‹ Cours de physiologie (volume 2)Chapitre 11 sur 66 · DU 8AN · texte numérisé non relu

DU 8AN

composent celle hamear. Ainsi le saog est d'abord déflbriné , pais coagulé , et filtré. La liqueur qui s'écoule est évaporée au bain-marie. Ou ajoute au liquide ua peu de sulfate de chaux en poudre, qui précipite des graisses, les restes de matière colorante, et de Talbumine qui avait échappé à la coagulation. La liqueur, filtrée de nouveau , est évaporée à siccité à une température peu élevée. Le résidu est repris par de Talcool absolu; celui-ci dissout, avec d'autres principes, de la séroline; on distille Talcool , et le résidu laisse déposer de la séroline, qui se précipite complètement si Ton ajoute un peu d'eau. Le précipité filtré se redissout dans de Talcool bouillant , d*où il cristallise en lames brillantes, qui sont formées û' aiguilles tnieroscopi' fues. Les autres principes du sang peuvent être aussi trouvés dans la même portion de sang d'où Ton a extrait la séroline. »

L'aspect de la substance obtenue est, comme vous le voyez. Messieurs, différent de celui sous lequel M. Boudet nous Tavait présentée. MM. Verdeil et Marcel ont obtenu des indices si fugitifs d'ammoniaque dans la décomposition de cette substance , qu'ils mettent en doute que ce soit une matière azotée.

En considérant que tous nos aliments renferment plus ou moins de matières grasses, et qu'il s'en dépose en abondance dans diverses parties du corps , on ne doit pas être surpris que le sang, dans lequel pénètrent les produits de la digestion et d'où sortent les matériaux des sécrétions, contienne des matières grasses ; on serait plutôt surpris qu'il n'en contint pas.

Mais je remarque que , tandis que les graisses sont introduites à l'état de corps gras proprement dits , et se déposent aussi , sous cet état, dans le tissu adipeux, dans le tissu médullaire des os^ partout, en un mot, où il y a de la graisse dans l'économie t la portion de ces principes qui passe par le sang , ou plutôt qui fait partie de la constitution du sang, s'y trouve à l'état de dédoublement, c'est-à-dire passée à 1 état d'acides margarique et oléiqoe (nous ne savons rien de U glycérine dans le

), qai forment on saTon avec la sonde, ou même se trouvent Kke en eicts dans le sérum du sang.

Je pense qu'il ne faut pas s'exagérer cette double métamorptose en verta de laquelle lés corps gras se décomposeraient en entrant dans le sang pour se recomposer en en sortant. Il y a chez toQl homme bien portant deux époques dans la journée ob m sang contient une notable quantité de matière grasse émuf* sknnée qui rend le sérum laiteux. Ces deux époques coïncident avec celles oA le canal thoracique verse un chyle blanc dans la veioe soas-clavière. Le raisonnement seul eftt suffi pour le faire adneftre; car, à moins de supposer qile cela était détruit instantanément par la respiration, il fallait que cette matière grasse émulsionnée se retrouvât dans le sang. Les observations n'ont point dit ici défaut au raisonnement , et quelques-unes de ces observations remontent aux premiers travaux sur le système chylifère. Vous lirez certainement avec intérêt le passage suivant , où HaUer expose les résultats de ses propres vivisectioQs et les faits signdés par quelques-uns de ses devanciers (1). Nempe in vivis animaUbus, chjrlum albo suo colore conspt-cuum, sœpeperwua sanguinea oberrare, de vulnereflaere, oui in cor ipsunt aperium de auricula effundi vidi. Ita quatuor, oui quUnque a capto cibo fwris, lac in carotide vM canis Loviteriis reperit, et simiUa sunt Thomœ Schwbnke, ekuissimi medici, et Joannis Bohfiu, etJ.-G. rai Berger ex" perimenta ! In anale porro, animale iacleis alloquin vasU iesiituto, citjràim in sanguine Waueos vidtt, inque ansere aliisque açtbus Olaus Borrighics.

Ge qu'il y a de curieux dans les dernières observations, c'est qu'elles sont faites sur des oiseaux , qui , comme je vous l'ai dit (t II , p. 749), n'offrent point de stries de chyle dans leur mésentère , mais qui , sans aucun doute , absorbent des matières grasses par leurs veines.

Cest dans le sérum , après la coagulation du sang , qu'on observe cette émdkion : il est alors laiteux. Si la chose n'est pas

(1) EUmenta physiologwt , 1. 11, p. 15.

très-commune chez Thomme, c'est qu'on le saigne rarement dans les heures qui suivent son repas; toutefois des expériences sur rhommeont été.foites dans ces derniers temps, avec la prudence que commandait le sujet de l'observation. Un jeune garçon , alléché par la promesse d'un bon dtner, se laissa jeûner jusqu'à quatre heures du soir; il prit, à ce moment, uqc livre de bifteck, une demi-livre de pain, une livre de soupe brune, et une demi-bouteille de porter. Une heure après, on lui fait une saignée de trois onces; le sérum est blanchâtre et trouble. A une heure quarante minutes, on retire encore trois onces de sang; le sérum est comme du petit-lait. Le lendemain , à jeun , saignée de trois onces; le sérum est limpide (1).

L'expérience suivante, qui est, comme la première, de M. Buchanan, n'est pas moins concluante. On ôtc quelques onces de sang à un homme vigoureux, avant son repas; le sérum est limpide. Trois heures et un quart après le diner^ nouvelle saigné, le sérum est trouble; huit heures après le dîner, nouvelle saignée , le sérum est très-opaque ; dix-huit heures après le repas , nouvelle saignée, le sérum est limpide

Le sérum laiteux, examiné au microscope par M. Buchanan, offrait des globules moins gros que ceux du sang , sphériques pour la plupart, mais irréguliers. Ils montent i la surface comme la crème, s'arrêtent sur les filtres comme de la fleur de sureau; ils sont combustibles. Je ne sais si c'est par erreur qu'il les dit insolubles dans l'éther et l'alcool.

On lit dans Hunter, aux pages 66 et suivantes, plusieurs observations de saignées faites quelques heures après le repas , et ayant donné un sérum laiteux, recouvert d'une couche crémeuse.

Les faits dont je vous entretiens ont aussi été observés sur les animaux. M. Béclard (2), ayant eu plusieurs fois l'occasion de

(1) Bttdunan, london med. gaz., t. XXXV , p. li> et Gan. méd., 1815 » p. 442.

(2) Recherches expérimentales sur les fonctions de la rate, p. 32; Paris , 1848.

COMPOSITION OU SANG. l^i

siigoerdes aatmaux pendant le travail de la dijjestion, donne la description suivante da sérum du sang des carnivores : a Ce sémmest blanchâtre, trouble, et opaque; au bout de six ou boit heures , il s'est éclaircî dans sa masse, mais il s'est couvert d'un couche blanche tout à fait analogue à de la crème (1). Examinée au microscope , cette matière crémensc a tout à fait l'aspect granuleux des parties élémentaires du chyle. Traités par l'éther sous le microscope , les granules disparaissent. >

J'ai présenté le phénomène de Tétat laiteux du sérum du sang comme un phénomène passager, intermittent, et en quelque sorte périodique , en tant que les heures des repas sont réglées. 11 serait important de déterminer quand commence le phénomène et quand il finit. Buchanan croit que le sérum commence à prendre laspect laiteux une heure et demie après fe repas. Cela ferait supposer que la graisse s'émulsionne déjà dans Testomac, ou qu'une portion des corps gras est promptement chassée dans Vintestîn grêle , pour y être soumise à Taction du soc pancréatique. Le retour périodique et régulier du sérum à l'état limpide soulève aussi des questions dont les physiologistes ne semblent pas avoir compris l'intérêt. Certes , la quantité de matière émulsive versée dans le sang après chaque repas est considérable. Or, pour qu'elle disparaisse ainsi périodiquement , fl faut ou qu'elle soit rapidement! détruite , ou qu'elle sorte promptement du sang , ou enfin qu'elle soit rapidement dédoublée, transformée en savon dans le sang. Cette dernière action ne suffirait point à l'explication du fait, de sorte qu'il faut faire intervenir les deux premières. Je répète qu'il se passe là, et sur une très-grande échelle , un phénomène de chimie organique de la plus grande importance.

En vous montrant le sérum du sang émulsionné par les matières grasses après le repas, j'ai décrit ce qui a lieu dans Y état physiologique. Le phénomène peut s'exagérer au point que ce ne soit pas le sérum , mais le sang tout entier, qui offre l'aspect

(1) HuDter avait d^à parlé de cette «mcUe crémeuie du térum.

du lait , de sm^te que la matière colorante ne s'y ape^it que fort peu ou pas du tout. Il n'est plus permis de se montrer In-* crédiik à Toccasion du sang blanc retiré par la saignée. Quelques d>servations bien authentiques des modernes confirment celles qu'une foule de physiologistes et de médecins des deux derniers siècles nous ont transmises. Le cas semble rentrer alors dans le domaine de la pathologie , cependant je le vois presque toujours suivi du rétablissement des individus qui Font présenté. Je prendrai presqu'au hasard quelques observations de ee genre. 1^ Un homme avait b respiration gênée et d'assea^ vives souffirances ; on le saigne. La surprise des spectateurs fut grande, lorsqu'il virent sortir de la veiùe un sang blanc comme du lait ; le sang des piqûres de sangsues avait la même couleur (I). Le malade se rétablit. 2^ Un homme fut saigné: son sang était blanc, laiteux, et seulement parsemé de globules de matière colorante; mais ils n'y étaient pas en quantité suffisante pour altérer la couleur blanche du fluide. Ce sang n'avait ni odeur ni saveur marquée, et ne modifiait pas la couleur du tournesd (3). 8"* Un homme, adonné à Tivrognerie et d'un grand embonpoint , avait la respiration très-difficile ; ses urines avaient un aspect laiteux. On l'avait saigné la veille , et l'on vit que le sang étaii aussi blanc que du lait pur; le caillot était blanc de même. Une deuxième , une troisième saignée , furent faites à un jour d'intervalle; le sang conserva ses caractères anormaux. A la quatrième saignée , il y eut un léger changement; à la cinquième , 11 avait repris son aspect ordinaire (3). Le malade se rétablit. 4^ Une jeune paysanne hystérique , à cela près fort peu indisposée , fut saignée ; son sang était blanc , il rougissait la teinture de tournesol (4). èf" En juin 1847, il se présenta, à la

(1) Jrch. gén, de méd., 2*térie, t. VIII, p. 218, et Journal dephar* mode. Juin 18S5; obienratioti dn IK fion.

(2) Jrck, gén. de méd,, t XYIU , p. 003; obMr?aUon de M. CaTentoa.

(3) jérch, gin, de méd., 2* série , t. VIII , p. 218 , et Annali universali di medtcina, t. LXXIV, p. 144}, 183â; obterfatton de GioTanni-Luigi Zaccardli.

(4) Ce fait , obserré par le D^^ J. liaretka , a fait le sujet d'une lecture â la Société de médedoe de Gand ( Gaz. mid. de Paris, 1835, p. 510).

de tliApiCai Beaujoa , an homme à qai on pratiqua une saignée de bras ; le sang qni sortit de la reine avait une teinte trianchàtre. Après la coagulation, lé sérum ressemblait i une émulsion , rendue un peu fouve par quelques globules sanguins en suspension.. Ce sérum était sans odeur, insipide; il ramenait très-faiblement au bleu la couleur rougie du tournesol (observation de MM. Ghatiu et Sandras) (1). &" C'est peut-être un diminutif de ces cas, que celui observé par M. Denis (2) sur un ivrogne , qui mourut brusquement après avoir couru pendant un quart d'heure. Le sang avait une couleur de chocolat au lait un peu foncé; il resta demi-fluide, sans caillots. 7^ Enfin on troQvera dans Haller (3) Tindication d'un bon noâibre de fiits de ce genre.

J'ai déjà fiit pressentir que j'attribuais la couleur blanche du sang à une accumulation de matières grasses dans ce liquide. Dans robservation de Zaccarelli , le sang avait une odeur de graisse. Il contenait : eau , 905 ; albumine , 70; matière grasse cristalllsable ^ 4 ; matière oléagineuse, 6. Il y avait aussi lOparties de graisse sur 1,000, dans une observation de Restazzi que je n*ai pas citée, n y avait 42 parties de matières grasses dans te sang observé par Mareska. Le D' Ghristison {4) a trouvé nae fois 30, et une fris 60 millièmes de graisse dans le sang. EnBn , dans l'observatiuD du ïy Fion , le sang , analysé par M. Le Ganu , contenait en ■atières grasses (savon acide, cholestérine , oléine , margarine) '%Ê quantité énorme de 1 17 millièmes. La présence d'une grande quantité de graisse dans le sérum est parfaitement démontrée dans robservation de MM. Ghatin et Sandras. Le microscope faisait découvrir dans ce sérum une grande quantité de petits gid>ules gras , très-semblables à ceux du lait. On voyait se former, dans le champ du microscope , des globules plus gros parte fusion des globules de moindre dimension; on assistait enfin à

(1) Gazetie des hôpitaux, 1819 , n* 72 , p. 289.

(2) Gaz. méd., 1834 , p. 795.

(3; EUm. phfsioL, t. Il , p. 16.

(4) Mâinkiurgfi med. and mrglff.Joum.i val« IXllIli |k M; ia89.

124 W BAKG.

la dissolution de ces gl(d>ules par Faction de l'éther. Une analyse soignée a montré que dans 100 grammes de sérum il y avait 6 grammes 6 centigrammes de matières grasses. Ces matières grasses étaient mélangées dans les proportions suivantes :

Grammes. Centigrammes.

SéroHne

Cholestériae

Oléine

Marfrarine

La proportion de graisse indiquée dans certaines analyses ne suffirait certainement pas pour donner la couleur du lait à un sang qui renfermerait, comme dans Tétat normal, de 130 à HO millièmes de globules colorés en rouge; mais je remarque que dans l'analyse de M. Le Ganu , il est dit qu'il n'y avait que fks traces de matière colorante. L'état du sang que nous décrivons est donc un état complexe, dans lequel le défaut de matière colorante joue un rôle aussi grand que Taugmentatiou de la graisse.

Quelques personnes ont contesté que la graisse fût la cause de Tétat qu'on appelle sang laiteux ou sang blanc. M. Gaventou (1), après voir reconnu que le sang blanc, soumis à son examen , ne précipitait pas par le sublimé, ne se coagulait pas parfaitement par les acides et Talcool, ne se dissolvait pas en masse homogène et translucide par les alcalis caustiques, ne se colorait pas en bleu par Facide chlorhydrique , a conclu que ce sang ne devait sa couleur blanche ni à l^albumine , ni à la fibrine, ni à la gélatine, mais bien à une matière albuminoïde, distincte de Falbumine ordinaire du sérum. M. Raspail (2) a pensé qu'un acide développé dans le sang venant à saturer 4e menstrue alcalin qui tient Falbumine en dissolution, celle-ci se précipitait en blanc,

(1) Annales de chimie et de physique, t. XXXIX, p. 288.

(2) Hoi^ve€m ^sUme et dUmie organique, 2* édit, 1. 111, p. 187.

et masqmit la couleur rouge du sang. Je n'éprouve aucun emtiarras à mè prononcer sur ce sujet. Il est dit , dans plusieurs des diservatlons que j'ai citées , que le sang était sans action sur le tournesol ; il n'était donc pas acide. D'une autre part , la présence de principes gras en excès est si bien démontrée , qu'il ne peut rester de doutes sur la cause de la couleur blanche.

Toutefois, dans l'observation de Mareska (1), on lit que le sang était acide; il rougissait fortement le tournesol. D'une autre part, le sang, jeté sur un filtre de linge, y avait laissé des grumeaux qui ont présenté tous les caractères chimiques de ralbumine; mais, en remontant à la cause de cet état chimique, on crut encore reconnaître que c'était à l'accumulation de graissé qull feilait s'en prendre. Nous avons dit qu'il y en avait 42 millièmes ; or, une partie était à l'état d'acide margarique , lequel , an dire de l'auteur, avait pu précipiter de l'albumine.

Le r61e des matières grasses dans la production du sang Manc étant reconnu , on se demande à quoi peut être due cette accumulation accidentelle de graisse dans le sang. Serait-ce que Témalsîon chyleuse, qui d'ordinaire se détruit en quelques heures «près son admission dans le sang, y persisterait par uq vice de la) respiration on de lacté qui doit détruire cette émulsion ? Serait-ce que le foie n'arrête plus, ne sépare plus la graisse que la veine porte lui conduit , et ne l'élimine pas sous forme de bile ? Il y aurait alors insuffisance de la sécrétion biliaire. Sc- , ralt-ce que les ganglions laissent passer plus de matières grasses qu'ils ne le font dans l'état régulier de la santé? Je confesse que les éléments d'une discussion de ces questions me manquent entièrement , et cependant je persiste à dire que & phénomène inormal nous mettra sur la trace de la découverte d'une élaboration particulière qui se passe périodiquement, et sur une grande échelle, dans le liquide nutritif.

On a vu des matières grasses accumulées dans le sang s'y montrer non plus à l'état d'émulsion, mais à Tétat huileux. Le

(1) Gazeitt médicale 1 1835, p. 510.

Ifie M êkMO.

W TniU, de Uv^pcMiI, àUqmcdêse renemM ehac les iadiviito etteints d'hépatite (1). Uoe vieille femme éUnt morte subitement , oo vit s^écouler, dit-oa, près d'une euiUerée d'huile tu momeol; où Yaa sépert te fiNe du corps ; ce foie étsjt difflueut. |Jne autre femme, morte de froid , avait aussi une huile Umpidie surnageam le sang (}).

Matière grasse phosphorée.

La présence de cette matière dans le sang mérite de fiier votre attention , puisque la substance cérébrale contient la même matière phosphorée. Avant que Ton connût ce principe immédiat, Hunter avait soupçonné que le cerveau et le sang renfermaient un principe commun aux deux (3). Yauquelin a découvert dans le cerveau la matière dont nous allons parler; il en admettait deux, une rouge et une Manche; il la nomme matière cérébrale, M. Ghevreul (4) démontra qu'elle existait aussi dans le sang , et qu'elle contenait du phosfAore. Plusieurs écrivains lui donnèrent, i cette époque, le nom de matière cérébrale. Mais, si on considère que M. Vauquelin dit Tavoir trouvée dans le chyle , que M. Braconnot l'a isolée dans le foie , que M. Denis Ta retirée ù^ muscles , et que c'est elle aussi que M. GoUey (6) vient de mon-

(1) Aràk^tU. es mM,X 11, p. 291. Qu'U y ^ hépatite on non, laooexli» tepoe deoe fait atec une maladie du fde, qui sani doute luipend la lécnétiofi |»lliaire , est intéresiain^

(2) (^rvation de M. R.-W. Smith { Dublin Journalofmed, se, et yirch, gén. de méd,, t. XI, p. 491 ).

(3) Je comidère , dit-il , que quelque cfaose de semblable â la maiière do Mrveau est répandu dans tout le oorpt, et même conlenu dans le sang {On blood, inflammafion, etc., p. 166 ). Ce n*éiait chez Hnnter qu'une vue de Tesprit ; la chimie de son temps ne permettait pas davantage sur ce point délicat d*analy»e. Schwilgué, en 1770 et en 1776 {Journal de médecine), n*alla pas beaucoup plus loin (cité par Le Canu, Études chim. sur le sang, p. 1 1 ).

(4) Jnnales du Muséum d'histoire naturelle, t X, p. 443.

{6) Comptes rendus des séances de l'/icadémie des sciences, t. XXI , p. 7l6, 996.

coMPOgmoir ne sabtg. Ity

trer dans les œuEs de carpe, on cessera de la désigner sous le nom de êubstanœ cérébrale.

M. IkDû (1) t décrit deux substances crusses photphorées, roue; rouge, Fautre blanche, dont il n'y aurait que des traces itm It sang. La matière blanche est ta seule adnise aujourd'hui ; mais, par le fait, ta substance que M* Denis désigne sons le nom de maUère grasse phosphore rougê, et qui réunit bien tous les caractères de ta matière grasse phospborée , n*est pas rouge, et prend seulement cette teinte quand on ta chaufle, et qu'elle n'est pas pure.

ÏJSr matière grasse phospborée peut être obtenue , quand on traite ta fibrine par Tétfaer. Berzelios croyait que c'était tin produit de décomposition; mais on la retire aussi de Textrait sec du séram , elle est en dissolution dans ce liquide.

La matière grasse phospborée est insoluble dans l'alcool froid, soluble dans Talcool bouillant et Téther ; elle cristallise en lames briltantes ; elle est sans action sur les réactifs colorés ; elle est maltérable au contact des alcalis, et par conséquent elle n'est ^à& saponifiable; elle fait émulsion avec l'eau froide.

Ce n'est pas seulement parce qu'elle est insaponifiable qu'elle diffère des corps gras ordinaires , elle est beaucoup plus composée qu'eux ; elle renferme, avec V oxygène, Vl^dtvgène et le carbone, de ïazote, du soufre et du phosphore. L'existence de ces deux dernières substances s'y démontre par l'expérience suivante : On fait réagir la graisse phospborée avec le nitrate de potasse dans un creuset de platine chauffé au rouge; le tout, dissous dans l'eau , donne, avec le chlorure de baryum , un précipité de sulfate et de phosphate de baryte (2).

La matière grasse phospborée se trouve, dans le sang de rhomme sain, dans ta proportion de près d'un demi-millième, savoir : en moyenne, 0,488; — maximum , 1,000; — mini^ mum , 0,270 (3).

(1) Recherches expérimentales sur le sang, p. 105.

(3) Deoii , loc. eU., p. 100.

(3) ficcqnerel cl Rodieri tUch* sur la cemposiêiOH du 9ant, p. 3l«

Acides hippurique, urique; urée; acides butyrique, acétique , valérique; seJ à acide gras volatil adorant.

Vous voyez figurer ici , Messieurs , des substances qui , pour la plupart , n'avaient jamais été comprises dans la nomenclature des princi^ constituants du sang. Le mode d'analyse employé par MM. Verdeil et Dollfus (1) , et le soin qu'ils ont pris d'opérer sur de grandes masses, leur ont foit découvrir plusieurs de ces substances dans le sang. A la vérité , elles y sout en très-petite quantité, et cependant il ne faut pas en conclure qu'on puisse les négliger, au point de vue physiologique; car telle «substance, dont on ne trouverait que des traces, pourrait être là comme un produit et un indice de quelque réaction importante. Vous en verrez bientôt la preuve.

Lacide hippurique, qui n'avait été trouvé jusqu'ici que dans l'urine des herbivores , l'urine de Thomme et de quelques reptiles (des tortues qui ont jeûné pendant quelques semaines), vient d'être démontré par MM. Verdeil et Dollfus dans le saog du bœuf (2). Les cristaux obtenus, examinés au microscope par M. Robin, ont bien les caractères assignés à l'acide hippurique. Ce sont bien des prismes à quatre pans , terminés par des sommets dièdres. L'acide a été reconnu encore à son peu de solubilité dans l'eau froide, sa manière de fondre à une température supérieure à 100 degrés, en répandant Todeur aromatique de la résine de benjoin (3). L'acide hippurique renferme de l'azote.

Vurée n'avait pu jusqu'ici être démontrée dans le sang que dans des circonstances qui introduisaient un élat pathologique de la constitution. Soupçonnant qu'il y existe , mais qu'il en est éliminé par l'action continuelle des reins , à mesure qu'il se forme

(1) Analyse anatomique et chimique du sang, etc. {Gazette métti» cale, 1850, p. 659).

(2) Gaz. méd., 1860 , p. 172.

(3) Lorsqu'on fait avaler de l'acide bcnzoïquc ^ un animal , il rend de Tacide blppurifuc daos tes vriiiei.

COMPOSITION BU SANG. I2t

dans le sang , MM. Prévost et Dumas (1) ont imaginé de faire iccomoler ce principe immédiat dans les voies de la circulation, eo loi fermant , par Textirpation des reins , le débouché que ces orgiiKS lai offrent au dehors. Cette expérience , souvent prati- ^aée avant et après MM. Prévost et Dumas , et dont nous étalerons, en temps utile, les effets , a donné les résultats que ces pkysiologistes en attendaient ; mais il restait à démontrer Furée tas le sang pendant l'état de santé.

Le D' Rees (2) , qui a inventé un procédé extrêmement délicat poor reconnaître les plus minces proportions d'urée dans ni fiqoide , n'a pas pu la déceler dans le sang d'un homme ou d'an animal sain. M. Le Ganu a vainement cherché Purée dans 1,000 grammes de sérum de sang humain (3) , et bien que les IK*6regm7, Bostock, Ghristison, eussent écrit que Purée se concentrait dans le sang des diabétiques , les analyses faites en France ne Pavaient pas, même dans ce cas, fait découvrir dans ce liqnide.

MIL \erdeil et Dcdifus (4) , agissant sur de grandes quantités de sang à Tétat normal, ont fait mieux que de montrer la réaction de Forée; ib ont présenté à PAcadémie des sciences cette sahstance retirée du sang et cristallisée. L'analyse élémentaire a effectivement confirmé que c'était de Purée.

Vacide urique, si on rapporte son origine , comme celle de Tarée , à une combustion incomplète , ou , si on Paime mieux , à ne oxydation incomplète des principes immédiats du sang, est QQ produit d'un travail de combustion moins avancé. Il a aussi été trouvé dans le sang de Phomme par M. Verdcil (6). Cet acide r existe en trop petite quantité pour qu'on ait pu Pisoler et le soumettre à l'analyse. On s'est borné à cons(ater sa présence CQ l'examinant au microscope , et en développant , à laide de

(1) JnnaUs de chimie et de physique, t. XX III, p. 90.

(2) Giir's hoxpiial reports ^ a^yn\ 1840, et Gaz, méd., 18f0 , p. 413 (3; Études chimiques sur le sang, p. 15.

;4) Gaz. méd., 1850, p. 440.

(S; Od , cwnnie ce qui va raivre , e&t encore UiMU.

130 m &ABIG. .

Tacide azotique, la cdoratioa rouge, qui , dans ce cas , caractérise l'acide urique.

Gtiez les oiseaux et les reptiles qui rendent dans leurs urines de ïacide urique, au lieu d'urée, il semble que le travail d'oxydation s'arrête à ce degré, sans arriver à la production de l'urée. 11 serait bien intéressant de constater dans leur sang la présence de l'acide urique. Cihez les mammifères qui rendent de l'urée par leurs urines , l'urée fonnée dans le sang a-t-elle passé primitivement par l'état d'acide urique , ou bien se fait-elle , comme on le croit généralement, aux dépens des éléments du carbonate d'ammoniaque ? M. Wurtz (1) incline vers la première explication.

Les acides acétique ^ butyrique , vcdérique, etc. , appartiennent à cette série d'acides gras volatils qui se fbrmept avec tant de facilité toutes les fois que des matières organiques neutres azotées ou non azotées sont soumises à Faction des réactifs oxydants. MM. Verdeil et Dollfus les ont trouvés dans le sang.

C'est à Tua ou à plusieurs de ces acides que je rapporte la formation du sel à acide gras volatil, signalé dans le sang par un assez grand nombre de chimistes suMlernes, et que , d'après eux , j'ai fait figurer dans le tableau des parties constituantes du sang.

Des sels du sang.

Indépendamment des sels & acides organiques dont j'ai déjà parlé, tels que le lactatedesôudQ^Iesoléateet margarate de soude , le sel à acide gras volatil , il y a dans le sang une notable pro; portion de sels minéraux , dans leur acide comme dans leur base. de sont les chlorure de sodium, chlorure de potassium, hydrochlorate d'ammoniaque , sulfate de potasse, sous-carbonate de soude, sous-carbonate de chaux, sous-carbonate de magnésie, phosphate de soude, phosphate de chaux, -phosphate de magnésie.

(1) GammunicaUon ortie.

COMPOWriON IMJ SANG. 13|

Ces sels sont en dissolutioo dans le plasma du sang , où ils inC l'en pour dissolvant. Geax de ces sels qni sont pea soinbles y sont en assez petite proportion pour ne pas s'y précipiter. Il est Traisembiable d'ailleurs que , dans un liquide aussi composé fne l'esl le sang, il se trouve des dissolvants pour les carbonate et phosphate de chaux. Je vous ai dit ailleurs que Tacide carbo- BMpK attaquait le phosphate de chaux ; or il y a de Tacide car- Iivique dans le 8«ng.

Lesftds endissoiaticm dans le sérum ne représentent pas exactement , au chimiste qui {es cherche dans ce liquide , la quantité qoe le sang en contenait. Il y en a qui semblent faire partie concomitante, en certaine proportion, de Talbumine, des globules, etdelafibrîne.

J'ai d^à parlé fort au long de Tutililé des sels du sang , et ce que je dois i^ter prendra place dans Tbistoire de la respiration. Voyez, pour le chlorure de sodium , ce que j'en ai dit dans tes PfOlégOBiènes (t. I , p. 60) ; pour le chlorure de sodium et le fbosphate de diaux , ce que j'ai inséré dans Thistoire des aliments (t. ly p. £58 çt 661 ); pour TinflueDce de certains sels sur la cQBsenralîon de l'individualité des globules ( t. Ili, p. 36).

Il existe un certain degré de saturation, pu plutôt de concentration, des parties composantes du sang par les sels, au delà et en deçà duquel la constitution de ce liquide s'altère. Unç ceruine proportion d'alcali est néceasaife pour l'entretien de la floidité do sai^; une quantité plus considérable peut déterminer * m état de diffloenee morbide.

Les sels libres du sang unis à des matières extractives for* Beat, en moyenne^ 6 millièmes 8 dn poids du sang. Sur 1,000 grammes de sang calciné, on trouve , suivant M. Bee-> qaerel (1), en moyenne, chlorure de sodium, 3,1; sels solu- Nes, 2,6; phosphates, 0,334; fer, 0,666.

132 M SAIIG.

De quelques autres substances qui ont été admises dans le

sang.

V hydrosulfate d'ammoniaque et le benzoate de soude , admis par Proust ^ sont regardés comme des produits d'altération du sang nris en expérience (1).

Vacide Mmatique de Treviranus ne pouvait être qu'un produit accidentel, puisqu'il Tobtenait en feisant rougir du charbon du sang avec de la soude. C'était le moyen d'obtenir, suivant Engelhart , de Facide faydrosulfocyanique.

Vosmazôme de M. Denis rentre dans nos matières extractives solubles à la fois dans Teau et l'alcool.

Je me suis expliqué sur la combinaison d'albumine et de sonde, ainsi que sur la graisse p/iosphorée rouge de M. Denis.

La gélatine a été admise dans le sang par Fourcroy (2) , par Deyeux et Parmentier (3); mais Berzelius, Brande, Bostock et Marcet , ont allégué qu'on avait confondu avec cette substance une combinaison d'albumine et de soude, substances que la pile peut séparer Tune de l'autre ; toutefois nous verrons M. Bouchardat signaler dans la couenne inflammatoire , sinon dans le sang normal , une matière gélatineuse.

Je me suis expliqué sur la cruorine de M. Denis.

La tpmelline de MM. Deyeux et Parmentier (4) est un produit mal défini , et que personne n'admet plus aujourd'hui.

Vérjrthrogène de M. Bi»o , à supposer qu'il existe , ne peut être considéré comme un produit normal , puisqu'on ne l'a trouvé que dans du sang putréfié ou d'individus malades (5).

Enfin j'ai dit ce qu'on devait penser des pigments Jaune et brun de Sigwart.

(1) Le Canu , Études chimiques sur le sang, p. 13.

(2) Jnnales de chimie, t. VU, p. 167.

(3) Journal de physique de La Métbrie » p. 438; 1791. J*ai cntenâu Deyeux soutenir encore ceue opiaioii dam ua exmea , peu de temps avant sa mort.

(4) Système des connaissances chiiniques^ t. IX , p. 14f.

(5) Le Canu y Études Mimiques sur le «ivifi fi. 16.

DIFFÉRENCES BV SANG. J33

SOIXANTE-DOUZIÈIË LEÇON.

DU SAKG.

( Suite }.

BBa MVrÉREMCI» BU BAltO.

Messibvbs,

fl y a des difFérencas qui sout compatibles avec Tétat de santé , d'antres sost en rapport avec certains états pathologiques. Je vais traiter séparément des unes et des autres.

WtÊÊéwtmmmm 9Mn|Nitl||les avec Vitmt physiologique*

1* Le sang artériel diffère du sang veineux ; 2^ le sang n'est pas Je même dans tontes les parties dv corps ; 3® le sang n'est pas le même à fous les âges de la vie ; 4® il y a des différences prove*» aant do sexe ; 6^ certains états pbysiol(^iques de la femme , la grossesse par exemple, modifient la composition du sang; l"" le régime exerce ici nne influence incontestable ; 8"" les émissions smgaines répétées amènent aussi des changements dans hi constitotitm da sang; 9^ enfin le sang varie suivant tes tempé-

nmeoCs.

Poor mettre à même d'étudier et de saisir toutes ces différences, je vais débuter par dresser un tableau de la composition du sang veineux de l'homme adulte et sain; Je placerai sur des colonnes distinctes la moyenne , le maximum et le minimum , cela donnera déjà quelques indications des différences suivant la ooDfilitutioo. J'emprunte ce tableau à MM. Becquerel et Rodier.

ISI DU SABfO.

Composiiion du sang chez l'homme sain (t).

Moyenne. Maximum. Miuimam.

Densité du saag défibrin^ . ..*... I0I&9,2 - KM 1058

— du sérum • . . . 1028 1030 1027

Eau . . t 779 800 760

Globules 141,1 152 131

Albumine. ... - 69,4 73 62

Matières extractives et sels libres , • ^fi 8 ô

— grasses 1,600 3,255 1,000

Séroline 0,020 0,080 imp.

Matière (jrasse phosphorée 0,488 1,000 0,270

Cbolestériiie. 0,08S 0,175 0,#30

Savon ifiM 3,000 "^ 0,700

Sur 1,000 grammes de sang calciné.

Moyenne. Maximnm. Minimom.

Chlorure de sodium 3,1 4,2 2,3

SeUsolublet 2,$ 3,2 2,0

Phosphates 0,8341 0,7 0,22*

Fer 0,80S 0,083 0,508

Les limites entre ks^pMUes virie booinpQmtioii du sang dans rétat de santé sont dn pev plus distantes rdativement aux globules , à Falbumine, et aux parties qui soni ta dissokiiiondans le . sérum , d'après les résultats de M. Le Ganu ; aussi je vois les différences entre les chiffres maximum et minimum des globules égaler 32 miilîèmts ; les différences pour Talbumine s'élever à 38 milliènies , et enfin les différences pour les matières en dissolution dans le sérum égaler 5

(1) J'ai d^iàtedi^ié, à pro^ des globulet#l^ te fibrine, lei petites différences qui exislent entre les chiffres de MM. Becquerel et Rodier, et ceux qu'oa admettait assez oéaéralement d'après M. Le Ganu , et d'après MM. Andral et Gavarret.

Diffërenoes entre te sang artériel et le sang veineux. ^

Ce poiiiC important de physiologie sera examiné à propos 4e la respintkiB. «

Différences du sang dans les diverses parties du corps.

U ne peut être question ici que du sang veineux, car le sanff artériel est partout le même. Ce n'est pas qu'à diverses époques oo n'ait prétendu que le sang artériel n'était pas identique dans les diverses artères. Boerhaave le sujqiiifeait plus léger, plus pénétré d'esprits, dans la carotide qu'ailleurs; F. Boissier disait que 6 oooes du sang de la carotide pesaient 17 grains de moins que le sang des autres artères; on disait le sang de l'artère ré- Date plus aqueux^ ete. Haller (1) ne croyait point à tout cela, et M. Bédard (2) a dernièrement pris la peine (presque inutile) de prouver, par expérience , que le sang artériel avait la même ocmipositini dms toutes les parties d'un même animal

U à'ta est plus de même du sang veineux , et Ton pourrait a priori aflirmtr qu'il est différent dans toutes les parties du corps. Vof et , en effet : l'artère rénale introduit dans le rein du saog artériel, et il sort du rein du sang veineux et de l'urine. Peut-oo supposer que le sang de la veine rénalesoit le même que odtti qui reviendrait d'une glande qui aurait séparé de la masse eomnnne de ce liquide une humeur d'un autre genre , la sa-* life par exemple ? Ge que je dis de la veine rénale , on pourrait le répéter de la (riupart des veines du corps. A la vérité , la npidité excessive du mouvement du sang , opposée à ta lenteur relative du travail de sécrétion , est cause que les dîffiêrenees dont je parle sont asseï diMciles à* constater. Le nouveau sang qui aiiorde înoessamment la glande ayant les mêmes propriétés et la même composition que la masse commune du sang artériel ,

(1) EUm, physLoL, t. Il , p. 12.

(3) Arch. gén. de nM, 4« série, t. XYiU , p. 133.

fâf BU SANG.

les diffërences sont peu marquées pour chaque moment du jour; dles seraient excessives si on pouvait fiiire repasser toujours le même sang par ia même glande.

Déjà, au reste, vous savez plusieurs choses ili cet égard. Le sang qui sort de la rate a pris de nouveaux caractères (voy. t. Il, p. 643); le sang qui s'est chargé de différents principes dans les intestins est loin de ressembler au sang des veines des membres, :^t il diffère encore , par rapport à lui-même, aux diverses périodes de la digestion (voy. t. Il , p. 594). Le sang du tronc de la veine porte, dans laquelle aboutissent les veines intestinales et la veine splénique, étant un composé des colonnes qui reviennent des intestins et de la rite , ne ressemble parfaitement ni aux unes ni à Tautre. Le sang qui, en traversant le foie, s'est chargé de sucre et a perdu les matériaux propres à la composition de la bile , ne peut être assimilé à celui qui entre dans le foie. Le sang de la veine sous-clavière gauche et de la veine cave supérieure, où se déverse le chyle, diffère du sang de la veine cave inférieure, etc.

Toutes ces différences incessamment reproduites sont incessamment détruites lors du passage du sang au travers des cavités du cœur, et dans les filières des vaisseaux pulmonaires ; de sorte que c'est un sang homogène qui est lancé dans toutes les divisions de Taorte.

Aux analyses que j'ai données du sang splénique, du sang intestinal et du sang des veines sos-bépatiques , je vais ajouter ici l'analyse du sang de la veine porte. Suivant Schultze (1), qui a feit cette analyse , le sang de la veine porte est plus noir que tout autre sang. 11 n'est pas rougi par les sels neutres au contact de l'air. 11 n'est pas coagulable, ou, s'il se coagule, le caillot est mou et se liquéfie promptement. Il y a moins de fibrine , moins d'albumine et de parties solides; le cruor (2) y est en grande quantité. Ce cruor est gris brunâtre , celui des autres veines est

^1) ^z. fit^if.^ 1838 , p. 519.

(2) Je tuis obliifé d'employer ton langage.

tPÊge foncé , eelui des artères d'un rouge vif. Le sang de la vôe poKe renferme presque deux fois autant de graisse que k«aag des autres Teioes et celui des artères. Aiasi il y a dans ot$uigi,66 pour 100 de graisse; il n'y en a que 0,92 dans 4e smg artériel, et 0,83 daas le sang veineux. Celte graisse est br«ie noirâtre, onctueuse, dans le sang de la veine ^^te, et firiBdpalement unie à la fibrine ; tandis quelle est blanche et crirtallisable dans le sang artériel.

Différences provenant de l'âge.

La forme des globules présente une petite différence pendiot une période très-courte de la vie embryonnaire (voy. t. Kl, p. 32); mais c'est sur la proportion et la nature des éléments qiH faut établir ce parallèle.

Le sang dn fœtus, dit Fourcroy, a une matière colorante trèsfoocée, et ne devenant pas pourpre au contact de Fair. H est dépoorvude fibrine et diacide pbospborique ; mais il contient une matière coagulée épaisse , qui a de l'analogie avec la gélatine. BL Denis a montré que la fibrine n'était pas absente dans le sang du fœtus, mais il a reconnu avec Fourcroy cet épaississeiDcnt de sang. 11 y a en effet relativement moins d'eau et plus de globules.

Les chiens nouveau-nés ont, d'après M. Denis: eau, 780 millièmes , et globules , 167 millièmes. — Les chiens de trois mois Qot : ean , 830 millièmes , et globules , seulement 99 (1). 1^ même auteur signale de curieuses oscillations chez l'homme, depuis la naissance jusqu'à un âge avancé: du moment de la naissance à l'âge de cinq mois , il y a augmentation de l'eau et diminution des globules. De cinq mois à quarante ans , il y a diminution de l'eau et augmentation des globules. De quarante ans jusqu'au terme de la vie , la proportion de l'eau augmente de nouveau , et celle des globules diminue.

(1) Eo (général , let éralnaliont des globules sont beaucoup trop basses dans roorraee de IL Dénia ; mais ses résultats peuvent être comparés entre eux.

I3B m; 8AN0.

L'aliMMDiiie reste fttationnaire pendant ces diverses phases de la vie.

MM. Becqoerel et Rodier (1) n'ont point analysé oomparatitement le sang de sujets ayant moins de vingt ans. La senle différence qu'ils aient constatée, à partir de cette époque, ou plutôt à pa4ir de trente ans, est l'élévation progressive du chiffre de la cholestérine ; ce chiffre est plus que doublé. De cinquante à soixante-six ans , la fibrine est un peu diminuée , son chiffre tombe à 2 millièmes.

Différences provenant du sexe.

Je vais placer sur deux colonnes parallèles la moyenne pour rhomme et pour la fenmie. JTai emprunté les chiffres à MM. Becquerel et Rodier.

Homme. FrauDc*

Demîlé du «ang défibrinë 1060,2 1057,5

^ da sérum 1028 1027,4

Eau 779 791

Globttlet 141,1 127,2

Albumine 69,4 70,5

Fibrine 2,2 2,2

Matières extractivcs et sels libres. 6,8 7,4

— grasses 1,600 1,620

SérolÎDe. 0,020 0,020

Matière grasse phosphorëe .... 0,488 0,464

CholestérÎDe 0,088 0,090

Savon animal 1,004 1,046

Sur 100 grammes de sang calciné.

Homme. Femme.

Chlorure de sodium 3,1 3,9

Sels solubles • 2,5 2,9

Phosphates insolublet.t. ..... 0,334 0,354

Fer 0,566 0,541

(1) Recherches sur ia composition du sang, p. 24.

DIFF£a£NG£8 DtJ SANG. 1S9

principales différences stgnatées ici conflrmeât les résoi- ^ publiés par M. Denis (1). Le sang de la femme contient de matières en suspension, c*est-à-dire moins de glo* CTest là le trait principal qui le distingue , et les autres a dérivent, savoir : moins de fer , une densité moindre et plus foa; les autres éléments varient peu. Un autre caractère sigodé par M^I. Becquerel et Rodier (2) consiste en ce que, chez b femme, les limites comprises entre les maxima et minima soQt plus étendues.

Influence de la grossesse et des périodes menstruelles.

On pouvait s'attendre à des modifications considérables dans le sang des femmes , alors qu'elles sont en communication mé^ diate, par Teffet d^une absorption active , avec un autre organisme. Les chiffrée donnés par MM. Becquerel et Rodier confirment ces vues, qui ont été étendues dans un travail intéressant, communiqué récemment par M. Cazeaux à FAcadémie de médecine.

En (jrénéral, le sang n'est pas modifié au début de la grossesse ; mais , chez le plus grand nombre de femmes , la composition de ce liquide change lorsque la grossesse est parvenue à sa dernière période. Le sang défibriné et le sérum sont moins denses, la proportion de l'eau est plus considérable. II y a une diminution bien considérable des globules, puisque leur moyenne Innbe à 112 ; il y a aussi diminution de Talbumine pendant que le chifRre de la fibrine s'élève en moyenne jusqu'à 3,6, et celui de la matière grasse phosphorée à 0,646.

Gomme un grand nombre de femmes enceintes éprouvent, dans les derniers mois de leur grossesse, des céphalalgies, des vertiges, des tintements d'oreilles , etc. , l'opinion s'est répandue que le sang de ces femmes devient trop riche , et qu'elles sont plétho-

[Vj Recherches expérimentales sur le sang, p. 341. C2) Becherches sur la composition du sang, p. 28.

riques. Sans aucun doute, eUes peuvent souffrir de la pléthore, en ce sens qu*elles ont trop de sang , et c*est alors que la saignée les soulage; mais jamais ce sang n'a les qualités d'un sang riche, jamais les parties en suspension n'y sont en excès. Bien plus, il arrive souvent, et c'est là l'objet du mémoire déjà cité de M. Cazcaux, que les troubles fonctionnels attribués à la pléthore sont tout au contraire des accidents de nature chlorotiquejou anémique.

Ces accidents se dissipent par l'emploi du fer et d'un régime fWfe- réparateur.

Je vous renvoie à la page 92 de ce volume , pour Texistence de la caséine dans le sang des femmes grosses.

1^ chiffre des globules chez les jeunes filles qui ne sont pas réglées reste au-dessous de 127 , qui est le chiffre moyen pour les femmes. Ce chiffre ne se relève pas, si la menstruation ne s'établit pas ou si elle reste irrégulière. Il atteint, au contraire, le type normal , lorsque la menstruation est bien établie , et ce n'est qu'à l'époque de la suppression définitive des i'ègles qu'il descend de nouveau (I).

Influence du régime,

La nature et la quantité des aliments ont sur la constitution du sang l'influence que chacun peut prévoir. Des aliments animaux, du vin en quantité suffisante , introduisent dans le sang une grande quantité d'hématosine et de fer, et par conséquent, de parties en suspension , de gIoï>ules. On pourra lire, en coa« firmation de cette proposition, les observations relatées aux pages 172, 189, 216, 221, 230 et 237 de l'ouvrage de M. Denis; et pour contre-épreuve, les observations relatées aux pages 143, 182 , 286, 213, 219 et 234 du même ouvrage. Une jeune fille en état de santé avait : eau , 787, et globules, 132. La même, après quinze jours de diète, avait: eau, 820, et globules, 67 ! (Le Canu.)

(1) Becquerel et Rodier, Rech, sur la composiUon du sang, p. 28 et 29.

Il y a, dans les observations de M. Denis , un fait analogue à celoi-d , recueilli sur une femme.

Llnfloence du régime porte non-seulement sur la qualité , mais sur la quantité du sang. Vous n'avez point oublié que chez les animaux aussi bien que chez lliomme, soumis à Tabstinence, il Y a one dhninution considérable de la masse du sang.

Les aliments , suivant leur nature , font prédominer dans le sang tant6t les phosphates alcalins, tantôt les carbonates (I).* Qii*un chien soit nourri exclusivement avec de la viande, son sang contiendra une grande quantité de phosphates , combina avec des alcalis (12,76 pour 100 de matières solides, je suppose). Le même chien, nourri pendant 16 jours avec du pain et des pommes de terre , n'aura plus que 9 pour 100. Peut-être un ré- ({iae végétal plus prolongé eût-il ramené la proportion des phosphates à 3 pour 100 , ce qui est le chiffre de ces sels chez les herbivores, lesquels ont, par compensation, une grande quantité de carbonates alcalins. L'introduction des carbonates alcalins dans le régime n'a pas le même résultat que la nourriture fégétale , parce qu'ils sont décomposés : ce qui met en liberté leur acide carbonique.

Influence des émissions sanguines sur la composition du

sang.

Nous avons déjà dit que les premières parties d'une saignée étaient plus riches que les suivantes. Lorsqu'on fait plusieurs saignées à intervalles plus ou moins rapprochés , le sang de la dernière est toujours plus pauvre , c'est-à-dire moins chargé de particules en suspension que celui de la saignée qui a précédé. Un chat est saigné à la jugulaire, puis saigné de nouveau cinq minutes après : le sang de la deuxième saignée afait moins de globules (2). Une femme est saignée le matin, puis de

(1) Vrrdeil, lofe lue à la $<>ciéié de ïMoQie{Ga:. tUs hdp., 1849, n<> 70).

(2) Préroit et Dunutfi, Biblioth^fiœ universtlle dû Genève, t. XVII P.3IU.

nouveau le soir ; un jeune bomne est soigné trois fois. Dans tous les cas , les globules ont diminué j Teau a augmenté dans le sang retiré le dernier; quant à Talbumine, il n'y a paa de difMrences sensibles (1).

V Les émissions sanguines appauvrissent aussi le sérum dans ses parties solidifiaUes. La moyenne des parties solides du sérum j dans le sang de 37 saignées » était de 86,6, Veau re- . présentant 913,5. La moyenne des secondes saignées était , pour le& parties solides du sérum, 81,4, et pour VecuA de ce sérum, 918,6 (2). La moyenne de 7 secondes saignées a été comparée 4 la moyenne de 7 troisièmes saignées. Voici le résultat Dansles secondes saignées, partf^^ solides du sérum, 84,3, et eau, 916,8; dans les troisièmes saignées , parties solides du sérum, 89^1, et eau, 917,3. On voit que la diminution des parties en suspension et des parties solidifiables est ppogressive.

Influence de la constitution.

On doit opposer ici ce qu'on appelle tempérament sanguin à la constitution dite lymphatique. Le tableau où ont été placés les chiffres maximum et minimum pour Thomme sain donnera une idée des différences qu'on rencontre ici. Pénétrez- vous bien de cette idée, Messieurs, que ce n'est pas la quantité de fibrine, co^e le disent beaucoup de gens ignorants ou irréfléchis, qui h\i la richesse du sang. Sous ce rapport, la fibrine est parfaitement insignifiante , et souvent même son augmentation appartient à un sang très-pauvre ou à un individu cachectique. Ce n'est pas non plus Talbumine , laquelle est loin d'éprouver, dans Tétat de santé , des oscillations aussi grandes que celles des globules; œ. soqt ces derniers qui, par leur abondance ou leur réduction, fbDt le sang riche ou pauvre. Il faut pourtant tenir compte des parties dissoutes nans le sérum.

(1) Le Caaa , Études cMmi^uês sur le sang, p. 71.

(2) Becquerel et Rodier, Gaz, méii, 1846, p. 523 et tuir.

DIFFÉRENCSS OU SANG. |14t

U est 1 remaniaer que, pour chaque personee bien portante, a 7 a eoire les parties constituantes du sang , et Dotamment entre Feaa et les globules , une sorte d'équilibre qui se dérange diffidleiBeiit. Soit un homme sanguin, i pouls large et plein, i tfut colorée, et chez qui les gkdwles prédominent beaucoup mr k partie aqueuse du sang : ne croyea pas que remploi [M^iagpr de boissons délayantes changera cet état anatomiqoe du sang; le superflu de Teau sera expulsé, et le sang reviendra à soa état de concentration. Cette remarque de M. Denis est fort juste. Mais, si vous saignez , le sang réparera plus vite son OUI que ses globules, le sang restera moins riche pendant quelipe temps.

■MUAeiitiemfl de l'état du «aiiif dmnm les nankidiMi*

Parmi ces modifications, il en est qui ne sont que de simples coocomîtances de Tétat pathologique, et ne le constituent pas; elles ne sont pas« qu'on me passe ce mot, le corpus delicU; d'autres, au contraire, forment vraisemblablement Fessence, la aature du mal ; elles sont le point de départ des troubles sur« venus dans les fonctions et des symptômes qui nous frappent.

Nous sonmies assez avancés dans la connaissance des moc^ifica lions du premier genre, et , par malheur, nous ne savons presque n» sur celles du second genre, qu'il nous importerait plus de connaître. Si je demande à un chimiste d'analyser Tair qu^une population respire pendant le cours d'une épidémie meurtrière, le chimiste passera inévitablement à côté du problème , car soa endiomètre ne lui montrera que les proportions d'oxygène , dV ate, et d'acide carbonique dans cette atmosphère , qui est mortdk par une autre cau<se (1). Eh bien ! Messieurs, il en a été

(1) J€ nepentt pas qoe tot gaz hydrogène carboné et stilfiiré dont M. BeoatîBsaalc a démomré la firétence là où il y a des émanattona paludéennes soient lacavedela AèfreinCenDiuanre; ce aool des maiières orsaniqaes altérées Vi amtni la fièyrt intermittente. On peut être exposé Cous les jours an éna* MtiOBs d'hydrogène sulfkiré, sans contracter la lièvre.

forcément de même des recherches qui ont eu pour objet le sang à Tétat patholog^ue. On s'est enquis de la proportion de ses principes constituants et de ses particules anatomiqnes , de sa fibrine, de son albumine, de ses globules. Or ce n'est point en cela, c'est-à-^ire dans la proportion des éléments anatomiques et des principes immédiats, que gtt la cause qui engendre la fièvre intermittente, la variole, la syphilis constitutionnelle, le cancer, le typhus, la fièvre jaune, etc. etc.; ce n'est pas parce qu'il y a plus ou moins de globules , plus ou moins de fibrine , plus ou moins d*albumine, que ces maladies se développent: mais c'est parce que le sang contient un principe jusqu'ici insaisissable, et qui varie comme l'espèce de manifestation pathologique qu'il détermine. Il y a pourtant, entre l'opération du chimiste et celles des médecins recommandables qui se sont occupés de nos jours, avec tant de persévérance, de l'étude du sang dans les maladies, cette différence à l'avantage de ces derniers, que, tandis que le chimiste trouve exacteroeot les jnèmes proportions d'oxygène, d'azote , et d'acide carbonique dans l'atmosphère la plus malfaisante , comme dans celle qui nous parait la plus pure (1) , les médecins ont, eux, trouvé de notables variations dans les parties constitutives du sang.

J'ayoute que si ces analyses quantitatives ne nous ont pas donné le dernier mot relativement aux altérations du sang, elles ont cependant ouvert une nouvelle voie dans Tétude de la pathologie. MM. Andral et Gavarret Font parcourue avec la plus grande distinction (2) ; ils y ont été suivis par un assez grand nombre d'expérimentateurs, parmi lesquels il faut citer MM. Becquerel et Rodier (3). Ceux-ci, de même que M. Abeille (4), ont confirmé presque tous les résultats annoncés par mes honorables

(1) Bien entendu quMI n*cst pat question d*air confiné.

(2) Recherches sur les modifications de gueiques principes du sang dans les maladies {jénnaies de chimie et de p^sigue, t. LXXV, p. 22S).

(3) Recherches sur la cou^silion du sang dans l'élal de santé et dg maladie, in-8«; Paris. 1844.

(4) Ret^ue médicafe^X* III , p. 105.

DIFFÉRENCES Dt SANG. 146

coUègoes, ils le^ont étendus sur quelques points, et ne les ont fÊt rarement contredits.

MM. Aiidral et Gavarret ont divisé les maladies en quatre doKS , par rapport aux changements qu'elles introduisent dans hcMBpositMMi du sang. La première comprend les maladies dans lesqodles la fibrine est constamment augmentée , telles sont ks phkgniasies; la seconde comprend les maladies dans lesquelles la fibrine n'augmente jamais et souvent diminue , telles soot ks pyreiies ; dans une troisième classe , on trouve les maladies où il y a diminution constante des globules , telle est la ddorose; enfin, dans une guatriëme classe, la modification subie par le sang a porté sur Falbumine du sérum , dont la quantité est diminuée , telle est la maladie de Bright.

Sans doate cette base de classification est bien préférable à celle qui prendrait pour point de départ Tordre nosologique, cependant il me parait qu'elle laisse en dehors certains états où le sang est bien évidemment altéré. ïj ajouterai doue quelques têtes de cbapîtres, sans avoir en aucune façon la prétention de présenter le cadre d'une pathologie complète du sang.

Je dirai d'abord quelques mots de la pléthore et de ïanëmie.

De la plëtliore et de l anémie.

Le moi plëtliore fait naître l'idée de deux conditions du sang, lesquelles marcheraient toujours ensemble. D'une part, une (grande quantité de ce liquide distendant tout le système vascalaire; d'une autre part , un état de richesse du sang, due non à la fibrine , comme on Ta dit souvent , mais à la grande quantité des globules en suspension, à leur proportion considérable sur les antres éléments du sang. Le mot anémie fait uailre aussi ridée de deux conditions du sang, savoir : les deux conditions opposées aux précédentes, peu de sang et un sang pau\^re^ c'est-à-dire peu chargé de globules.

Si telles étaienftes lois de l'économie , que toujours l'abondance de sang marcherait avec sa richesse en globules , tandis qu'un ^ng peu abondant serait toujours pauvre en même temps, rien III. 10

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