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VEINES

giste, dans Bes expériences, doit porter toute son attention, car, parmi les diverses parties de l'appareil circulatoire, le système

pillai re seul présente des rapports immédiats avec les élém< des tissus, seul il nous amène à assister aux phénomènes intimes de la viedes cellules : «Les gros vaisseaux, Les artères, les veines ne sont que les mes qui nous permettent de parcourir une ville • mais avec les capillaires, nous pénétrons dans les maisons, où n pouvons observer directement la vie, les occupations, les mœurs des habitants.

« Ainsi, quand on introduit une substance toxique ou médicaments ise dans l'arbre circulatoire, cette substance restera sans effet tant qu'elle ne circulera que dans les veines ou les artères ; elle ne commencera à manifester son action que lorsqu'elle arrivera dans les capillaires, et dans les capillaires baignant les éléments anatomiques sur lesquels elle agit spécialement, les capillaires des masses nerveuses grises centrales, par exemple, pour la strychnine, les capillaires du muscle ou des terminaisons périphériques des nerfsmoteurs pour le curare, etc. *. »

D'après quelques auteurs, les capillaires ne seraient pas la seule voie de passage des artères aux veines : d'après les recherches de Sucquet et de Péan, la communication du cône artériel avec le cône veineux se ferait parfois sans l'intermédiaire de capillaires, à l'aide de petits vaisseaux intermédiaires visibles à l'œil nu, et très riches en éléments musculaires; ces vaisseaux se contracteraient à certains moments, tandis que, dans d'autres circonstances, ils laisseraient, par leur dilatation, un passage très facile au g artériel, qui irait directement se jeter dans les veines, la circulation capillaire étant réduite à son minimum: de laie nom de circulation dèriï'itire. Cette disposition, que tous les anatomistes sont loin d'admettre jusqu'à ce jour (niée par Vulpian), se rencontrerait plus spécialement, d'après Sucquet2, vers l'extrémité ungueale des doigts et des orteils, à la partie antérieure du genou et postérieure du coude, dans la peau des lèvres, des joues, du nez, des paupières, dans la muqueuse des fosses nasales et de la langue.

3° Veines. — Les veines ont des parois plus minces que celles des artères ; ces parois, qui renferment des fibres musculaires circulaires et longitudinales (il n'y a que des fibres circulaires dans les artères) se distinguent encore en ce qu'elles contiennent beaucoup moins de tissu élastique, de sorte que les veines n'ont aucune tendance à rester béantes, même sur le cadavre, lorsque le sang s'en est écoulé. (Les veines du cou restent béantes parle fait

1 Cl. Bernard. Physiologie opératoire. Leçons sur les capillaires, 1879.

2 Sucquet, Circulât ion du sang. D'une circulation dérivative dans les membres et dans la tête de V homme, Paris, 1862.

-de leur adhérence aux aponévroses voisines ; c'est une particularité locale, dont l'importance sera expliquée plus loin.)

Par contre, ces vaisseaux sont très contractiles ; mais l'élément musculaire y est irrégulièrement distribué. Leurs contractions sont très faciles à constater; on peut, par exemple, voiries veines de la main se contracter et se dégonfler sous l'influence de l'immersion ■dan? l'eau froide: un choc brusque, une légère percussion sur une ^-eine sous-cutanée, y produisent aussitôt une contraction à laquelle succède bientôt une paralysie amenant la dilatation du vaisseau, et l'on voit parfois ces deux phénomènes se reproduire par saccades .successives et irrégulières. Ces contractions des veines favorisent la circulation, mais elles n'ont jamais un rythme intermittent et régulier; il n'y a pas réellement systole et diastole proprement dites. La contraction a pour effet de diminuer le calibre du vaisseau ■-et de chasser le liquide sanguin toujours dans le même sens, vu la présence des valvules dont nous parlerons dans un instant.

Les veines sont très dilatables, et on peut dire qu'une de leurs fonctions principales est de se prêter à un facile écoulement du sang des capillaires. Nous voyons donc déjà les veines, outre le rôle de conducteur, prendre de plus celui de réservoir, rôle qui se "trouve réalisé à son plus haut degré au sommet du cône veineux, 'ans l'oreillette. Dans ce but, les veines sont parfois développées «n plexus, disposition qui a pour effet d'augmenter la capacité de leur ensemble : ces espèces de gàteauo: veineux peuvent aussi parfois être destinés à servir à la caléfaction des parties où ils sont situés, comme nons le verrons pour les fosses nasales (appareil •caléfacteur de l'air inspiré) ; mais d'ordinaire ils ont pour but «d'empêcher la stagnation dans les capillaires : aussi sont-ils disposés et groupés dans des endroits où ils ne puissent être exposés •à des compressions, comme, par exemple, derrière le corps des vertèbres (entre ce corps et le grand surtout ligamenteux postérieure. Du reste, la forme ramifiée et les anastomoses de ces

xus sont telles qu'une compression partielle et locale ne saurait ■entraver la circulation en retour, le sang trouvant toujours un passage facile par les vaisseaux restés libres. Il faut ajouter que la capacité de l'ensemble du cône veineux est environ le double <le celle du cône artériel. Enfin il est des veines dont les parois sont ■inextensibles et incompressibles, de sorte querien ne peut y entraver la circulation, et que; d'autre part, elles ne peuvent se gonfler au point de comprimer elles-mêmes les organes voisins : les veines de la dure-mère (sinus crâniens) offrent le plus bel exemple de cette disposition.

Les veines sont en général munies de valvules disposées de telle

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manière que, quand une pression anormale se produit en an point, elles se re Iressent sous l'influence du courant Banguin qui tendr à refluer, elles obturent la Lumière du vaisseau et empochent Lesang de retourner vers les capillaires. Ces valvules servent donc â neutraliser et même à utiliser, dans le sens de la circulation, L'action du choc, des pressions irrégulières (de la part des muscle* voisins en contraction, par exemple] : elles servent aussi à soutenir, en les divisant, les longues colonnes sanguines, connue, par exemple, la» colonne veineuse du membre intérieur. Les veines qui ont à supporter de longues colonnes de ce genre présentent des parois singulièrement ('paisses. Ainsi les parois des veines saphénes rappellent tout à fait par leur aspect celles d'une artère, et restent béantes quand on les incise, de même qu'un gros vaisseau artériel. Là où les pressions locales sont rares, les valvules n'existent pas da les veines ; tels sont les appareils veineux du cerveau, du poumon. La principale cause de la circulation dans les veines est donc lavis a tergo, réplétion continue par le sang que chassent les artères à travers les capillaires (la vis a tergo est donc en définitive l'impulsion ventriculaire du sang transmise à travers les capillaires) et l'utilisation, grâce à la présence des valvules, de toutes les causes de compression des veines. Parmi ces causes, nous venons designaler les effets de contraction des muscles voisins. Il faut encore tenir compte, ainsi que l'a signalé Ozanam (Acad. des sciences -, juillet 1881) de l'influence qu'exeree sur toute veine satellite Far* tère qui lui est conjugée. La plupart des grosses veines étant unie* aux artères correspondantes par un tissu connectif serré, ou même étant renfermées dans une gaine celluleuse commune, la paroi veineuse doit forcément ressentir le contre-coup des mouvements artériels ; et on constate, en effet, avec les sphvgmogra plies, qu>* tout mouvement diastolique artériel donne lieu à une ondulatioa veineuse. La veine cave inférieure reproduit le tracé inverse del'aorte abdominale, la veine crurale, la sous-clavière, celui des artères correspondantes. Si l'on considère, en outre, que le cœur comprime et vide à chaque battement les veines situées dans son. tissu, que les artères vertébrales battent au milieu de la gainepresque complète que leur forment les veines correspondantes, que les artères du cordon s'enroulent autour de leur veine et la compriment, on pourra se faire une idée de l'importance et de la gêné ralité du phénomène que l'auteur désigne sous le nom de loi de la circulation par influence1.

1 Trolard (Journal de Variât, et de la phyaiol., septembre 189)) a. étudié avec soin les conditions de la circulation cérébrale résultant do ce quelles artères de l'encéphale baignent dans le sang veineux (artère carotide iuteru&

De même que les phénomènes de passage et de reflux du sang à travers les orifices cardiaques donnent lieu à des bruits particuliers (bruit du cœur, p. 220), de même la circulation périphérique donne lieu à des phénomènes sonores, plus faciles à constater dans les cas pathologiques (anémie) que dans l'état normal, et que l'on entend surtout au niveau du cou, sans doute parce que les aponévroses de cette région donnent, par leurs dispositions spéciales, aux parois des vaisseaux et à leur gaine, un état de tension qui favorise la transmission des bruits; le timbre de ces bruits est très variable (bruit de souffle, bruit musical, bruit de diable); ils sont tantôt continus et tantôt intermittents ; ils sont produits les uns dans les artères, les autres dans les veines. Weber leur donnait pour origine les parois des vaisseaux mises en vibration par le mouvement du sang. Plus généralement, avec Chauveau et Potain, on attribue ces bruits à la présence d'une partie étroite où le sang passe rapidement, et qui est suivie d'une partie plus large où il avance moins vite. Chauveau 1a, en effet, montré que des vibrations se produisent dans ces circonstances par l'effet d'une veine liquide qui détermine une sorte de remous au point où la partie étroite s'abouche dans la partie plus large (veines fluides de Savart). Cette disposition peut se trouver réalisée de plusieurs manières : normalement, comme à l'ouverture delà jugulaire dans la sous-clavière; accidentellement, comme par la compression du vaisseau par une muscle, par une aponévrose tendue, et le plus souvent par la simple application du stéthoscope lui-même.

Nous parlerons plus loin (voy. Respiration ; effets mécaniques 'produits par la respiration dans les organes voisins du pou-

située dans le siuus caverneux, etc). Partout où artère et veine satellite sont contiguës, l'expansion artérielle a une grande influence sur la progression du sang noir ; ici cette influence est d'autant plus grande que l'artère est placée au milieu du liquide à mouvoir, et que les parois de l'espace veineux sont inextensibles. Mais le mécanisme de ces parties est plus intéressant encore dans le cas d'effort prolongé, et les réactions des parties les unes sur les autres deviennent alors de sens inverse que dans le cas précédent, le sang veineux agissant alors sur l'artère pour y modérer l'afflux. En effet, dans l'effort prolongé, le sang veineux ne pouvant affluer au cœur, les sinus caverneux vertébraux et méningés sont remplis de sang à une tension croissante : le liquide ainsi soumis à une forte pression n'a pas d'action sur les parois résistantes des sinus, mais il réagit sur les parois artérielles dépressibles, les comprime et tend à effacer le calibre du vaisseau. De cette façon se trouve sensiblement diminué le débit artériel, et par suite est conjuré le danger auquel serait •exposée la pulpe cérébrale si elle continuait à recevoir le sang artériel en même quantité alors qu'est arrêté l'écoulement du sang veineux.

1 Chauveau, Mécanisme et théorie générale des murmures vasculaires (Académie des sciences, 185S).

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mon) de L'influence de ['aspiration thoracique sur la circulation dans les grosses veines, voisines du cœur, et particulièrement sur les veines du cou. Cette aspiration thoracique, qui agil sur le sommet «lu cône veineux, est aussi importante, pour La circulation dans les veines, que l'est la vis a tergo agissant sur la base de ce cône.

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