiles à déterminer, afin de comprendre l'importance relative de ces deux ordres d'organes sécréteurs.

Le liquide sécrété par les glandes sudoripares n'a jamais pu être recueilli à l'état de pureté, parce que, en s'étalant sur l' épidémie, il se mêle à d'autres produits venant de cet organe. De même, il est

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