‹ Cours de physiologieChapitre 226 sur 260 · PLACENTA - NUTRITION DU PŒTOS · texte numérisé non relu

PLACENTA - NUTRITION DU PŒTOS

Fio. 210. — Schéma des vaisseaux du placenta *.

La figure 210 l'ait mieux comprendre que toute description quelle idée il faut s.- faire du mode selon lequel s'effectuent les échanges entre la mère el h1 fœtus. <"est par échange endosmomotique an travers des capillaires de chaque villosité* que le fœtus,

à cette période de son existence, emprunte et rejette l<*s matériaux nutritifs ; par là se font la nutrition et la respiration.

Mais il n'y a pas communication directe des vaisseaux de la mère avec ceux du fœtus.

(A une certaine époque, les globules rouges de l'embryon sont autrement conformés que ceux de la mère. La proportion des globules au liquor

n'est pas la même dans le sang de l'embryon et dans celui de la mère, etc. D'autre part, une femme grosse succombant à une hémorragie traumatique, tandis que son cadavre est exsangue et ses vaisseaux vides, le système circulatoire de l'embryon sera trouvé, au contraire, normalement rempli de sang).

La respiration fœtale s'effectue par le placenta; nous avons déjà insisté sur ce fait (V. p. 437), et l'analyse exacte du rôle du sang dans la respiration nous a permis de comprendre que la différence entre la respiration de l'adulte et celle du fœtus se réduisait à la présence d'un intermédiaire déplus, d'une station de transit de plus chez le second que chez le premier, entre les tissus et le milieu extérieur. La nécessité de la respiration placentaire est, du reste, mise en évidence par les accidents graves qui résultent de la suppression des fonctions du placenta. Quand la circulation du cordon, qui relie le placenta au foetus (V. Circulation fœtale). est interrompue, le fœtus périt, non par défaut de nourriture, mais par une véritable asphyxie : à la naissance, le cordon ne cesse de battre que quand l'enfant a respiré par le poumon, parce qu'alors

tion. (V. H. Planteau. Recherches sur la muqueuse utérine de quelques animaux à "placenta diffus : mémoire accompagné de deux planches. Jour n. de Vanat. et de la physiol., juillet 18S1.)

Nous devons du reste déclarer que les notions classiques relatives au mode de formation du placenta ont besoin d'une revision complète, que nous avons commencée pour quelques animaux (Mathias Duval. le Placenta des Rongeurs, Journal de VAnat. et de la Physiologie, années 18S9, 1890, 1891 et 1892).

* 1, Utérus; — 2, tissu intermédiaire; — 3, placenta caduque sérotine) où &e ramifient les vaisseaux maternels et fœtaux. ;Chailly-Honoré.)

cette nouvelle forme de respiration remplace définitivement celle qui a lieu par le contact utero -placentaire.

La nutrition du fœtus, à l'époque placentaire de son existence, se borne aussi à un échange de matériaux entre le sang fœtal et le sang maternel, au niveau des villosités du placenta. C'est ici encore l'organisme maternel qui fait tous les frais des actes préparatoires de l'assimilation (digestion, absorption); les matériaux arrivent au placenta, et, par suite, au sang et aux tissus de l'embryon, dans un état tel que ces derniers peuvent les employer directement à leur formation.

Mais ce n'est pas à dire qu'il n'y ait que simple endosmose du sangmaternel au sang fœtal: les éléments épithéliaux des villosités fœtales président à ces échanges, comme ils président partout ailleurs (glandes, muqueuse intestinale) aux phénomènes de passage. Ainsi des expériences déjà anciennes ont appris que les sels contenus dans le sang maternel ne passent pas indifféremment dans le sang fœtal ; plus récemment Wertheimer et Meyer ont décrit deux cas d'intoxication mortelle par l'aniline et par la toluidine observés chez des chiennes pleines. Dans les deux cas la substance toxique existait en quantité notable dans le sang de la mère, mais n'avait pas passé dans le sangdes fœtus qui n'en contenait pas trace. De même le professeur L. Frédériq, deLiège, a constaté que chez les poissons la membrane branchiale n'est pas non plus une cloison poreuse inerte (et les rapports des villosités placentaires dans le sang maternel sont tout à fait comparables à ceux de la branchie du poisson clans l'eau); cette membrane branchiale laisse passer les gaz oxygène et acide carbonique qui servent aux échanges respiratoires, mais elle arrête les sels de l'eau de mer; elle fait donc un véritable choix parmi les substances dissoutes dans le milieu qui la baigne.

D'autre part il faut remarquer que les rapports qui unissent, chez l'adulte, la nutrition et la respiration sont beaucoup plussimples chez le fœtus ; l'adulte consomme surtout des matériaux qu'il brûle pour produire des forces (V. Equivalent mécanique de la chaleur, p. 141) et de la chaleur. Le fœtus n'a pas de travail à produire, pas de force à dépenser; il n'a pas à produire de chaleur, qu'il emprunte à la mère. Il ne prend des matériaux alimentaires que pour produire ses tissus et développer ses organes (V. p. 530). Aussi les combustions, les oxydations sont-elles très peu prononcées dans son organisme; la différence entre son sang artériel et son sang veineux est loin d'égaler celle que l'on constate entre le sang artificiel et le sang veineux de l'adulte. Nous avons déjà insisté sur toutes ces particularités en étudiant la respiration des tissus (V. p. 448), et le faible degré des combustions

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