SENS DU GOUT — PAPILLES LINGUALES
secondaires plongées dans une masse épithéliale, qui recou uniformément l'organe (fig. 147, B). Les papilles ealicifon
sont semblables ;m\ précédentes, mais plus volumineuses, plus larges, plus aplaties, et plongées dans une excavation de la moqueuse (calices) qu'elles débordent à peine; elles présentent aussi un grand nombre de papilles secondaires que l'épithélium recouvre (fig. 147, C). Un grand nombre de filets nerveux viennent dans c >s papilles, et s'y terminent dans de petits organes microscopiques, dits bourgeon? gustatifs ou corpuscules gustatifs, qui sont surtout nombreux sur Les parois du sillon circulaire
Fig. 147. — Papilles linguales (Tudd et Bowmann) *.
FiG. 148. — Corpuscules gustatifs*4
qui entoure et circonscrit les papilles caliciformes. Gomme le montre la figure 148, ces bourgeons gustatifs, placés dans l'épithélium de la muqueuse, sont formés de cellules allongées dispos perpendiculairement à la surface épithéliale; de ces cellules, les unes, dites de soutien, forment comme la charpente du corpuscule et sont notamment disposées à la périphérie ; les autres, dites cellules gustatices, placées dans le centre du corpuscule, sont en connexion par leur extrémité profonde avec les nerfs qui arrivent au corpuscule, tandis que. par leur extrémité superficielle, elles se terminent par un prolongement en forme de bâtonnet, lequel proémine en dehors du corpuscule et, plongeant dans le liquide sapide, est sans doute le lieu même de l'impression, de l'excitation
* A, Papille filifor.ne ; — B, papille fmgiforme; — C, papille caliciforme. *" A. gauche l"enserable d'un corpusmle gistatif en bourgeon du goût; — à droite, en P, une cellule de soutien; — en B, une cellule gustative.
produite par les saveurs. Nous trouverons des cellules analogues (cellules olfactives) pour l'organe de l'odorat.
Ces papilles sont rangées sur le dos de la langue. Les fongif ormes sont plantées comme en quinconce sur les côtés de l'organe;, elles sont plus ou moins abondantes selon les individus. Les caliciformes sont plus régulières et constituent à la base de la langue la ligure bien connue sous le nom de V lingual.
Fjg. 149. — Langue, avec ses papilles et ses nerfs (L. Hirschfeld et Léveillé)*.
Nous avons déjà dit que le sens du goût ne siège que dans les points où sont ces papilles, et particulièrement les caliciformes, c'est-à-dire à la base de la langue; aussi les saveurs sont-elles perçues avec le plus d'intensité et de la manière la plus nette au commencement delà déglutition, lorsque les substances alimentaires frôlent le V lingual. Cette traînée de grosses 'papilles semble être le lieu particulier de l'impression produite surtout par des substances amères; car si l'on détruit leur innervation, les animaux avalent dès lors les corps amers sans manifester la moindre répugnance. Or les saveurs amères sont en général celles des substances toxiques; et comme les impressions très amères sont désagréables, on voit
* 1, Grand hypoglosse; — 2, branche linguale du trijumeau; — 3, branche linguale du glosso-pharyngien ; — 4, corde du tympan; — S, ganglion sous-maxillaire, — 11, anastomose du nerf lingual avec le grand hypoglosse; — 12, nerf facial ; — 13, muqueuse linguale détachée et rejetée au haut: on voit eu arriére les- papilles caliciformes.