I. DU TACT ET DU TOUCHER
Ce sens est un sens complexe, car il nous apprend à connaître : l°la pression que les corps exercent sur nos téguments, et qui se traduit, si elle est faible, par les sensations de contact (tact et toucher proprement dit), et, si elle est forte, par les sensations de pression, de poids; 2° la température de ces corps.
Organes du toucher. — L'organe du toucher comprend tout le tégument externe et une partie des muqueuses, surtout la portion
d'activité musculaire: il leur semblait, par exemple, avoir des crampes dans les orteils qui se fléchissaient brusquement, ou bien ils croyaient sentir leur pied absent se porter en bas. en haut, en dehors. Le fait est des plus importants à noter, car il peut venir à l'appui de la théorie qui admet l'existence de nerfs spécialement consacres à la sensibilité musculaire.
Ajoutons cependant, pour montrer combien la question est controversée, que, dans une étude critique sur ce sujet (Revue philosophique, 1S85). Gley arrive à cette conclusion que le prétendu sens musculaire serait réductible à un ensemble de sensations provenant de la peau, des articulations, de la contraction des muscles eux-mêmes: la disparition de la sensibilité superficielle et profonde entraîne la disparition du sens musculaire.
DU tact OU TOUCHER 539
initiale de la muqueuse digestive (langue, dents). Ces organes se oomposenl des deui parties essentielles de tout tégument, Vèpiderme ou Y èpithèlium^ et le derme : en effel . l«' revêtement épithélialest indispensable pour le toucher, et, si srs éléments cellulaires sont altérés ou détruits, ce sens disparaît en môme temps. (Test répiderme qui, par ses végétations vers l'extérieur, forme des crêtes, des papilles creuses dans lesquelles le derme pénétre pour y amener les vaisseaux et les nerfs. Certaines végétations épidermiques très considérables semblent essentiellement liées à l'exercice du tact : les dents, organes très durs, et recouverts d'une épaisse couche d'épithélium modifié (émail), sont cependant le siège d'un tact très délicat; les chats touchent avec les longs poils de leur museau (V. p. 5l4, Poils tactiles); les insectes ont des tentacules cornées ; la plante du pied est couverte d'une puissante couche d'épiderme corne, et cependant sa sensibilité est exquise à certains égards. Du reste les histologistes ont décrit dans l'épaisseur même de l'épidémie des terminaisons nerveuses, se faisant par de fins réseaux de cylindres-axes ramifiés entres les cellules épidermiques (dans i'épithélium de la cornée notamment, d'après les recherches de Conheim). Nous verrons dans un instant que la peau est sensible aux variations de température ; or, ce sont encore probablement ces terminaisons nerveuses intra-épidermiques qui sont plus spécialement le siège des impressions thermiques.
Mais outre ces terminaisons intra-épidermiques, qui paraissent se faire par des extrémités libres, les nerfs de sensibilité de la peau présentent de véritables organes terminaux. Ce sont les papilles du derme qui contiennent ces terminaisons nerveuses : cependant toutes les papilles ne renferment pas des éléments nerveux, il en est un grand nombre qui ne renferment que des réseaux vasculaires (fig. 143, B, G, D). Les papilles du derme sont elles-mêmes d'autant plus développées que la sensibilité de la région est plus exquise, et à la langue, par exemple, elles deviennent digitiformes ou présentent des divisions très nombreuses. On a longtemps cru que les nerfs viendraient s'y terminer par des anses, mais aujourd'hui qu'on a découvert en beaucoup de points de petits organes terminaux spéciaux, on tend à généraliser cette manière de voir, et, en effet, on trouve tous les jours ces organes dans des ponts où on ne les avait pas encore aperçus. Ces organes terminaux sont de petits corps ovoïdes, corpuscules tactiles (de Meissner et Gagner '), que l'on peut comparer en général à une pomme de
1 Wagner (R.), anatomiste allemand (1805-1864); fut élève de Cuvier, puis professeur à Gottingue.
pm, ou d'o ne forme plus simple, et moins régulière (corpuscule* de
Krav.se. dans la conjonctive), à la base desquels on voit pénétrer un à quatre fileta nerveux, qui paraissent se perdre dans la substance de : g : : uscules ffig. 143. A , après s'être enroulés en un plus ou moins grand nombre de tours à leur surface. Les recherches d'histo- . :e comparée ont montré que ces corpuscules sont formés en réalité de cellules empilées comme des pièces de monnaie (dites Iules de soutien) entre lesquelles sont disposés des renflements
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wim/y-ïîtji-,' :
Fig. 143- — Papilles vasculaires et nerveuses de la pulpe des c, g i '.
terminaux des eylindres-axes. Les corpuscules tactiles du bec du canard domestique, étudiés par Ranvier, présentent cette dispo-
- lion sous sa forme la plus simple, car chacun d'eux est formé seulement [fig. 144) de deux cellules de soutien, superposées, et entre lesquelles e^t dispos»' le disque tactile ou renflement terminal du cylindre -axe de la fibre nerveuse appartenant au corpuscule. D'après leur distribution dans les parties de la peau qui servent
— -. .....: au toucher, on peut considérer ces diverses espèces
corpuscules de Meissner comme les orgai.es terminaux spécialement affectés à la sensibilité tactile.
On observ .. tre, dans la profondeur du tissu connectif
• - ■ - ie - seau de Malpighi ont été enlevas : — A. ;..ipille nerveuse avec
un corpuscule du tact, dans lequel se perdent deux libres nerveuses primitives n : au bas de la papille, on voit de fins reseaux élastiques, r, desquels partent des fibres es e - es a.-mïères et au milieu d'elles se voient des corpuscules du tissu conjonctif : — B. C, O, papilles vasculaires. simples en C. avec ces aiïses de vaisseaux anastomosés en B et en D. A côté de ces vaisseaux se voient des fibres élastiques fines et des : s îles du tissu conjonctif; p, corps papillaire ayant la dire horizontale: — e, éléments étoiles de la peau proprement dite. Gross i - . 10 diatS (W:rci