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MODES DK SENSIBILITE DE LA PEAU

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sous-cutané et du derme, des corpuscules plus volumineux, append us aux tubes nerveux comme des fruits aux branches de l'arbre, et visibles à l'œil nu. Ce sont les corpuscule* de Pacini ' ou de Vater2\ ils sont entourés de plusieurs enveloppes fibreut fîg. 145), et renferment une cavité allongée dans laquelle un ou plusieurs filets nerveux viennent se terminer par des extrémités libres. On les rencontre surtout à la paume de la main, sur le trajet des nerfs collatéraux des doigts: mais on les trouve aussi,

nf. . NE!

IV.. i'ii. — Corpuscules tactiles du bec du canard domestique*.

quoique moins nombreux, sur les nerfs du mésentère, sur les nerfs articulaires, les nerfs des os, et dans l'intérieur même des muscles. Ils paraissent très sensibles à la compression, et c'est sans doute à ce mode de sensibilité que se rapporte leur fonction; ils donneraient, par exemple, suivant le degré de compression qu'ils subissent delà part des muscles, des sensations indiquant la mesure deia contraction de ceux-ci. Ailleurs ils sont soumis à d'autres pressions. Ainsi les corpuscules situés dans les capsules articulaires sont comprimés par les os dans certains mouvements, ou par la tension des -imeiits; dans le mésentère, ils subissent la pression des muscles abdominaux agissant sur les parois des viscères ; sous les téguments, leur situation les dispose favorablement pour recevoir les pressions extérieures.

R'odes de sensibilité de la peau. — Les fonctions du toucher sont d'autant plus développées que les régions considérées sont plus

1 Pariai (L.), anaiomiste italien (1812-1883), professeur à Florence. *-' Vater, anatomiste allemand (1684-1751), professeur à Wittemberg.

« ?i, Tube nerveux à moelle; — CT, cellules île soutien: — N, leur noyau; — d} t, disque tactile; — ET, sa cavité ; — <<, /, ses noyaux; — ;//, :r;iine lainelleuse du corpuscule;— E, épidémie (I, p, sa limite inférieure] t;g. d'après J. Henaut).

■'''''ils - :

riches en nerfs et en corpuscules tactiles (corpuscules de Meissner).

Ainsi les organes dont nous doos servons de préférence sont les mains, la langue, les dents. Cependant, pour la sensation de la pression, et pour la sensation delà température, les lieux d'élection ne sont pas exactement les mêm 3, sans qu'il soit possible d'indiquer la cause tte différence.

La sensation de température se fait en général et presque indifféremment par toute la surface du corps, et il semblerait a pr('ori qu'il n'y a pas de région privilégiée sous ce rapport ; cependant il est d'observation vulgaire que l'on juge mieux de la chaleur, par les lèvres, les joues, le dos de la main: le médecin qui veut apprécier la température de la peau d'un malade, applique sur lui le dos de la main et non la paume : c'est pour la même raison que. si nous voulons juger de la chute de quelques gouttes de pluie imperceptible.

st le dos et non la paume de la main que nous exposons du côté du ciel. Ce sens de température n'agit que par comparaison : il ne nous indique pas la température de la peau, mais l'augmentation ou l'abaissement de celle-ci : nous ne ressentons, par exemple, que notre main ou notre front sont plus chauds l'un que l'autre qu'au moment où nous mettons notre main sur le front.

Pour que cette sensibilité thermique soit mi.>e en jeu, il faut que les températures appréciées soient entre 0° et 70°: en dehors de ces extrêmes. nous n'éprouvons que des impressions douloureuses de froid ou :hand, et nous ne pouvons plus juger d'une différence de quelques degrés : c'est entre 30° et 50 que nous jugeons le mieux d'une faible variation dans la température d'un corps ; en

Fig. 14T). — Corpuscule de Pacini ou de Y - . venant du

tissu adipeux de la pulpe des doiets *.

" S, Fibre nerveuse primitive contenani de la ruoeîle, n. à contours marqués, avec une gaine nerveuse p, épaisse, sséd I es n ; aux. longitudinaux et formant la queue du corpuscule: — C, le corpuscule proprement dit, avec ses couches concentr: ] es i espar l'enveloppe du nerf épaissie, en forme de massue, et une

cavité centrale dans laquelle passe le ylindre Le . qui s< termine .ibrement. —

Gros— s. 158 très i how, Path

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d*autres tenues, [a température est d'autant mieux appréciée qu'elle se rapproche davantage de notre température propre. Elle l'est aussi d'autant mieux que nous observons à la fois une surface plus considérable de ce corps. En effet, un doigt plongé dans un liquide à 37° donne une idée de moins forte chaleur qu'une main entière dans un liquide à 30° seulement. L'anémie parait augmenter la sensibilité de la peau aux différences de température, tandis que l'hyperémie la diminue.

La muqueuse buccale supporte sans douleur des températures supérieures cà celle que peut endurer la peau. Ainsi on ne pourrait laisser son doigt dans du bouillon ou du café, qu'on boit facilement; c'est qu'en effet, la température normale de la bouche est au moins de 35°, tandis que celle du doigt atteint en général à peine 25°.

La sensation de contact (c'est-à-dire le toucher proprement «lit, qui nous révèle les rugosités d'une surface, la forme d'un corps de petite dimension, les reliefs d'une médaille, etc.), la sensation de contact que peuvent nous donner les corps est très inégalement développée selon les régions ; elle est le plus exquise à la pointe de la langue et au bout des doigts; aussi les extrémités digitales deviennent-elles pour nous le véritable organe où se localise le sens du tact. Pour reconnaître expérimentalement et d'une manière exacte quelle est l'excellence du toucher sur les diverses parties du corps, on se sert d'un compas (compas de Weber, ou esthèsiométre) et on recherche quel écartement il faut donner à ses deux pointes pour que, appliquées en même temps sur la peau, elles soient senties séparément ; plus cet écartement est petit, plus la sensibilité est grande. Ainsi à la pointe delà langue, il suffit de 1 millimètre d'écartement, 2 millimètres sur la paume et 12 millimètres sur le dos de la main ; sur la peau du tronc, particulièrement vers la partie dorsale, il faut 5 ou (3 centimètres ; et 7 centimètres sur la cuisses.

lui appelant cercle de sensation l'étendue de la surface de la peau où l'impression des deux pointes du compas se confond en une seule, on voit que l'ctcndue des cercles de sensation est très variable selon les parties du corps considérées : très petite à la pointe de la langue, elle devient très considérable vers les parties dorsales du tronc ; il est facile de voir aussi, par les données anatomiques, que cette étendue est dans un rapport inverse avec la richesse de la peau en corpuscules tactiles. Cependant il ne faudrait pas en conclure absolument qu'un cercle de sensation est une grandeur anatomique, comme, par exemple, le champ embrassé par les ramifications d'une fibre nerveuse : il nous suffira, pour démontrer le contraire, de rappeler que l'étendue d'un cercle de sensation peut varier par suite de l'attention, de l'exercice, de l'habitude, et d'autres influences. Comme en

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certaines régions la distance des pointes du compas embrasse plus de douze corpuscules du tact (corpuscules de Mei-smer et que cependant en ces

. i >ns deux cercles de sensation se touchent ou même se recouvrent en partie, de façon à ne pouvoir ttre séparés l'un de l'autre dans la perception. on doit admettre qu'il y a là des phénomènes d'irradiation, c'est à-dire qu'il y a transmission de l'excitation d'une fibre nerveuse sensitive à d'au- Ires fibres \ isînes: ne l'attention, l'habitude, l'exercice peuvent

diminuer cette irridiation, il en faut conclure qu'elle est un fait, non d'twi ériphérique, .. is de pcr -ce ption centrale.

Pour la peau des divei a - ents des membres, et surtout du membre

. acique. des expériences nombreuses et très exactes ont amené Vierordt a cette conclusion que la sensibilité (sens du tact ou sens du Heu) varie en raison de la distance du point considéré à l'articulation qui trouve immédiatement au-dessus de lui. en remontant vers la racine <:u mbre. Les valeurs comparatives de la finesse du sens de lieu sont ains - imme de deux grandeurs : l'une, constante, c'est la sensibilité de la peau dans l'axe de l'articulation: l'autre, variable, fst proportionnelle a la distance qui sépare le point considéré de l'articulation située au-dessus, proportionnelle par suite a la grandeur des mouvements de lieu autour de l'articulation.

se remarquable, mai.- qui s'explique facilement si Ton se

•lie à l'étude que nous avons faite du système nerveux, les

-ations de pression qui se prolongent, persistent encore un

certain temps, mên rès ; le corps qui les a produites a cess

d'agir: le- pers i.nes qui portent des lunettes les sentent encore

après qu'elles les ont >*>tées: on se figure parfois encore entre les

doigts un objet que l'on a lâché depuis longtemps. Ce sont là des

. ?.. es sensations, ce sont des sensations purement

subjectif 5.

La - tion de pressi ... selon la manière et la forme dont elle est ei 3 par les corps, nous d . ce sur ces derniers et sur leurnature une foule de renseignements précis, que l'on pourrait, sî une analyse exacte, prendre pour les produits de sensations spéciales. Ainsi, d'après la manière plus ou moins régulière dont un

co: - sur nos ext: s digitales, nous jug- - - sa sur-

: e e^t lisse ou rugu^u-e. s'il présente des anfractuosités ; en promei : . s doigts sur ces surfaces, nous jugeons de leur forme. Les variations de pression et les réactions d'un cor; s contre . propres efforts i - : ut juger s'il est dur ou mou ; par oe> effets semblables, Dousjogi as .-'il est en gros fragments ou en poussière, s'i es! solide ou liquide: en un mot. nous acquérons des notions précises sur l'état, la forme et l'étendue du corps.

Pi r L'effet de ï/iabitude, nous local;.- . - es -ensations dans les points où elles îe produisent d'ordinaire. Cette localisation nous

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rend compte d'illusions tactiles très singulières, dont fane, très connue, nommée expérience d'Aristote ui<r. 1 «•"> . est dae i l'habitude que nous avons de percevoir la sensation de deux corps différents, lorsque les bords radial de l'index 1 1 cubital du médias sont impressionnés. *>r. si, après avoir senti entre l'index et le médius une petite boule unique, nous croisons ces deux doigts, romiiit' le montre la figure 146, et roulons la boule unique entre le Côté radial de l'index et le Côté cubital du médius, nous ('prouvons une sensasion double ou plutôt dédoublée par l'habitude, et nous croyons (en fermant les veux) toucher deux boules distinctes, l'une en dehors de l'index, l'autre en dedans du médius.

Fig. 1 46. — Expérience d'Aristote.

Les différences de pression nous font même juger du poids d'un corps ; mais dans cette appréciation, lorsque nous voulons la rendre aussi exacte que possible, nous faisons jouer un rôle important à l'appréciation de la force musculaire nécessaire pour contrebalancer le poids du corps (V. p. 537).

Enfin les sensations de pression, de forme, de poids et de température sont souvent liées entre elles : de deux poids égaux, le {dus froid parait le plus lourd ; en plaçant sur le front deux pièces de 5 francs de température inégale, on trouve que la plus chaude parait plus légère. D'autre part, les corps lisses nous semblent plus froids que les corps rugueux, et subjectivement parlant, ils le sont, en effet, puisque, présentant des surfaces de contact plus complètes, ils nous soutirent plus de calorique.

L'exemple le plus frappant de la perfection que peut atteindre le sens du tact est celui des aveugles qui parviennent à reconnaître, au toucher, les couleurs, grâce seulement à leurs divers degrés de

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rugosité : aussi ne peuvent-ils jamais apprécier les couleurs naturelles lisses '-.

Il n'est guère admissible que la sensibilité à la douleur i coupure, cautérisation, piqûre de la peau etc. i soit une sensibilité particulière : La douleur est due à V excitation violente des nerfs sensitifs quels <ju'ils soient iCh. Richet) : sous l'influence de l'inflammation, toutes les impressions deviennent douloureuses, mais, dans le phénomène douleur, il faut reconnaître quelque chose de spécial, de mal défini encore, qui a son siège dans les centres nerveux, qui est peut-être en rapport avec l'intelligence ; peut-être aussi, dans la moelle épinière. les voies de conduction ne sont-elles pas les mêmes pour les sensations tactiles et les sensations de douleur (voir, page GO, les expériences de Schift'j. Rappelons enfin qu'il peut y avoir abolition de la sensibilité à la douleur (analgésie), avec conservation de la sensibilité tactile (anesthèsie) : ainsi le chloroforme et l'éther produisent d'abord l'analgésie, puis l' anesthèsie ; F anesthèsie hystérique est souvent seulement de l'analgésie,

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