‹ Cours de physiologieChapitre 88 sur 260 · LYMPHE ET CHYLE · texte numérisé non relu

LYMPHE ET CHYLE

tiennent les mêmes principes, et il n'y a dans leur composition que des différences quantitatives et non qualitatives : et encore, ces différences ne sont-elles que momentanées : après la digestion, au moment de l'absorption, les lymphatiques mésentériques (chylifères) renferment en grande quantité des éléments absorbés et surtout des graisses; il faut même dire que chez les oiseaux, d'après certaines particularités dans le mécanisme de l'absorption (Cl. Bernard), toute diitërence semblerait disparaître entre le contenu des lymphatiques du mésentère et celui des lymphatiques des autres parties du corps.

La lymphe contenue dans les vaisseaux lymphatiques (cône lymphatique, fig. 90) et versée dans le système sanguin, est très variable comme quantité, selon les circonstances de repos ou de fonctionnement des organes d'où elle provient ; ainsi, lorsqu'on fait une fistule lymphatique au cou d'un animal, de façon à obtenir l'écoulement de la lymphe qui vient de la tête, on remarque que ce liquide s'écoule en bien plus grande abondance pendant les mouvements de mastication que pendant le repos (Colin). Il va sans dire qu'on observe une différence encore bien plus considérable pour la lymphe qui vient des intestins, selon que l'animal est à jeun ou bien en pleine absorption des produits de la digestion.

Les éléments figurés qu'elle contient, outre les globules blancs identiques à ceux du sang, sont des globules rouges dont la présence, dans certains départements du système lymphatique, a pu être invoquée comme preuve d'une transformation des globules blancs en globules rouges (V. p. 196). Enfin on y reconnaît encore, au microscope, de nombreuses particules de graisse en suspension, animées du mouvement moléculaire nommé mouvement brownien, et entourées d'une légère couche d'albumine (membrane haptogène de Mueller), qui empêche ces particules graisseuses de se fusionner les unes avec les autres, de manière à former des gouttelettes.

La partie liquide de la lymphe présente une composition très analogue à celle du liquor du sang. Elle contient de la fibrine, mais

il en vit sortir un liquide crémeux, le chyle, et, comme Archimède, il s'écria Eupypca, car il comprit qu'il venait de faire une grande découverte.

Pecquet, médecin français du milieu du xvm* siècle, natifdeDieppe.il était étudiant à Montpellier, lorsqu'il découvrit que les chylifères se rendent dans un confluent (citerne ou réservoir de Pecquet) qui est l'origine du canal thoraeique.

Olaùs Rudbeck,anatomiste suédois (1630-1702), montra que tous les organes contiennent des vaisseaux lymphatiques dont les chylifères de l'intestin ne sont qu'un cas particulier. En 1652 il fit la démonstration de ce système de vaisseau devant la reine Christine de Suéde.

une fibrine lente à se coaguler spontanément (brady fibrine yPolli, Virchow); en effet, la lymphe extraite des vaisseaux se prend, au bout d'un quart d'heure environ, en une gelée incolore, de laquelle ne tarde pas à se séparer une masse réticulée qui finit par se resserrer, comme la fibrine du sang en voie de coagulation. Si ce caillot contient des globules rouges du sang, mêlés accidentellement pendant l'extraction du liquide, il est rougeâtre.

Après la séparation delà fibrine, il reste dans le liquoi' lymphatique une quantité d'albumine moindre que dans le liquor sanguin (42 pour 1000): mais il y a de l'albumine non coagulable par la chaleur, et particulièrement des formes de peptones, que nous étudierons à propos de la digestion; cependant, même pour les ehvliferes. cette quantité d'albumine serait toujours relativement minime, puisque, d'après Cl. Bernard, ces vaisseaux ne serviraient que fort peu à l'absorption des albuminoïdes. Cette question est encore entièrement réservée, et nous aurons à y revenir en étudiant l'absorption et la théorie des matières peptogènes (de Schiff).

La lymphe contient en proportions notables les produits excrémentitiels des tissus ; elle renferme des matières extractives et surtout de Vitrée (Wnrtz), et elle renferme de l'urée en plus grande proportion que le sang. Cette urée doit nous représenter le résultat de la combustion de la quantité d'albumine que nous avons trouvée en déficit dans le liquor de la lymphe, comparativement au liquor ou sang.

Les autres éléments de la lymphe sont moins importants à signaler: ce sont des sels (de soude), identiques à ceux du sérum sanguin (chlorures et sulfates principalement!; enfin Schmidt a même constaté dans les cendres de la lymphe et du chyle de petites quantités de fer.

La lymphe contient aussi des gaz, comme le sang: ces gaz sont les mêmes que ceux du sang; il était à supposer a priori que l'oxygène et l'acide carbonique devaient se trouver dans la lymphe dans les mêmes proportions que dans le sang veineux; il n'en est rien cependant. Les analyses de Hammarsten ont montré que la lymphe renferme moins d'acide carbonique que le sang veineux. C'est un fait qui parait ici sans importance, et sur lequel nous aurons cependant un grand intérêt à revenir en traitant des combustions respiratoires qui se passent dans l'intimité même des tissus.

Vaisseaux lymphatiques. — Tous les organes ne sont pas pourvus de lymphatiques, ou, du moins, ces vaisseaux n'ont pu être découverts partout. Ainsi quelques muqueuses nous paraissent complètement dépourvues de réseaux lymphatiques : on a longtemps con-

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