‹ Cours de physiologie (volume 2)Chapitre 16 sur 66 · III · texte numérisé non relu

III

966 Dl IJI AMnmATION.

l'homme , il se reaooQtre i peu prta aussi firéqttemmeat que le lypê alntominal^ La respiration da chien appartient an ixpe toHo-lnfériBUr. Je tirerai parti de cette remarque.

Type oastù^upérieur. Sairant MM. Beau et MatSsiat (i), dans cette forme de respiration , la plus grande étendue des ^lOUYcments a lieu sur les côtes supérieures , et surtout sur la premiire, qui sont portées m haut et en avant. Je le caractérilerâi difMremment. Le type oosto-supérieur consiste essentidletheut en un mouvement de totalité de la poitrine , mouvement dans lequel elle s'^ève ; de sorte qu*on voit la clavicule , le ster* nnm et la première côte, se soulever, et cette action se propager, mais en s'afAiiMissant , de la partie supérieure i la partie inférieure de la poitrine, il y a de plus un mouveoMit de rotation très^marqué dans les cota qui suivit la premitreé

Cest là le mode de respiration des femmes. L'élévation de la poitrine et les efiîeta de Texagération do mouvement de rotation des côtes qui auivent la première sont fiiciles à constater, à la scène, sur les actrices qui simulent une émotion un peu vive (t). ' Une question intéressante dliygiène et de physiologie se préaente ici. Cet emploi du type costo-supétieur, qui , chez les femmes , se concilie si bien avec l*ttsage du corset (3), est-il un effet de Tusage de ce corset,ou bien entre*t-il dans le plan primitif de Torganisation et des fonctions de la femme? Je pense que , si Tusage du corset peut rendre de plus en plus prédominant , chez la .femme , le mode respiratoire dont nous nous occupons , ce n'est cependant pas lui qui le faire naitre. La jeune fille respire par le type eostosètpériêUr longtemps avant qu'on ait emprisonné sa taille dans M corset. Haller^ qui en cela a partagé Topinion de son maître Boertaave ^ disait que les petites filles au berceau, ou

(1) JU>e.c(i.>p.loo.

(2) En prenant cet exemple du type costal supérieur, MM. Beau et MSiMiit ODt peut-être en , sans t'en douter, une petite rémioiaoeoce dt mon cours.

(3) Je parle du corset qui serre le bas de la poitrine, et ubn de ce stupide et diseradeux Tétement qui plaçait au-dessous de Faisselle la UiUe des dames de rEmpire.

J>£ L'UVSPIBATIOV. 260

da moins i Tige de un an , différaient d^i des petits garcona quant à lenr mode de respiration. Voici le passage de Haller: Considerate puerum anni unius et puéllam y'usdem œta- Us in eodem lecto una dormienies , videbis in pueUa quando inspirai totcun thoracis molem eiscêndere versus jugulum ; in puero vero inspirante thorao&m et clavicuias vix moveri. In viro adulte pectus vix mouetur, quidquam dum respirât; in femina totum sursum trahitur» ut a diaphragnuUe recédai. Ergo vir abdomine maxime respirât, fœmina thorace (1). Haller montre de suite l'utilité de cette diQiireBce dans le mode respiratoire des deui sexes: IVisi hanc in fœmina diversi^ iatem natura fedsset, graçidœ perpétua dyspnea laboravissent œque ac viri i^dropici. D'après MM. Beau et Mais^ siat , la respiration oosto^supérieure ne s'établit pas sitôt que le pense Haller; ils reconnaissent toutefois que ce mode est naturel i la femme. J'^outerai que Sœmmering (9), dans le texte qui accompagne ses Icônes embrjronum , dit qu'il est possible de distinguer déjà chez un embryon très-jeune , au seul aspect de sa poitrine , s'il est mâle ou femelle.

Relativement au degré de mobilité des diverses côtes, il y a des dissidences si prononcées entre les auteurs, qu'on ne peut supposer qulls aient étudié le même problème. Haller (3) professe que la première côte est la moins mobile de toutes; elle est, sui<vaut lui, à peu près fixe. Il réfute les auteurs qui prétendaient avoir vu la partie moyenne de cette côte s'élever; cette côte re^ tait immobile au milieu des inspirations les plus énergiques, Vidi autem inspirationes omnium vehementissimas etquibag vaientiores ne cogitari quidem passant. L'<^nion de Haller était en rapport logique avec sa théorie du mouvement respiratoire. Il avait professé lascension progressive des côtesversla première, qui donnait un point fixe à la seconde, et ainsi de suite. U

(1) Prœlectiones academica, t. V, p. 144.

(2) /canes embryonum humanorum, p. 4, in-fblio; Franeof. ad MoB» DDm, 1799.

(3) ElemtiUa physiaiûgtûB , t. Ul , p. 23,

260 DB LA RESPIBATION.

croyait aussi , comme noas Tavons vu , à la diminution de hau teur des espaces intercostaux.

A cette doctrine , M. Magendie (1) proposa de substituer une doctrine diamétralement opposée. La première côte , suivant lui , est la plus mobile de toutes.

Vous avez peine à concevoir, Messieurs, qu'il y ait controverse sur une cbose aussi iàcile à juger que celle-ci. Voici Texplication de cette difficulté. Supposez le sternum fixe, et essayez de mouvoir sur lui la première côte ; vous n'obtiendrez rien ou presque rien, car cette côte est en quelque sorte soudée au sternum par un cartilage court et épais. Voilà ce qu'a vu Haller, qui n'admettait que comme exception le mouvement de totalité du tborax, et qui très -vraisemblablement avait été conduit à cette opinion par ses vivisections sur les chiens , animaux qui respirent d'après le type costo-inférieur. Cette première étude terminée, coupez le cartilage des la première côte, et essayez de communiquer des mouvements à cette côte sur la colonne vertébrale ; vous verrez qu'elle jouit d'une mobilité excessive. Voilà sans doute ce qu'a vu M. Magendie

Ainsi, Messieurs, la première côte esta peu près fixe et immobile sur le sternum , et elle jouit d'une excessive mobilité sur la colonne vertébrale. Je ne sais si Ton a bien compris la finalité de cette double condition anatomique; vous allez l'admirer avec moi. La grande mobilité de la première côte sur la colonne vertébrale est utilisée non pas pour le mouvement de celte côte sur le sternum', puisqu'elle ne se meut pas sur lui, mais pour le mouvement de totalité du thorax. Gomme cette côte monte avec le sternum , comme d'une autre part elle est très-courte, et enfin comme elle doit parcourir, à son extrémité antérieure, que le sternum entraîne, un mouvement presque aussi grand que celui des côtes beaucoup plus longues qui montent aussi avec le sternum , il était nécessaire qu'elle fût plus mobile que les autres dans son articulation vertébrale. Voilà donc la finalité de la mobilité pos-

(1) Précis éfémentalre de physiologie, i^ Mit., t. II, p. 317.

DE l'inspiration. 261

térieure. L'immobilité de cette côte sur le sternum n'a pas moins d'importance ; car, soit que la poitrine ait à la fois des mou- Tements de totalité et des mouvements partiels , soit qu'elle n'ait que ces derniers, la première côte devra toujours être considérée comme fixe relativement aux autres pièces du système , c'est-àdire aux autres côtes.

Toutes les autres côtes sont mobiles à la fois, en arrière dans leur articulation vertébrale, et en aidant, soit parce que leur cartilage s'unit au sternum par une véritable articulation, soit en raison de la flexibilité de ce cartilage , soit enfin parce que le cartilage n'aboutit pas au sternum. Les côtes dites flottantes ont, comme on le devine, une grande mobilité.

Il ne faut pas étudier d'une manière absolue la mobilité de toutes les autres côtes ; il faut tenir compte du mouvement d'élévation et du mouvement de rotation.

jftelattvement au mouvement d élés^ation , supposez que sept côtes superposées et tenant au sternum s'élèvent , à leur extrémité antérieure, d'une même quantité: leur mobilité ou plutôt leur quantité de mouvement serait la même si elles avaient la même longueur; mais, si leur longueur est croissante de la première à la septième, elles exécuteront d'autant moins de mouvement dans leur articulation vertébrale qu'elles seront plus inférieures. Cette doctrine a été développée par M. Gerdy (1), qui ^oute: «Mais y a-t-il de la différence pour les huitième, neuvième et dixième, qui s'articulent les unes avec les autres, et de plus avec le sternum , par l'intermédiaire de la septième ? Je ne pense pas; car c'est comme si la septième, qui les prolonge et qui les unit ou les rattache au sternum antérieurement , ne faisait que les continuer directement par continuité de substance.» Pour .que l'étendue de mouvement fût absolument la même à l'extrémité anlérieure des côtes, il faudrait que le sternum se mût parallèlement à lui-même quand il monte; or nous avons vu que son mouvement de projection était plus marqué

(I ) Arch. gén. de méd, 2* série , t. VII , p. 521 .

ara DB LA ABSnRAf ION.

Tws lé btA da stemiiiii qae vers le haot. D^one autre part , M. Gerdy néglige le redressement de rangle qae la c^e fait ayec son cartilage (voy. p. 860 de eette leçon). A eeh près, j'adbère è la proposition générale de mon collègue, et je la traduis ainsi: les côtes, poidànt leur élévation , se meuvent d'autant moins dans leur articulation vertébrale qu'elles sont plus Ion* gnes.

Retatiiwnênt ûu moavement de rotation, les choses sont bien différentes. II est nu! on à peu près nul dans la première côte , mais il va se déreloppant de haut en bas à mesure que les côtes acquièrent des cartilages plus longs et plus flexibles.

Enfin , Messieurs , nous dirons que, dans la respiration calme , beaucoup dMndiyklus ne semblent respirer que par le diaphragme et un très-léger mouvement de rotation des côtes ; que, dans les respirations exagérées, tout est mis en jeu, diaphragme, mouvement de rotation des côtes , mouvement d'éléyation de ces côtes et du sternum ; qu'en général il y a une plus grande quantité de mouvement à la base de la poitrine qu'à son sommet ; que pourtant ces propositions ne sont pohit absolues , puisque les choses se passent un peu difNremment, suivant qu'il y a prédominance des types abdominett, eosto- inférieur ou eosto-sapérieur. La base de la poitrine se dilate de S ponces en travers , suivant M. Gerdy (1); elle se dilate de 1 pouce d'avant en arrière, et s'élève de 1 ponce.

(1) lléMimeië(jtff«*i|iAkd^mM.^S*aérie,t. vu, p.625).

[M L'msratATIOBf.

SOlîANTE-Dlî'SIPTIlîll LlfOR.

DB LA RBSPIRATIOR.

(Suite.)

(8«ke.)

Déjà vous eomiaissez ractton du diaphnjpne ; nous Mam passer en revue les autres inspirateurs.

jicîlon des intercostaux. Nous les trouverons encore k propos de Texpiration , car il y a peu de pofnts qui aient été plus débattus que ce qui concerne leur ibnctiou.

Le passage suivant, que j'emprunte au mémoire de MM. Beau et Maissiat , vous donnera une idée du peu d'accord qui existe à ce sujet entre les physiologistes. « 1^ Les rousdes intercostaux externe et interne sont Tun et Tantre Inspirateurs ( Borelli , Senac, Boerhaave, Winsiow, Haller, Cuvler); V les muscles intercostaux externe et interne sont l'un et l'autre expirateurs (Vésale, Diemerbroeck , Sabatier); 3<> tes intercostaux externes sont exptraieurs, et les internes inspfraéeurs (Bartbolin^; 4"* les intercostaux externes sont inspirateurs , et les internes exptraiears] {S/pigd j Ve^ling, Hamberger); 5" les intercostaux externes et internes sont à la fois inspirateurs et expirateurs (Mayer, Magendie, Bouvier, Burdach « Cruveîlhier); 6° les deux intercostaux agissent de concert, mais leurs fonctions varient suivant les différents points de la poitrine : ib sont inspirateurs dans un endroit, et expirateurs dans un autre (Behrens); 7^ enfin les deux intercostaux a'éxécotent aucun mouvement d'inspiration ou d'eapiratk» , ils «mt laiitaMot

SB4 DB LA EBgPIRATION.

Tofflce d'une paroi immobile (Van Helmont» Arantius, Neucranzios)» (1).

Il y a pourtant quelques points qui me paraissent acquis à la science. Pour comprendre ce que je vais vous exposer, il fout se représenter que ce qu'on appelle un muscle intercostal est par le fait un composé de quelques centaines de muscles, qui, se portant d'une côte à l'autre , n*ont pas nécessairement la même action dans tonte l'étendue de Tespace intercostal, pas plus que dans divers espaces intercostaux.

Parlons d'abord des intercostaux externes et des surcostaux. Le mécanisme des surcostaux nous introduit très-utilement à l'étude de Faction des intercostaux externes. Cihacun de ces muscles surcostaux, attaché au sommet d'une apophyse transverse , descend de là se fixer en s'élai^issant , comme un Iglit éventaQ , à la côte qui est au-dessous, et quelquefois même à deux côtes. On ne peut méconnaître que ce muscle, prenant son point fixe sur la vertèbre, ne tende à soulever. la côte qui est au-dessous de lui. Ces muscles sont plus marqués chez l'homme que chez tous les autres animaux, circonstance dont Je ne tirerai pas la conclusion qu'ils sont plus en rapport avec la station verticale du tronc qu'avec la respiration (2).

Des surcostaux à la partie postérieure des intercostaux externes, la transition est presque insensible. Ces muscles, dont les faisceaux les plus reculés commencent à remplir Cespace intercostal sur les côtés de la colonne vertébrale, ne s'étendent pas en avant Jusque sur les côtés du sternum. Ils descendent obliquement de la côte supérieure à la côte inférieure, de telle sorte que leur extrémité supérieure est plus rapprochée du rachis que l'autre extrémité. Or, entre le faisceau du muscle surcostal qui descend de la vertèbre , et le faisceau

(1) Jrch, gén. de méd., 4* série, 1 1» p. 269. U y a plusieurs de ces dutioiM que je ii*ai pas Tériflées.

(2) MM. Matssiat ec Beaa peociieot fers œUe opinion, que déjà Senac ayait à peu près admise {Stw les organes de la respiration ; Mémoires de t'Académie des soiemses, p. Wi I7ai).

DE L'IMSURATION. 266

de l'înteroostal eiterne qui desœnd de la c6le supérieure au voisiuage de ce surcostal, il n'y a pas grande différence d'action : rîDtercostal externe prenant son point fixe sur ia côte supérieure, comme le surcostal sur Tapophyse transverse de la vertèbre. En thèse générale, les intercostaux externes sont donc inspirateurs.

Voici d'autres démonstrations de cette action.

1^ A mobilité égale des deux côtes , l'attache du muscle à la côte supérieure ayant lieu plus près du point d'appui (le racbis) que l'attache à la côte inférieure, celle-ci doit monter vers la première.

2® Voici une autre forme de ce premier argument. Le muscle placé entre deux côtes doit tendre à tirer la supérieure en bas, et Finférieure en haut ; mais, l'attache inférieure ayant lieu plus loin de la colonne vertébrale (ou point d'appui) que l'attache supérieure, l'action doit être ressentie plus fortement par le levier qui est le plus long: donc la côte inférieure doit monter.

S"" Les côtes, que nous avons supposées également aptes à être tirées en bas et en haut , ne le sont pas réellement. La fixité rela* tive de la première côte sur le sternum (voy. page 261 de ce volume) donne là un point d'appui qui se transmet de proche en proche et de haut en bas, de sorte qu>n admettant même que le muscle intermédiaire à deux côtes leur fût parfaitement perpendiculaire, de telle sorte que les deux leviers de ia puissance auraient la même longueur , la côte inférieure serait plutôt entraînée en haut que la supérieure en bas.

4" La direction du muscle intercostal externe est telle que st^ deux attaches sont rapprochées, et sa fibre raccourcie, alors que les côtes en s'élevant sont moins obliques sur la colonne vertébrale, et que les espaces intercostaux s'élargissent (1).

(1) Beaucoup de penonaes ne peuvent comprendre qu'un muide ëlendu entre deux os puisse concourir par sa contraction à un mouTement dans lequel les deux os k'écarleot Tun de l'autre. J'ai vu un; jour mon collègue JH. Gerdy fort surpris lorsque je lui fis la démonstration du fiât, en construisant devant loi la figure que Ton devine , et que, depui» iia^i ais, Je irtce sur

J'admettrais difficilement qu*eil certaines parties de la poitrine lea intereostaux externes Fassent expirateurs. Cependant SibflOQ (I) professe que les quatre intercostaux externes inKrieurs, vers leur partie antérieure, là où les espaces intercostaux éprou- ▼ent un grand élargissement , sont expirateurs; il en serait de même 1^ de la partie moyenne de l'intercostal externe dans le huitième espace , et 2* de la partie antérieure de l'intercostal externe dans le septième espace. Tout ceci mérite confirmation.

Quant à Faction de ces muscles chez divers animaux , on voit qu'ils sont tous inspirateurs chez tes serpents et chez les oiseaux;' mais je vois , d'après Sibson , le problème se compliquer un peu chez divers mammifères. II me parait inutile d'y insister.

Jctlon des intercostaux internes. Nous arrivons Ici à un point très-débattn. Galien a considéré ces muscles comme abaisseurs des cAtes Inférieures, et concourant en conséquence à Texpiration. Gela, dit Haller(2), Fut admis par la postérité tout entière, jusqu'au moment oft Fabrice d'Aquapendente en fit des inspirateurs congénères des intercostaux externes , opinion qui Fut partagée par les plus célèbres de ceux qui vinrent après lui, Borelli, Alblnus, Winslow, Senac, Boerhaave, etHaller, le plus illustredesdisciplesdeBoerhaave. Les choses en étaientlà, lorsque Hamberger (3), soutenant de nouveau que ces muscles étaient

le tableau lorsque je décris le mécanisme de la respiraUoD. M. le D*" Hutchioson m*aenToyé,i! j a quelques années, une petite machine en bois où les intercostaux sont figurés par des lanières élastiques. Quand on exagère Tobtiquiré des leviers sur leur point d*ippiif , l'espace oooipris entre eux diminue, et la lanière iotercoeuleexlenie est Iprlanient aUoagée. £Ue opère d*elle-mâme, et par son élasticité» Pélération des leviers dès çu*on cesse de déprimer ceux-ci. On voit en même temps Fespaoe oootenu entre les deux leviers s'élargir, et la lanière se racpourdr. M. Sibson , après avoir constaté sur des chiens et des ânes vivants quels masdes se contractent pendant l'inspiration , a ensuite distendu la poitrine des cadavres de ces animaux , en forçant Tair dans leurs poumons, elil a .TU que les wéam nusctos qui s*étaieBi oonUraeiés pendant llnspiration avaient lenrt flbNS itecoureiss daMrétataadisteiBiett de la poitrine.

(t) PkUoseph. trahsatt., IMS, ^ (».

(S) Jffeifi. phfdoi., t. m, p. 86.

(I) M hiʧifMêmi$ wmÊmmltmos kMS, 1717.

OB L'iMSnDUkTIOlf . M7

dopiratetu^ et antagooittes des intercostaux externes, cornnença la latte qui troubla nn instant la vie du gnnd Haller, et amunula sur lui, comme il nous le dit avec chagrin, tantas irait lanias et tmm acerbas lite$.

Ge débat a en trop de retentissement an dernier siècle pour être eomplâement passé aons silence.

BappdoQS d'abord la disposition de ces muscles. Ils ne corameneeiU pas, comme les interoostaui externes, dés la partie la pins Jiecalée de Tespace intercostal ; il y a là an intervalle de pkisieors ponces où ïintercatal externe existe seul. En re?anshe ïùUeroostal interne ?a en avant jasqoe sur les côtés da stemom ; tandis que Pexteme s'arrête à quelque distance da sternum , au voisinage de l'espace intercartikgineox. Leur dl'notion est précisément inverse de celle des intercostaux externes, de sorte que rextrémité supérieure de chacun de leurs Aiisceaux est attachée pins loin de la colonne vertébrale que leur tnsertion à la c6te inférieure.

Les arguments de Hamberger étaient puissants, il fiiutle reconnaître. Si, disait-il avec Bayle, Taftache infiérieure est plus près du poiot d'appui (du rachis) que Tattacbe sopérieure, c'est la c6Ce supérieure qui doit être attirée (voy. ce que j'ai dit page S66 de cette leçon). Hamberger avait encore raison en soutenant que les espaces intercostaax s'agrandissent pendant Tiospiration, et diminuent pendant l'expiration, proposition que Haller combattait , paKC qu'il n'admettait pas le mouvement de totalité de la poitrine. Hamberger confirmait ses démonstrations à l'aide d'oàe machine où des fils représentaient les divers intercoslaui.

Les répliques de Haller m'avaient pendant longtemps semblé victorienses. Concédant pour un moment la part d'influence exercée par la direction particulière de l'intercostal inteme , il olgecle que cette infloence est neutralisée par la fixHé pins grande de te c6te supérieure. J'ai pendant longtemps développé de la Humière suivante cet argument de Haller, Nous ne pouvons voir dans les hilercostaux , tant internes qu'externes, que des nrasdes dont Tactioa principale est de changer les rapports des cMea entre elles , sans «'étendre beaneonp •«•oofeMii^e toit»

268 DE L4 RB8M1LATI0N.

lité de la poitrine. Qa'arrivera-t-il si les intercostaux se contractent ? La côte inférieure montera vers la supérieure , ou ce sera le contraire. Or j'examine la première côte, je la vois complètement fixe , relativement au sternum ; la contraction des muscles du premier espace intercostal devra donc faire monter la seconde côte: c'est inévitable; et, comme du baut en bas de la poitrine je ne rencontre pas une seule côte qui ait , relativement au sternum, une fixité comparable à la fixité de la première, il suit que le mouvement ascensionnel se communiquera à toutes les côtes lors de la contraction des intercostaux, qu'ils soient internes ou externes. Ce raisonnement m'ébranle encore , bien que j'aie en partie déserté la doctrine de Haller sur les intercostaux internes.

Je reprends l'argumentation de Haller. Il objecte à la machine de Hamberger que les fils ont été placés sur des leviers également mobiles, ce qui n'est pas le cas des côtes. Haller dénude une poitrine humaine fraiche, il y applique des fils dans la direction des intercostaux internes; on tire perpendiculairement sur ces fils, de manière à rapprocher leurs attaches. CTest la côte inférieure qui se déplace et qui monte.

Puis viennent des vivisections. Haller, pour exagérer l'action des intercostaux sur des animaux vivants, divise leur diaphragme, fait pénétrer de Tair dans leurs plèvres. L'excision partielle des intercostaux externes lui permet d'examiner les internes en action ; il les a vus alors corrugari, perpendiculares fieri, indurescere, et cela, pendant l'effort d'inspiration.

Voici, Messieurs, mon jugement sur ce débat: il jr a des points de la poitrine où la direction des intercostaux internes les rend aptes à opérer l'inspiration. Suivez bien ma démonstration. A partir du sternum, on voit l'espace intercostal ou plutôt intercartilagineux descendre en suivant Tobliquité des cartilages. Le sternum joue évidemment , à l'égard des intercostaux voisins, le rôle d'une cdonne vertâ>rale antérieure. Or les intercostaux internes ayant, en raison de leur obliquité dc^à décrite, leur attache supéri|$ure placée plus près du sternum que leur aiuche inférieure^ c'est le kvier inférieur plus long qui

BB L'msmiATioiv. an9

doit moDter (voy. la démonstration, p. 366 de cette leçon). Eh! Messieurs, contemplez ici l'admirable rapport entre la disposition anatomique et la fonction* En arrière, près du rachis ou point d'appui postérieur, il n'y a que des intercostaux externes; en avant, près du sternum ou point d'appui antérieur, il n'y a que des intereostaux internes l Cette disposition or(]^nique, dont l'énoncé est lettre morte dans les traités d'anatomie , va se graver dans votre mémoire, grâce à l'interprétation qu'elle reçoit de la physiologie. J'ai pu montrer cette année, sur l^ homme, dans une leçon publique, l'action inspiratrice du premier intercostal interne au voisinage du sternum ; c'était sur un individu dcmt le muscle grand pectoral avait subi la singulière affection décrite par M. Aran sous le nom dUatrophie progressive. Aussi souvent que M. Duchenne plaçait l'excitateur de son instrument sur la peau, au niveau du premier espace intercostal , on voyait monter le second cartilage, entraînant avec lui l'extrémité antérieure de la deuxième côte. Que n'eût pas donné Haller pour être témoin d'une semblable expérience , qui (pour cette région de la poitrine au moins) lui eût donné gain de cause sur son tenace adversaire Hamberger. Je n'ai jamais engagé de polémique à l'occasion de puissances inspiratrices, et cependant je n'en ai pas été moins réjoui de voir cette expérience confirmer ce que, presque seul en France , j'ai professé depuis vingt ans sur l'action des intercostaux internes au voisinage du sternum. Les observations de M. Sibson l'ont conduit aussi à admettre l'action inspiratice des intercostaux internes, dans la partie antérieure des cinq premiers espaces intercostaux. Dans tous les autres points de la poitrine, les intercostaux internes sont expirateurs; en effet ,. le mouvement que les côtes exécutent pendant l'inspiration allonge les fibres de ces muscles et éloigne leurs attaches. Cest là le vrai critérium de Faction de ces muscles non* seulement pour la poitrine , mais partout.

Chez les oiseaux , chez les serpents , et chez le caméléon ^ tous les intercostaux internes sont expirateurs (1).

(1) Silmm t PMiaêophlcai iraivtacf., 1646 , p. 501 et Ml?.

270 VMhk ABêPIRATlOlf .

i^our dernière eonsidératkHi sur l'aciioa des iotercostaux et des «ircostaux , disons qae ces muscles n*ont pas moins d'iofloence sur le mouvemeot de rotation qui peut s'accomplir sans que le sternum bouge, que sur le mouyement d'élé?atlon qui accompagne Tascension du sternum. J'avais pensé qae Tinsertion de rintercostal interne, an bord de la gouttière qui est à la face interne de la côte, n'était pas étrangère an monvement de rotation de Tos ; mais cela supposerait la participation de ce muscle k rinspiration. Je pense aujourd'hui que, par ce mode d'insertion, le muscle a obtenu des fibres plus longues, et pouvant d'une part se prêter à Télargissement des espaces intercostaux , et d'une autre part opérer, pendant l'expiration foreéCi on rapprodiement plus considérable des côtes.

Juires muscles insfdtaUurs. Les uns descendent de la colonne vertébrale aux côtes (scalènes antérieur et postérieur, et petit dentelé postérieur supérieur) ; les autres , dn scapulum ou de la clavicule aux côtes {grand dentelé, petit pectoral, sous-clavier)\ les autres, de rhuméros à la poitrine (grand pectoral , [grand dorsal); les aulres, de la télé on du larynx au sternum (sterno-hyôîdiens, sterno-tbyroldiens, sterno-ma»toldiens); d'antres muscles enfin, qui n'aboutissent point à la poitrine , exercent cependant une action médiate sur l'inspiration*

Action des scalènes. Ces musdes sont au nombre de deux chec l'homme; tons deux s'étendent de la région cervicale du racbis è la poitrine, ht premier s'attache aux apophyses trans* verses des troisième, quatrième, cinquième, et sixième vertèbres cervicales, et d'une autre part, à la (ace supérieure de la première eôte. Pendant la contraction iéspiraerice , il prend un point fixe nt les vertèbres, et tend à soulever la première côte; mais^ eelle^ étant à peu près immobile snr le stemnm, le muscle eontribue au mouvement de totalité de la poitrine et è l'élévation tm sternum. Le scaltae postérienr descend des tubercules postérieurs des six dernières vertèbres cervicales à la fttce supérieure de la première côte et à la lace externe de la seconde. Il agit ^ la première c^ eoMoe le aealène antérienr; il agit sur fat ae-

DE L'JMSPIRATION. 271

conde de manière à la soulever, en même temps qu'il lui fait exécuter le mouvement de rotation.

Les deux scalènes, prenant leur point fixe sur les vertèbres cervicales, tendent à les incliner en avant; un petit mouvement de cou s'observe en effet dans les respirations laborieuses.

Dans les grandes inspirations j et même dans les inspirations ordinaires, chez ceux qui respirent diaprés le type costo-supérieur, si on enfonce le pouce sur les scalènes antérieurs, on sent que ce doigt est soulevé pendant toute la durée de l'inspiration. Quelques personnes ont appelé cela un peu prétentieusement le pouls respiratoire (i).

Alors même que la poitrine n'exécute pas de mouvement de totalité , et que la première côte ne monte pas , les scalènes augmentent la fixité de cette côte, et aident ainsi à l'action inspiratrice des intercostaux externes.

Winslow (3), après avoir admis comme tout le monde l'action inspiratrice des scalènes , a abandonné cette idée raisonnable et fondée sur l'observation, pour lui substituer l'opinion bizarre que les scalènes servent aux mouvements du rachis sur la poitrine, et que tel est le but de la mobilité de Tarticulation de la première vertèbre avec le racbis.

Les scalènes se prêtent à des considérations de physiologie comparée d'un assez grand intérêt. Les vertèbres cervicales du marsouin sont réduites à de simples lamelles superposées, qui ont presque la minceur d'une feuille de papier. Le cou de cet aoiroal est très -peu mobile. Il a un scalène très -développé qui descend du crâne en s'élargissant comme un entonnoir ou cône que complètent les mxxsdtssterno'hxoïdienti slerno^tliy^ rotdien. Cet entonnoir, que tapisse en dedans la plèvre, loge le lobe supérieur du poumon, qui monte jusqu'au voisinage de la base du crâne , de telle sorte que le larynx et le pharymise trou- ^ vent placés entre les poumons. La contraction des scalènes, sou-

■MMM^rfMMMaiMaiBrfMl

(1) MageDdîe, PTicU élém. de physiotogie, t. Il » p. tA^

(2) Mémoires de V Académie des sciefteeSs (K 7S \ 1?lB»

levant la première côte et Técarfant de Taxe da thorax, dilate ainsi le lobe cervical du poumon (1). L'homme a, comme le marsouin, mais non dans les mêmes proportions, une partie de son poumon qui déborde la première côte, et qui est logée à la base du cou sous lesscalènes. Lorsque ceux-ci se contractent, ils soulèvent Tare formé par la première côte (droite et (j^uche) et le bord supérieur du sternum. L'attache des muscles est entraînée en dehors avec la côte, et la loge cervicale du poumon est agrandie. Il existe habituellement, au dire de M. Sibson (2), un scalène surnuméraire , qu'il nomme scalène pleural, lequel , né de Tapophyse trànsvcrse de la septième vertèbre cervicale, vient se fixer, par une espèce d'entonnoir membraneux et fibreux , à tout le circuit de la première côte.

Chez le cochon, le mouton, le bœuf, le scalène postérieur s'étend à plusieurs côtes; il descend jusqu'à la sixième côte chez le singe, et même jusqu'à la huitième chez le chien, il est plus développé en général chez les animaux dont le cou est résistant que chez ceux qui ont le cou flexible. Sibson oppose , sous ce rapport, le marsouin au veau marin. Chez le chien et le lapin, MM. Beau et Maissiat n'ont vu se contracter les scalènes que quand ils avaient considérablement gêné la respiration par diverses mutilations (3); mais ces animaux respirent surtout par la partie inférieure de la poitrine.

Jction da petit dentelé postérieur et supérieur. Ce muscle, qui s'insère au bas du ligament cervical postérieur, à Tapophyse épineuse de la septième vertèbre cervicale , et aux a|M)physes épineuses des deux ou trois premières dorsales , et va de là, en se portant en dehors et en bas , se fixer aux deuxième, troisième, quatrième et cinquième côtes, peut concourir à les élever. Haï- 1er (4) donte qu'il ait cet usage, parce qu'il est plutôt charnu que tendineux à son insertion aux côtes. MM. Beau et Mais-

Ci) M. Sibtoo, Philos, trans., 1846.

(2) Loc. cit., p. 534.

(3) Jrch. gén. de méd,, 4* lérlè, 1. 1, p. 28f.

(4) Elem. physioi, 1. 111^ p. 63.

DB l'inspirahon* 273

siat (l), qui ne Tont yu se contracter, sur le chien, que dans les mouvements d'extension du cou, ne le rangent pas parmi les inspirateurs. M. Sibson (2) a vu cependant, sur le même animal, les fibres de ce muscle se contracter pendant Tinspiration ; il a 1 ^it la même observation sur Tàne vivant.

Jction du grand dentelé. Le système physiologique de Bell ^ ir tes nerfs respirateurs, a donné à ce muscle une importance \'\\ ne justifie point, eu égard aux phénomènes respiratoires. On M que cet illustre physiologiste avait décoré du nom de nerf ^pirateur externe la branche du plexus brachial qui va à ce nuiscle. En y regardant de près, on ne comprend guère comment toute la partie ^e ce muscle, qui, de la base du scapulum, se porte aux côtes dans une direction ascendante ou même dans une direction horizontale, pourrait élever les côtes. L'expérience a montré, au contraire, que toute cette portion du muscle, qui est la plus considérable , agit plutôt dans l'expiration. Reste la portion qui, de l'angle inférieur du scapulum, descend se fixer à quelques côtes par des digitations. La disposition de ces digital ions porte à penser qu'elles sont inspiratrices; mais encore faut-il que le scapulum soit bien fixé par d'autres muscles que nous mentionnerons plus tard, car le dentelé a beaucoup plus de facilité à mouvoir le scapulum que les côtes. J'en ai eu la démonstration très-éclatante sur l'homme. Lorsqu'on applique l'excitateur de l'instrument de M. Duchenne sur le grand dentelé , le scapulum est entraîné à l'instant dans un mouvement de rotation extrêmement ample , et les côtes ne bougent pas. Ne forcez pas les conséquences de cette expérience , qui est faite en dehors des conditions où pourrait se trouver le muscle, si, étant appelé à agir pour les besoins d'une inspiration anxieuse, il trouvait un point d'appui dans le scapulum fixé par d'autres muscles. «Au reste, on a beau fiiireles inspirations les plus violentes, disent MM. Beau et Maissîat, la main, appliquée sur les digita-

. (I) Arch. gén. de méd., 4« série, t. I, p. 284. Les expérimenta (eure n'étaient-ili pas un peu préoccupés de leur distinction des types respiratoires? (2) On ihe mechanism of respiration {PhUos. iran9,, 1849, p. 62IX

274 DB lA EISraiATIOlf.

lions inférieures da grand dentelé , ne peut pas parvenir à sentir la moindre apparence de tontractioni>(t). Dans tiû eas de para* lyaie da grand dentelé , observé dans le service de M. le professeur Nékton^ la respiration était aussi faible de ce c6té (pie du côté opposé , mais le malade se plaignait d*étouffenients après un exercice un peu fturt (3).

De cette dernière remarque ^ m peut induire que les fliiseeant inférieurs du muscles ne restent pas étrangers à un travafll d'inspiratioa pénible , comme favait dit Hallèr. MM. Beau )et Maissiat ont senti les digitations se durcir diea une fèmtiae asthmatique de la Salpétrière (3). M. Stt^on) qui Ta observé sia" TAne et le chien vivant , dit que les flbrei aupérieuréS font expi*roMces, les fibres inférieures insplmMô9s, et les fftres moyennes neutres ; mais il n'a ^ Mt d^obServation) sur l'homme (4).

jictian du petit pedohiL II nintervié&t que dans la respiration difficile , et il fiiut que le scapulum soit bien fixé pour que Tapophyse coraccMe devienne le point fixe des faisceaux du muscle ; alors il peut tirer en haut et en dehors les côtes auxquelles il s'insère (deuxième, troisième, quatrième et cinquième)» Les faisceaux inférieurs et externe» du muscle sont mieux dis* posés que les internes et supérieurs pour produire cette action.

Jotton da sous-^clavier, L*actlon de eé muscle est peu mar*quée et suppose que Tépaiâile est levée et fixée ; il peut alors, prenant son point fixe sur la daviéulé, agir comme auxiliaire des scalènes , mais sa direction est bien peu fivorable. Je ne puis partager l'opinion de MM. Beau et Maissiat^ qui font de ce muscle un expiraiêur, alors qu'il abaisse Textrémité externe de la clavicule (6).

dation du gfùnd peôloraU On pbarrait répéter ^ i propos

(1) Jrch, gin. de méd., 4* série, 1 1 , p. 2S9.

(2) Loc. cit., p. 289.

(8) Lac. cH., p. 200.

(4) Ontheme€hatamùfmpifmiân,p.S»ffmHS35,

(5) £oe. eu., p. 286.

DE t'UfSMRATIOlV. 275

da grand pectoral, presque tout ce que nous avons dit à Toceaskm du grand dentelé. On Ta à tort considéré comme inspirateur, dans tous ses faisceaux. Il est clair que la partie qui des« cend de la clavicule oti de la partie supérieure du sternum et des premiers cartilages costaux ne peut avoir d'action inspiratrice, li n'en est pas de même des fibres inférieurs ; toutefois cellés-cl n*agiS6ent pas dans la respiration ordinaire. Dans la respiration laborieuse , elles contribuent à la dilatation de la poitrine. On peut constater directement sur Thomme la participation de cette partie du muscle à Tinspiration. Il Faut alors que l*hnmérus soit flxé, Car le grand pectoral meut plus fiicilement le bras que les cAtes% Dans les cas de dyspnée et d*orthopnée , les malades fixent iûstfaietîvement leurs bras pour respirer mieux; et lorsqu'en même temps ils s'accrochent avec les mains à un corps plus élevé que leur poitrine, ce déplacement du point d'appui doit, à mon avis, communiquer l'action inspiratrice à un plus grand nombre de ftiisceani du muscle. Haller (1) a constaté sur lui-même, alors qu'il respirait avec peine , les bons effets de cette position , dont Winslow a cependant nié les avantages , en niant l'action inspi* ratrice du grand pectoral.

Action du grand dorsal. Les attaches de ce muscle aux quatre dernières côtes ne sont pas des fibres de terminaison de là portion qui slnsère à l'os des iles , au sacrum , aux vertèbres lombaires , et à sept ou huit vertèbres dorsales ; ce sont au contraire des fibres i' origine , auxquelles succèdent des fàisceaut qui se rendent, comme tous les autres, au tendon par lequel le mosde s'insère à la lèvre postérieure de la coulisse bicipitale de rhumérus. On conçoit donc la possibilité que ces fibres élèvent les côtes Inférieures lorsque le bras est fixé , et pour les besoins des grandes oû laborieuses inspirations. Cest l'opinion que Haller a exprimée en très-bons termes: Ex eadem ergo causa, idem musculus costas eas eievabit quoiies liumerus firmaius fue^ rit, ut depressioni suœ ma gis résistai, quam costœ eleva^

(1) EUm. phxHôL,t, III, p. (57.

tioni résistant Neque obscurus eni motus, 6b costœ sedem mobilioremin quant se immittit(l).Winsloyf admet cette action, pourvu que Tépaule soit fortemeut élevée. MM. Beau et Maissiat n'ont pu la constater même dans les dyspnées les plus laborieuses, et croient que le grand dorsal est au contraire employé dans les expirations complexes, opinion que nous examinerons ailleurs. Action du muscle slerno - mixstoïcften. Il est extraordinaire qu'avant Haller (3) on n'ait pas aperçu que, dans les inspirations pénibles , ce muscle contribue à soulever la poitrine, en agissant sur le sternum et l'extrémité interne de la clavicule. On voit dans ces cas, notamment chez les personnes maigres, et particulièrement chez les femmes , le bord antérieur du muscle soulever la peau à chaque inspiration. Gomme il a plus de facilité à mouvoir la tète que la poitrine, il faut que celle-ci soit fixée en arrière par les splenius, complexus, grands et petits droits postérieurs de la tète, etc.; aussi , dans les accès de suffocation du croup ou d'autres maladies, la tète se renverse-t-elle eu arrière. L'action du sterno-mastoldien est plus marquée chez les individus qui ont la respiration costo-supérieure (3); elle est nulle dans la respiration ordinaire.

Jction des sterno-Z^oïdiens et sterno- thyroïdiens. Ces muscles, minces et disproportionnés avec la masse du thorax, ont pour office ordinaire d'agir sur le larynx ; mais , dans les inspirations difficiles, ils se joignent à ceux qui élèvent la poitrine. Le larynx, pour leur donner un point fixe, est, lui aussi, assujetti alors par les muscles sus-hyoldiens {digastriques mylo- ^ hyoïdiens, génio^hyoïdiens, etc.), qui , à leur tour, prennent un point fixe sur la mâchoire maintenue par ses élévateurs. Les muscles qui renversent la tète en arrière complètent cette chaîne de contractions inspiratrices. La fixité que le larynx obtient n'est pas telle qu'il ne cède un peu à la contraction des muscles

(1) Eiem. physioL, t. III , p. 58.

(2) Omiltunt hmtc maUoldeorum muscidorum efficactam cfari virij quotquol nunc memini me legisse omnes(Efem, physiol., 1. 111, p. 51 ).

(3) Beau et Mainiat, jérch. gén. de méd.f i^ série, 1 1, p. 28^.

DE l'inspiration. 277

dont nous nous occupons ; aussi yoit-on descendre le larynx à chaque inspiration. La mâchoire elle-même s'abaisse à chaque fois que Tair est attiré pendant Tagonie.

Jction des muscles des gouttières vertébrales. Je ne veux parler que des faisceaux qui s'attachent aux côtes; nous les trouyerons presque tous parmi les expirateurs. Cependant ceux des tendons du sacro-lombaire , qui naissent en dedans du muscle , et auxquels succèdent des faisceaux charnus qui reconstituent un nouveau muscle allant se terminer aux apophyses transverses des vertèbres cervicales, peuvent, le cou étant fixé, contribuer on peu à l'élévation des c6tes.

Jction de certains muscles qui, n'yantpas d'insertions aux côtes, ni à leurs cartilages, ni au sternum, concourent cependant à l'inspiration, 11 s'agit ici de muscles qui interviennent en fixant des leviers sur lesquels s'implantent des muscles inspirateurs. Déjà vous avez vu les muscles sus-hyoïdiens fixer le larynx, pour utiliser la contraction des muscles sterno^ hyoïdiens et sterno-thyroïdiens ; vous avez vu les muscles postérieurs du cou fixer la tête, pour la contraction inspiratrice des sterno-cléjdo- mastoïdiens. D'autres muscles encore exercent une action médiate: tels sont le trapèze, Yangulaire de l'omoplate, et le rhomboïde. Le premier de ces muscles , prenant alors uo point fixe à la tète , qu'il tire en arrière , contribue à élever l'épaule en agissant sur elle par les fibres qui descendent de l'occipital à la clavicule et à l'acromion. Mais, le trapèze faisant en même temps exécuter au scapulum un mouvement de rotation qui abaisse l'angle supérieur et porte l'angle inférieur en avant, ce qui serait défavorable à l'action du grand dentelé, cet effet devait être contre-balancé, et il l'est en effet par l'action de Yangulaire et du rhomboïde, qui, en élevant le scapulum, lui impriment un mouvement de rotation diamétralement opposé à celui qu'il reçoit du trapèze. L'angulaire, prenant alors son point fixe sur les apophyses transverses des quatre premières vertèbres cervicales , tire en haut l'angle supérieur du scapulum. Le rbomboide, prenant son point fixe sur la partie inférieure du ligament cervical postérieur, sur l'apophyse épineuse de la

278 DE L4 ilKftPIlUiTION.

^ptième vertti^re cervicale , et sur les apophyses épineuses des quatre ou cinq premières yertèbres dorsales , tire obliqueioeiit en haut le scapulum , et rapproche du racbis la base et Taugle inférieur de cet os.

L'épaule est donc, par le concours de ces trois muscles, élevée et portée en arrière. Cela décharge la poitrine du poids de Té** paule, pendant l'inspiration , en même temps que cela donne un point d'appui, pour la contraction du foisceau inférieur du grand dentelé , au sous-davier , au petit pectoral > et médiatement au grand pectoral*

Telles sont, Messieurs, les puissances musculaires qui dilor tent la poitrine. Nous verrons d'antres muscles agir pour assurer k passage de l'air appelé dans le poumon.

Vous ne commettrez pas ^ iaute de supposer que tous ces muscles sont engagés, à la fois, dans la respiration ordinaire ; j'ai eu soin de faire, à cet égard, mes rjiserves à Toccasioa de chaque muscle. Le diaphragme , les intercostaux inspirateurs , les surcostaux, les scalèneSf suffisent aux inspirations ordinaires, et chacun d'eux est plus ou moins employé suivant que le type est abdominal, cosUy-inférieur ou. costo^supérieur. Il ne faut pas croire non plus que faction du diaphragme soit exclue dans le type costo-supérieur.

Y a-i'il d'autres agents de la dilatation de la poitrine?

M. Magendie (1) fiiit int^venir la pression atmosphérique qui s'exerce par l'intermédiaire de la tradiée sur la face interne des vésicules pulmonaires. J'ai relu plusieurs f6is le passage où cette opinion est exprimée^ ne pouvant comprendre qu'un expérimentateur, d'ordinaire plus exact, eût pu pécher ainsi contre les plus simples notions de la physique. Sans doute , la pression atmosphérique fait pénétrer l'air dans la poitrine; mais elle ne l'y fait descendre qu'autant que la dilatalion préalable de cette

(I ) PrécU éUmeiUMre de phyilologU, t. U , p. 330.

cavité et celle du poumoa qui ea est là conséqueuce ont raréfié Tair iatérieur et produit un yide virtuel daii3 la plèvre. Vabr entre parce que la cavité est plus large, etce n'est pas la cavité gui s'élargit parce que l'air entre. Supposes uae vessie ouverte plcAgée dans Ta tmospbëre, Tair ne tend pas plus à la dilater qu'à la comprimer. La seule proposition qu'il (aille établir ici est que la pression atmosphérique, h Tintérieur du poumon, est là condition sans laquelle les puissances inspiratrices ne pourraient dikUer la poitrine. Si on lie la trachée d'un mammifère, il se consume en efforts impuissants pour dilater son thorax , que comprime Ténorme poids de f atmosphère.

Je dirai bientôt que le poumon n'a pas de dilatation active. Je montrerai plus loin la paroi thoracîque elle-même exerçant un mouvement d'inspiration, quand elle a été préalablement comprimée.

Du rdle eu |»oiiiiioa lUuui les pltëaoïiièiiM uké^

eMiâques de riiuiplrrtUm*

Nous pouvons, pour cette étude, faire abstraction de la structure interne du poumon, et le réduire, par la pensée, à une grande vessie , sur la face interne de laquelle Fatmosphère presse directement, grâce à la colonne d'air que contient la trachée : vessie qui, par sa face externe, touche la paroi thoracique, le diaphragme, et le médiastin, auxquels elle est coniigué.

Je dis que la face externe du poumon touche partout la face interne de la cavité thoracique. On n'a pas toujours été parfaitement édifié à cet égard, et ce point d'anatomie a été l'objet d'un long débat (1) dans lequel Haller eut à ressentir encore les effets de Topposition haineuse de Hamberger. Galien ayant vu le poumon s'éloigner de la plèvre costale, chez un grand nombre dlanimaux dont il avait ouvert la poitrine , fait très- ordinaire et dont je donnerai plus loin l'explication, on en avait conclu que

(1) Jlm piewram Merei pulmoMm aer [sUP (HaUer, Blem. phy^L,

de Fair était naturellement interposé à ces deux parties. Les ouvertures arrondies qu*on aperçoit à la surface externe des poumons des oiseaux avaient fait soupçonner à Harvey , et affirmer ensuite à beaucoup d'auteurs , que les porosités de la face externe du poumon laissaient pénétrer de Tair dans la cavité de la plèvre.! On disait avoir vu sortir de Tair de la poitrine , soit en la ponctionnant avec une aiguille, soit en l'ouvrant sous l'eau, etc.; on faisait intervenir l'élasticité de cet air dans les mouvements alternatifs d'inspiration et d'expiration. Il se comprimait pendant que le poumon s'emplissait, et, réagissant ensuite, il comprimait à son tour le poumon, qui expulsait de l'air par la trachée. On rappelait enfin une ancienne expérience, dans laquelle Galicn, ayant adapté une vessie à une plaie pénétrante de la poitrine , avait vu l'air attiré de la vessie dans la poitrine , pendant l'inspiration, et repoussé dans la vessie pendant l'expiration.

Hallcr a fait si bonne justice de cette doctrine, qu'à peine estelle connue acyourd'hui. Si on met à nu, sur un animal vivant, la plèvre costale sans la percer, on voit, grâce à la transparence de cette plèvre , le poumon, qui lui est appliqué immédiatement, glisser sur cette membrane sans l'abandonner. Lorsqu'on ouvre la poitrine sous l'eau, il ne sort pas une bulle d'air, si on n'a pas blessé le poumon.

Ainsi la vessie en laquelle nous réduisons le poumon par la pensée touche partout la paroi thoracique. Voici ce qui se passe pendant l'inspiration. La paroi thoracique et le diaphragme s'éloignent ou plutôt tendent à s'éloigner de cette vessie; il y a vide virtuel dans la cavité pleurale. L'air qui est dans la vessie, et dont la tension est égale à celle de l'atmosphère, pousse la vessie vers ce vide virtuel, et maintient celle-ci en contact avec la paroi. C'est ainsi que le poumon est dilaté. Mais l'air qui a dilaté la vessie a perdu de sa tension , il s'est raréfié ; il offre moins de résistance à celui de la trachée, qui entre à son tour dans la vessie. L'air de la trachée, raréfié à son tour, appelle l'air du pharynx, et ainsi de suite jusqu'à l'extérieur.

Dans le mouvement d'inspiration, le poumon se dilate dans tous les sens , de haut en bas , d'avant en arrière , de dehors en

DE L'iNSPIBATION. 281

dedans. Les bronches éprouvent un allongement proportionné à la dilatation de Torgane. Leur diamètre xhange-t-il? M. Sappey (1) croit qu'il diminue, ce qui me parait peu conciliable avec la dilatation que Torgane éprouve dans tous les sens.

La dilatation du poumon esl accompagnée d'une véritable locomotion , car il ne correspond plus exactement aux points de la paroi costale, qu'il touchait avant Tinspiralion. Il y a donc un glissement de la plèvre pulmonaire sur la plèvre costale. La locomotion du poumon est surtout très-marquée à la partie inférieure et externe, là où existe le bord anguleux qui se trouve à la jonction de la foce externe du poumon avec sa base. Peu de personnes savent bien ce que je vais vous dire à ce sujet. Vous avez vu que, dans l'état d'expiration, une grande partie de la courbe du diaphragme est appliquée à la Face interne de la paroi thoracique. Dans ce point , la plèvre diaphragmatique touche la plèvre costale sans que le poumon s'interpose à elles. Le poumon ne descend pas si bas; mais à mesure que, pendant l'inspiration, le diaphragme se sépare de haut en bas de la paroi costale, le bord externe du poumon descend dans l'espace anguleux qui s'établit en ce point. Il suit delà, comme l'a très-bien fait observer M. J. Cloquet(2), qu'un instrument piquant, pénétrant dans un espace intercostal inférieur, au moment de l'expiration, pourrait traverser les plèvres costale et diaphragmatique, entrer, en un mot, dans la cavité pleurale, et pénétrer dans le ventre sans toucher le poumon; tandis que le poumon serait transpercé vers la base, si l'instrument avait suivi le même chemin pendant l'état d'inspiration.

Le glissement du poumon est favorisé par l'état lisse des plèvres et par l'humidité de leur surface. On n'est pas bien arrêté sur le degré de gène que les adhérences des plèvres peuvent

occasionner. Ces adhérences , très-communes dans l'espèce hu-

(!) Recherches sur l'appareil rej^piraloire des oiseau», p. 11, iQ-4<*; Paris , 1847.

(2) De l'Influence des efforts, etc., p. 10; Paris, 182a

m DM Là, miiVlEATION.

maine , sont très^rtres diez les animam ; riea n'aatorise à croire qae le rire en spit la cause.

le poumon JouU-il d'une force propre de dUaUition? Cette question n'est pas nouvellet puisque Galieuv avait déjà réfuté des auteurs qui attribuaient au poumon une /actMé innée de dilatation. Dans le siècle dernier, Houston (l)^ Hoadley (3), Hérissant (3), et surtout de Bremond (4) (quelques années avaqt Hérissant), ont publié le résultat d'expériences favorables à Fop^ nion qat le poumon est actif dans sa dilatation. Quelques mo^ demes Font encore appuyée.

Les expériences , comme vous pouvez le penser , consistaient à anéantir l'influence du diaphragme , des muscles intercostaux, et des autres muscles sur le poumon ; quelquefois on se bornait à ouvrir la poitrine, et à regarder si le poumon se mouvait encore. On allégua donc qu'on avait vu ces nKMivements, que la trachée s'allongeait 'pendant l'inspiration et se raccourcissait pendant Texpiration. David Williams (6) prétendait que si on expose un poumon k Taction de l'air , il ne s'aflaisse pas tout à fait, tant que l'autre reste intact, et qu'il conserve pendant un certain temps la faculté de se mouvoir indépendamment do diaphragme. Flormann (6) aurait vu les poumons d'un chien noyé continuer de se mouvoir même après la dUbton du diaphragme. Rudolphi (7) aurait vu la même chose sur un chien étranglé, dont le sternum avait été enlevé et le diaphragme incisé. Burdach (8) , assistant à une expérience que Scbultze felsait dans un autre but, croit avoir observé le mouvement propre du poumdn. Czermak l'aurait constaté chez un enfont mal conformé , auquel manquaient le

(1) PhUoèùphleal tfansaclioM, vol. XXXIX, p. 290; 1739.

(2) Tkree leciures on îhe organs ofrêêpireUon, in^] LMidt, 1710.

(3) Histoire de l'Académie des sciences , p. 71 ; 1743.

(4) Mémoires de l'Académie des sciences, p. 333; 1739.

(5) JSdinburgh mêd. and mtrg, Jomm., Vit. XiX, p. 854 ; 1823. (6; Cité par Burdach ( liwié de physiologie , t. IX , p. 496 ).

(7) jénatonUsch'phxtielogUche Jbkandlungen, p. lit.

(8) Traité de pf^sioiogie , t. IX, p. 496.

Pi^ L'iNiPIRATION. MS

diaphiagme et la paroi pectorale. Oa a dit enfio que# dans des cas de plaie pénétrante de la poitrine ou de bemie des poumons, ces organes auraient fait effort pour s'échapper de la poitrine, pendant Tinspiration, et se seraient retirés pendant Texpiration. MessieorSy ces faits sont, les uns, mal observés, les autres, mal iolerpréiés, et pouvant recevoir une explication différente. Je re^ ^fnae positivement au poumon la faculté de se dilater activement ,

en cela je suis d'accord avec d'excellents observateurs ( Haller, ^nUer , etc.). Cette dilatation active est tout à fait incompatible avec les propriétés que nous allons bientôt reconnaître au tissu pulmonaire.

Cétait aussi une théorie vicieuse que celle qui faisait intervenir, dans la dilatation rhy thmique du poumon, Taffux du sang lancé par le ventricule droit dans Tartère pulmonaire. A ce compte, les mouvements respiratoires devraient s'établir avant la naissance.

Itinéraire de Voir; protection accordée aux conduits par lesquels it passe. Résistance à la pression atmosphérique.

Noos avons vu Tair dilaté dans les cellules pulmonaires, ap^peler Pair des bronches ; Tair dilaté des bronches appeler Tair de U trachée, celui-ci appeler Tair du larynx, celui du larynx fair du pharynx , et ainsi de suite de proche en proche. Je vais prendre en sens inverse cet itinéraire, suivre Tair de Textérieur à l'intérieur , et montrer comment se comportent , lors de son passage, les conduits qu'il traverse. Gomme la tension de Tair est diminuée de proche en proche dans toute l'étendue de ces tuyaux, il allait qu'ils trouvassent partout des moyens de résister à U pression atmosphérique. Ce point de vue assez fécond n'a poini «uffisamment appelé jusqu'ici l'attention des physioto-

Qnelqoes animaux attirent l'air exclusivement t>ar lenrs fbsses nasales: tels sont les cétacés. Leur épiglotte, qui atteint jusqu'à l'ouverture postérieure des fbsses nasales , interdit à Tair qui serait introduit par la bouche l'accès dans l'ouverluio supérieure

284 D£ LA BBSnRATlON.

da larynx. Ces animaux peuvent ainsi nager , la bouche submergée et le nez hors de Teau. L'air s'introduit avec facilité dans les larges narines des solipèdes, animaux qui , d^une autre part, respireraient difficilement par la bouche, à cause du prolongement de leur voile du palais jusqu'au larynx. Un grand nombre de mammifères peuvent introduire l'air par les narines ou la bouche ; mais , chez eux encore , et en particulier chez Thomme, on peut dire que le nez est le véritable conduit respiratoire* L'air prend déjà, dans les fosses nasales, de la chaleur et de rhumidité. Après une course qui a essoufBé , les narines ne sont plus assez larges, et Ton respire par la bouche.

L'air extérieur est attiré dans les narines par la raréfaction de Tair contenu dans les fosses nasales. En raison de cette raréfection de l'air intérieur, la narine a besoin d'être soutenue contre la pression atmosphérique qui la fermerait , car les fibrocarlilages n'ont pas une résistance suffisante. C'est le muscle complexe nommé myrliforme qui intervient dans ce cas. Voici ce que j'ai écrit à ce sujet dans un rapport fait à l'Académie de médecine, sur l'emploi de la galvanisation localisée pour la recherche des fonctions des musdes (1). «L'excitateur de M. Duchenne est posé sur la face externe de l'aile du nez : celle-ci se soulève, s'éloigne de la sous-cloison , et la narine est dilatée. Oe même excitateur est posé sous la sous^loison; le renflement qui la termine en avant est déprimé, et de cette dépression résulte encore l'élargissement de la narine en travers. En quelque lieu du pourtour de la narine que l'on opère, toujours celle-ci se dilate: on ne peut obtenir de resserrement qu'en agissant au dedans de la bouche sur la portion du muscle myrtiforme qui s'insère dans la fossette incisive ; alors la narine s'allonge d'avant en arrière par le tiraillement de la commissure postérieure, et elle se rétrécit çn travers , au point d'effacer son ouverture, i

La section du nerf facial ou sa paralysie arrêtent à l'instant Les mouvements des narines. Lorsque cette paralysie survient chez

(l)8éaMeda*18martlMr

DE L'iNSPlIUTIOlf. 283

des individus dont les fibro-cartilages de l'aile du nez sont peu résistants, la narine s'afFaisse sous le poids de Talr à chaque inspiration, et elle devient inutile pour la respiration. J*ai souvent cité dans mes cours lliistoire d'un matelot qui, atteint de paralysie feciale , était obligé de soulever sa narine avec les doigts lorsqu'il voulait faire passer Tair au travers de la fosse nasale correspondant an côté paralysé (1). Ce n'est pas le seul fait de ee genre qui ait été recueilli.

Les mouvements des naseaux sont bien plus marqués encore chez les antres mammifères (r&ne, les chevaux , etc), etTinterruption d'influx nerveux dans le nerf iàcial nuit singulièrement chez eux à l'entrée de l'air dans les voies respiratoires.

Oiez rhomme comme chez les animaux, ces mouvements sont automatiques.

La nature a si intimement enchaîné les mouvements des narines à ceux de la respiration , qu'ils accompagnent encore ceuxd« alors que Tair passe par une autre voie. Je les ai vus se contiiner avec énergie chez im homme qui, s'étant coupé la gorge, attirait laborieusement Tair, dans sa poitrine, par le bout inférieur de la trachée divisée en travers. M. Porter a rapporté une observation qui confirme ce que j'avance ici (2).

Les vivisections ont révélé un fait plus curieux encore, c'est que les mouvements automatiques des narines continuent de s'opérer, chez un animal auquel on a coupé la moelle épinière au-dessous de l'occipital, pour peu que la section passe en arrière ou au-dessous de ce qu'on a nommé collet vital. J'y reviendrai.

Le pharynx a ses parois constamment écartées dans toutes les parties où il sert au passage de l'air; tandis que ses parois sont en contact immédiat là où il est exclusivement affecté à la déglatition. En haut, l'écartement est maintenu et mesuré par la distance des ailes internes des apophyses ptérygoïdes ; plus bas, par les aponévroses buccinato- pharyngiennes et la partie

(1) Journal des progrés, t. Vl, p. 15.

(2) Ga%, méd., 1838, p. 392.

388 BC M. feMnllATlM.

jNMtMeiire da toffê de la «oAdioife ioftriénre; phnbas eneore, ptrl«8 gfifldeA mmes de Toshyoldé, qoi s'appuient, aii1)«80!ii, en arrière , sur la colmine vertébrale. C'est certainetneot là on des principaut usages de ces graodes apophyses de Phyoïde. Plus bas encore, par les deux puissantes lames du cartilage thyroïde. Ainsi le pharyni ne èède point à la pression atmosphérique alors que la tension deTair diminue dans sa cavité, et il pent ainsi aspirer Tair des fosses ùasales. Dans le mouvement d'Inspiration, ie canal du pharynx se trouve complété en avant par lé voile du palais , qui est appliqué à la base de la langue. S'il en était autrement, Pair serait aspiré à la Ibis par la bouche et le née. Pendant qne le voile du palais s'abaisse par Taction du glosso'-staphylin, la base de la langpae se gonfle et se soulève. Ces mouvements sont automatiques comme cent des ailes du nez. Vous ne pouvez à volonté abaisser le voile du palais; mais faiteè une Inspiration par le nez, il s^abaissera. Pbcez-^vous devant une glace, la bouche ouverte de manière à voir dans votre gorge ; faites un mouvement d'inspiration , et à rinstant vous pourrez constater que le voile du palais s'abaisse , 4 que la base de la langue se soulève , et que ces deux parties , mises en contact, interceptent toute communication entre là bouche et le pharynx. Faites alors ttne inspiration par la boudie , le voile du palais et ta base de la langue s'éloigneront Fané de Tautré.

Suivant Sttllllig j le pharynx se dilate pendant Tinspiration et se resaerre pendant Pexpiration (1).

Au larynx, et notamment à la glotte , on observe des phénOmènes très-importants pendant l'inspiration. La glotte, dans l'état de repos, a la (bnne d'une fenle triangulaire dont la basé aat en arrière et dont les bords sont formés par les cordes vocales dans ses dent tiers aniérieurs , et par le cartilage arytéinlde dans son tiers postérieur.Gette fente, dans cet état, n'est pas aasez large pour livrer passage à la colonne d'atr qne rinspt-

(1) Gas.méd,, 1843, p. 93.

DE L'INSPIRATIOIV. 287

lalioa introduit. li faut donc que des contractions musculaires rébrgissent. Mais une autre circonstance anatoaùque rend in«* dispeosable ici l'intervention de fibres musculaires dilatatrices. Si on pousse un courant d'air dans le larynx d'un cadavre (avant on après la rigidité cadavérique), la colonne d'air, pressant sur la 4»tde-sac que forme le ventricule du larynx au-dessus de la Qorde vocale » pousse cette corde vers Taxe du larynK et par conséqMDt vers la oorde vocale du c6té opposé ; d'où un rétrécisse* saflMBt qui peut, cbea certains animaux, aller jusqu'à rocclosioii. La ffaréfactioD de l'air dans la trachée , pendant l'inspiration , pro» duît précisément le courant d'air dont nous parlons, en attirant l'air enérieur, et elle aurait le même effet sur les cordes vocaids, M) «Mille je t'ai dit , les muscles ne résistaient* Us ne se boN Beat pas à la résistance, ils dilatent encore la glotte: ce Mat les muscles crico-aryténoïdiens postérieurs qui ont cet office. Oea ■Oflcles, les plus puissants des muscles intrinsèques du larynx, couvrent , un de chaque côté , la face postérieure de Ja partie <largte du cartilage crfcoide, où Us prennent leur point fixe. Dt % toutes les fibres de chaque muscle convergent vers l'apoiAyse externe de la base du cartilage aryténoïde. Lear contractioa hit pivoter ie cartilage aryténoïde , de manière que son apo« pbyse antérieure se tourne en dehors ^ entraînant atteo elle la corde vocale à laquelle elle donne attache. C'est là que Tagran* dissement de la glolle est le plus marqué; de sorte qu'il n'est pas du tout exact de dire, avec M. Magendie, que Tagrandîsse* ment de la glotte se fait par Touverlure pure et simple de cette fente triangulaire. La glotte dilatée prend, au contraire, ukie feree quasi-losangique; les deux angles nouveaux qui se produiseat, angles très-arrondis, existent à la jonction del'apophyie antérieure du cartilage aryténoïde avec la corde vodild à la^udie il donne attache. ,

H est tr«s4àdle d'obtenir cette forme de la glotte sur lè^^i* davre^ en tirant les fibres des muscles crioo-aryténoldieDs jm^ térieures, de manière à hniter leur action.

CTett à la glotte ainsi dilatée et modifiée dané sa fortne qu'il eenviendrait de donner le nom de glotte respiratoire, ai flMcut b'I tait et supprimer cette dénomination dont quelques <crivatai

288 DE XA aBSriRATlON.

modernes ODt fait une application si peu judicieuse et contre laquelle je dois vous prémunir. Vous saisirez focilement ma critique: il y a deux petits muscles (les crico-aryténofdiens latéraux) dont faction est diamétralement opposée à celle des crico - ary ténoldiens postérieurs; ils font pivoter le cartilage aryténoide en dedans, de manière à mettre en contact ses deux apophyses antérieures. Il en résulte , chez certains sujets , que la glotte se trouve partagée en deux ouvertures : Tune , antérieure, comprise entre les cordes vocales (glotte vocale); Tautre, postérieure, comprise entre la face interne des cartilages aryté- DOldes et la muqueuse qui tapisse le muscle aryténoidien. C'est cette ouverture postérieure qu'on a désignée sons le nom de glotte respiratoire!! Mais jamais la glotte n'affecte cette forme pendant Tinspiration ; elle est toujours unique et ouverte à plein canal quand on attire Tair dans la poitrine.

Le muscle crico-aryténoidien postérieur qui dilate la glotte pourrait, lui, ajuste titre, recevoir le nom de muscle respirateur, car la glotte n'est jamais dilatée dans la phonation. Ce muscle est animé par le nerf laryngé inférieur, de sorte que la section de ces nerfis, ou celle des pneumogastriques au cou, anéantit les mouvements respiratoires de la glotte ou en change le rhythme. Le défaut d'influx nerveux , dans les muscles cricoaryténoïdiens postérieurs, peut même devenir cause d'asphyxie. Je renvoie , pour les développements que ce sujet comporte , à la leçon où je traiterai de l'influence du pneumogastrique sur la respiration.

La trachée-artère se raccourcit à la région du cou , pendant Vinspiration, puisque celle-ci abaisse le larynx; mais ce raccourcissement de la trachée au cou coïncide avec rallongement sensible des parties du tuyau aérien qui sont contenus dans la poitripe. Lorsque, par le fait de l'inspiration, l'air est raréflé dans la trùdiéef elle résiste à la pression atmosphérique à l'aide des cerceaux cartilagineux qui entrent dans sa composition. Plus superficiellement la nature a mis d'autres agents de résistance : ce sont les lames de l'aponévrose cervicale. Les muscles scapulohyoïdiens, dont on voit bien la contraction dans les grandes inspirations , me paraissent très-propres à tendre la partie de

Taponévrose qui se porte ea passant devant la trachée d'un de ces muscles à Tautre; chaque muscle, en effet, lorsqu'il se contracte, feit eiYbrt pour s'écarter de la ligne médiane, ce qui ne peut avoir lieu sans que l'aponévrose intermédiaire aux deux muscles soit tendue.

Nonobstant ces agents protecteurs, on voit, chez les personnes maigres , et surtout chez celles qui respirent par le type costosupérieur, se former, pendant les grandes inspirations, une dé* pression considérable au-dessus de la clavicule; elle correspond au sommet de la poitrine, et résulte de l'intervention de la pression atmosphérique.

Les faisceaux aponévrotiques nombreux qui sont interposés aux muscles intercostaux résistent, en même temps que ces muscles, au poids de l'atmosphère, au niveau des espaces intercostaux. Je ne sais s'il faut aussi faire intervenir ici le feuillet fibreux qui double la plèvre pariétale.

Dans la poitrine, on n'observe plus, sur le trajet de Tair, que des effets de l'ampliation du poumon. Les anneaux cartilagineux des bronches s'éloignent les uns des autres, pendant que les bronches s'allongent. L'amffliation du poumon a aussi pour effet d'allonger ou de déplisser d'une manière notable les gros troncs et les ramifications des artères et des veines pulmonaires, ce qui ne peut manquer d'avoir , sur la petite circulation , une influence que nous apprécierons quand le moment en sera venu.

L'air qui entre dans la poitrine pénètre tout simplement Tair qui s'y trouve déjà et que l'inspiration a raréfié. L'air plus dense du dehors se mélange avec l'air intérieur, dont la tension a été diminuée ; ce mélange suffit pour les besoins de l'hématose. 11 ne faut point croire à des courants spéciaux, dont les uns seraient formés de l'air qui a été respiré, et les autres, de l'air que l'inspiration conduit dans le parenchyme du poumon. Vous verrez que la structure de l'organe ne se prête point à ces hypothèses; elles n'ont pas manqué ici , depuis le circulas Carlesii jusqu'à l'invention des parties anatomiques en rapport avec ces prr tendus courants.

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