‹ Cours de physiologieChapitre 189 sur 260 · MECANISME DE I /ADAPTATION · texte numérisé non relu

MECANISME DE I /ADAPTATION

va nmis permettre de comprendre commenl peut se faire l'adaptation à L'état normal. En effet, L'emploi des verrei dont nous venons. de parler est une sorte d'adaptation artificielle, surtout chez le presbyte. Il est dont- probable que, dans L'adaptation physiologique, il se passe dans l'œil quelque chose d'analogue, c'est-à-dire que le pouvoir convergent de cet organe est modifié.

Cependant on a cru longtemps que le mécanisme de L'adaptation pourrait consister en un changement de forme de L'œil, de mani à modifier, non le cône oculaire, mais la position de la rétine, qui viendrait alors se placer vers le sommet de ce cône; par exemple, l'œil se raccourcirait sous l'influence des muscles droits quand il fixe des objets éloignés, et s'allongerait sous l'influence des obliques quand il fixe desjobjets rapprochés. Mais cette fonction des muscles moteurs de l'œil est tout à fait hypothétique et, qui plu? est, contraire à leur disposition anatomique et à toutes les expériences de physiologie.

On a aussi parlé de changements de place du cristallin, qui agirait alors comme une lentille que l'on éloigne ou que l'on rapproche, comme dans un microscope que l'on met au point ; mais la possibilité de ces déplacements du cristallin est également contraire aux notions anatomiques, et, du reste, l'expérience directe montre qu'il n'en est rien.

\J expérience directe montre que l'adaptation, comme le faisaient prévoir nos études sur l'adaptation artificielle, consiste dans un changement de courbure et, par suite, dans un

changement de force convergente d'un seul Fig. 164. — images.

,7 •/• ~ j„ ?'~-/ j • j. 77- t' ' • données parles sur-

et <? s w m ewa? a <? l œil, du cristallin, u expérience faces des miiieUx

est basée sur l'étude des images fournies par les oculaires fonctiondiverses surfaces des milieux oculaires fonction- "ant commf miro'rs

(images de Purliant comme des miroirs. En effet, il est facile kinge)-.

d'observer que la surface de la cornée donne lieu

à une image, et qu'il en est de même de la face antérieure et de la

face postérieure du cristallin, de telle sorte qu'en plaçant une lumière

devant un œil (fig. 164) on peut observer dans cet œil trois images

de la flamme : <leux droites (a et b) dues à la cornée (a) et (b)i\ la

face antérieure du cristallin (miroirs convexes), et une renversée (c).

due à la face postérieure du cristallin (miroir concave). En com-

a, Image droite produite par la cornée; — 0, image droite produite par la faceantérieure du cristallin ; — c, image renversée produite par la face postérieure du. cristallin.

mandant à une personne, sur laquelle on vérifie ce fait, de fixer les objets placés à des distances différentes, on verra que le seul changement qui s'opère dans les trois images a lieu dans l'image fournie par laface antérieure du cristallin (l'image b). On en conclut que, dans le phénomène de l'accommodation, les changements qui surviennent dans l'œil n'ont lieu que sur la partie antérieure du cristallin, et les mensurations de l'image en question prouvent (d'après les lois des miroirs convexes) que, quand on regarde un objet éloigné, cette convexité du cristallin diminue (puisque cette image augmente), que si, au contraire, on regarde un objet rapproché, cette convexité augmente (puisque les dimensions de cette image diminuent).

Ainsi l'adaptation se fait par une modification du cristallin. Quant aux puissances (muscles ciliaires) qui peuvent ainsi changer la forme de cette lentille, nous les étudierons avec les membranes accessoires destinées à maintenir et à modifier le fonctionnement des parties essentielles de l'œil, et notamment avec la choroïde et l'iris (muscle ciliaire, p. 591).

D. Imperfection de V appareil de dioptrique oculaire. — Considéré comme appareil physique, l'œil est loin d'être parfait : aussi peut-on y constater les diverses imperfections qui se trouvent dans les appareils physiques analogues, et qui sont connues sous le nom d'aberration, soit de sphéricité soit de réfrangibilité.

L'œil n'étant qu'un appareil dont la partie essentielle est une lentille, il arrive que celle-ci, quoique très perfectionnée, ne réunit pas exactement au même point les rayons qui, partant d'une même source lumineuse, arrivent sur les bords ou sur le centre du cristallin. Le foyer de la lentille n'est donc pas unique, et c'est ce qui constitue l'aberration de sphéricité. Nous verrons que l'iris, comme les diaphragmes des instruments d'optique, remédie en partie à cet inconvénient.

L'aberration de réfrangibilité consiste en une inégale réfraction des divers rayons colorés qui composent la lumière blanche, de sorte que l'œil décompose la lumière ordinaire des objets incolores qui la lui projettent et nous les fait voir plus ou moins colorés : en un mot, Vœil n'est pas un appareil achromatique parfait. Ce défaut ne nous est pas sensible d'ordinaire, par l'effet de l'habitude, mais plusieurs expériences le rendent évident. Nous n'en citerons qu'une : Si on regarde le cheveu d'une lunette astronomique, en l'éclairant avec de la lumière rouge, on s'aperçoit que pour le voir avec un autre rayon du spectre (avec une autre couleur), il faut changer la place de l'oculaire; donc l'œil adapté pour voir avec la lumière rouge ne l'est plus exactement pour voir avec les autres rayons du spectre.

Enfin, une certaine irrégularité dans les courbures des surfaces des milieux de l'œil constitue ce qu'on nomme X astigmatisme (ou aberration monochromatique). L'astigmatisme est une irrégularité de la réfraction de l'œil si fréquente qu'on peut regarder ses faibles degrés comme existau t

MEMBRANES I>K I.'ŒII. — SCLEROTIQUE 589

chez la majorité des individus : mais d'ordinaire ton •\istence ne trouble pas la vision au point d'attirer l'attention du sujet. IS astigmatisme consiste

e <iue la courbure des surfaces de séparation des milieux de l'œil (et surtout la courbure de la surface antérieure de la cornée) varie plus ou moins sensiblement d'un méridien à l'autre. Supposons par la pensée une cornée parfaitement normale, séparée en deux moitiés suivant son axe vertical, les fragments conservant leur position primitive, la surface de section

sentera une courbure d'un rayon déterminé; supposons cette même cornée divisée suivant son axe transversal: alors la surface de section présentera une courbure identique (œil normal, non astigmatique), c'està-dire que «es deux sections appartiendront à une même circonférence du même rayon. Au contraire, dans un œil astigmatique (et presque tous les yeux le sont), le rayon de l'une sera plus court que le rayon de l'autre; en un mot, les deux courbures seront inégales. Il est aisé de comprendre que cet écart, s'il vient à être suffisamment prononcé, troublera la marche des rayons lumineux au moment où ils pénètrent dans l'œil. En effet, si nous admettons que l'une des circonférences a un rayon notablement plus court que l'autre, nous concluons implicitement que l'œil est myope dans le premier sens, tandis qu'il peut l'être beaucoup moins, pas du tout, et qu'il peut même être hypermétrope dans l'autre sens. Il est facile de comprendre qu'il suffit, pour remédier à ce défaut dans la réfraction de l'œil, de faire traverser aux rayons lumineux une lentille taillée de manière à rétablir l'équilibre entre les méridiens inégaux, de sorte que les rayons lumineux, après avoir subi l'action de cette lentille et celle du milieu cornéen, adoptent une direction semblable à celle que présentent les rayons qui auraient traversé une cornée normale. On se sert pour cela de verres empruntés non plus à des surfaces sphériques, mais à des surfaces cylindriques, et on les dispose de manière que la convergence qu'ils produisent selon un seul plan coïncide précisément au plan du méridien suivant lequel la surface cornéenne de l'œil est moins convexe : c'est ainsi que se trouve corrigé ce défaut dans la convexité.

Page 1