II. Membranes ou enveloppes de Vœil
Les enveloppes de l'œil sont, en allant de dehors en dedans, la sclérotique, la choroïde et la rétine. La dernière est la membrane essentiellement douée de sensibilité. Nous avons à étudier les deux premières comme enveloppes protectrices, destinées à maintenir et même à modifier les fonctions des parties essentielles de l'œil.
1° Sclérotique.
La sclérotique forme comme le squelette de l'œil. C'est la membrane destinée à maintenir la forme du globe oculaire, et à donner insertion aux muscles qui doivent le mouvoir. Fibreuse chez l'homme, cette enveloppe devient successivement cartilagineuse et même osseuse chez les oiseaux et les reptiles.
En avant, cette sclérotique se modifie. De blanche et opaque, elle
devient transparente et incolore, et constitue la cornée, que nous avons déjà étudiée. La cornée est plus convexe, appartient à un segment de sphère d'un rayon plus court que la sclérotique, c'està-dire que le reste du globe oculaire (fig. 158, p. 579).
2° Choroïde.
La choroïde tapisse exactement la sclérotique, mais, au niveau de la ligne de jonction de la sclérotique et de la cornée, elle se sépare de ces membranes pour entrer dans la chambre antérieure de l'œil et former au-devant du cristallin un diaphragme appelé iris. Nous avons donc à étudier la choroïde proprement dite et Y iris.
A. La choroïde proprement dite est essentiellement une membrane vasculaire ; elle est de plus tapissée à sa face interne par une couche de cellules pi g ment air es régulièrement hexagonales ; enfin elle renferme, surtout en avant, des éléments musculaires. De là trois rôles principaux assignés à cette membrane.
1° Gomme organe vasculaire (nombreuses artères ciliaires ou choroïdiennes , et réseaux veineux formant les vas a vortieosa), elle est destinée à servir d'appareil de caléfaction à la membrane nerveuse (rétine) sous-jacente. Nous avons vu, en effet, que la richesse en réseaux sanguins est la règle générale pour tous les organes qui contiennent de nombreuses terminaisons nerveuses et surtout des appareils des sens spéciaux, comme pour les papilles de la pulpe des doigts, pour la membrane olfactive, la langue, etc.
2° Le pigment de la face interne de la choroïde joue un rôle important dans la vision ; la rétine étant transparente, les rayons lumineux arrivent jusque sur le pigment choroïdien, qui se comporte vis-à-vis d'eux d'une manière encore difficile à interpréter. Peutêtre cette couche absorbe-t-elle les rayons les plus irritants, et sert-elle de miroir réflecteur pour les autres, qui impressionnent alors les organes terminaux des fibres nerveuses de la rétine; nous verrons, en effet, que les éléments sensitifs de h rétine ont leur extrémité libre tournée vers la choroïde et ne sont sans doute impressionnés que par les rayons que réfléchit cette sorte de miroir (Gh. Rouget). Cette couche pigmentaire n'est pas toujours absolument noire : il y a là de grandes variétés selon les animaux. Chez quelques-uns, comme, par exemple, chez le bœuf, elle présente des reflets métalliques (tapis) qui rappellent parfaitement la surface d'un miroir. Peut-être aussi que cette couche pigmentaire, si foncée et si opaque en d'autres points, est destinée à empêcher, comme le noir mat dont on revêt la face interne de nos chambres obscures, la réverbération irrégulière et en tous sens des rayons lumineux et
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à assurer ainsi la netteté de la vue; on effet, les animaux qui man quent de pigment choroïdien (albinos) ne supportent qu'avec peine l'action d'une lumière ?ive (héliophobes). Toujours est-il que Le pigment choroïdien est accessoirement très util»' à la vision, et que si, dans la vieillesse, la face interne de la choroïde tend à se décolorer, cette transformation, quoique secondaire, n'est pas étrangère à l'affaiblissement de la vue à cet âge avancé.
3° Enfin, les éléments musculaires de la choroïde (muscles ciliairesj, développés surtout dans sa partie antérieure et annexés à des prolongements érectiles (procès ciliaires) sont destinés surtout à agir sur le cristallin, et à produire les changements de forme que nous avons étudiés à propos de l'adaptation; mais on est loin d'être d'accord sur le mécanisme par lequel l'action musculaire agit sur la lentille (fig. 165). Le muscle ciliaire se compose de fibres longitudinales et de fibres circulaires. Les premières peuvent agir en prenant un point fixe à l'union de la sclérotique et de la cornée (au niveau du canal de Schlemm), pour tirer en avant tout le sac choroïdien, par suite la zone de Zinn (18, fig. 165) dont la tension normale tient le cristallin aplati ; la zone de Zinn se relâchant alors, le cristallin devient plus bombé par sa face antérieure, la seule libre ; d'autre part, il peut se faire que les fibres circulaires, en se contractant, viennent presser, par l'intermédiaire des procès ciliaires, sur la circonférence du cristallin, qui cède dans ce sens.
Nous voyons donc, en somme, que les contractions de la partie antérieure de la choroïde (muscle ciliaire) ont pour effet de produire V adaptation. Cette adaptation est involontaire et toute spontanée; elle résulte d'un réflexe; il semble que la rétine ou les organes centraux de la vision, s'apercevant de la confusion de l'image, réagissent sur les muscles ciliaires et en amènent la contraction. Le ganglion ciliaire ou ophthalmique a longtemps été regardé comme le centre de ces réflexes, qu'on semble devoir -aujourd'hui rapporter plutôt à la partie céphalique de la moelle {protubérance annulaire et tubercules quadrijumeaux. V. p. 98). Les fibres musculaires de la choroïde sont des fibres lisses : de là une certaine lenteur dans l'accomplissement de l'adaptation. Quant au nerf qui vient innerver le muscle choroïdien, ce parait être la troisième paire crânienne; en effet, Trautvetter a constaté chez les oiseaux que, lors de l'excitation du moteur oculaire commun, l'image cristallinienne antérieure devient plus petite et se rapproche de l'image cornéenne; donc, chez les oiseaux, c'est le nerf de la troisième paire qui préside à l'activité du muscle ciliaire, et il doit en être de même chez l'homme, quoique ce muscle soit strié chez
les oiseaux et lisse chez les mammifères \ En effet, les paralvdu moteur oculaire commun s'accompagnent de paralysies de l'accommodation 2.
B. Lïn's est un véritable diaphragme placé dans la chambre
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