THE0RIKS DE IA CONTRACTION
fixateur pour fixer les fibrilles dans leur état <le contraction), Ranvier a pu constater que, clans un muscle tétanise tendu, les disques épais (voy. fig. 4.*>, j>. 134) sont diminués, taudis (pie les espaces clairs et les disques minces ont acquis une plus grande longueur, d'où il conclut que les disques .'pais sont les parties contractiles de la fibre musculaire, tandis que les disques minces et les espaces clairs jouent le rôle de corps élastiques. Ces résultats sont d'accord avec les données de Marey sur l'importance de l'élasticité pour le travail utile des muscles.
Quoi qu'il en soit des phénomènes intimes de la contraction de la fibre musculaire, et en attendant ce que les observations microscopiques du muscle vivant pourront encore nous révéler à cet égard, ce qui nous paraît certain, c'est qu'il faut, comme nous l'avons déjà dit, ranger le changement de forme du muscle dans une classe générale de phénomènes physiologiques. Nous savons qu'une des propriétés essentielles des cellules, du protoplasma, est de pouvoir changer de forme (V. Mouvements du iprotcplasma , p. 8) : les fibres musculaires dérivent des cellules, et leur contenu a conservé à un haut degré cette propriété, comme, du reste, les autres propriétés précédemment étudiées (élasticité, pouvoir électro-moteur, échanges chimiques, etc.). Seulement cette propriété de changer de forme se trouve, dans la fibrille musculaire, d'après les expériences de Ranvier, spécialisée dans une partie de cette fibrille, dans le disque épais; tandis que l'élasticité réside spécialement dans les espaces clairs et les disques minces.
Sensibilité du muscle. — Les muscles sont peu ou pas sensibles; mais ils possèdent une sensibilité particulière, le sens musculaire, dont nous parlerons plus loin avec détail (V. chap. des Organes des sens : sens du toucher). Nous dirons seulement ici que cette sensibilité, qui est l'impression du muscle agissant, nous fait apprécier l'intensité et la rapidité de contraction de chaque muscle ; c'est ainsi qu'elle nous permet de juger de la lourdeur d'un poids en le soulevant, etc.
Muscles striés pâles et foncés. — Avant de passer à l'étude des muscles lisses, caractérisés par la lenteur de leur contraction, signalons ce fait que tous les muscles striés n'ont pas une contraction également rapide. Ranvier, sur le lapin, Arloing sur les oiseaux et quelques poissons, ont reconnu l'existence de deux variétés de muscles striés, l'une pâle, l'autre foncée. La fibre pâle se fait remarquer par une striation très nette et très serrée et par la rareté des noyaux ; la fibre foncée se fait remarquer par une striation transversale un peu grenue, et par l'abondance des noyaux. Physiologiquement, d'autre part, le muscle pâle se distingue du muscle foncé par la rapidité avec laquelle il obéit aux excitations, par la dissociation des secousses qui forment le tétanos et par la brusquerie de
son relâchement. En un mot le muscle foncé est un organe de contraction soutenue, le muscle pâle un organe de contraction vive, mais passagère.