‹ Cours de physiologieChapitre 171 sur 260 · NERFS DO GOUT 55I · texte numérisé non relu

NERFS DO GOUT 55I

que te goûl est ici ane sorte de Bentinelie de la digestion, comme l'olfaction est la Bentinelie de la respiration (p. 556 .

Les sensations nauséeuses, qui tendenl à provoquer le mouvement antipéristaltique de la déglutition, le vomissement, se produisent aussi spécialement en ce point, mais ce sont là «les phénomènes de sensibilité ordinaire, car le doigt introduit dans le fond de la bouche amène ce réflexe, et le produit encore mieux en touchant la luette qu'en frôlant la base de la langue.

Pour que les corps sapides soient appréciés, il faut qu'ils soient dissous; la sécrétion salivaire est donc nécessaire à la gustation, et une ]m Miche sèche apprécie fort mal les saveurs. Aussi les impres-

Fig. 150. — Schéma de la langue avec ses nerfs sensitifs et ses papilles*.

sions des corps sapides sont-elles éminemment propres à produire le réflexe de la sécrétion salivaire, surtout de la sécrétion sousmaxillaire, et l'on sait que la vue ou le souvenir d'un mets particulièrement agréable sufrit pour faire venir Veau à la bouche; dans ces circonstances, c'est-à-dire en montrant à un chien un morceau de viande, on voit la salive couler avec abondance des conduits de la sous-maxillaire; aussi Cl. Bernard a-t-il proposé de considérer la glande sous-maxillaire comme associée essentiellement aux fonctions de gustation (tov. p. 314).

Nerfs du goût. — Les nerfs du goût sont le lingual et le glossopharyngien. Le lingual, branche du trijumeau, se distribue à la partie antérieure de la langue, à laquelle il donne, avec le goût, la sensibilité générale et la sensibilité tactile. Le glosso-pharyngien se distribue à la base, et préside spécialement à la sensibilité gustative du Y lingual (fig. 149 et 150). C'est essentiellement ce nerf qui nous

* 1, Branche linguale de la cinquième paire ; — 2, nerl* glosso- pharyngien (Dalton, Physiologie et hygiène).

transmet les impressions des corps amers ; on a pu aussi l'appeler, mais trop exclusivement, d'après ce que nous avons vu précédemment, le nerf nauséeux. Ainsi lingual et g losso-pha?yngien président également au sens du goût, et tous deux possèdent des fibres de sensibilité générale; mais ce qui semblerait prouver que dans ces nerfs les fibres de tact ou de sensibilité générale sont distinctes des fibres gustatives, c'est que l'un de ces sens, le goût, par exemple, peut être complètement aboli, la sensibilité générale et le tact de la langue conservant leur intégrité.

On s'est demandé s'il ne serait pas possible d'isoler, dans le glossopharyngien et dans le lingual, les fibres du goût et les fibres du toucher : pour ce qui est du glosso-pharyngien, rien encore n'a mis sur la voie de cette séparation ; mais à la partie antérieure de la langue, dans la région innervée par le nerf lingual, l'étude des paralysies du facial accompagnées de lésions du goût a fait penser que Ton pourrait trouver la solution du problème dans l'étude de la corde du tympan, petit filet nerveux qui part du facial, traverse l'oreille moyenne et vient se joindre au lingual au niveau des muscles ptérygoïdiens (fig. 151 et 152).

L'étude des fonctions de la corde du tympan est des plus délicates : nous avons déjà parlé de son rôle relativement à la sécrétion salivaire. Mais il s'agissait de savoir si tous les filets de ce nerf s'arrêtent au niveau de la glande sous-maxillaire, et si aucun d'eux ne va au delà, jusque dans la langue. Aujourd'hui, après de nombreuses expériences contradictoires, tous les physiologistes sont à peu près d'accord pour reconnaître que la corde du tympan va jusqu'à la langue. Vulpian, Prévost, ont, en effet, toujours trouvé des fibres nerveuses dégénérées dans les branches terminales du nerf lingual, après destruction de la corde du tympan, soit par section dans l'oreille, soit par l'arrachement du facial. Ces fibres dégénérées ne peuvent provenir que de la corde du tympan.

Il s'agissait alors de savoir si la corde du tympan va à la langue comme nerf moteur ou comme nerf sensitif: c'est cette dernière fonction que lui assignent aujourd'hui un certain nombre de physiologistes, parmi lesquels il faut citer surtout Lussana et Schiff. Pour ces expérimentateurs, la corde du tympan est non seulement un nerf de sensibilité, mais même un nerf de sensibilité spéciale, le principal organe de la gustation. Lussana et Inzani rapportent (Archives de physiologie, 1869 et 1872) l'observation d'un individu qui, opéré dans l'oreille moyenne par un charlatan, avait subi la section de la corde du tympan. A la suite de cette lésion, les deux tiers antérieurs de la moitié correspondante de la langue avaient perdu le goût, tout en conservant parfaitement intacte leur sensibilité tactile et douloureuse. Depuis cette époque, Lussana a réuni plusieurs observations semblables où la perte partielle du goût accompagnait la paralysie du facial consécutive à une blessure où à une opération. Enfin, chez un chien auquel Lussana avait pratiqué l'extirpation bilatérale des glosso-pharyngiens, et auquel il coupa plus tard les deux cordes du tympan, le goût se montra entièrement aboli, tandis que les parties antérieures de la langue avaient

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conservé leur sensibilité tactile et douloureuse. La contre expérience a été faite par Schiff (Physiologie de la digestion, Florence, 1866, t. I), qui parvint à couper le oerf lingual au-dessus de sa réunion avec la corde du tympan, tout près «le la base du crâne. La sensibilité tactile et douloureuse «le la partie correspondante de la langue fut entièrement abolie, tandis qu'il resta des traces de goût, parfois très faibles, mais toujours roconnaissablea aux mouvements et aux grimaces des animaux, sous L'impression des corps acides ou amers.

Lusanna et Schiff arrivent donc à conclure que le nerf lingual ne préside qu'a la sensibilité générale de la portion de la langue à laquelle il se distribue. Il ne possède pas par lai-môme de fibres gustatices ; ces fibres lui sont données par la corde du tympan.

Celle conclusion perd malheureusement de sa valeur, car elle renferme un desideratum auquel il est difficile de répondre dans l'état actuel de la •science. Quel trajet suivent, pour se rendre aux centres nerveux, les fibres gustatives de la corde du tympan? Sont-elles représentées par le nerf intermédiaire de Wrisberg? Proviennent-elles d'une anastomose intra crânienne du facial avec un nerf seusitif, avec une branche du trijumeau ?

Lussaua n'hésite pas à adopter la première hypothèse, et il tend à la confirmer par un grand nombre d'observations qui nous montrent les unes des destructions complètes du trijumeau sans perte du goût, les autres des altérations du goût accompagnant les lésions intra- crâniennes, les lésions centrales du facial.

Cependant des observations Lien plus nombreuses donnent un résultat tout opposé. Les cas rapportés par Davaine, Gueneau de Mussy, Roux, les expériences de Biffi et Morganti, les recherches de Schiff1, tout semble prouver que les lésions centrales du facial ne portent aucune atteinte au sens du goût, et que, par suite, la corde du tympan représente, selon la conclusion de Schiff, des fibres d'emprunt données au facial par le trijumeau, car les lésions ou les sections complètes du trijumeau, avant sa division en trois branches, produiraient sur le goût les mêmes résultats que la section de la corde du tympan.

Schiff est porté à voir dans le nerf grand pétreux l'anastomose par laquelle le facial emprunte au trijumeau les fibres sensitives qui doivent aller à la langue. Ces résultats sont encore trop controversés pour que nous rapportions dans leurs détails toutes les expériences entreprises pour les démontrer. Nous nous contenterons de résumer en une figure schématique la théorie de Lussana et celle de Schiff. Dans les figures 151 et 152, G représente le ganglion de Gasser, développé sur le trijumeau (III), qui se divise aussitôt en ophtalmique (1), maxillaire supérieur (2) et maxillaire inférieur (3); L représente le nerf lingual; Vil, le facial ; t, l'intermédiaire de Wrisberg ; CT, la corde du tympan ; Gg le ganglion géniculé. On voit que, dans l'hypothèse de Lussana (fig. 151), les fibres gustatives, dont le trajet est représenté par une ligne pointillée, iraient de la langue aux centres nerveux en passant par le lingual (L), puis par la corde du

* Art. Goût du Nouv. Dict. de mèd. et de chirur. pratiques, t. XVI.

tympan (GT), par le facial, et enfin par l'intermédiaire de Wrisberg. Au contraire, d'après Schiff, les voies de conduction des impressions sensitives suivent le lingual (L, fig. 152), la corde du tympan (GT), le facial (Vil); mais elles abandonnent ce nerf au niveau du ganglion géniculé (G g) poursuivre le nerf grand pétreux, se jeter dans le ganglion de Meckel (M), et, par suite, le maxillaire supérieur (2) et arriver finalement à la base de l'encéphale par le tronc du trijumeau (III).

Fig. 151.

Fig. 152.

Pour notre part, et en ayant égard aux résultats fournis par l'étude microscopique des origines des nerfs crâniens, nous sommes amenés à nous rattacher à la théorie de Lussana, mais en la modifiant légèrement, quant à ce qui est de la signification du nerf de Wrisberg. En effet, dans un mémoire sur le nerf intermédiaire A, nous avons démontré que ce nerf, émergeant entre le facial et l'acoustique, n'appartient cependant ni à l'un ni à l'autre de ces nerfs, mais représente une racine du glosso- pharyngien, racine toute supérieure, détachée des autres fibres radiculaires de la neuvième paire, et pour ainsi dire erratique. D'après les propriétés que cette racine doit présenter, en tant que partageant les origines centrales du glossopharyngien, et d'après les propriétés expérimentalement reconnues au petit nerf périphérique dit corde du tympan, on est amené à considérer la corde du tympan comme faisant suite au nerf de Wrisberg. Il en résulte, entre autres conclusions, qu'un seul nerf préside à la sensibilité gustative de la langue, le glosso-pharyngien, d'une part au moyen de fibres directes pour le tiers postérieur de la langue, et, d'autre part, au moyen de fibres indirectes, par la corde du tympan, pour les deux tiers antérieurs de la langue.

1 Math. Duval, Huitième Mémoire sur V origine réelle des nerfs crâniens (Journ. de Vanat. et de la physiol , numéro de septembre 1880).

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