‹ Cours de physiologieChapitre 17 sur 260 · LA CELLULE; TRANSFORMATIONS ET FONCTIONS · texte numérisé non relu

LA CELLULE; TRANSFORMATIONS ET FONCTIONS

mère, il arrive un moment où, après avoir manifeste spécialement quelques-uns des phénomènes que nous avons signalés, cet élément se transforme et disparaît. Cependant quelques-unes peuvent persister à l'état de cellules pendant de longues années, mais alors elles ne vivent pour ainsi dire plus, elles sont plongées dansuneespèce de Bommeil qu'on peut déjà comparer à leur mort. Ce cas est très commun chez les végétaux; il est plus rare de voir chez l'homme des cellules cesser de fonctionner, perdre leur caractère de vitalité active tout en conservant la forme cellulaire. La plupart des cellules restent peu de temps sous la forme globulaire ; ou bien elles meurent ou bien elles se transforment.

Dans le premier cas, la cellule ne laisse plus ou presque plus de formes déterminées. — Ou bien elle se dessèche et tombe en poussière (couches furfu racées et desquamation incessante de la surface épidermique) ; ainsi les lamelles et débris pulvérulents qui constituent le furfur épidermique peuvent reprendre la forme cellulaire au contact d'une solution alcaline; mais on n'en a pas moins affaire à un cadavre de globule. Ou bien, et c'est le cas le plus fréquent, la cellule s'infiltre de graisse ou d'autres substances sur lesquelles elle exerce une puissante attraction ; puis elle se liquéfie, elle tombe en déliquium. et ses débris forment divers liquides; tel est le mécanisme de quelques sécrétions.

Dans le second cas, les cellules perdent la forme globulaire, mais elles donnent naissance à de nouvelles formes anatomiques, en se soudant, en se confondant les unes avec les autres, pour former des fibres, des lames, des canaux. Telle est l'origine de la plupart des parties non cellulaires de l'économie. Quelques-uns de ces éléments anatomiques ainsi formés jouissent encore au plus haut degré des propriétés caractéristiques de la cellule primitive ; c'est ainsi que la libre musculaire, outre l'élasticité, est douée de la propriété essentielle de changer de forme sous l'influence des excitants. La fibre nerveuse jouit de propriétés, sinon semblables, du moins tout aussi caractéristiques de l'état de vie.

Tels sont les principaux phénomènes qui peuvent donner l'idée la plus générale delà physiologie des cellules. Tous ont lieu sous l'influence des excitants ou irritants; ceux-ci ont pu être divisés en physiques, chimiques et vitaux; cette division est assez juste et intéressante pour le physiologiste, quoique les excitants les plus différents puissent produire le même effet : un choc, un contact amène la contraction cellulaire et surtout musculaire; l'électricité, certains acides même produisent le même phénomène, qui, cependant, à l'état physiologique, semanifestepresque exclusivement sous l'influence du système nerveux. Une division d'un bien plus grand

intérêt aurait pour base, non la nature, maisles effets de l'excitant • malheureusement elle est impossible. C'est ainsi qu'on a essayé de reconnaître trois espèces d'irritabilité : irritabilité de formation ou de développement, irritabilité nutritive, irritabilité fonctionnelle. Mais nous avons vu que développement, nutrition, fonction et même mort, tous ces différents phénomènes forment pour la cellule un tout physiologique que nous avons dû artificiellement séparer pour la commodité de l'étude: l'irritabilité de développement pourra-t-elle se séparer de l'irritabilité nutritive, et n'avons-nous pas vu que les cellules, des glandes, par exemple, fonctionnent parfois en disparaissant comme éléments cellulaires, et se liquéfiant en un produit de sécrétion?

Page 1