SOIXANTE'DIX-HUITIÈIE LE
DE Ik RESPUUTIOU.
(Suite.)
DE L'EXPUIATIOM.
Messieurs ,
L'aete de rinspiration est toiyours actif et presque laborieax ; il fimt constamment le concours de Taction musculaire. L'expiratioùf «a ccmtraire, pourrait à la rigueur s'accomplir par le simple reMTt élastique des parties ; et cependant c'est un phénomène qui, envisagé dans ses variétés, est plus complexe que Vlnspiration, car aux agents élastiques dont le concours est permanent, il se joint, et avec un degré variable d'intensité, des contractkmi musculaires que la volonté modifie à chaque instant pour tes besoins de la phonation , de 11 locomotion , et de di vers actes d'excrétion.
Ce serait entrer dans des redites fastidieuses que d'examiner las phénomènes de V expiration dans les leviers que l'inspiration a soulevés. Tout se passe en sens inverse de ce que vous savez, dans le sternum , les côtes , leurs cartilages, etc.
Des putSMiiMtcen 4uâ opèrMit r^xplrutton*
Les puissances qui opèrent l'expiration sont des agents doués i^éUuUcUé et des agents doués de la contractilité musculaire. Les uns et les autres peuvent être étudiés : l"* dans les poumons , V ^iM les parois du thorax et de l'abdomen.
Aeiton du poumon dUuui rexpiroiton.
Le poumon, que nous avons déclaré passif dans la dilatation, intervient d'une manière très-active dans ïexpiratton. Le pou-
mmi intervient par son élasticité et par YIrrUabiUté des bron cbes.
9e l'éliMitlcM <■ fomnen et de m0 effete.
L'âasticîté des poumons était connue depuis longtemps ; elle est mentionnée dans Haller (1) , mais ç^est dans ces trente dernières années qu'on en a bien connu les efiets. M* Garson (2) a publié sur ce si^et un mémoire important en 1830. J'ai, de mon cAté, inséré dans les Archives générales d^ médecine ^^ en 1830 (3) , un travail où se trouvait appréciée la part de cette propriété physique du poumon dans la production de pluçieum phénomènes asiez mal compris par le plus grand nombre des médecins.
Une expérience très- vulgaire vous montre Félasticité dont jouit le poumon. Soit un poumon sain extrait du corps d'un animal , son volume vous paraîtra et sera effectivement dispro* portionué avec Tampleur de la poitrine dont il a été extrait ; il sera incomparablement plus petit. Adaptez un tube à la trachée de ce poumon et insufflez-le , vous lui donnerez des dimensions qui égaleront ou surpasseront peut-être celles qu'il avait alors qu'il fonctionnait chez Tanimal; cessez l'insuffilationf vous voyez le poumon revenir assez rapidement sur lui-même , expulser la plus grande partie de Fair qu'il contient, se rapetisser, se défor* mer, se rider, et se réduire à des dimensions très-exigués.
Or j'appelle ici toute votre attention: ce poumon si exigu renvplissait sur le vivant toute la capacité thoracique; il touchait It plèvre costale, le diaphragme, le médiastin, sans interpositioa d'aucun gaz. Nous Favoqs prouvé p. 280, Quelle est donc la puissance qui le maintient dans un état permanent de dilatation qui violeate son élasticité P Messieurs , c'est la pression atmosphé* rique« En effet , le poumon est plein d'air , et cet air est en libre
(1) Elemenia phxsiologia, 1. 111, p. 278.
(2) PhUosophical transactions, lol CX, p. 29; 182CI
(3) Jrch. gén. de méd„ t. XXHl, p. 169.
292 DE LA RBSPIRATIOBr.
communication, par la trachée, avec Tair extérieur. Cest donc Fatmosphère qui pèse à Tintérieur du poumon. Si cet organe pouvait obéir librement à son élasticité, il expulserait une grande partie de Tair qu'il contient; mais il faudrait qu'il s'éloignât de la paroi thoracique, ce qui ne pourrait avoir lieu sans qu'il s'établtt un vide réel dans la plèvre. Cette formation du vide est empêchée par l'atmosphère qui presse à Tintérieur du poumon.
Yoilà un organe placé dans une singulière condition 1 II est dans un état permanent d'extension, où son élasticité est violentée , il a une tendance perpétuelle au resserrement , et il ne peut presque jamais la satisfaire complètement! Mais ce mécanisme est merveilleux , et il introduit entre le poumon et le diaphragme un antagonisme dont vous comprendrez bientôt l'utilité. * Étudions donc, dans leurs détails, les autres effets de l'élasticité du poumon.
Autre effet de V élasticité du poumon. Au terme de la vie , le dernier effort de l'agonisant est un effort A' inspiration. L'expiration vient ensuite d'elle-même ; elle est forcée. C'est une expression vraie que celle si souvent usitée: rendre le dernier soupir. Alors les parois thoraciques, élastiques elles-mêmes, suivent le retrait élastique du poumon; le diaphragme remonte vers la poitrine, etc. Quand tout cela a eu lieu et que l'expiration ne peut aller plus loin, l'élasticité du poumon n'est pas encore satisfaite. En effet, adaptez un tube recourbé à la trachée, faites -le plonger sous l'eau, faites une ouverture à la paroi thoracique : le poumon , pouvant alors continuer d'obéir à son élasticité, reviendra sur lui-même et expulsera de l'air qui passera dans l'eau. Ceci suppose que le poumon est sain.
Autre effet de l'élasticité du poumon. Vous venez d'entendre que le diaphragme suit le retrait du poumon et rentre dans la poitrine: en effet, quand on examine ce muscle par le Ventre, la poitrine étant intacte, on voit qu'il fait voûte , et que cette voûte est tendue et enfoncée dans la poitrine. Cest dans cet état qu'on dissèque le diaphragme. Mais qu'une ouverture soit faite à la poitrine, à l'instant le diaphragme pend , mou et flasque, du côté du ventre, çt il devient impossible de continuer
la préparation. Ces deux états du diaphragme s'expliquent facilement. Tant que la poitrine n'est pas ouverte , réiasticité ou la tendance au retrait du poumon établit un vide virtuel, en verta duquel la pression atmosphérique pousse le diaphragme vers la poitrine, comme si le poumon exerçait sur lui une succion; mais, dès que Tair est admis dans la poitrine, le vide cesse de s'opérer, et le diaphragme, trop large pour Tespace compris entre ses attaches, pend dans le ventre.
Voilà, Messieurs, V antagonisme dont je vous ai parlé. Chez un homme en santé, le diaphragme se contracte; il attire, il allonge le poumon, qui déjà était dans un état d'extension ; mais à peine Tinspiration est-elle terminée , que le poumon , élastique, attire à son tour le diaphragme et le fait remonter dans la cavité du thorax. L'action inspiratrice du diaphragme serait beaucoup moins efficace , si cet antagonisme n'existait pas.
Jutre effet de V élasticité du poumon. Qu'un homme ou un mammifère quelconque ait une plaie pénétrant dans la cavité pleurale : l'air s'introduira dans ce côté de la poitrine, le poumon s^affaissera. L'expiration ne le dilatera plus ou le dilatera imparfaitement ; et , si les deux plèvres , au lieu d'une , étaient ouvertes et en libre communication avec l'atmosphère, l'asphyxie pourrait être la conséquence de cette lésion traumatique, bien que le poumon n'ait été en aucune manière endommagé. Cette terminaison Funeste est très-commune et très-prompte chez les chiens dont on ouvre les plèvres, ce qui tient à la grande élasticité de leur poumon (1). Si j'ouvre un traité de chirurgie pour y chercher l'explication de ce grave effet d'une plaie pénétrante de poitrine , j'ai grande chance d'y lire que la pression atmosphé-
(\) Un grand nombre de circonstances peuvent faire varier les effets d'une double plaie pénétrante. Si l'ouverture est plus petiie que le diamètre de la glotte, la dilatation de la poitrine pendant Tinspiration auirera Tair plus rapidement par la glotte que par les plaies de la poitrine , et le poumon se dilatera encore. Ces plaies ont d'ailleurs de la tendance à se boucher, soit que Tanimal se couche de côté, soit que les bords de la solution de continuité se gonflent, soit même qu'une portion du poumon s'y engage Ce sont auUnt de chances 4e Mbit.
<^ DE hh RESPIRATION.
rigue a refoulé le poumon 11 c'esl«4-dire qu'oo commet une fiiute grossière de physique, et Ton croit avoir une explication. Voyez eo effet: avant la blessure faite à la plèvre, quel était Tétat du poumon? 11 touchait partout la face interne de la poitrine , et il était maintenu continu à la plèvre costale par la pression atmosphérique qui s'eierce à Tintérieur de Torgane. Vous savez cela. Les choses en étant là, on (ait une boutonnière à la plèvre ouatale ; alors la pression de Fair a lieu sur la face externe du poumon, comme elle avait lieu et comme elle a lieu encore à la fece interne de ce poumon. A moins que d'ignorer les plus simples notions de la physique, il iaut~ reconnaître que ces deux pressions soni parfaitement égales, qu'elles se font équilibre. Ainsi le poumon n'est pas plus sollicité à se dilater sous la pression intérieure, qu'il n'est exposé à s'affoisser par la pression extérieure ; cependant il se resserre, il fuit la paroi costale : c'est qu'il obéit librement à son élasticité. La pression de l'air établie sur la face externe du poumon ne cause pas le phénomène , elle le permet. Ou bien on peut dire encore, et ce sera l'expression fidèle du fait : avant la plaie faite à la paroi costale, la pression atmosphérique qui avait lieu en dedans du poumon mettait obstacle au retrait élastique de cet organe , mais cette pression atmosphérique interne étant exactement compensée, lorsque, par l'eiïèt de la plaie, la fece externe du poumon a été mise en contact avec l'atmosphère, le poumon suit le mouvement de rétraction que lui impriment ses fibres élastiques. S'il était possible enfin que la poitrine d'un animal fût dans un vide complet, le poumon se rétracterait encore.
If autres effets d'élasticité du poumon seront appréciés I Toccâsion de la circulation veineuse , de la diastole du cœur , et de la congestion du sang dans les cavités droites du cœur, après la mort.
L'élasticité du poumon est, suivant moi , la principale cause de la déMimatkm parttealièreqit*âffectê la poitrine chez les individus atteints dé raéhltiiiAe.
L'élasticité du poumon réside surtout dans la membrane fibreuse des tuyaux aériens. Cette membrane fibreuse, dans laquelle aonl
Dfi I.'SX»UIAT101V. 296
plongés les arceaux cartilagineux de la trachée et des bronches, est placée en dehors de la membrane muqueuse. Elle est composée de fibres longitudinales, lesquelles, outre qu'elles formeiHC un tube complet, offrent encore des faisceaux longitudinaux qui font saillir la muqueuse à la partie postérieure et inM» Heure de la trachée. Ces faisceaux se prolongent dans les broû* ches. L'examen microscopique montre, dans la membrane dont nous parlons, les caractères des fibres élastiques. Il y a de plus, cbez les grands animaux , une capsule pulmonaire sous-pleu^ raie, qui est d'autant pkis développée , suivant M. Bazin (1) , que le tissu musculaire du poumon Test moins. La capsule sous^^ pleurale de Téléphant envoie à Fintérieur du poumon de nombreux prolongements qui enferment les bronches dans des gaines très-résistantes. Cette capsule est sans doute très -développée chez les cétacés; Hunter avait été frappé de la grande élasticité du poumon de la baleine, et de la force avec laquelle il expulse l'air qu'on y a poussé.
Dans la maladie nommée emphysème du poumon, Télasti* cité de cet organe est singulièrement diminuée. Bien loin que le poumon s'enfuie quand on ouvre la poitrine, il s'étale au dehors; et Ton sait que, du vivant des individus atteints d'emphysème du poumon , il y a une voussure particulière du thorax. La perte dé l'élasticité doit établir une perturbation dans l'antagonisme de cet organe avec le diaphragme.
Chez les personnes obèses, le refoulement du diaphragme dans la poitrine peut être porté au point que le poumon , si en même temps il contient une grande quantité de sang, n'ait plus de tendance à la rétraction lorsque l'expiration est accomplie.
Il est d'autres faits plus difficiles à concilier avec les notions incontestables, du reste, que nous possédons sur les effets de Télasticité du poumon : c'est la formation des hernies de cet organe soit à la suite de plaies de poitrine, soit autrement. On ne
(1) Mémoire sur la structure des poumons {Annales ftwiçaises et étrangéreê d^meHomi» et d$ physiologie, 1. 111 , p. X9; 18»).
296 DB lA RESPIRATION.
peut guère supposer que tous ceux qui ont présenté des hernies du poumon aient été atteints en même temps d'emphysème pultoonalre.
Carson a institué des expériences pour mesurer la force élastique des poumons; il en a tiré la conclusion que, dans les bœufs et autres animaux de cette taille, cette force surpasse de beaucoup celle qui est nécessaire pour supporter une colonne d'eau de 1,6 pied de hauteur; qu'elle est contre-balancée dans les veaux, les moutons et les grands chiens, par une colonne d'eau de 1 pied à 1,6 pied ; et enfin que chez les chats et les lapins elle fait équilibre à une colonne d'eau de 6 à 10 pouces (1).
De l'irritabilité de la trachée et des bronches.
Ce n'est pas seulement par son tissu élastique que le poumon concourt à l'expiration : les voies aériennes ont encore des fibres musculaires capables de les resserrer en travers. Les prédécesseurs de Haller, et lui-même, ne l'ignoraient pas; mais le fait n'est pas énoncé avec une précision suffisante. Aux fibres musculaires transversales dont nous allons parler, Haller joint à tort les fibres longitudinales; il prend les faisceaux élastiques que vous connaissez pour des fibres chamaes (2). Il donne ailleurs (3), comme témoins du pouvoir contractile des fibres transverses, Fanton et Morgagni ; mais il ne cite aucun expérience décisive. Cest de nos jours que la science a été faite sur ce sujet, au double point de vue de Fanatomie et de la physiologie.
Les fibres musculaires, que Reisseissen (4) a bien décrites, sont transversales. Dans la trachée, elles occupent en arrière l'intervalle des cerceaux cartilagineux, et s'attachent à ces extrémités,
(1) p/iUosophiçal transaclionf, ?ol. GX» p. 29; 1820.
(2) Elem.phrsiol, t. III, p. 145, 135 et 276. On i^éConne de voir Haller nier aiUeors rirritabOUé des bfODclMi.
(3) ConiractiUs vis atperm mrimia ei bronchionun (Elem, physiol, I.UI,p.275).
(4) De SirueturapuUMtinn commmMio, p. 9, lo-fMîo; 18211
DE l'expiration. 297
qu'elles peuvent rapprocher par leur contraction. Dans les bronches, elles ont la même disposition; mais, à mesure queles cerceaux deviennent plus petits, les fibres occupent une partie plus grande de la circonférence du tuyau aérien ; elles deviennent ainsi peu à peu circulaires. Là où on peut les mettre en évidence , on voit qu'elles occupent Tintervalle compris entre la membrane muqueuse et la membrane fibreuse élastique. Huschke (1) conseille d'enlever celle-ci en arrière de la trachée, pour la mettre à découvert. J'ai l'habitude, pour les démontrer, de fendre longitudinalement la trachée en avant, de Fétaler, et d'enlever la membrane muqueuse au niveau de la bande membraneuse postérieure de la trachée ; on voit alors à merveille ces fibres transverses , blanches , lisses , ayant en un mot les caractères des muscles de la vie organique (le cœur non compris).
Je passe à la démonstration de l'irritabilité des conduits aériens. Au milieu d'un grand nombre d'expériences négatives ou imparfiiitement concluantes , on en rencontre qui ne laissent aucun doute.Reisseissen rapporte que Vamier (2) aurait vu se contracter les ramifications bronchiques, quand on agissait sur elles soit par des liqueurs ou des vapeurs irritantes, soit par des stimulants mécaniques ; mais Reisseisseu tenait beaucoup à prouver qu'il y a des fibres charnues dans les voies aéMennes. Presque tous les résultats deWedemeyer (3) sont négatif. Ayant enlevé sur un chien vivant la partie antérieure de la circonférence de la trachée, il a soumis sans succès la bande membraneuse postérieure à l'action des irritants mécaniques et galvaniques. Les grosses bronches sur lesquelles il expérimenta , après avoir tiré promptement le ^ poumon de la poitrine de l'animal , ne réagirent pas davantage. Il n'en fut plus de même lorsque la galvanisation fut faite sur des bronches de une ligne de diamètre , elles se resserrèrent au point d'effiacer presque complètement leur diamètre ; mais ce
(1) Encxclopidie anatonUqae, t. V, p. 247.
(2) Mémoires de la Société royale de médecine , p. 301; 1779.
(3) Untersuchungen uber den Kreislauf, p. 70.
296 PE LA RBSPIRATIOIV.
résalUt* qu'il obtint aussi sur les poumons d'un cabiai, se produisait avec une extrême lenteur. Krimer(l), qui avait opéré sur les fibres mêmes de la trachée , par les excitants mécaniques et électriques , dit les avoir fait contracter.
Jusqu'ici on n'avait peut-être pas employé le meilleur mode possible d'expérimentation ; celui qui a été mis en pratique par le D*^ William (2) semble résoudre la question. Les poumons sont vivement retirés de la poitrine d'un chien qu'on vient de tuer par la section de la moelle : un tube ayant la forme d'un siphon recourbé est adapté i la trachée-artère , et rempli d'un liquide coloré qui pèse à Tintérieur des bronches ; un courant galvanique passe d'un des bords du poumon au tube qui est dans la trachée (ce tube est métallique). A partir de ce momeift , on voit le liquide s'élever graduellement, mais promptement, de près de 64""". Il est clair que c'est la contraction active des bronches qui a produit ce résultat, car l'élasticité du poumon était déjà satisfaite au moment où a commencé le courant galvanique. Dans une autre expérience , on a obtenu 64™™ d'élévation du liquide. La répétition de l'expérience éteignait l'irritabilité des bronches , le repos la fiaiisait reparaître: nouveau rapport entre la contractilité des bronches et la contractilité des conduits à parois musculaires. Dans une autre eqiérience, une grande brcmche d'un ft>rt chien est coupée longitudinalement et mise à plat : il est dit qu'on la vit se dessiner en creux et se contracter d'un tiers, et même, sur quelques points, de la moitié de son Rendue. A-t-on voulu parler de la largeur ou de la longueur P U sera y, utile de répéter ces expériences.
Enfin un dernier mode d'expérimentation a permis de constater, tout à la fols, que les bronches ont un pouvoir de resserrement dérivant de la contraction musculaire , et que ce pouvoir est mis en jeu par l'action du pneumogastrique. L'application du galvanisme aux rameaux de ce nerf qui se jettent sur les bron-
(1) UnÊêrsiÊekm%eeHUà§réknmimêUlr$ÊOkêâe$iriÊSt09is,p,9f^ {7)GaM.méd.,iW,p.6i7.
M L'EICPIBATION. 290
elles suscite des contractions dans ces conduits (1) ; il faut, pour d>tenir ce résultat , opérer sur des animaux d'une taille élevée. D est difficile de dire si la contraction des bronches intervient , comme leur élasticité, dans chaque expiration, ou si elle ne se prononce que dans certaines expirations forcées ou complexes, pour la toux, par exemple, pour l'expectoration, etc. Pour que * b contraction eût lieu à chaque expiration , il faudrait admettre, $ dans les fibres musculaires du poumon,^ une action rhythmique analogue k celle des agents ordinaires de Tinspiration. Quant à la tonicité de ces fibres, elle agit d'une manière continue comme félasticité. Je me suis souvent demandé si certains spasmes de ta respiration ne pourraient pas tenir à une action irréguliëre ou exagérée des fibres musculaires du tuyau aérien. Nous ver* roDS que leur paralysie a des conséquences très-graves.
Bu réle de* par«Ui tltmmciqiues et al^denaiimleii
Ces parties agissent aussi par élasticité et par corUractlom musculaires.
Lorsque la contraction du diaphragme cesse, la paroi abdominale qui a été poussée en avant et en bas réagit par Félasticité de toutes ses parties constituantes (peau, muscles, aponévroses, ligne blanche, fascia); il y a des fibres de tissu élastique dans les iascia de Tabdomen, et il ne faut pas oublier ici la tunique jaune des animaux de grande taille.
Les mouvements des côtes n*ont point lieu sans qu'il s'établisse un effort de torsion dans les ligaments de leurs articulations; ces ligaments deviennent agents d'expiration en se détordant. U en est de même des cartilages qui ont été légèrement tordus, et qui ont éprouvé un changement de direction en vertu duquel Tangle qu'ils forment avec les côtes s'est sensiblement ouvert. Les côtes elles-mêmes jouissent d'une très-grande flexibilité, laquelle est
ili **•* immmmmÊimm^mmmimmmmm^tê»
(t) LoDget, oomttanicatiim Mtfe ) r Académie des ttieneei {Gas. méd.
iaa,p.ai8).
atiiisée lorsque, dans Tinspiration, elles éprouvent les mutations que nous avons décrites précédemment. Leur élasticité contribue à remettre les choses en place, quand Teffort d'inspiration a cessé. La flexibilité des côtes est peu marquée dans leur partie postérieure , mais elle est très-grande à partir de Tangle de la côte jusqu'à son extrémité stemale.
Le péricarde, qui, malgré sa résistance, a été un peu abaissé avec le cenlre phrénique, remonte ce centre à son tour.
L'élasticité des parois tboraciques, qui concourt d'une manière régulière à Yexpiration, peut, dans des circonstances données , opérer une sotte d'inspiration. Celdi semble paradoxal, et cependant rien n'est plus certain. Le sternum , les côtes et leurs cartilages, maintiennent la cavité tboracique dans un état moyen de dilatation au delà et en deçà duquel elle ne peut être portée sans que Télasticité de cette charpente la ramène au point de départ. Pour le retour à cet état moyen après une inspiration, la chose est suffisamment démontrée. Eh bien, supposez qu'une compression accidentelle vienne imprimer à la poitrine un resserrement qui dépasse sensiblement celui qu'elle reçoit pendant l'expiration, il sortira encore de l'air de la poitrine ; mais, à peine la compression aura-t-elle cessé d'exister, (fie le thorax, revenant par son élasticité à ses dimensions moyennes , aura aspiré de l'air sans le concours d'aucune contraction musculaire. La capacité du thorax au repos, et la capacité du poumon également au repos , c'est-à-dire ayant pu obéir à son élasticité (par le fait de l'ouverture du thorax, par exemple), ne se correspondent point. La première dépasse considérablement la seconde ; voilà poixrquoi le poumon logé dans la poitrine intacte y est dans un état d^extension permanente même après l'expiration , voilà pourquoi aussi il retient toi^jours beaucoup d'air. Chose bien digne d'être remarquée : à peine le nouveau-né a-t-il fait quelques inspirations, que déjà cet antagonisme entre le poumon et la cavité qui le recèle s'est établi. Vous pouvez , par une pression sur la poitrine d'uo nouveâu-né qui a respiré avant de mourir, expalsêr de l'air de eette ORvUé; mais, elle se restitue de suite à la dimension qu'elle avait , et elle aspire autant d'air que vous en
aWezexpalsé.^Ges vaes, qui se concilient si bien avec celles que j'ai exposées sur Fétat du poumon dans une poitrine intacte , ont été, d'une autre part, suggérées, en Angleterre, par M. Hutchinson à M. Sibson. Je lis dans le mémoire de ce dernier qu'un bandage fondé sur ces principes est recommandé par la Société humaine (pour les noyés, je pense) dans le traitement de Tasphyxie. On entoure la poitrine d'un bandage à plusieurs cbefs,
e l'on serre en les entre-croisant et qu'ensuite on relâche. La trtne, comprimée d'abord, aspire de l'air par son élasticité es qu'on cesse la constriction.
Je reviens à Yexpiration. Aux agents élastiques dont j'ai parlé plus haut, il faut joindre, d'après M. Maissiat (1), les gaz du tube digestif; leur ensemble peut être assimilé à une grosse bulle élastique, qui se laissera comprimer par le diaphragme et réagira ensuite contre ce muscle. M. Maissiat pense que, chez les animaux de grande taille qui ont des parois abdominales très-résistantes, le diaphragme peut descendre sans qu'il y ait déplacement de la paroi abdominale : la réduction de volume des gaz comprimés ayant suffi pour l'excursion du muscle.
Enfin, à ces puissances expiratrîces, il faut joindre la tonicité de tous les faisceaux musculaires que l'inspiration a allongés. Ces feisceaux musculaires peuvent en outre, pour les besoins d'une expiration plus énergique et véritablement active , intervenir par leur contraction: il s'agit d'en faire le dénombrement.
Des muscles ou portions de muscles qui peuvent concourir
à l'expiration.
Nous allons retrouver , dans cette énumération , quelques-uns des muscles que nous avons fait figurer parmi les inspirateurs ; mais ils agiront ici par d'autres faisceaux que ceux qui ont levé les côtes ou le sternum.
(f) Beau et BUiatiat , mémoire cité ( Arch. gén. de méd., 3* lérie, t. XV, p. 409).
. it
302 BB LA RSSFIRATIOll.
Action dês intercostaux et souê-^^stauœ. Abandonnant , après l'aTOip professée depuis longtemps, la doctrine exclusive de Hailer, je range parmi les expirateurs tous les faisceaux des intercostaux internes que je n'ai pas mis au nombre des inspira^ teurs (voy. page 266 de ce volume). Ainsi presque tous les intercostaux internes sont agents de l'expiration , et effectivement leurs fibres s'allongent pendant le mouvement que les côtes exécutent dans Tinspiration , tandis que leurs attaches se rappro* chent dans le mouvement contraire. Il en est de môme des souâ^f costaux.
J*ai élevé des doutes sur Taction expiratrice que M. Sibson attribue à quelques faisceaux des intercostaux externes (voyer page266 de ce volume). Je n'ai pas besoin de dire que je me refuse formellement à classer tous les intereostaux externes parmi les muscles expirateurs, soit qu'avec Vésale, Diemerbroeclc, Sabatier, on les fasse agir dans toutes les inspirations, soit qu'avec MM. Beau et Maissiat (1), on ne les mette en jeu que dans les expirations complexes (toux, cri, etc.).
Action du triangulaire du sternum. Voilà un muscle franchement expirateur. Il prend son point fixe sur la lace postérieure du sternum; de là ses fibres, dirigées obliquement en dehors et en haut, vont se fixer aux cartilages des cinq côtes qui suivent la première ; il tire les cartilages en bas et un peu en arrière, ce dont Hailer a été témoin (2). A peine s'est-il trouvé un homme qui avait voulu lui donner pour usage de mouvoir le sternum (3). Ce muscle est très-développé chez le chien , circonstance qui, suivant MM. Beau et Maissiat, est en rapport avec l'expiration complexe de Vaboiement (4). Fallope fait remarquer que la figure de ce muscle, telle qu'elle est donnée dans l'ouvrage de Yésale, a été prise sur le chien. La base du triangulaire du ster-
■»<>—**- Il ■» » L I
(1) Mémoire cité { A rch. gén, de méd., 4« série, 1. 1, p. 277)*
(2) Second mémoire sur les parties irrUables, p. 242.
(3) Sursum propellere sternum, sut oblitus, olim, ille ffambergerus posttU (Hailer, Elem. phjniol., 1 111, p. 45).
(4) Arch. gén. de méd., A^ série , 1. 1 , p. 283,
oimi est parallèle aux fibres supérieures du muscle transverse. M. Sibson a établi sur ce fait anatomique, que Winsiow avait déjà indiqué, une vue physiologique très-ingénieuse et très-vraie (1). On peut considérer le triangulaire du sternum et le muscle transverse du bas-ventre comme un seul muscle expirateur , lequel naît, de baut en bas, sur la face postérieure du sternum, puis de rappendice xipboide, puis enfin de la ligne Manche. Ge muscle 9 à partir de la ligne médiane, porte ses digitations au bord cartilagineux de la poitrine, qu'il tire en dedans, et aux cartilages des vraies côtes, qu'il abaisse et p<H*te en arrière<j^ né<* glige la partie inférieure du muscle transverse). Cette disposition anatomique atteint le summum de développement chez le marsouin, où les muscles transverse et triangulaire du sternum for* ment un vaste muscle expirateur, qui ne se limite plus i la basa de la poitrine et à sa face postérieure, mais qui étend son aetion jusqu'à la partie inférieure du cou , où le muscle comprime la portion de poumon qui, chez cet animal, surmonte la poitrine. Le muscle s'insère, chez le marsouin, à tout le contour du bord interne de la première côte (2).
Action des muscles abdominaux. Nous venons de parler do Faction du transverse. Les muscles grand et petit oblique for* ment, avec les transverses, une paroi contractile qui a le tripla osage d'abaisser les côtes, de les tirer en dedans, et de repousser vers le diaphragme les viscères abdominaux que ce muscle avait déprimés et portés en avant. Suivant que la respiration se fait plus par le type abdominal ou par le type costo-inférieur , les muscles obliques et transverses agissent plus sur les viscères du ventre ou sur les côtes. On sent ces muscles durcir dans les expi*» rations actives, dans le cri, la toux, Teffort.
Quant aux muscles droits du bas-ventre, MM. Beau et Maissiat ne les ont jamais vu, sur les animaux, se contracter dans les mouvements expiratoires , et ils les croient seulement destintt:!
(1) On the mechanism of respiraiion (PhUos. irons., ISMf Pb W).
(2) Siliion, loc, citj p. 527.
mouvoir la poitrine sur ie bassin. Je me suis expliqué sur les usages de leurs intersections (t. I^, p. 613).
Jction du gremd dentelé. Nous avons noté Faction inspiratrice de la partie du muscle qui descend de l'angle du scapulum aux côtes. Les autres portions du muscle sont plutôt aptes à déprimer les côtes , et elles agissent évidemment dans les grandes expirations (t) ; mais le plus souvent le muscle meut Tépaule sur la poitrine. Sur TAne vivant, Sibson a constaté que les fibres supérieures du grand dentelé sont expiratrices, les inférieures inspifatrices, et les moyennes neutres (2).
Action du petit dentelé postérieur inférieur. Ge muscle, prend un point fixe aux apophyses des deux dernières dorsales et des trois premières vertèbres lombaires ; ses fibres vont ensuite , en montant et en se portant en dehors , s'attacher au bord inférieur des quatre dernières côtes. Il est donc bien disposé pour les déprimer. Quelques personnes ont pensé qu'il résistait à la tendance qu'a le diaphragme à tirer les côtes en dedans. A ce compte, il serait auxiliaire des inspirateurs; mais je Tai vu bien évidemment déprimer les côtes, lorsque M. Duchenne lui a appliqué, sur Thomme, l'excitation électrique. Chez Tàne, tous les faisceaux portent les côtes en arrière et en bas ; ceux de ces fiaisceaux qui tirent plus en arrière qu'en bas sont inspirateurs (3).
Action du grand dorsal. Pas une des fibres de ce muscle ne peut directement tirer les côtes en bas (voy. page 375 de ce volume); cependant MM. Beau et Maissiat ont observé que si on empoigne le bord postérieur de l'aisselle, pendant une expiration violente, on sent le muscle se durcir (4). Sibson a vu la même chose sur un homme dont la respiration était difficile , et sur le chien (6). Ge muscle ne me parait pouvoir exercer qu'une action
(f ) Sibion, Philos, trans., 1846, p. 525.
(2) lae. cU., p. 520.
(3) Sibwn, Uk. cU., p. 521.
(4) Mémoire dlé {Ar^ gêm. de méd., 4* série, 1 1, p.
(5) loc. cit., p. 596.
RBHAIIQUBS SUR L'fNSnilATION ET L'EXPIRATION. 305
eompressive sur la poitrine, ou encore tirer le scapulum en bas sur les côtes.
Jction du grand pectoral. Ses fibres supérieures peovcift agir dans le sens de V expiration, mais il y concourt rarement.
JcUon du trapèze. MM. Beau et Maissiat ont vu se con« tracter sa partie inférieure dans les expirations forcées : dans Faction de tousser, par exemple.
Action des muscles des gouttières vertébrales. Ceux deli tendcms de la masse commune, située dans la région lombaire, qui montent se fixer soit à Pangle des côtes (sacro-lombaire), soit entre Tangle et la tubérosité (long dorsal), petfvent abaisser les côtes. Cependant MM. Beau et Maissiat n'ont vu ces muscles se contracter que pendant les mouvements de redressement de la colonne vertébrale.
Meinrtjuea «iir VliuvIratiiMi et rexpirgitioii*
Les deux mouvements que nous venons d'étudier constituent, par leur succession , une respiration complète.
Ils n'absorbent pas un temps égal pour chacun d'eux , dans la période qui s'écoule entre le commencement de l'inspiration et la fin de l'expiration; l'inspiration est beaucoup moins prolongée que l'expiration Si l'on partage en cinq parties le temps d'aoe respiration complète , Finspiration n'en absorbera peutêtre que deux parties.
Lorsque Texpiration est accomplie, et que l'élasticité des panûs tboraciques est complètement satisfaite , il y a un temps plus ou moins long de repos avant que l'effort inspirateur ne dilate de nouveau la poitrine. On a mis ce temps de repos sur le compte de l'expiration , et c'est peut-être ce qui a fait dire qu'elle excédait de beaucoup l'inspiration dans sa durée.
On s'est perdu en subtilités pour expliquer comment l'expiration succédait à l'inspiration. Gela rentre dans l'histoire du besoin de respirer.
D'après les remarques de M. Hutchinson, reproduites par HI. 20