CUANGEMÈNTS DANS L*AIR ET LE SANG
sealenifnt, sar le trajet des bronches terminales, de petits étranglemeats , d'où résulte une sorte d'aspect vésîculeux des parties que ce métal distend. Les descriptions faites par mon frère (1), par M. Giraldès (2), par M. Duvemoy (3) , par Reizias (4; , etc., ne a'éioiffnent point de celle de Reisseissen et de M. Bazin. G*est one trè9-peCite variante que celle qui fait terminer le tuyau bronchique par une ampoule; mais c'est une opinion presque dtoaldente que celle qui fait ouvrir le tuyau bronchique dans DoecetlalQ multiloculaire, on qui attache un certain nombre de eellalea sor cette division ultime de la bronche. M. Rochoux (6), éfaluaot à 15 le nombre des divisions dichotomiques des broncbei , dit que cela ne pourrait donner que 32,768 divisions altimeg; tandis que, d'après son calcul, le nombre des vésieolea s'élèverait à 606,400,000. Ce sera , dit-il , une honte indé- MMIe pour la Faculté de Berlin d'avoir couronné ;le travail de ReisseiaseB. M. Rochoux , pour obtenir le nombre de vésicules que son calcul réclame, place 18,600 cellules communiquant en* semble sur chaque bronche terminale. Il est à craindre que notre honorable compatriote n'ait Mi plus de chiffres encore que de dissections. M. Alquié (6), après avoir, à l'exemple de ses prédécesseurs, mais en usant de précautions nouvelles, rempli Içs. divisions bronchiques avec le métal fusible de d'Arcet, et détruit ensuite la substance du poumon avec la potasse caustique, de manière à juger, par la Rirmedu métal solidifié, de la forme des divisions terminales des bronches qui Tavaient reçu , a affirmé que ces dernières ne se terminent pas en simples canaux cylindriques, mais en renflements vésiculaires, dont il y a de deux à neuf pour chaque petit tube bronchique terminal. Enfin, par ua artifice anatomique différent, et qui consistée remplir l'artère
(1) Texture M développenuHi dêspoumomi (tbèie dt chaire tfaiiatoniie; Paris, 1636).
(2) BuilêUn$ de la SociHé anatomiquê» v* t<; 1^0^
(3) Leçons d'anatomie comparée dt G* Cuvier, 2* édit., t Vil» f, tMt
(4) ForUp's Nolizen, n« 740, B. }iXXY, 8. 1-0; liai
(5) Bulleiini de l'Jcaééwùe de médecine, t XUI, p. 710, (0) Gaz. méd., 1847, p. 062.
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pulmonaire d'une injection pénétrante, qui se solidifie ensuite, et soutient la masse pulmonaire , que Ton insuffle et qu'on dessèche dans cet état, M. Rossignol (1) a établi, en Belgique, que les dernières divisions bronchiques se dilatent en une cavité qu'il nomme tnfundibulam, et à Tintérienr de laquelle sont disposées, comme le seraient des alvéoles, une foule de cavités secon* daires, qui communiquent toutes avec le pédicule commun. Un anatomiste belge distingué, M. Burggraeve (2), chargé par TAcadémie belge d'examiner les préparations de M. Rossignol, s'est déclaré convaincu , et a hxi accepter à cette compagnie savante la détermination anatomique proposée par M. Rossignol, détermination qui me semble se rapprocher un peu de celle de Senac.
Tirons de tout ce qui précède deux conclusions applicables à la physiologie; les voici: 1® la division extrême des extrémités terminales des voies aériennes multiplie à un degré merveilleux rétendue de la surfoce qui est en contact avec Tair; V la minceur excessive des divisions terminales permet à Tair d'agir avec facilité sur le sang qui circule dans les parois des cellules aériennes ou culs-de-sac bronchiques. Un mot sur chacune de ces propositions.
Relativement à l'agrandissement de la surface respiratoire, Técole iatro-mécanique n'a pas manqué de donner ses chiffres. Keil (3) a porté à 1 milliard .744,186,015 le nombre des vésicules pulmonaires , chiffre bien supérieur à celui de M. Rochoux (4) (voy. page 319), et il évaluait à 21,906 pouces carrés la surface interne du poumon, c'est-à-dire la surface que les vésicules , étalées et réunies par leurs bords, pourraient couvrir. Cette estimation ne s'éloigne pas beaucoup de celles de Haies, mais elle est énormément surpassée par celle de Lieberkuhn.
<1) fMnwdmt iur la structure intime du poumon de l'homme et det pitM^mui mmmmifires {Mémoirei des œf^DOUTê et des sauvants étfWh im puèliés part Jeaéêmiê de médêeUm de Belgique, U h iWy
(ïiaaM.méd. de Paris, iHf.^WL
(8) nniamina msdico-pkrêlca, p» 80»
(4) BulUlins de t4eaâêmi^ de mêéselne Jit. Xlll , p. 736.
CHANGEmVTS DAMS t'AIB Kt LE SANG. 321
Qaant à la ténuité des parois des cellules , on s'en fera une idée en apprenant qu'elles n'ont pas plus de 5 à 10 millièmes de ligne d'épaisseur. La membrane qui les forme est si mince et si transparente, dit M. Rainey, qu'elle ne peut être vue que par fa lumière transmise. Pourtant elle est fibreuse , surtout autour des ouvertures par lesquelles les cellules communiquent entre elles (1).
Telle est la texture intime du poumon en ce qui concerne les voies de Tair. Le sang veineux , qui doit subir Thématose , y est apporté par l'artère pulmonaire. Le réseau qu'elle forme sur les cellules est si riche, que, même chez les crapauds, comme on le voit dans la figure donnée par Marshall-Hall (2) , et comme rétablissent les recherches de Muller (3), les intervalles on lies »■ ■ ■ -
(1) Le remarquable tra?ail de M. Rainey nous montre encore une variante mr la structure intime du poumon. Pour lui , les tuyaux bronchiques s^ouTrent dans des conduits qu'il nomme passages bronchiques intercellulaires, lesquels marchent entre les amas de cellules du poumon, et s'ouvrent, cbemîa faisant, d'abord dans un petit nombre, puis dans une quantité plus considérable de cellules. Celles-ci , dans un môme lobule , ont des communications entre elles. A Tendroit où les tubes bronchiques intercellulaires font suite aux tuyaux bronchiques, les parois de ces derniers, y compris la membrane muqueuse, semblent finir brusquement. Les cils ribratiles présents dans les tuyaux broncfaiqoes n'existent plus dans les ?oies bronchiques intercellulaires; on ne les trouTe pas davantage dans l'intérieur des cellules , où existe une antre espèce d'épithélium. {Medico-chirurgical irons,, t. XXVlll, p. 582 et suiv.; 1815.)
Enfin j'ai eu connaissance, il y a quelques jours seulement, d'un travail faiidit de M. Mandl sur la structure intime des poumons. Cet anatomiste a bien voulu mettre à ma disposition ses préparations et ses dessms. Une injection qui reste parfaitement transparente, après s'être solidifiée, permet de plonger I raide du microscope dans la cavité des cellules. Chacune d'elles est comparée, par M. Mandl , à un poumon de grenouille ; de sorte qu'une cellule du poumon d'un manmiifère , amplifiée par un instrument grossissant, et un poumon de gfCDOBiUe réduit par la pensée à un diamètre microscopiqw, auraient la même appaftqeir On sait que chaque poumon de la grenouilto représente un sac, â la îset interae duquel on observe un tissu aréolaire , compoié de cellnlet mdiroentaires, ouvertes dans la cavité commune.
(2) A criiieal smd experiuienUU essay on ihe cirotiûllon ofthe blood, in-8^;London, 1831.
(3) ManueldepkfâoU^s 1 1, p. 232.
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de subitance organique^ placés entre les capillaires y dépassent à peine . en largeur le diamètre des petits vaisseaux. Chez Tbomme , le réseau est plus riche encore. Ces petits vaisseaux ont un diamètre vingt fois moindre environ que le diamètre de la cellule sur laquelle ils se ramifient. L*épaisseur de leurs parois n'excède pas 2 millièmes de ligne. Chaque cellule n'a pas un réseau qui lui soit propre; on voit au contraire , dans les figures données par M. Rainey, et d'après le texte de son mémoire , un même réseau courir sur un grand nombre de cellules , et former une espèce de couronne au voisinage des ouvertures par lesquelles les cellules cooununiquent entre elles. Le sang hématose dans ces capillaires entre dans les origines des veines pulmonaires I lesquelles font partie des réseaux que je vieus de décrire.
Je vous montre une barrière bien mince placée entre Tair et le sang; bien mince , dis-je, puisque les cellules n'ont que de 6 à 10 millièmes de ligne d'épaisseur, et les vaisseaux qui rampent sur ces cellules, seulement 3 millièmes de ligne. Vous verrez que ce sont là d'excellentes conditions pour le conflit entre Tair et le sang. Mais des analomistes d'une grande autorité ont cru que des communications pLus directes encore existaient entre les voies de Tair et celles du sang. 11 est bien vrai qu'un liquide poussé par l'artère pulmonaire ne revient pas seulement par les veines pulmonaires, mais qu'il en passe encore dans la trachée. Il est bien vrai qu'une injection poussée dans les veines pulmo* naires pénètre aussi dans la trachée en même temps que dans Tartère pulmonaire ( moins facilement toutefois que dans le cas précédent ). Il est bien vrai enfin qu'on a pu , mais avec plus de difficultés encore , faire passer un liquide de la trachée dans les vaisseaux sanguins. Ces Gaits ne sont point considérés aujourd'hui comme des preuves de l'existence de communications directes; ils s'expliquent par des ruptures , et surtout par da tnnssQdaUous. Si on pousse, à remDple de Mascagni (1), un li-
(l; Prodromo dclia grande mM9mia, t* 1 , |». 174^
CfiAKGEMKftTS PAN8 L'AIR ET lE SANG. 323
qoide tenant one matière colorante en suspension , on verra sourent le liquide passer, tandis que la matière colorante n'aura pas été au delà du système de vaisseaux dans lequel on Ta injectée. Je rejette aussi Topinionde ceux qui pensent , avec M. Defermon (1), que des communications entre les voies de Fair et du sang , s'établissent ou s'interrompent suivant les temps de la respiration. Le problème de la petite circulation sera agité ailleurs.
Tandis que Tartère pulmonaire conduit aux poumons toute la masse du sang veineux pour y être vivifiée , des artères d'une dimension peu considérable y apportent du sang artériel évidemment destiné , là comme partout ailleurs , à entretenir la DUtrition, la sécrétion , et les autres phénomènes de la vie : ce sont \e& artères bronchiques. Ces artères, aperçues par d'anciens anatomistes , avaient été si bien oubliées, que Ruysch a pu écrire : Hanc arteriam a nemine adhuc esse observatam intrépide affirma , ce que lui reproche Morgagni (2).
Vous devinez que , sans ces artères, les bronches n'eussent pu être nourries , car les artères pulmonaires ne donnent pas de rameaux aux grosses divisions bronchiques, et d'ailleurs elles eussent conduit là du sang veineux. Aussi voit-on les artères bronchiques s'attacher aux conduits aériens, les pénétrer de leurs divisions , et former enfin dans la muqueuse un lacis ca* pillaire d'une grande richesse. D'autres divisions alimentent les ganglions lymphatiques; d'autres moins nombreuses se jettent sur les gros vaisseaux du poumon et sur les rameaux nerveux qui entrent par la racine de cet organe.
Reissessen, portant ici les recherches plus loin que ne l'a fait Sœmmering, a suivi des divisions bien injectées de cette artère jusque dans le tissu cellulaire sous-pleural, où elles forment un réseau, coojomtement avec quelques ramuscules des artères
(i; Noie sur les rapports de la circulalion et de la respiralion ( Bul lelin des sciences médicales, t. XIV, p. ISj 1828). ^2; Jdversaria anaioinica \\ animadversio XXX11| p. 45.
pulmonaires , qui d'ailleurs ont des anastomoses directes avec des branches des artères bronchiques (1).
J'accorderais difficilement que les artères bronchiques pussent suffire à la nutrition d'uaorgane aussi volumineux que Tesl le poumon. On allègue , je le sais bien , que le poumon offre très-peu de masse avec beaucoup de volume; mais cette masse me paraît encore disproportionnée au petit calibre des artères bronchiques. Je pense donc que, là où le sang veineux devient artériel, le parenchyme du poumon met à profit ce sang artériel nouvelle- ■ ment formé.
Une anatomie a priori a pu faire admettre que des veines broncldques n'étaient pas nécessaires ; que les veines pulmonaires suffisaient pour ramener au cœur le sang apporté au poumon et par Tartère pulmonaire , et par les artères bronchiques , de même que les veines sus-hépatiques ramènent à la veine cave le sang que le foie a reçu tout à la fois par la veine porte et par Fartère hépatique. C'était l'opinion de Ruysch , opinion dont Morgagni rend compte en ces termes (3) : Nec adàuc-dum eam sibi videre licuisse, neque autem eam hic magis esse necessor riant quam, in hepate, ubi arteria hepaiica nuliam quoque peculiarem sibi et sociam vindicat venam. Haller (3), après avoir partagé la manière de voir de Ruysch, s'est convaincu qu'il y avait des veines bronchiques. Il attribue à Ravius la découverte de la veine bronchique droite, qui aboutit à la veine azygos. 'Winslow(4) fait remonter à Galicn la connaissance de ces veines* La veine bronchique gauche se jette ordinairement dans la veine intercostale supérieure gauche.
En jugeant à mon tour a priori, et au point de vue physiologique, la question des veines bronéhiques, je dirai : Le sang que les artères bronchiques ont conduit dans les parois des grosses bronches, des gros vaisseaux pulmonaires , et dans l'épaisseur des
(1) Relnetseo, de Fabrica pulmonum , in-folio; Berol., 1822.
(2) Advenaria anatomtea, r*. Jnimadv. XXXII, p. 40.
(3) Elem. phxsioL, 1. 111, p. 35.
(4) BwpoiUlon anat., t lU^ p. 887.