DU SANG - MASSE TOTALE
un échantillon extrait par saignée), quatre parties de liquide pour une de solide. Aussitôt on introduit dans le système vasculaire une quantité (l'eau r^nle à celle du sang qu'on avait retiré, puis on pratique une deuxième saignée, qui naturellement donnera un liquide sanguin plus dilué que celui obtenu par la première. Si, par exemple, la première saignée était de 100 grammes, et qu'après avoir injecté 100 grammes d'eau, la deuxième saignée amène du sang deux fois plus aqueux, il sera facile, par une simple proportion, de calculer le sang que contenait primitivement l'animal1.
Il y a encore bien des objections à faire à cette méthode, vu les échanges rapides qui se produisent, dans le court espace de temps qui sépare les deux saignées, entre le sang et les tissus qu'il baigne; en effet, immédiatement après une saignée, la masse du sang tend à se reconstituer aussitôt, en empruntant aux tissus ambiants leurs parties liquides.
Une meilleure méthode est celle du lavage de Welcker. Un animal est décapité ; on recueille tout le sang qui s'en écoule et on mesure le pouvoir colorant de ce liquide. On divise alors le cadavre en fragments, et, par un lavage complet, on en retire tout le sang. En comparant alors le pouvoir colorant de l'eau sanguinolente ainsi obtenue au pouvoir colorant du sang déjà extrait, on peut facilement calculer quelle est la proportion du sang contenu dans cette eau, et on obtient ainsi l'expression de la totalité de la masse sanguine. Mais il y a encore ici de nombreuses causes d'erreur, parmi lesquelles il suftit de citer celle qui tient à ce que le lavage enlève non seulement le sang, mais encore la matière colorante des muscles, celle de la moelle des os spongieux, delà rate, etc., matières colorantes qui dérivent de celles du sang, mais qui, attribuées à ce liquide, donnent à l'évaluation de sa masse une valeur supérieure à ce qu'elle est en réalité.
Cependant on admet en général, d'après les résultats fournis par
i Un ingénieux procédé, analogue à celui de Valentin, a été employé par Gréhant et Quinquaud (Mesure du volume de sang contenu dans Vorganisme d'un mammifère vivant. Compt. rend. Acad. des sciences, 29 mai 1882). Ce nouveau procédé est basé sur la propriété que possède l'oxyde de carbone de donner une hémoglobine oxycarbonée, combinaison très fixe. On fait donc respirer à un animal une certaine quantité de gaz contenant des proportions d'oxyde de carbone bien déterminées. Au bout d'un quart d'heure, par exemple, on constate quel est le volume d'oxyde de carbone fixé par l'animal, et quel est le volume fixé par une quantité donnée de sang : ces deux volumes étant connus, il suffit d'un simple calcul de proportion pour obtenir le volume du sang total. L'exactitude de cette méthode est mise en évidence par le résultat suivant : après avoir déterminé le volume normal de sang, si l'on soustrait par hémorragie une quantité mesurée, on trouve un volume de sang moindre, et la différence est égale au volume enlevé par hémorragie.
if 4 SANG ET CIRCULATION
cette méthode, que le p :>ids total du sang est en moyenne la treizième partie ■ du poids total du corps de l'homme, ce qui ferait donc 5 kilogrammes 2 de sang pour l'homme, dont le poids moyen est de 65 kilogrammes.
Du reste, la /nasse du sang est très variable selon les circonstances : f'état de jeûne ou d'absorption digestive est ce qui influe le plus sur cette quantité, et dans ces cas il peut y avoir des variations du simple au double. C'est ce qu'a directement constaté Cl. Bernard en décapitant deux chiens, l'un à jeun et l'autre en pleine période d'absorption digestive : c'est ce qu'il a démontré indirectement en faisant voir qu'il faut, pour faire périr un animal :-n digestion, une dose de poison (strychnine, par exemple) double de celle qui suffit pour le tuer quand il est à jeun 3. Il est vrai que dans ce cas il faut tenir compte non seulement de ce que l'organisme en général est gorgé de liquide, mais de ce que les éléments anatomiques eux-mêmes sont saturés et bien moins disposés à l'absorption du poison. Un fait plus significatif encore est le suivant: Sur un lapin à l'état ordinaire, il faut enlever 30 grammes de sang pour amener la mort par hémorragie : au bout de trois jours d'inanition, il suffit d'enlever 7 grammes pour obtenir le même résultat. On comprend quelle importance a ce fait pour le médecin, au point de vue des saignées pratiquées au début d'une maladie, ou après plusieurs jours de diète.
com posit:on du sang
Si nous étudions le sang au point de vue pour ainsi dire anatomique «comme un tissu i. nous - os qu'il se compose de deux parties bien distinctes : le cruor, qui comprend la partie solide, les globules; et le liquor. qui comprend toute la partie liquide à l'état physiologique. Ces deux parties sont en quantités à peu près égales4
1 Cette proportion varie avec le- animales : 1/17 du poids du coi i le chien. 1 24 chez le mouton, 1 36 chez le lapin.
2 o kilogrammes, c'est-à-dire un peu moins de 5 litres, puisque la densité du sang ^1055 en moyenne; est un peu supérieure à celle de l'eau.
ta comprend hien l'augmentation de la masse du san<r pendant l'absorption intestinale, quand on se rappelle que Colin a recueilli", sur une vache, jusqu'à 95 litres (en vingt-quatre heures) de lymphe, par une fistule du canal thoracique, canal qui ne représente cependant que l'une des voies de l'absorption intestinale (l'autre ...tee par la veine -porte). G. Colin. Traité de physiologie comparée des animaux.
4 La proportion exacte (chez l'adulte) est la suivante: 1000 grammes de sans" se composent de 446 gramm - . . . cruor), et de 555 de plasma
(UquorJ. Nous disons chez l'adulte, parce que chez le fœtus la proportion es