CAPILLAIRES
la lumière est à peine suffisante pour laisser passer an globule sanguin ; ces différences de calibre varient s. -Ion les régions. Dans Ja peau, les capillaires sont gros relativement à ceux du poumon oudu cers eau :aussi, vu la largeur des capillaires des doigts, réussiton facilement à injecter par les artères les origines des veines du pied ou de la main.
Les capillaires sont formés en général par des parois propres d'une structure très simple ; le tissu en est amorphe en apparence, avec des noyaux, mais il est reconnu aujourd'hui que cette prétendue membrane amorphe est constituée en réalité par de véritables cellules épithéliales, constituées par du protoplasma plus ou moins granuleux et réunies par un ciment intercellulaire amorphe: cette couche de cellules se continue avec celle qui tapisse la surface interne des artères et des veines (endothèlium vasculaire).
D'après ceque nous avons déjà vu, nous savons que d'ordinaire la circulation est continue dans les capillaires, et que Tonde cardiaque ne s'y fait sentir que dans des circonstances exceptionnelles. Nous avons également étudié et expliqué la présence de ce qu'on appelle la couche inerte (V. plus haut, p. 226).
Les capillaires, tels que nous venons de les envisager, forment une portion parfaitement définie du système circulatoire, et leurs propriétés physiologiques sont parfaitement distinctes de celles des artères et des veines : nous d<; vous, en effet, n'appeler capillaires, avec Kôlliker et la plupart des histologistes, que ces petits vaisseaux qui, sans aucun artifice de préparation, se montrent comme des tubes de substance amorphe, dans lesquels sont enchâssés des noyaux ovales et qui, en réalité, sont formés de cellules distinctes, comme le montrent les imprégnations par le nitrate d'argent. Mais quelques histologistes, et surtout Henle et Charles Robin, comprenaient sous cette dénomination et les capillaires proprement dits et les plus fines ramifications des artérioles et des veinules. C'est qu'en effet, entre les artères ou les veines et les capillaires proprement dits, se trouvent des vaisseaux de transition formés par des capillaires revêtus d'une seconde enveloppe dite tunique adventice.
On ne peut donc plus considérer les capillaires comme résultant de la fusion bout a bout de cellules dont la cavité deviendrait la lumière, et la membrane deviendrait la paroi du capillaire. Cette manière de concevoir le développement de» capillaires, indiquée d'abord par Schwann et Kôlliker, d'après leurs recherches sur la queue déjeunes têtards, et que semblaient confirmer les expériences de Balbiani sur la cicatrisation et la soudure de ces mêmes animaux, ne peut plus se maintenir devant le fait de l'existence d'un endothèlium dans la cavité du capillaire; dès lors, il faut considérer cette cavité comme un espace non plus intracellulaire,ma\s bien intercellulaire.
Pour bien comprendre le rôle des capillaires dans la mécanique de la circulation, il faut tenir compte de ces connaissances acquises
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sur la structure des capillaires. Sans doute, les vrais capillaires ne sont pas contractiles, leur structure ne permet pas de leur attri :-ette propriété, et tous les phénomènes de dilatation ou de
. ttt qu'on y observe sont purement passifs et résultent de phénom - semblables dont les artérioles ou les veinules sont le si ge actif. Les anciens physiologistes faisaient, avec Biehat, volontiers uer un rôle actif aux capillaires, qu'ils croyaient très con- : tiles et qu'ils considéraient comme un cœur périphérique. A: rès l'étude que nous avons faite de la circulation, il e^t aisé de voir que la contraction des capillaires, de ces prétendus cœi
rires, serait plutôt un obstacle qu'un adjuvant à la marche
du sang. Noua avons vu de même que les agents hémostatiques
agi— al d amenant la contraction non des capillaires, mais des
ts vaisseaux artériels.
Mais si les capillaires ne sont pas contractiles à la manière des
I - u de l'organe central de la circulation, il faut cependant
- oublier que les parois de ces petits vaisseaux sont com-
- - de cellules qui ont, en partie, conservé les propriétés du
prot '-plasma vivant : que ces cellules peuvent changer de forme et
modifier ainsi plus ou moins la lumière du vaisseau1. C'est dans es
- qu'il faut comprendre l'expression de contractilitè des capil-
■-- . employée récemment par les physiologistes allemands, par
Stricker, par exemple. Cet auteur dit avoir observé que les pai -
res les têtards jouissent d'une contractilitè qui se manifesl
par des réti ments et des élargissements successifs, et il pense
b autorisé à attribuer la même propriété aux capillaires des
;aix complètement développés.
Les capillaires représentent la partie de l'appareil de la circulation dans laquelle a lieu l'échange des matériaux, soit avec les organes. - it aussi ians les poumons, par exemple) avec les milieux ambiants. C'est au niveau des capillaires que le physiolo-
1 Ce sont peut-être aussi ces notions sur la véritable structure des capilla:. qui permettent de s'expliquer les phénomènes de diapédêse. ' »n appelle diu. la sortie des globules blancs à travers les parois des petits vaisseaux, sortie qu'il est facile d'observer en examinant la circulation dans le mésentère de la grenouille irrité par le fait de son exposition à l'air, et que les patholoiristes considèrent comme l'une des sources de la suppuration. Nons avons vu que les globules blancs du sang et les globules du pus étaient identiques, ainsi, du . que les globules de la lymphe. On a donc émis l'hypotbese que les globules du pus ne sont que des globules blancs du sang sortis des vaisseaux. Dans ses recherches sur l'inflammation de la cornée et du mésentère de la grenouille, Cohnheim (1669) a expérimentalement vérifié cette hypothèse, et ;isté à la diapédêse des globules blancs: Hayem a fait les mêmes observalions et constaté de plus la diapédêse des globules rouges, surtout sous l'intluence d'un excès de pression produit par la ligature des veiaes.