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TÉGUMENT EXTERNE

constitue pour nous un précieux moyen de lutter contre la chaleur, elle offre par suite un grand danger : elle peut en fonctionnant trop, ou mal à propos, amener un refroidissement.

2° Glandes et sécrétion sébacées. — Les glandes sébacées se trouvent sur presque tous les points des téguments; en général ellessont annexées aux poils ivoy. fig. 135), comme nous l'avons dit précédemment ; mais en quelques régions où il n'y a pas de poils, elles peuvent se trouver isolées, comme sur le gland et la face interne du prépuce, sur le mamelon et à l'entrée du vagin : enfin quelques points du tégument, comme la paume de la main, n'offrent ni poils, ni glandes sébacées (mais seulement des glandes sudoripares). Autour des poils, les glandes sébacées forment des culsde-sac multiples, qu'on peut considérer comme des bourgeons du follicule pileux (fig. 135 et 137) et qui entourent le collet du poil quelquefois en si grand nombre qu'ils masquent complètement l'appareil pileux. Ces glandes sont le type le plus simple des glandes en grappe; leur contenu est formé par des cellules épidermiquesdont les plus extérieurs sont bien conformés et identiques aux éléments de la couche de Malpighi; mais, à mesure que ces cellules se rapprochent du centre de la cavité glandulaire, on les voit s'infiltrer de graisse, s'hypertrophier, et finalement se dissocier et laisser échapper leur contenu, espèce d'émulsion de matières grasses et albumineuses. qui remplit la cavité de la glande et est expulsé au dehors ; la sécrétion des glandes sébacées est donc le type le plus simple de la fonte cellulaire, de la sécrétion 7wlocrine( ci-dessus p. 297), et comparer avec la sécrétion de la sueur, p. 520.

Le sébum ainsi produit présente à l'examen microscopique un grand nombre de gouttes huileuses réfractant fortement la lumière, et des cellules épithéliales ; il est formé de 2/3 d'eau ; le reste se compose surtout de matières grasses, de quelques matières extractives et albumineuses, et de quelques sels minéraux. Les matières grasses sont les plus importantes au point de vue physiologique. C'est grâce à elles que le sébum jouit de la propriété d'imbiber les poils d'une certaine quantité de graisse, et d'huiler semblablement toute la surface de l'épidémie, de manière à augmenter son imperméabilité. Quelles que soient les variétés de forme et de disposition des glandes sébacées, leur usage est toujours le même : les glandes de Meibomius, glandes sébacées très allongées, placées dans l'épaisseur des paupières, ont pour usage de graisser le bord libre de ces voiles, et d'empêcher ainsi le produit de la glande lacrymale de se verser sur les joues àl'état normal. C'est ainsi que les cheveux conservent leur souplesse, et que notre peau ne peut être réellement

GLANDES SEBACEES

mouillée ni imbibée par l'eau : el en effet, à la paume des mains et ;i

la (liante des pieds, où il n'y a pas de glandes sébacées, et ot l'épi derme ne reçoit d'autre principe gras que la très faible proportion qu'en contient la sueur, le séjour prolongé dans u ii bain a pour effet d'imbiber et de gonfler la surface de la peau.

Souvent les cellules des glandes sébacées n'atteignent pas régulièrement leur maturité: leur tonte se l'ait mal. le sébum, au lieu d'arriver à l'état d'huile ou de graisse à demi liquide, s'arrête à l'état d'épithélium desquamé : il ne s'écoule plus que difficilement au dehors, et son accumulation dans le caecum glandulaire qu'il dilate produit les kystes sébacés, les tannes, qui peuvent parfois acquérir des dimensions prodigieuses. On trouve dans ces cavités de grandes quantités de matières grasses, et une proportion étonnante de cholestérine cristallisée. (Dans un kyste semblable, contenants kilogrammes de matière sébacée, il y avait 15 grammes de cholestérine.)

3° Mamelle et lait. — La glande mammaire est une réunion de 15 à 20 lobes glandulaires (fig. 141), que Ton peut considérer comme des analogues de glandes sébacées énormément développées, car on trouve toutes les formes de transition entre ces deux ordres de glandes; ainsi dans Y auréole du ^namelon se trouvent d'énormes glandes sébacées, que l'on a nommées glandes lactées erratiques , et qui suivent exactement les variations du développement de la glande mammaire, s' atrophiant et s'hypertrophiant avec elle.

Les nombreux culs-de-sac des glan-

Fig. 141.

— Lobule de la glande mammaire*.

des lactées viennent se réunir en 15 ou 20 canaux qui montent vers le mamelon,

où ils s'ouvrent par autant d'orifices indépendants. La structure de cet appareil est analogue à celle des glandes en général : les culs-de- sacglandulaires sont remplis de cellules analogues à celles des glandes sébacées; mais le revêtement épithélial des canaux galactophores tend à devenir cylindrique. Au moment où ces canaux traversent le mamelon, ils sont plongés dans un tissu connectif sous-cutané très riche en éléments musculaires lisses, transversaux ou circulaires; ces fibres musculaires, qui ne sont qu'une exagération des muscles

r, », v, Vésicules glandulaires formant un lobule par leur réunion.

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lisses normalement annexés au derme, amènent par leur contraction l'élongation et la raideur, en un mot ce qu'on a appelé improprement Y érection du mamelon (voy. p. 509).

Sécrétion du lait ; Colostrum. — La sécrétion diç lait se fait d'après le même type que celle des glandes sébacées, c'est-à-dire par une fonte cellulaire. (V. ci-dessus p. 524.) Dans les premiers temps de la sécrétion, ce mode de production est très facile à constater, car on trouve encore des cellules qui, après avoir subi la dégénérescence graisseuse, ne se sont pas complètement fondues et se présentent sous la forme de cellules contenant de nombreuses gouttes de graisse. Ce sont les globules du colostrum (fig. 142, G). Le colostrum est donc le résultat d'une sécrétion non encore établie ou bien dérangée par une cause intercurrente, comme le retour des règles ou la grossesse chez une nourrice.

Composition du lait. — Quand la sécrétion est parfaitement établie, la fonte cellulaire est complète et extrêmement rapide. 11 ne faut donc pas s'attendre à trouver dans les culs-de-sac glandulaires toutes les formes de transition, comme dans les glandes sébacées, entre la cellule ordinaire, et la cellule qui, graduellement chargée de graisse, est prête à tomber en déliquium. D'après les recherches de Nissen (1886), les culs-de-sac glandulaires sont tapissés d'une seule couche de cellules ; dans chacune de ces cellules le noyau se divise, et, en même temps que le corps cellulaire s'étrangle pour se subdiviser à son tour, des gouttelettes de graisse apparaissent et s'accumulent dans la moitié de cellule la plus voisine delà lumière du cul-de-sac, moitié de cellule qui tombe aussitôt en déliquium ; le corps cellulaire restant adhérent à la membrane du culde-sac, c'est-à-dire l'autre moitié delà cellule primitive, est aussitôt le siège d'une nouvelle division et le processus que nous venons de décrire se reproduit. Il s'agit donc bien d'une sécrétion holocrine. mais dans laquelle l'évolution cellulaire est infiniment plus rapide que dans les glandes sébacées.

Le lait est sécrété en quantités variables, mais on peut en moyenne l'évaluer à llil,300 par vingt-quatre heures. Le lait, dont les caractères physiques (couleur) et organoleptiques (odeur, goût) sont connus de tout le monde, présente, à l'examen microscopique, de petites sphères réfringentes, les globules du lait (B, fig. 142); les dimensions de ces globules varient de 1 à 20 u. Ils représentent des gouttelettes de graisse, lesquelles donnent au liquide sa couleur blanche, car à ce point de vue, le lait n'est autre chose qu'une émulsion, comme celle qu'on prépare en pharmacie sous le nom de lait d'amandes. Ces petites sphères graisseuses contiennent de l'oléine, de la margarine et de la stéarine.

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