‹ Cours de physiologie (volume 2)Chapitre 18 sur 66 · MU · texte numérisé non relu

MU

M. Sihmié toMtmeaffMMBiM des potatHees trti-énergkpM

pour raocomplissemeot de Texpiration. Il fout, à ce sujet, étabHr une distinction. L'expiration calme exige moins d*efforis que l'inspiration calme. Cette expiration n^exi^pe pas autre chose qu'un retrait élastique des parties , et Taotion tonique de cer« tains faisceaux musculaires; tandis que pour Tinspiration la plus tranquille, il faut des contractions musculaires (à moins qu'on n'ait au préalable comprimé la poitrine, voyez page 300). Mais, pour oert|iins actes oft Texpiration doit intervenir d'une manière très^etive, tl fisut reconnaître, avec tes honorables physiologistes anglais , que la nature a préparé des forces considérables.

L'école iatro^mathématlque est tombée dans de ridicules exagérations , lorsque supputant le nfombre de pouces carrés de la surface du thorax, et le poids dont le charge l'atmosphère, elle évaluait k 3S,Q40 livres k puissanee dépensée par I» muscles intercostaux pour soulever les côtes (1). L'air qui pèse en dedans des bronches fait équilibre k la pressiop extértenre. Nous savons que, si la trachée étant liée, l'air extérieur n'avait plus accès, la poitrine ne pourrait se dilater.

Le nombre des mouvements respiratoires en un temps donné est loin d'être le même dans les diverses espèces animales , et il est même difficile d'établir qaelques lois à cet égard. Je lis dans Burdach, que le nombre des respirations en une minute est le même chez la chenille de la tithymale et chez l'homme, tandis que la grenouille respire de S à 5 fois plus souvent que nous. On peut dire pourtant que, pour une même classe d'animaux , les mouvements respiratoires sont plus fréquents dans les petites espèces que dans les grandes. Les gros oiseaux respirent de 20 k 30 fois par minute; les petits, de SO à 60. La baleine a 6 inspirations par minute (2); le cheval et le boeuf, de 8

(1) BorelU, de Motu ànimalium, p. i, prop. 128.

(2) Scoresby, Journal of a voxag< to ihe northern whale-fisheijr, p. IM; 1823»

RKSPRATIOIV DBS ÛUfËAXTJL MT

I If ; le chien et le chat , de 22 à 25. Encore y a-t-il quelques eieeptions à la règle que nous posons, car la chèvre et la brebis ne respirent guère que 10 fois par minute.

Quant an nombre des respirations de Thomme , nous l'évalaerons, avec Haller, à 18 ou 20 par minute, ce qui sera un terne moyen entre le chiffre donné par M. Magendie (15 hisplrations) et celui donné par Dayy (26 inspiration»).

Je parierai bientôt de la quantité d'air inspiré. Je dirai aussi quelques mots , plus tard , des modifications que les mourenents respiratoires subissent dans les maladies.

WËkénmwMkènem mëcanl^ueA de la rem^ÊrmHmn Advienne €Êkmm le» autres Teriël^rës*

L'ordre des matières m*a déjà donné Toccasion de décrire le mécanisme de Tintroductlon de Pair dans la poitrine de certains animaux h sang firoid : les grenouilles , par exemple (voyez page 236 ) . Notre attention va se porter maintenant sur Tapparefl respiratoire des oiseaux. S'ils aspirent Tair comme les mammiftres, au lieu de le déglutir comme les grenouilles, il n'y en a pas moins de nombreuses différences entre les actes mécaniques de leur respiration et ceux que nous venons d'étudier chez les vertébrés du premier embranchement.

Ces différences, qu'Aristote avait méconnues, ont été progressivement mises en lumière par divers anatomîstes , entre lesquels nous distinguerons Coiler (1) , Harvey (2) , Perrault (3), Gaspard Bartholin (4), Camper (6), J. Huuter (6),

(I ) Extemamm et inlemmnan prindpmUum humani eaporis pturtùim tabula^ p. 13; Moriberg» 1623.

(2) Sxercit. de generatione animalktm, eiirdU 3» p. 4, in-lS; àatt.,

(3; Mémoires de VAead, royale des sciences, t. Ul , 2« pirUe, p. 16^.

(4) Bibliotheca anatonUca Mangeîi, 1. 1; Nova dUipkragmMâ êtmc imsia, p. 811.

(5) Mémoires des savants étrangers, t. Vil , p. 328 ; 1778w

(6) QBuvres complètes, traduites par M. Ricbelot, t. lY, p. 251.

H.Lâ BliMBAVIÛli.

Blemm (1), Ginrdi (3), Albers (3), Fuld (4), Geoflh>y-Saiiit- Hiiiire (6), Colas (6), Retziiis (7), et Sappey (8). L'ouvrage de œ dernier analomisle , outre qu'il marque un nouveau progris dans Tétude de la respiration des oiseaux, se recommande qar Fexaetitude des détails, et par des recherches historiques et critiques qui abrégeront singulièrement la tâche de ceux qui , à Tavenir, se proposeraient d'écrire sur ce sujet.

Je vais essayer de faire tenir en quelques pages Texposé des points les plus importants de la respiration des oiseaux.

D^à vous connaissez les côtes vertébrales et les câtes sternales des oiseaux , lesquelles , articulées angulairement , doivent « lorsque Tangle de leur jonction se redresse, écarter Tun de Vautre le sternum et le rachis , et augmenter l'espace compris entre eux.

Mais le poumon des oiseaux ne remplit pas cet espace comme i) le remplit chez les mammifères; à peine occupe- t-il un huitième de la capacité thoracique. Il est logé et confiné sous la coart>ure du dos, et creusé de sillons dans lesquels s'enfoncent les côtes vertébrales. Une cloison charnue, et surtout fibreuse, allant des côtes droites aux côtes gauches , achève d'emprisonner le poumon dans le lieu qu'il occupe. Cette cloison n'est autre chose que le diaphragme pulmonaire, entrevu par Aristote et par Harvey, mieux étudié par Perrault dans l'autruche et le casoar, et dont l'existence chez tous les oiseaux a été établie

(1) IJther dit Luftwerkzeuge der Fœgel {Leipziger Magazin, 1783).

(2) Saggio di osserv€izioni anatomiche intomo agli organi délia reS' pUwuione degli ucelU (in Memorie di Ferona, t II , part, ii , p. 732).

(3) Fersuche ûber dos Mhmenhohlen der Wœgel {Beiir. zur jfnat, nnd Phys. der Tfiiere, p. 107; Bremen , 1802).

(4) I>e Organis quibus aves spiritum ducunt; Wurtzbourg, 1816. I* (6) Philosophie anatomique, pi. tu.

(6) Bsseû sur l'organisation du poumon des oiseaux {Journal compf. du Dict. des se. médic, t. XXIU, p. 97, 289).

(7) Fronep's Notizen, vf* 749; 1832.

(8) Recherches sur VappareU respiratoire des oiseaux, avec 4 planebet; Paris, 1847.

RESPIBATION DES OISEAUX. 309

par Hanter. Ce diaphragme décrit , ea allant des côles droites aax côtes gauches, une courbure dont la convexité regarde le poumon , qui lui adhère , et dont la concavité est dirigée vers le sternum. Quand il se contracte, il tend à effacer sa courbure, ce qui ne peut avoir lieu sans augmentation de Tespace compris entre le diaphragme et le dos , et par conséquent sans agrandissement du poumon.

Ce poumon n'a point d'enveloppe séreuse ; ceux qui lui en ont attribué une ont pris le diaphragme pulmonaire pour une plèvre.

Ce ne sont pas là les seules différences entre les poumons des oiseaux et ceux des mammifères. Chez ces derniers , les bronches entrent dans le centre , et pour ainsi dire au cœur du poumon, et à partir de concentre, leurs divisions successives marchent de dedans en dehors , pour arriver aux cellules , qui les terminent à la périphérie. Chez les oiseaux, au contraire, les gros tuyaux bronchiques sont en dehors. Ces bronches périphériques sont, les unes, sur la face du i)oumon qui tient aux cAtes: ce sont les bronches costales, au nombre de sept, découvertes par M. Geoffiroy-Saint-Hilaire ; les autres avoisinent le diaphragme : ce sont les bronches diaphragmatiques, au nombre de quatre, découvertes par M. Colas. Les unes et les autres sont bien figurées et bien décrites par M. Sappey.

Mais voici bien une autre différence 1 Nous verrons chez les mammifères les tuyaux aériens aboutir à des cavités closes , à des cellules. Rien de semblable chez les oiseaux. En effet , sur les bronches tant costales que diaphragmatiques, sont implantés des canalicules aérifères , ayant à peu près partout le même diamètre, et anastomosés entre eux de manière à former un plexus inextricable dans lequel Tair circule. La face interne de ces canalicules, examinée à la loupe, se montre hérissée de saillies, de demi-cloisons, qui lui donnent un aspect aréolaire. Cette partîcnlarité, découverte par Retzius, a pour finalité , je pense, <ie multiplier les points sur lesquels se divisent les petits courants sanguins que Tair doit vivifier.

310 DE I^ RESPIBATION.

Tout s'enchatne : la différence anatomique que je viei

vous hire connaître va se trouver en rapport avec un n

nisme tout spécial d'aération pour le poumon de l'oiseau.

le mammifère, Tair est attiré dans le poumon et il ne va pj

delà. La cellule pulmonaire, voilà le dernier tertne de Ti

raire du fluide atmosphérique. Chez Toiseau, le poumon es

le chemin de l'air, qui ed appelé dans divers sacs aéi

et jusque dans cerlaines parties du squelette de Vani

Développons cette proposition et parlons d'abord des sac

riens. Harvey les a aperçus le premier ; voici ce qu'il dit

égard : Quin etiam (quod tamen a nemine hactenus Oi

vatUni memini) eorum bronchia sive asperœ arteriœ -

in abdomen perforantur, œrem que inspiratum intrc

vUates illorum membranarum recondunt. Perrault dé

mieux ces sacs et les distingua les uns des autres , mais il

mit encore quelques erreurs à cet égard. Girardi fut plus c

La description donnée par M. Sappey ne laisse rien à dô

Il vous suffira de savoir qu'ils sont au nombre de neuf: sa

un impair, nommé tboracique, et quatre pairs, qui sont, d'

en arrière, les cervicaux (un de chaque côté), les diaphra^

tiques antérieurs (un de chaque côté), les diaphragmai

postérieurs (un de chaque côté), et enfin les abdominaux

de chaque côté). Ces réservoirs à air ne communiquent point

eux, mais chacun d'eux s'abouche avec le poumon ou avo

des grosses bronches là où elle se joint au poumon. Les o

turcs circulaires qui restent à la fiace interne des poumons^ €

on les a séparés des sacs à air, ont fait naître les opinions

nées dont je vous ai entretenus (t. III, p. 880).

Pour comprendre maintenant la marche de l'air pendan spiration, il faut se représenter qu'indépendamment du phragme pulmonaire qui va des côtes droites aux côtes gau ce que vous connaiisez, il y a un autre diaphragme, f cloison (cloisoD tria-oblique) entre la poitrine et le veni l'oiseau: c'est le cUaiAragme i/êoraco^abdammal. Quat nos sacs aériens (deux de abaque eAl>é), savoir lea sacs

RESNMUON MB 0WUM7X. 811

phragmaUques wUéri^urs «t poiUrieurss mmi logés entre ki d€U diaphragoies et oceopeat une grande partie de h eapaeill ^ thoneiqae ; or , lorsque ia pcdtrine s'agrandit par le mouyemeit V du sternum et des côtes, le diaphragme thorucih^Adominal là dilate oicore en refoulant, comme chez nous, les yiscères abdo«* minaux» Les sacs diaphragmattques s'enflent , aspirent avec force Fair, quii leur vient alors de la trachée et par les grosses bron* dies, et en traversant là réseau de cantMaUes du poumon. Ainsi ee sont ces quatre sacs moyens, lesquels se dilatent plus yite que le poumon, qui opèrent respiration la plus énergique. Mais remarquez que le but de la nature est rem^i , et que, dans seo tni^t , Tair a agi sur les iniiômbrables divisions de Tartère pohnonaire* Voilà donc le rôle des sacs aériens moyens ou dia-« phragmatiques. Mais, pendant ce temps, les autres réservoirs aériens, savoir les cervicaux et le thoracique d'une part, puis les abdominaux de Tautre , ne se sont point dilatés ; tout au cob^ traire , ils se sont déprimés ; ils ont cédé à Taction aspiratrice des réservoirs moyens, et leur ont envoyé de i*air par Tintermé^ diaire dd poumon. L'antagonisme entre les réservoirs moyens et tes réservoirs abdominaux a été découvert par Perrault ; il a été constaté en séance de l'Académie des sciences en 1689 ^ puis par Gerardi, plus enfin par M. Sappey , qui, de plus, a bien dé-* flM>tttré qu'il y avait aussi antagonisme entre les sacs à air moyens et les sacs thoracique et cervi^ux. Sa démonstration est fondée sur des expériences que Ton pourrait appeler barométriques, •t sur l'analyse de Tair des difFéreuts réservoirs. Pendant TexpifilioB, les choses se passent en sens inverse; les réservoirs du cou et ceux de Tabdomen se distendent , pendant que les diapbragmatiques s'afteissent , et que de l'air s'échappe par la iriflliée.

J'arrive au dernier point que j'ai annoncé ; ce n'est pas le moins curieux. Il s'agit de l'admission de l'air dans plusieurs parties de la locomotion et même dans certains os de Foiseau. La découverte de cette particularité a été faite en 1771 par Camper. U se proposait 4'éludier le tissu rétieuiairé dans le fémur d'un

312 DE lA RESPIRATION.

grand aigle de mer : étonné de le trouver creux et sans nu il courut examiner plusieurs squelettes d'oiseaux de sa o tkm, et nota, chez tous , de grands trous vers la tête de Ti bras. Un hibou mort était à sa disposition : il adapte un tuyau de cuivre à Tosdu bras, il souffle, et voit, avec une ; faction qu*on peut deviner, s'enfler la poitrine et le vent ranimai. En poussant Tair par la trachée, il le voyait agii lumière d'une bougie approchée du trou de l'humérus. L couverte était faite. Hunter lui donna une confirmation origi U liait la trachée d'un gros oiseau, après lui avoir ouvert T bras ; Tair entrant et sortant par cette trachée artificielle ; sait pour un temps à la respiration de Tanimal. Ces expérii ont été reprises et variées par Albers. Un coq vécut ainsi dant six heures. Un autre coq , auquel on avait adapté à ui mérus une vessie pleine d'acide carbonique, et à Tautn vessie pleine d'oxygène, était tour à tour asphyxié ou rev suivant qu'on permettait la communication avec l'une ou X poche. Un canard sur lequel M. Sappey a foit Texpérieni qui respirait par l'os du bras, était plein de vie au bout de rante-huit heures (1). Si , au lieu d'ouvrir l'os du bras, on sait un des réservoirs diaphragmatiques, l'animal s'apero à peine de la ligature qu'on poserait sur la trachée. Vous v Messieurs, que l'ouverture de la poitrine n'a point, du oiseaux, et ne peut avoir les effets qu'elle produit sur les i mifères.

Indiquons brièvement les points par lesquels les sacs communiquent avec les os et quelques espaces interm laires.

L'air des réservoirs cervicaux pénètre dans toutes les ^ bres cervicales et dorsales, et dans toutes les côtes verléh Dans l'intervalle de chacune des vertèbres dorsales , il s'ép dans un saccule extérieur au rachis. L'air prend dans ce i

(1) ReckêftkissiÊr l'^^ftuM r$^irmMre dêê oUemw, p. 19.

RSêHBATION BBS OISEAUX. 313

la pbce du flaide céphalo-racbidien qui manque, mais il oe pénètre pas dans le crâne.

L'air da réservoir thoracique s'introduit dans les clavicules antérieure et postérieure, dans le sternum, les omoplates, et les côtes stemales. La plus remarquable des communications de ee réservoir thoracique est celle qu'il contracte avec rhumérus. L'auinidie ne la présente pas , son humérus n'étant point aérifère. Parmi les prolongements intermusculaires de ce réservoir thoracique, il fout citer celui qui se glisse entre la partie directe et h partie réfléchie du tendon du grand pectoral.

EoBa les réservoirs abdominaux communiquent avec le sacrom , les vertèbres coccygiennes , les os iliaques , et les fé^ mars.

Les oiseaux de proie diurnes ont toutes les communications que nous venons d'indiquer; d'autres espèces, moins favorisées, ne reçoivent point d'air dans la fourchette , les clavicules , les omoplates, les côtes] vertébrales et sternales, le sacrum, le coccyx, et les fémurs.

Les sacs moyens ou diaphragmatiques , sacs essentiellement inspirateurs , n'ont point de communication avec les os.

Les os des jeunes oiseaux ne renferment pas d'air. «Le squelette des oiseaux , dit M. Sappey, est médullaire pendant toute la durée de son développement. Lorsqu'il a atteint le dernier terme de son évolution, ce qui a lieu dans un laps de temps variable de quelques semaines à six ou huit mois, les orifices de communication avec les réservoirs aériens s'établissent , et la <^ moelle diparait peu à près. Cette résorption des sucs médullaires «^ s'accomplit constamment de proche en proche, de l'orifice aéri* ftre , où elle se montre d'abord , jusqu'au point qui en est le plus éloigné» (1).

On a dit, à tort, que l'air pénétrait jusque dans les os de l'avant-bras et les phalanges; à tort aussi, on a écrit que l'air

(1) Rêchfrekeê iur tapimreii respiratoire des oiseatus, pL S7>

sMntroduisait dans le péricarde , dans renveloi^ du foie, de feitomac, des intestins. Erreur malheureusemeut accréditée par G. Guvier, d'après lequel on a admis deux classes de cellules aériennes: les unes pleines, les autres vides. M. Colas a rétabli la vérité à cet égard. Enfin Talr des plumes ne vient pas des réservoirs, M. Sappey a montré les orifices par lesquels ce fluide s'introduit dans le tuyau de la plume.

Ce n'est pas ici le lieu de rechercher les rapports de la merveilleuse structure dont je viens de donner un aperçu avec la locomotion des oiseaux, leur voix^ leur chanta avec les phénomènes de X effort ; je vais me borner à examiner son influence sur la respiration. On Ta généralement exagérée ; on a montré l'appareil respiratoire s'étendant en quelque sorte dans toutes les parties de ces animaux. Cette vue n'était pas exacte. On peut lui objecter, avec M. Sappey, que les sacs aériens sont pen vasculaires , et qu'en conséquence Tair qui les pénètre n'est en contact qu'avec une fraction très-minime du sang; que les vaisseaux de ces réservoirs viennent de Taorte , et non de Fartère pulmonaire , et qu'en conséquence ils apportent un sang artériel, et non un sang veineux ayant besoin d'être hématose; qu'enfin la structure de la membrane interne de ces réservoirs est complètement différente de celle des canalicules aériens du poumon. J'approuve cette critique; cependant j'en vais restreindre un peu la portée en disant que partout où le sang et Tair sont en contact médiat , il y a des phénomènes de respiration. La masse du sang , qu'elle soit artérielle ou veineuse , charrie de Tgiygène et de l'acide carbonique; partout où elle peut recevoir de l'oxygène et abandonner de l'acide carbonique , elle respire. La peau reçoit des artères venant de l'aorte , et cependant il s'y fait une respiration.

Néanmoins les réservoirs comidéréi comme organes de respiration agissent plus en établissant un courant et un renou- Tellement considérable de l'air au travers du poumon ( voyez page 311 de ce volume), qu'en hénatosant le sang peu aboa-

EBSnRAHON DBS OISKâUX. 316

àant qai circule dans leurs parois. Les oiseaux ne sont pas lesseuls animaux chez lesquels les poumons soient ainsi placés sur les voies de l'air qu'aspire un sac logé plus loin que le poumon ; d^k Harvey avait signalé Tanalogie que le long réservoir des serpents présente avec les sacs afértens des oiseaux. Chez les serpents, en effet, le poumon est Cilluleux et vasculaire dans son cinquième antérieur, et composé d'une vaste poche membraneuse dans ses quatre cinquièmes postérieurs.

M6 DK LA EESHHATION.

SOIXANTI'DIX'NEIIVIÊII LICOU.

DB Là RESPIRATION.

(Suite.}

cBANcmBimi mTMmuiTs wam uk watammATuoim m^mm juk cowpoaiTioii »■ Mé*AMm n mv mMmun

Messieurs,

J'ai préféré ce titre, qui ne pr^uge rien , à l'expression phé^ iwmènes cfdmiques, ordinairement employée; expression qui a le tort de dire trop ou trop peu.

Pour se faire une idée de l'action réciproque de Tair et du sang , il fout savoir jusqu'à quel point ils se rapprochent l'un de Tautre pour entrer en conflit. Ceci suppose , à son tour, une notion exacte de la structure du poumon. Je vais vous la rappeler succinctement pour les mammifères, où elle n^estpas la même que chez Toiseau.

Cette texture n'a été bien connue que de nos jours. Suivant Galien , le poumon est tissu de plusieurs vaisseaux dont les interstices sont remplis d'une chair molle comme une espèce de bourre, qu'on appelle parenchyme.

Cette comparaison avec un parenchyme , comme serait celui du foie ou de la rate, reste dans la science jusqu'à Malpighi, au 17® siècle; s'il y a quelques détails de perfectionnement, ils portent sur d'autres points que la structure intime, comme la disposition des arceaux cartihigineux ou la découverte de la pietite circulation.

Yésale ne fait point exception; il dit de la substance du poumon «que c'est une chair molle, fongueuse, légère, aérée, et comme formée de sang spumeux ou d'écume sanguinolente. • Il n'avait décrit que des apparences , et non une texture inrtime.

CflAlIGnmiTg DANS L'An ET LB SAIfO. 317

Enfin Malpigbî , qui n'a pour ainsi dire touché aucun sujet d'anatomie sans y laisser Tempreiute de son excessive habileté , comme déjà vous Tavez vu à propos de la langue et de la rate , Malpighi, dis-je, exposa le résultat de ses recherches sur le poumon dans deux dissertations adressées , sous forme de lettres , à Borelli (1).

Le tissu du poumon, dit Malpighi^ est exsangue par luimême, bien qu'il livre passage à tout le sang du corps (2); c'est un assemblage de membranes trè$-délicates , qui s'étendent, forment différents détours, et se terminent en une iqfinité de vésicules rondes et sinueuses. 11 semble, dit-il, que cela soit formé par la terminaison des bronches qui dégénèrent sur les ciytés en sinus ou ampoules : m smos ahpullosos. Il les compare aux cellules d'une ruche de mouches à miel. Malpighi mettait à tort, dans les interstices des lobules pulmonaires, des membranes qui recevaient fair; mais on peut négliger cela. L'opinion de Malpighi fit loi parmi les anatomistes qui lui succédèrent; mais quelques-uns l'altérèrent en l'adoptant. Willis attacha les vésicules comme les grains d'un raisin à la grappe qu'ils forment. Senac donnait à chaque vésicule un pédicule distinct venant de la bronche , mais il composait cette vésicule de vésicules polyodéidiques plus petites. Il n'avait pu confirmer sur l'homme ce point d'anatomie , dont il avait pris l'idée sur le poumon du veau.

Avant que Haller publiât sa Physiologie, Helvétius le fils (3) combattit les idées que Malpighi avait accréditées. Les bronches^ suivant cet auteur , aboutissent à des lobules qui sont composés d'une multitude de cellules ouvertes les unes dans les autres, et rappellent la structure de la rate.

Voici donc deux opinions en présence. Les divisions des bronches aboutissent à des cellules isolées les unes des autres, ou bien elles s'ouvrent, dans un tissu aréolaire, une sorte de tissu

(1) abservtOionei anatomUœ de pulmonibus, 1661.

(2) Hanrey disait du poaiiioD qu'il éuit le trésor du saiiff.

(3) Mimairts de l'Jeadémie des sciences, 17 18»

318 DE L4 RESPIRATIOIV.

cellulaire. Chacune de ces opf nions avait des adhérents, lorsque la Faculté de Berlin mit au concours la question de la terminaison des bronches. Le travail de Reisseissen paratt s^étre le plus rapproché de la vérité, mais ce Fut le mémoire de son compétiteur Sœmmering que Ton couronna! Reisseissen n*eut que l'accessit. Suivant Sœmmering, les canaux des bronches se changent en tissu cellulaire, lorsqu'ils ont atteint un huitième de ligne de diamètre; d'après RelS3eis$en,au contraire, les bronches divisées et subdivisées se terminent par des culs-de-sac arrondis sans être renflées en eunpoule, et conservent jusqu'au bout h texture qui leur est propre. Il y a , comme on le voit, une nuance entre cette opinion et celle de Malpighi.

Aujourd'hui personne n'admet que les bronches se terminent dans une sorte de tissu cellulaire. On ne croit pas davantage que les bronches aboutissent à un tissu aréolaire qui n'aurait d'autres parois que les vaisseaux du poumon, comme M. Magendie a voulu renseigner (1); on croit encore moins aux cavités labyrlnthiques des tuyaux aériens, création malheureuse de M. Bourgery (2).

La cavité à laquelle aboutit le tuyau bronchique est sans aucune communication avec le tissu cellulaire du poumon; eDe est couverte par les ramifications des vaisseaux pulmonaires. Cet énoncé suffit pour le physiologiste qui peut rester indifKrenI sur des variantes de celle détermination ; cependant je vais vous les indiquer en quelques mots. Dans Topinion de Reisseissen , il n'y pas, à proprement parler, de cellules pulmonaires ; la bronche aboutit à une extrémité en cul-de-sac et sans se renfler. M. Bazin ^3), auteur d'un excellent travail sur Tanalomie des poumonS| confirme cette description ; ses injections au mercure montrent

(1) Journal de phxsioiogie,i 1, p. 78.

'C3) BB^gnhêt mr U nrmcttuv ùMme dès pomiohi ddHi rnomme 9t U$ mammifères ( Oom/dOÊ twnâa$ ésê 9êmtu éa à'Jeadémiê des sciences , t. XV, p. 81, M; 18IS).

(3) AnnaUs françaims m UrtÊigêree érmuàmM ei éa pk0réôl0§Ê$f t lit, p. 222.

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