III. INFLUENCE DU SYSTÈME NERVEUX SUR LA. CIRCULATION DU SANG
Nous avons constaté dans le cœur et dans les vaisseaux (artères et veines) un grand nombre de phénomènes musculaires ; il est donc probable a priori que les contractions de ces muscles sont sous la dépendance du système nerveux.
Innervation du cœur. — Cependant on a cru longtemps, avec Haller, que le cœur était indépendant du système nerveux et que l'aftlux du sang amenait la contraction de ce muscle creux en •excitant directement par sa présence la fibre musculaire des parois cardiaques. Aujourd'hui il est bien démontré que les mouvements du cœur sont régis par le S3rstème nerveux, comme les autres mouvements. La moelle (moelle épinière et bulbe) est le centre de ces actions, et l'on sait qu'une commotion cérébro-spinale, les lésions de la moelle allongée, peuvent ralentir ou accélérer le mouvement cardiaque : cette action peut être réilexe, et un grand nombre d'impressions périphériques peuvent ainsi accélérer ou ralentir ce mouvement. C'est qu'en effet la moelle et le bulbe donnent au cœur des nerfs, dont les uns (rameaux du grand sympathique) ont pour effet d'accélérer les battements, les autres (pneumogastrique) de les ralentir ; le pneumogastrique est donc un nerf paralysant du cœur (Weber et Budge). Nous trouverons des faits tout semblables dans l'innervation des vaisseaux.
Nerfs modérateurs du cœur. — Budge, Weber et Cl. Bernard ■ découvrirent à peu près en même temps que l'excitation du pneumogastrique entier, ou seulement de son bout périphérique, a pour effet de ralentir les mouvements du cœur. Ainsi, chez le chien, dont le cœur bat normalement d'une façon désordonnée et très rapide, cette excitation a pour effet de régulariser la pulsation cardiaque. On expliqua d'abord ce résultat en y voyant un effet de l'épuisement du pneumogastrique par une excitation trop forte, car on se refusait à voir, dans un nerf se rendant à un muscle, autre chose qu'un agent excitateur de ce muscle, et c'est par un •épuisement de ce nerf qu'on s'expliquait le ralentissement succédant
- d excitation. Mais Pfliïger et Rosenthal ont cherché en vain à produire l'accélération du cœur en portant sur le pneumogastrique
3 excitations électriques aussi faibles que possible. Du . : forie en question tombe devant ce fait que la simple section du pneumogastrique produit une grande accélération des battements cardiaques (ils montent de 60 à 150 par minutes). Comme l'observation de phénomènes analogues dans d'autres parties du systt nerveux (V. p. 35) nous a familiarisés aujourd'hui avec l'idée de - rai ont des actions paralysantes (nerfs frènateursj. on adn. : - oralement que le nerf pneumogastrique est un nerf modérateur du cœur: sa section supprime cette action modératrice et, par suite, accélère les battements: son excitation exagère cette action modératrice, et, par suite, ralentit les battements. Cette théorie est seule d'accord avec les faits cliniques et peut seule liquer les divers actes émotionnels 'réflexes) qui tantôt accélèrent, tantôt ralentissent le cœur1.
Quelques expériences récentes ont précisé divers éléments c fait physiologique. Pour amener l'arrêt du cœur, il faut une intensité d'excitation d'autant moindre que l'animal est plus affaibli, qu'il est dans un état d'hibernation, ou qu'il est à sang froid : l'effet de l'excitation du pneumogastrique est moins sensible chez le nouveau-né que chez l'adulte. Une célèbre expérience de Traube a montré que la digitale ne ralentit pins le cœur quand les pneumogastriques ont été coupés. Arloing et Tripier ont remarqué l'excitation du pneumogastrique droit a plus d'action sur le coeur que celle du gauche. Il faut ajouter que l'étude de l'action comparée de ces deux nerfs sur la respiration les a conduits à admettre que le pneumogastrique gauche agit plus spécialement sur le poumon.
Xous avons déjà fait remarquer [V. Nerfs crâniens, p. 52) que l'influence exercée par le pneumogastrique sur le cpur n'appartient pas cà ce nerf lui-même, mais lui vient de la branche interne du spinal qui s'anastomose avec lui. (Expérience de \Valler : on arrache le spinal, et on constate, au bout de quelques jours, que le pneumogastrique est sans action sur le cœur.] Ces libres cardiaques modératrices perdent leur action sur un animal empoisonné par Yatropine; l'atropine en effet agit spécialement sur le système des nerf- d'arrêt et sur les nerfs excito-secrétoires [voir ci- après Secret <c
V rfs accélérateurs du cœur. — Le grand sympathique exerce a i le cœur une action antagoniste à celle du pneumogastrique ; il
1 Y. Germain Sée, Du diagnostic et du traitement des maladies du cœur. Paris. 187