DE LA
tait pas néœssaii^ & Tactîpii cérébrale (t). Je ne conçoia pas qt'on puisse s^rieiwwent pppoier ^e fait k la théorie i^lgnimte sur rasphyxie. Je m'élève coatre Tassiinilatioa q<t*aa i^ youlii fi|i|« dfi l'état d'iin <4iQlérique à celui d'un asphyxié. Ghe? Tasphyiôé, perte prpmpte de Tacticm céréhnile ; chez le cholérique, oopser: vatioii de rioteUigence ; ahi^ItloQ des mouv^ei^ts voloataires di^ le premiec , iotigrité de ces nouvemept^ cbea le seçxmd. L'asphyxié sueeoiBbe iaévitahlament en quelque miqute^, si \^ ca^ises quioot am^é I4 mort apparcQtç n'pnt pas été éloigné^; 1^ çholériqiie peut rf»ter plosieuni fieures i^^, ïé^^t, de eyanos^ Peut-pp, sur Vapparçnpe 9 décider que le sang a ta intpffi qmpositiop fjans Tup qt l'autre cas ? et p'y a-t-i| pas pf u^^t; U^n (|e croire quHl ^ est autrement lorsque Xon çoim^iife qiie }e cholérique a coptipué de respirer l'air aMPO$phérlque, t^pclJS qp^ les poumons de Taspbyxié ont cessé ip recevoir ce fluide l
IHa dernière remarque aura ppur objet ^ pféoi^ l'ipfiuençe du sapg veineux sur les organes. Cettp ipQpence est insof^tCi et elle n'est pas délétère, là chose est surtout éyjdepte rétivement au système musculaire, qui n'est pas privé de sop irritabi- Uté par le contact du saqg npp artérialisé* Yoici des PT^PIves de ces deux assertions : M- Edwards, ayapt Ris sqpf (in n§p|pient, daps de Teau privée Air, des grenoqilles aq^ne^ iV avait
excisé le bulbe de Taor^e et des g(:epopiU^ îptsctfiS, ^ VP qpa ces dernières vivaient enyiron vipgt heures de plu^ que les autres ; il en conclut que la circulation d^ sang noir aviût pcQ}pngé leur vie, au lieu de Téteindre brusquement. M. Kay a essayé 4'^tablir que , bien loin d'exercer à Tipstapt même ppe ^çtjop neptralisante sur la contractilité musculaire , le sang noir pouv^t rétablir momentanément l'irritabili^ galvanique daps le^ muscles où elle avait été détruite par défaut de circulation. Panai les expériences dp M. Kay, je citerai les deux suivantes. Dans l'une , on ouvre l'aorte ventrale d'un animal , et lorsque les muscles des
(1) Leçons sur le choUra-morbu^ p. 1^.
vpi^itfm^ ffK'iW* cessfipf (}ç r^pQo4rç au galvanisme, ou iar jfiçte (|{i sapg YeUiç^x d^ns V^prte ; les çoatraçtiPO? 4e3 ipusc)^ 4^ meofibres inférîei))^ reparaissçpt I) riqstaq( squs rinflH^açe de r^ecMriçtM^- i>'^(ftr«i. «(P<|rie|ic^ ne diffère de cel^ç-ci qu'en ce q^'ou 9 pûTt^ ui^, ligature sur Tune d^^^ëres iliaques primi- (Iyc^ avant de pratiquer riiû^ction du sang veinp.m. Par siuite de ç^t$ pdodifieaMoni les ç(Hitn|çliQn# ne r^parai^pt que dans le iBitti/aJ^te qui oorr^po|id ^ l'^r^^ que Ton a laissée perméable. Qmme ces résultats awi^ enfi^reiqept QAP(>sés ^ ceux obtepus parBichat, dans Teiptoignce f^t^ plui| baut , il faut admettre que ce dernier a attribué à Tinjection du sang veineux ce qui était produit par la ligature de l'artère. Je mentionnerai , à propos de la physiologie des qivfi^les « des résultats bien plus surprenants, constatés par M. Brown-Sequard, à savoir: une injection de sang veineux rappelant Tirritabilité dans des muscles qui ont éprouvé la rigidité dite cadavérique. Les muscles de la vie organique ne sont pas plus sidérés que ceux de la vie animale par le contact du sang veineux. Voyez ce que j'ai dit , d'après M. Brov^n-Sequard, de la cause qui prolonge le mouvement pcristaltique des intestins après la mort (tom. II, p. 297).
Enfin M. Boucbut (1), dans le beau travail que TAcadémie des sciences a couronné, nous montre la contraction du cœur se soutenant, dans les cas de mort apparente, aussi longtemps qu'il reste une étincelle de vie. Je vois aussi, dans les expériences de Legallois (publication posthume), l'irritabilité du cœur persister parfois pendant un temps surprenant chez certains animaux morts asphyxiés. Des expériences très-intéressantes de M. PIou- Tiez montrent que chez les animaux submergés , et retirés après trois minutes dans l'état le plus complet de mort apparente, et n'ayant plus de battements apparents du cœur, cet organe se contracte cependant encore pendant neuf à dix minutes , ce qui est mis en évidence par les oscillations d'une aiguille à acupunc-
(1) Traité des signes de la mort /m-\2] Paris, 1849.
456 n LA ftismuiMBî.
tare , plongée dans le cœar an travers des parois tfaoraciqiies. Or, malgré cet état du cœur, la circnlation générale est arrêtée; car de profondes incisions au bas-yentre , aux museaux , à la langue, ne fournissent pas de sang. Si les soins donnés à ranimai ranimaient la vie, Taction cérébrale se rétablissait; des bémorrfaagies se déclaraient ensnite par les vaisseaux divisés. Aucun des animaux chez lesquels raiguille avait cessé d'osciller n'a pu être rappelé à la vie (I). Ces faits me paraissent démontrer que dans Tasphyxie, le cœur, bien qu'il se contracte , cesse bientôt de fklre passer le sang au travers du poumon.
(1) jirck. gétf, de méd., 4« série, t XXYU , p. 100.
INFLUMCfi DU 8T0riQiB NUIVEUX 80A LA RESPnATION. 457
QVATRE'VINGT-TROiSlÈlE LEÇON.
(Suite.)
Bm rtafluenee du mjMâèmêm lierveiix sur les pitë- ■•■iinc» Biëcaiiâqucfl et eUatlqiiee de Ëm resptratiea*
Messieors ,
'Voici un sujet bien digne de captiver votre attention , et qui roas offrira des applications fécondes pour la médecine et la chirurgie pratiques.
J'examinerai successivement les fonctions du pneumogasfrifue, du spinal, du facial, du grand sympathique, et des centres nerveux, dans leurs rapports avec la respiration, ie n'ai rien à qooter à ce que j'ai dit du nerf diaphragmatique.
Influence du pneumogastrique sur les (xctes de la respiration,
Je vais débuter ici par le récit d'une anecdote qui vous fera ceimaltre une des plus brillantes découvertes de Legallois , et tpA m'introduira dans mon sujet , non d'après l'ordre chronologique, mais d'après l'ordre logique des matières.
Legallois avait vu , comme la plupart de ses prédécesseurs, qoe la section des pneumogastriques causait très-promptement Il suffocation chez les jeunes animaux, et, comme ses prédécesseurs , il attribuait cette suffocation au trouble survenu dans l'action intime du poumon pendant la respiration. Mais, un jour qu'il eipérimentait sur un jeune chien, dans un autre but que celui qui nous occupe en ce moment, il s'avisa, importuné qu'il était
par les cris de l'animal , de lui couper les nerfis récurrents, ppqr le réduire au silence (1). Quelle ne fut pas sa surprise, lorsqu'il vit se développer, chez ce jeune chien, les mêmes signes de suffocation (|ue s'il lui eût coupé les d^m ppeiyiMJ^trltues ! Il n'avait poarUiit poiAtag^ direetemeiit sur le poumon » puisque le tronc du nerf vague était intact des deux côtés. Cétait donc par un changement survenu dans le larynx, et non dans le poumon, que rentrée de Tair avait été si promptement enrayée. N*élait-il pas vraisemblable que lés choses se passaient de la même manière lorsquHm coupait les pueumogaiistriquâ ; au Iki des récurrents, qui, comtne vous le saveis; provieiment des pneumogastriques. Pour vérifier cette conjecture, Legatlois met la glotte à découvert sur déjeunes chiens et des l^j^s, puis il coupe les nerfis récurrents. Il la voit alors se fermer presqu'entiéren^en^ çbe?; les je^ne^ lapins , et si caoy^éteH^ea^ <4^|a les jei^qes c|;iiens, qi(*Q(i ne pouvait ^pmv Yw ^^ msfmuL d'iwe pompe introduite dans la trachée. L'expiratiopif ^u çqptftife^ n'était poifit gênée, ^(^n, ^osê d^iâvel si , aprfs^ avMT coupé les 4^ux ppei^mqgfLStF^gq^ à un a^iimçil^ ^( mia^^ehlHÛ <iw^ un état de SMfSçH^alion iqlo^neBte, on vieuf à b^ grMiviier bi ti^r chéotomie, on lui repd iqimédiatement Ia rosypiÛPitjPU ; (le aorte que Ton peut alors étudier les effets de la section des nerfs vagu^ sur le poumon, çlég^gés d^ eff^ d^ \a HjCliW 4e .g^ mêmes nerfs sur le larynx.
Quelles conclusions tirerons -nous de notre anecdote? Les VQici , et êU^ sont de^ plus iqstrnctiv^. C'est qtf/à ; 1^ L4 s^lîon des a^rfe pneumogastriques agit «ur le larynx , envisage covme tuyau aériep, pendant la resfjratioa, ^ qu'elle agit ausaî «nr 1^ poumon; qu'en conséquence, fses deux dictions doivent être ^^ diées isolément. 2"" Que p^rfl|ii les expérimenta teurs qui nul prêché LêgaUois , un grand nombre ayant opéré sur des animaiii qui , en raison de leur ^e ou de ta mçibiliié naturelle dea lèvres de leur glotte , ont éprouva iiwnédiateuient dea signes de suffi»-
(1) (Miivru, t i, pi irOei mIt. Nous moDUeront «iUeon que eetli expésieiioeTieiitdeGiil^^
INFLUENCE DU SY8T|ai£ NERVEUX 8UE LA RESPIRATION. 468
fipa avec Içurs conséquences : couleq)* foncée d|f saqg dans { trtëres, abaissement de température, signes d^asphyxie, en un Qt, iip ^rand nombre, dis-je, ont attribué mal à propos au nUble ^prvepu daps ce qu'ils appellent \fL fprçe vitale du pou- }iq pe ^}Xï n'était, par le f^it , qu'un résultat mécanique du resrrcment de la glotte. De sorte que la plupart des travaux anfieifr^ à Legallois pourraient presque être considérés comme iq avenus > ce qui, en vériM3, ne pept être Tobjet d'un regret pn vif, eu égard à rimppssibjlité d'ep faire concorder les rélI^ts. Étudions donc séparément rinflucncedu nerf vague sur l^fypx et sur le poumon.
i8|fCînce dp ^Benai^çasfrHmv 0iir le l^ryBXf «M^tai^é c«WMe l«7«u aérien pcnteBl la re«ylrMloii.
Vous savez, Messieurs, qu'à chaque inspiration, la glotte ouvre largement (t. III, p. 286 et suiv.); j'ajoute ici que ces ouvcraents ont été vus par Mayo , sur un homme qui s'était >lootairement coupé en travers la région antérieure du cou; ir Bell , dans un cas analogue , et qu'on a pu les étudier, Nome je le rappellerai en parlant de la voix, sur un homme qui niit perdu le nez, de sorte que la vue plongeait au travers du barynx jusqu'à la glotte. Vous savez aussi que c'est le muscle rico-aryténoïdien postérieur qui est l'agent de ce mouvelent. Or il reçoit son nerf moteur du nerf laryngé inférieur ou (carrent ; si donc on coupe les nerfs récurrents , ou les nerfs oeumogastriques qui les fournissent, on paralyse les muscles •ico-aryténoldicns postérieurs, et la glotte ne s'élargit plus.
Riais pourquoi se resscrre-t-elle , pourquoi ce resserrement (t-il porté au point de causer la suffocation chez certains anilaux? Pourquoi l'expiration reste-t-elle facile, tandis que Tiusiration est si laborieuse?
M. Magendie (1) a proposé une explication qui est réfutée à avance, puisqu'elle repose sur une erreur anatomique. Voici
(1) Précis éUmMaire de pkfsioiogie, t. V, p^ 351; 1830^
4^0 DE' L4 RESnKATION.
cette explication : Le nerf laryn^ infërieor se distribue aux muscles dilatateurs de la glotte , et le nerf laryngé sopërieur aux muscles constricteurs, et notamment au muscle aryténoîdien. Après la section des pneumogastriques, les dilatateurs sont paralysés , et le muscle aryténofdien , conservant son action, ferme la glotte.
Cette théorie est fausse de tous points. Il n'est pas vnri que les nerfîs laryngés inférieurs soient exclusivement pour la dilatation, et les inférieurs pour te resserrement de la glotte. L'on des muscles constricteurs les plus actifs de la glotte , le muscle crico-aryténoïdien latéral, reçoit précisément son nerf moteur du laryngé inférieur. D'une autre part, le filet que le nerf laryngé supérieur envoie au muscle aryténoldien est un filet de sentiment. Le filet moteur de ce muscle lui vient du laryngé inférieur. Sur ce point d'anatomie , mes dissections concordent avec celles de Blandin (1), qui, dès Tannée 1824, avait signalé le filet du récurrent qui va au muscle aryténoldien, hit qui a été reconnu d'ailleurs par MM. Gruveilhier, Gerdy, Denonvilliers, Jobert , Lauth, en France , et, à l'étranger, par Reid, Arnold, Scblemm , BischofF, etc. Ce filet du récurrent monte le long de la partie postérieure du larynx , de sorte que bute d'attention , on a pu le méconnaître. Une autre cause d'erreur, <f est qu'on voit bien distinctement un filet du laryngé supérieur entrer dans le muscle arytbénoïdien; mais ce filet traverse le muscle pour aller à la membrane muqueuse et aux follicules. Les quelques fibrilles qu'il laisse dans le muscle sont pour le sentiment. Le point sur lequel j*ai toujours insisté , et qui est en opposition formelle avec la croyance de M. Magendie, c'est que le principal constricteur de la glotte, à savoir le muscle crico-arylhénoidien latéral, reçoit son nerf du récurrent. Ce nerf donne encore au thyroaryténoïdien, qui ne peut être considéré comme un dilatateur. Le galvanisme, appliqué au bout périphérique de ces deux nerfs, étabjit clairement la différence .de leurs fonctions , cac
( I ) Recherches fur quelques points d'anatomie , de physiologie » et de. pathologie (Thètet delà Faculté de Paris, 1824, n* 216, p. 11}.
le muscle arytéooidien reste immobile si on irrite le laryngé supérieur, tandis qu'il est mis en contraction par Texcitation du laryngé inférieur (1). L'irritation mécanique produit les mêmes résultats. Ces faits ont été constatés par Bischoff , par M. Longet y etc.
Quelle est donc l'explication du fait constaté par Legallois ? Voici celle que j'ai développée dès Tannée 1831 (2). Après la section des laryngés inférieurs ou des pneumogastriques au cou , tout est paralysé, eu égard au mouvement, dans le larynx (3). Mais tout reste mobile , c'est-à-dire susceptible de céder à une impulsion quelconque. Or l'impulsion est donnée aux lèvi-es de la glotte par le courant d'air que la poitrine attire au moment de l'inspiration ; ce courant d'air pousse l'une vers l'autre les lèvres de la glotte. En effet , Messieurs, les lèvres de la glotte sont en quelque sorte placées dans le tuyau aérien, comme les valvules sygmoïdes, à l'intérieur de l'aorte ou de l'artère pulmonaire. Admettez un courant d'air allant du pharynx vers le poumon, courant établi par suite de ï aspiration ou inspiration i chaque valvule glottique se trouvera placée entre l'air raréfié qui est au-dessous, et l'air plus dense qui est au-dessus; celui-ci pèse, et la valvule s'avance vers l'axe du canal.
Si l'explication est bonne, le phénomène doit se produire aussi bien sur le cadavre (non rigide) que sur l'animal vivant dont on a paralysé les muscles laryngiens : c est ce qui a lieu eu efi'et. Qu'on adapte un tube de seringue à la trachée , et qu'on aspire Fair de manière qu'il passe dans le larynx de haut en bas,
(1) lx>D8et, Anatomie et physiologie du xyxlêiM n'rveux , t. II , p. 276.
(2) Piuùeurf dei détails de la doctrine que j*ai proféw^ dès celte époque ont pu être mÎK à profit dans lex pubiicaiiouit de quetquet-uns de mei auditeun; iM^ii moins , telle que je rais l'exposer ici » elle aura encore , je Tespère , on cartain caractère d'originalité. Je dois recoiiiialire que Legallois t invoqué trant niol rinduence du courant d'air; mais entre une proposition énoncée en deov li{^nes, et la doctrine que j'ai développée depuis pkis de vingt ans, il y a quelques différences.
(3; Sauf le crico-tfayroîdieB, dont il n'j a pas lieu de i'oceppcr ici.
on vetta les ItVKs de la glotte marcUer Tutiè Vers l*aatrè (i). Il D'Y a donc point à Invoquer l'action des muselés constricteors.
J'explique du ilième coup potirquoi Tcxpiratibil est loq]ours facile. Le courant d'air eipnlsë retrousse les lèvres dé lA glotte en dehors vers les ventricules du larynx, de même que le sang qui sort des ventricules dil cœur afiplique les valvules âygmoldes contre les parois de Taortè.
Des expériences, dont M. Longet m'a rfendu témôiii, qàëlqbés années plus tard , ont donné une nouvelle confirmation à ce ^ni précède. Si , la glotte étant exposée aux yeux , sur uii âbimal tivant , on coupe un des nerfis laryngés inférieurs, la cordé viDcale correspondante ne prend plus une part régulière au phénomène respii;atoire. Elle n'est pas devenue immobile, mais elle scmeoli contre-sens de l'autre, c'est-à-dire qu'elle se porté en dedans vers l'axe du canal pendant l'inspiration, et en dehors pendant l'expiration. SI on coupe les deux nerfs laryngés , on volt que la glotte se rétrécit pendant Tinspiration, etse dilate pendant l'expiration , ce qui est précisément l'itiverse des mouvements nor maux de cette partie pendant que l'air la traverse.
Enfin , et ceci achèverait de ruiner l'opinion de lit. Ma^endie, si cela était nécessaire, la section des nerfs laryiigés supérieurs, ne change rien à Télat des parties. Cela a été parfoilemcnt constaté par M. Jobert (2), qui, pour étudier les moiivéiiients de la glotte, les observait au travers d'une ouverture pratiquée à la trachée. M. longet (3) a fait les mêmes remarques après avoir attiré au dehors la partie supérieure du larynx, au travers d'une division faite à la membrane thyro-hyoldienne. Ainsi les mouvements de la glotte restent réguliers tant qu'on n'a coupé que les nerfe laryngés supérieurs.
(1) Dès la première année de mon enseignement officiel (1831 ), j'avalin priori annoncé ce réniltat. Un élève apporta, ft la leçon miyante, uDe orilectioa de larynx et de tracbéei de jennes chiens, de chats, etc., sur lesquels 11 était facile de oonsialer ce que favais prédit.
(2) Éludes sur le système nerveux, V^ partie, p. 277 ; 18%.
(3) Recherc/ics tmatomigues et expériences sur les nerfs du laryns {Comptes rendus des séances de VJeadimie des sciences, t. XII , p. W).
iffFLVEif CE DU «r§ttMà MEftirtirt siMl la HBsnaATiON. 4B3
n y « ttftte difMNtM iitHiHé tHaMVH élMk jMHMtlh de M settMii è» étm ta^jrbgCs ibfeHeiiR et dé Vk sëcticm des hebft Ttffuéi, qtté, datB le premier cas , lés liiOilTeiiiéfats respiratoires s^àecélCtent notablement , tandis que iidus les Verrons se halèiitiF d*Éiiie manière reMrctUable dans le second.
IM résultats pfimitlft dé la section des laryngés inférieurs , bd des nerft pdéumogastriques , ne sont pas les ibëdies chez toutes les espèces animales. Cela est encore trës-flacile à expliquer. Gé résultat dépend de la cotiFormation de la glotte, dont lés lèvre j prennent plus ou moins juste, et qui sont plus où moins Facilcâ à entraîner lorsque le muscle crico-aryténoldien postérieur est pàhilysé. II fout sbrtout prendre en considération le diamètre de la partie de la glotte qui est derrière les cordes vocales , et bornée, sur les cdtés, par les cartilages aryténoldes, en arrière, par la membrane muqueuse qui tapisse le muscle aryténoTdien (prétendue glotte respiratoire de quelques auteurs). Or ces conditions varient suivant Tâge, et siiivant Tespècc animale, r Suivaht Tàge : les jeunes cbiens sblit assez promptement suFIbqués après la division des neri^ vagues, tandis que les chiens adultes , bieti que leur glotte ne se dilate plus dslns rinspiration , attirent encore assez d'air pour être à Tabri dcâ accidents provenant de là paralysie des nluscles du larynx. S^ Suivant l'espèce animale : il y a desaniitiatix qui, même à Tétdt ddtilte , Sont de suite , ou presque de suite, atteints de suFfbcation lorsqu'on divise leurs pneumogastriques. Ceci est surtout tt^-marquë pour les chevaux , qui , d'après les expériences de Diipdy (1), succotnbent dans un espace de temps qui n'est jamais de plus de six heures, et de moins d'une dendi-heure (c'est par erreur que Burdach (2) dit de une heure à deux jours). Or ces animaux succombent si bien alors par TefFet de l'occlusion de la glotte , que si on leur lait la trachéotomie, ils vivent six ù sept jourSy rarement neuf, et ne meurent alors que des effets produits
(1) Jaumai tfe Corvisaii, t. XXXVll, p. 351. (3) Tnatë dephjntologie, t IX , p. 604.
464 DE LA EISPIRATION* .
sur le poumon par la section des nerfs vagues. Les effets de cette lésion sur les chevaux non trachéotomisés sont parfaitement exposés dans les quelques lignes suivantes, que j*emprunte à M. Dupuy : a Le deuxième nerf ne fut pas plutôt tranché , qu'ouvrant la bouche , dilatant les narines , étendant le cou , mettant en jeu toutes les puissances inspiratrices, il se mit à respirer laborieusement par la bouche et les naseaux , à faire entendre un cri hor^ riblement plaintif, analogue $i celui des chevaux comeurs , mais bien plus fort et bien plus affreux; ses lèvres , .sa langue et Tintérieur de la bouche, devinrent d'un rouge violet, ensuite d*une couleur livide. » Avant même d'avoir vu le larynx d'un cbeval, j'étais certain , d'après la connaissance de ces foits, que les lèvres de sa glotte étaient très-mobiles, et que poussées Tune vers Fautrc , elles ne laissaient presque pas de place pour le passage de Tair. Quelques chevaux , lorsqu'ils respirent lentement et qu'ils sont au repos, n'éprouvent pas immédiatement Tanxîété extrême dont on vient de voir le tableau ; mais, pour peu que par un exercice quelconque on augmente chez eux les mouvements respiratoires , la colonne d'air, attirée plus amplement et plus rapidement , entraîne les lèvres de la glotte , et la sufllbcation commence. D'anciens expérimentateurs ont vu des chats mourir immédiatement après la ligature , et comme i^ppés de la foudre. I ^ chose a été signalée par Bohn (I) , par Varignon (2) ^ par Schradcr (3). A cette époque , on ne s'en prenait ni à l'estomac ni au ()oumon , encore moins au larynx; on croyait que l'action du cœur avait fait défaut. Évidemment ces foits rentrent dans la catégorie de ceux dont je donne ici l'explication. Molinelli a vu tm jeune chien mourir aussitôt après l'opération (4).
(t) Circulas anatomico-phxMoiogicus, p. 104; Lipt., 1607.
(2) Mémoires de l'académie des sciences, 17S6.
(3j Obserrat' rarion ad rem med. ei obstet. specLj (uc. U P* 37.
(4) Bononiensis Acad, commtnt., t. Ul, p. 280. La doctrine de M. Magendie, renversée tout à la fois par Tanatomie, par les Yiviiections , et par Ici expériences sur le cadavre, est depuis longtemps abandonnée. Ce n*est pu sans étonneosent que j*ai appris, d'ui auditeur de Mi FkNireiis (M. lUcbelard, tbèse citée), que ce pbysioloabt^ Tarais encore exposée diM eoii oourede
iMFLUBlffCfi DU SYâtfiNE IVEAVËUX SUA LA RESPIRATION. 46â
Vous avez peut-être remarqué, Messieurs, Tanalogie des phénomènes qui se passent dans deux des ouvertures que Tair tra* verse pendant rinspiration. Aux narines comme au larynx, des puissances musculaires luttent contre l'aciion dépressive que le poids de ratmotsphëre ferait subir aux parties qui circonscrivent ces ouvertures au moment où l'inspiration raréfie Tair à leur intérieur.
Je vous ai fait pressentir que ce sujet prêterait à des applications pratiques, je vais tenir parole. Et d'abord vous vous demandez si la forme de la glotte de Thomme est telle, qu'il serait menacé de suffocation par la paralysie des dilatateurs de cette ouverture? Quelques faits vont donner réponse à cette question. Un interne des hôpitaux, M. Bascle, ayant entendu Texposé de mes idées sur ce sujet, m'a remis une observation qui a été imprimée depuis cette époque , et que je vais résumer en quelques lignes. Il s'agit d'un homme de Bicétre, que Ton avait surnommé le Râleur, à cause du bruit qu'il faisait entendre quand il aspirait Fair dans sa poitrine , action trés-laborieuse chez lui, tandis que son expiration était facile. A l'ouverture du cadavre , on constata que le nerf laryngé inférieur gauche disparaissait complètement dans une tumeur brune et dure, avec laquelle il s'incorporait. Ainsi un seul nerf avait suspendu son action , et la respiration était râleuse.
M. Gaubric a montré à la Société anatomique les deux nerfs récurrents d'un sujet , qui était mort asphyxié, pendant la marche d'un cancer du corps thyroïde. Ces deux nerfs étaient compris dans la tumeur ; celle-ci n'avait pu causer la mort mécaniquement. Des symptômes d'asthme ou des accès de suffocation ont été observés, dans un cas où M. Huguier (I) a vu le nerf récurrent gauche atrophié par un anévrysme de l'aorte , dans
1840. Je terais beaucoup moins surpris de ?oir M. Ma^endie la reproduire dane ta procbaioe édition (•'il en prépare une), sans aucune rarianCe, et coiiinw<al l'auteur était demeuré systématiquement étranger au mouvemeat identiAiaf fui s'est accompli aiMour de lui.
(1) jérck. gên. de mêâ., 2* série, t. IV, p. 189 ; 1831.
un autre cas, où M. Montault avait vu les nerft récurrents comprimés par des tumeurs encéphaloides (1), et dans un assez grand nombre d'observations , consignées dans la thèse d^ citée de
M. Mactaelard.
Mais ce n*est là qu'un fait éventuel, qu'une application isolée ; il n'en est pas de même de la suivante. Il y a une maladie assez commune dans la première enfance , et qui consiste dans nne inspiration rauque, difficile, sonore parfois comioe celle delà coqueluche ou du croup, accompagnée de ces terribles angoisses, de ces pâmoisons qui sont le prélude de Tasphyxie. La mort est fréquemment le résultat de cette affection formidable. A l'ouverture des cadavres, et dans les cas où on a tenté la trachéotomie , on a reconnu qu'il n'y avait absolument aucune lésion au larynx. Mais , en disséquant les ganglions nombreux qui existent à la partie inférieure du cou et vers le sommet de la poitrine, on les a trouvés gonflés , indurés , altérés dans leur texture , et , comme ces ganglions sont distribués sur le trsyet et surtout vers la partie recourbée des nerh récurrents , cela a enrayé leur action. La plupart des auteurs ont parlé de spasme de la glotte dans cette maladie ; c'est , à mon avis , une grossière erreur. La lésion du larynx est de nature paralytique^ et il n'est pas possible de méconnaître son identité avec l'état qui résulte de la section des nerfs récurrents chez les jeunes animaux (et remarquez qu'il s'agit aussi du jeune âge chez rhommc).
Pourqu'on ne m'accuse pas d'avoir tracé ici un tableau de fantaisie, je vais indiquer quelques-uns des mémoires où cette affection est décrite.
l"* Le D' H. Ley a publié en 1824 un travail dont le titre indique la lésion que je viens de décrire (2). Je vois , dans un des cas cités , le nerf récurrent déplacé de plus d'un pouce et aplati par suite de l'allongement forcé qu'il a subi. 2" I3n mémoire du IF Porter se rapporte aussi à cette affection , et son
■ ■ Il !■ ■ — I ■ .1.. ■ ... .ni I iiii !■■ I I . ■■
(1) Journal universel et hehdomadcùre, t. U , p. 73; 1831.
(2) Observations sur raspirationrauque des enfimU, ei sur $eê ports avec un état morbide des ganglions thoraciques êi C lond, med, gax., t. XUl, p. 702, 743, ei ûu. méd., 1834f p. S»).
CUFLUEIICE PU BYfffÈtm WÊÊknOK MA lA EESPIRATIOII. 487
litre (Mémoire sur une affection spasmodique du kaynx exigiâhi ta irachéôtomte) (i) prouve qu'il ignorait le mécanisme de la suffocation dans ce cas. Il est dit, dans le cours du mémoire, qu'il n'y avait absolument aucune lésion au larym^qm était libre diea les enfants qu'on a soumis h la traehéotomiéf opération bien indiquée d'ailleurs dans ce cas. Il note que c'est surtout l'inspiration qui est anxieuse , et Insbte sur les dangers que le déplacement de la canule fait eourir aux opérés (2). 3^ ie farterai le même jugement à l'occasion du travail de M. Kerr sur le êpasmê de la glotte (3). Les enfants dont on a fait l'ouverture n'avaient pas de lésions du larynx. 4^ On peut consulter encore sur ce sujet m mémoire de M. J.-B. Kyll (4). L'auteur a surtout vu cette affection chez des enfants scrofulenx âgés de 4 à 19 mois; il insiste sur les altérations des ganglions lymphatiques*
On lira avec intérêt un travail de MM. Rilliet et Barthez , ayant pour titre : Recherches sjrmptomatologigues sur la tu^ berculimtion des ganglions bronchiques chez les enfants {5% J'y ai remarqué une phrase fort significative empruntée à P. Frank : « In asthmate ai nominant puerili, glandulas broncMales, prceter sanitatis modam turgidas, n
J'ai sous les yeux plusieurs travaux encore qu'il me parait inutile de citer.
Dans cet examen de l'influence du pneumogastrique sur le passage de l'air au travers du larynx , j'ai laissé intacte la question de la pfart qae prendraient aux phénomènes les filets qtie ce nerf a empruntés au spinal ou à d'autres sources ; ce sera l'objet d'Un autre examen.
(1) J^rch. gén. de méd„ T «érie, t. XII, p. 319.
(2) M. Porter, ayant coupé les nerfs récurrents à des animaux, n'a pas m les accidents signalés par Legallois ; mais le praticien irlandais néglige de tenir compte de Tâge , il a opéré sur des animaux adultes. Je crois devoir rap« pefet, d roccasion de 1*ën(ftKête f^rite par M. Porter, qne j*ai enseigné dès l'an* née 1831 ce que j'enseigne ici.
(3) Edinburgh med. and surg. Journal, roi. XLIX, p. 354; 1838.
(4) Jrch. gén. de méd., 2« série, t. XV, p. 89.
(5) Jrch. gén, de méd,, 3^ série , t. XV, p. 448.
468 Dfi ïsk RBSniiATlOlir.
Inflveaee an pnevoi^swrtrl^ve mut Im prvf^rlétés «4 le«
Vous possédez , Messieurs , des notions très-satisfeisantes sar Tiiitervention da pneumogastrique pour assurer on fiKiliter le passage de Tair au travers de la glotte pendant l'Inspiration. Un cas de division de ces nerfs étant donné , je vous ai mis en mesure de dégager les effets provenant des troubles du larynx de ceux qu'amèneront plus tard les changements survenus dans les fonctions et les propriétés des poumons. Je me réjouis à Tidée que vous aborderez désormais avec une critique éclairée ce filtras de documents et de récits d'expériences dont b science est encombrée , en ce qui touche l'influence du système nerveux sur la respiration. Quel que soit le travail qui tombe sous vos yeux, vous aurez soin d'examiner sur quelle espèce animale on a opéré; quel était l'âge des sujets de l'expérience, et surtout si ce travail a été composé avant ou après la brillante découverte de Legallois. L'appréciation qu'on pourrait faire aiyourd'hui d'un des mémoires les plus goûtés qui aient été. publiés sur ce sujet justifierait suffisamment les conseils que je vous donne. Dupuytrcn(l) a étudié les effets de la section du pneumogastrique sur des chevaux et des chiens, mais principalement sur des chevaux ; son travail , antérieur à celui de Legallois , et accueilli avec fureur par rinstitut , peut être regardé aiyourd'hui comme une des plus malheureuses productions auxquelles cesiqetait donné naissance.
J'ai quelques autres observations préliminaires à vous préseul er:
r Le tronc du pneumogastrique et le cordon cervical da grand sympathique sont enfermés dans la même gaine tbéi certains animaux, et plus ou moins entièrement accolés, si Irien qu'on les a coupés tous deux quand on a cru expérimenter seu^ lemcnt sur le nerf vague. Je montrerai que cela ne complique pas sérieusement le résultat.
'.1' Bibl'othéqne médicale, t. XVII , p. I ; 1807.
INFLUENCE DU SWrÈOiM MIAVCCiX SUB lA BESnRATION. 460
y Je m'attacherai eidasivement, dans cette première étude, aux résultats des expériences faites sur les mammiftres ; on ne pourrait arriver à aucune solution en agissant autrement.
3^ Les résultats de l'opération n'étant pas les mêmes quand on opère sur les deux nerfs ou sur un seul , je ne m'occuperai d'abord que du premier cas , dans lequel Tinfluence des nerfs pneumogastriques est complètement supprimée.
4® Je supposerai aussi que ta section a été complète pour chaque cordon; car nous verrons que si on laisse sans la diviser une petite partie de l'épaisseur d'un des nerfs, les conséquences de la lésion sont moins graves.
5^ Nous n'admettrons que les cas où la ligature ou la division des deux nerfs aura eu lieu dans la même séance, et nous examinerons ailleurs ce qui advient quand on laisse un intervalle plus ou moins long entre la section d'un des pneumogastriques et celle du second.
&* Bien qu'on ait dit avoir obtenu des résultats différents suivant qu'on opérait par la ligature, la simple division ou Vexcislon, je pense qu'il n'y a pas lieu de tenir compte ici de ces différents modes d'expérimentation , le lait capital étant Tinterruption d'influx nerveux au travers des pneumogastriques.
Après ces réserves qui tendent à le simplifier, le problème à résoudre n'en reste pas moins très-complexe.
Les conditions de ce problème étant donc posées comme je viens de le dire , voyons ce qui arrive quand on a interrompu la continuité des deux nerfs vagues.
Je me suis souvent affligé de voir la physiologie mettre à la place de l'énoncé dogmatique du mécanisme de nos fonctions et de la part de nos organes dans ce mécanisme , de simples récits des effets des mutilations qu'elle inflige à diverses espèces animales. Je sais bien que l'induction peut et doit féconder ce que nos sens recueillent dans ces circonstances ; mais elle ne le foit pas toujours , et l'on en est quelquefois arrivé ainsi à écrire un chapitre de pathologie , au lieu d'une dissertation de physiologie. J'ai bien peur de tomber ici dans ce travers. Je pieffbrcerai cependant de traduire en propositions de physiolo-
470 BB LA EBSmATION.
gxece que je vais vous dire , en premier lieu , des effets de la division des pneumogastriques. Il est bien entendu qu'il ne s'agit plus des troubles que cela occasionne dans les organes digestifs, ni de l'aphonie dont il sera question ailleurs , ni du resserrement de la glotte dont j'ai parlé » page 467 et suivantes.
Un résultat bien significatif, c'est la mort de tous les mammifères soumis à cette expérience ; ce résultat peut être considéré comme constant. 11 ne faut pas attacher d'importance à deux ou trois faits exceptionnels : celui par exemple qui a été recueilli anciennement par Arnemann (1), celui qui a été publié par MM. Fourcade et Bégin (2), celui qui a été rapporté dans la dissertation inaugurale de M. Sédillot (3). Quelque disposition anatomique anormale (car j'admets que l'expérience a été régulière) aura soustrait ces animaux aux conséquences futaies de cette mutilation. Les chiens meurent ordinairement entre le 4* et le 6® jour ; c'est encore une exception bien rare lorsqu'ils vont jusqu'au 19* jour , ou même jusqu'à la fin du V^ mois, comme l'a vu M. Sédillot. Les chevaux trâciiéotomisés meurent vers le 7® jour ; rarement atteignent-ils le 9*, d'après M. Dupuy. Les lapins meurent vers la 28* heure.
Cet effet de la division des nerfs vagues prouve qu'ils président à des actions bien importantes.
Immédiatement après l'opération, quelques animaux, les chiens en particulier, alors même que leur glotte ou une ouverture à la trachée laissent un libre passage à l'air, éprouvent une agitation excessive, se livrent à des mouvements désordonnés, qui trahissent une sorte d'anxiété, semblable à celle que ferait naître une suffocation immédiate : phénomènes notés par Lower, signalés surtout par M. Longet et par M. Machelard (4). C'est peu ou pas marqué chez les autres espèces animales, et temporaire chez les chiens.
(1 ) F^rsuch uber die Régénération der Nerven, B. 1 , p. flB (2) Traité de phr Biologie pathologique, 1. 11 ; Paris, 1828. (?) Thèses de Paris, 1829, n<» 274. Le chien arait deux mois et demi. (4) ThèsM de Paris, 1841 , n« 200, p. 140 et 141.
Lorsque le calme est revenu , il se déclare un singulier contraste entre les mouvements respiratoires et ceux du cœur. Les premiers se ralentissent, tandis que les seconds s'accélèrent à UQ degré surprenant. 11 y a d'autant plus lieu d'être frappé de ce contraste, que d'ordinaire, et dans presque tous les cas pathologiques 9 la respiration et la circulation s'accélèrent ou se ralentissent ensemble. Déjà on lit dans Murait (1) , qu'un intervalle notable sépare les deux temps de la respiration, et que les battements du cœur sont accélérés. Gourten parle de ralentissement de la respiration. L'opposition entre la respiration et le pouls est positivement notée par Valsai va (2). Puis M. deBlainville, le premier peut-être , signale la chose comme un résultat constant de l'opération. Un lapin qui avait de 120 à 130 respirations complètes en une minute n'en offrait plus que 36 à 40 après l'interruption d'action du pneumogastrique (3). M. Dupuy, qui a principalement expérimenté sur les chevaux (et qui a pu mettre à profit les remarques de Legallois) , vuit aussi la respiration se ralentir et le pouls s'accélérer (4). Broughton a constaté que chez un cheval il n'y avait plus que six respirations à la minute. Pendant ce temps, le nombre des pulsations artérielles allait augmentant. I^s inspirations surtout étaient lentes et longues , les expirations courtes et brusques (5). Sans m'arrèter à multiplier les témoignages à cet égard , je vais extraire quelques chiffres des tableaux publiés par Mayer, de Bonn (6), lequel a étudié avec beaucoup de soin les effets de la ligature des pneumogastriques. Lu âne avait, avant l'opération, 17 respirations par minute, et 34 pulsations du cœur.
\j^ premier jour, les respirations examinées à diverses heures,
(1) Fademeeum anatonUcum; Zurich, 1677.
(2) De Jure hunuuia, eap. 5, n^ 8.
(3) Dissertation iniusurale, n*" 114; Ptris» ia08.
(4) Journal général de médecine, t. LXXl, p. 64.
(5) Journal de physiologie de Magendie, 1. 1 , p. 128.
(6) Journal des progrés des sciences et institutions médicales, t. lll, p. 79.
472 DE L4 EESFIEATION.
donnèrent les nombres suivants : 1 4 — 12 — 12 — 1 1 — 12 — 12
— 9 — 11 — 10. — Les pulsations comptées aux mêmes instants furent au nombre de 90 — 70 — 104 — 104 — 1 20 — 108 - 120
lie deuxième jour. Mouvements respiratoires : 1 2 — 8 — & — 13. — Pulsations du cœur : 80—72 — 76—76.
Au troisième jour. Mouvements respiratoires : 13 — 13 — 13 12— 13. — Pulsations du cœur : 76— 92 — 88 — 100 — 100
Au quatrième jour. Mouvements respiratoires : 10 — 10—8
— 7.— Pulsations du cœur : 108—116—104 — 100.
Au cinquième jour. Mouvements respiratoires : 8. — Pulsations du cœur: 120. L'animal succombe.
L'opposition fut bien plus marquée encore chez un chien qui ne mourut que le 1 1* jour après la ligature des pneumogastriques. Cet animal avait, avant l'opération , 48 respirations par minute, et 120 pulsations du cœur. \j^ premier jour, les mouvements respiratoires descendirent jusqu'à 10, et les pulsations du cœur s'élevèrent à 236. Le deuxième jour, les mouvements respiratoires descendirent à certains moments jusqu'à 8 , tandis que les pulsations du cœur montèrent parfois jusqu'à 280. L'opposition fut moins marquée , mais pourtant notable , dans les journées suivantes.
Je remarque que, chez les lapins et les chats, les mouvements normaux du cœur sont si fréquents , qu'on ne peut guère constater d'accélération après la ligature des pneumogastriques; mais la diminution des mouvements respiratoires est constante : ainsi ils descendirent de 80 à 40 chez un lapin, de 100 à 41 sur un autre , de 80 à H chez un jeune chat.
Un autre résultat assez constant de la section ou de la ligature des pneumogastriques est l'abaissement de température ; ce résultat se lie aux troubles de la respiration , mais il ne nous occupera qu'à l'occcasion de la température animale.
Il est important, pour Télucidation de notre sujet, de tenir compte de Tétat des organes respiratoires et circulatoires chez les animaux qui succombent après la division ou la ligature des
nUFLUSNGE^ DU SYSTÈME NERVEUX SUR LA RESPIRATION. 473
pneumogastriques. Ces altérations se rapportent au tissu propre du poumon, aux voies aériennes, à Tétai du sang dans les vaisseaux pulmonaires et dans les cavités du cœur.
Relativement au tissu propre du poumon , il a perdu de son élasticité, ce qui tient à un engouement dont il est iesiége. Il suit de là que le poumon se rétracte moins qu*un poumon sain après que la poitrine est ouverte, et qu*il parait plus volumineux. Les poumons sont moins crépitants, et par places ils ne le sont plus du tout. Dans ces points , le tissu de Forgane est plus dense et spécifiquement plus pesant que l'eau ; la teinte rose du poumon a été remplacée par une coloration plus foncée. Certains points offrent des taches ou plaques noirâtres , de véritables ecchymoses qui pénètrent plus ou moins profondément dans Tépaisseur de Forgane. Enfin>Faspect d'une coupe du poumon rappelle quelquefois, par places, Fapparence compacte du foie ou de la rate. Ces lésioas sont déjà bien décrites par Chirac (1), qui les attribue à Finflammation du poumon ; par Vieussens (2), qui pense que Finflammation du poumon est , dans ce cas , la conséquence de Fépaississement du sang ; par Senac (3) , par Duverney (4), qui prononcent aussi le mot inflammation. Elles sont notées par Provençal (5) , par Legallois (6) , par Broughton (7), par M. Sédillot (8), qui n'en a cependant tiré aucune conclusion; par M. Brachet (9), par M. Magendie (10) , par M. Jobert (11).
(1) De Moiu cordis examen analytic, in-12; Montpell., 1098.
(2) Traité du cœur, p. 122; Toulou«c, 1715.
(3) Traité de la structure du cœur, t 11, p. 122.
(4) Œuvres anat,, 1. 11, p. 40.
(5) Bulletin de la Société médicale d'émulation j i. V, p. 361.
(6) Œuvres complètes, 1. 1 . p. 100 et suiv.; Parit, 1830. '
(7) Journal de physiologie de Magendie, 1. 1 , p. 128.
(8) Tbènet de Parts , 1829 , n« 274.
(9) Recherches expérimentales sur le système nerveux ganglionnaire, 2*édU.,p.171;1831.
(10) Précis élémentaire de physiologie, t. Il , p. 352.
(11) Éludes sur le système nerveux, V part., p. 277 ; 1838«
474 DE LA REsmiATiOBr.
Quant aux divisions des bronches , elles ne sont pins aussi {)erméables à rair que dans Tétat normal ; elles sont obstruées par des mucosités, par de la sérosité souvent écumeuse, quelfois sanguinolente. L'air qu'on y pousse n'enfle pas régulièrement le poumon , et ne distend que quelques lobules. Legallois a , l'un des premiers , insisté sur la sérosité écumeuse des bronches ; cet auteur a cru voir que cette quantité était en proportion inverse de l'engoi^ment sanguin. M. Brachet a renouvelé à cet égard les observations tle Legallois. Si on pousse du mercure dans les bronches ^ il ne pénètre que par places dans les cellules du poumon (1).
Les particularités relatives à l'état du sang, dans les gros vaisseaux du poumon et dans les cavités du cTur, offrent un grand intérêt. On a vu le sang, tantôt grumelé dans ces parties, tantôt solidifié en caillots plus ou moins consistants , noirs ou présentant une teinte grisâtre ou blanchâtre par la séparation de la fibrine. Les premières observations faites à ce sujet remontent très-haut. Willis (2) , et ensuite Lower (3) , les invoquaient en preuves, que le défiiut d'influx nerveux dans les pneumogastriques paralysait l'action du cœur, et causait la stase du sang. Vieussens (4) parle d'épiississement du sang, Berger(6), Valsalva (6), Baglivi (7), Emmert (8), notent cette coagulation du sang. Mayer, de Bonn (9), et ensuite Ware (10), ont donné une signifi-
(1) Wilwn Philip. Arch. gén. de méd., t. XIX, p. 103; 1829. L'auleur dit, mais cela n'a pas été généralement confirmé , que si on galvanise les poumons, les obstructions des bronches n'ont pas' Lieu, et que cependant les animaux succombent.
(2) Cerebri anatome, p. 194, in-18; Amsterd., 1064.
(3) Tractatus de corde, p. 90 et seq.; 1708.
(4) Traité du cœur, p. 122 ; Toulouse, 1715.
(5) Physiologia medica, p. 63; Francof., 1737.
(6) Epist. anat. xiii, art. 30, in Opéra omn., éd. MorgagoL
(7) Opéra omnia, p. 676 ; Lugd., 1710.
(8) ReU's Jrchiv der Phxsioiogie, B. iX, p. 404.
(9) Journal des progrés, 1 111 , p. 79.
(10) Journal des progrés, t. XU , p. 19 ; 1828.
cation à ces dernières lésions pathologiques. Elles prouveraient, suivant Mayer, qu'un des usages du pneumogastrique est de maintenir la liquidité du sang (1). Ces coagulations, dit-il, csont molles, et consistent en un caillot noir, si la mort suit de près la ligature ; mais, si la mort ne survient qu'après quarante-huit heures ou plus tard , ces mêmes coagulations sont plus ou moins denses, fermes et blanches; elles adhèrent aux cavités du cœur, et s'entrelacent dans les colonnes charnues.» On les (rouve dans les vaisseaux pulmonaires (artères et veines), jusque dans leurs dernières ramifications. On comprend que dans ces cas les liquide^ injectés dans Tartère pulmonaire ne puissent plus parvenir dans les cavités gauches du cœur.
Bien que, dans certaines expériences, les lésions pathologiques importantes, que je vieas de décrire, aient manqué ou aient semblé manquer, en tout ou en partie, il importe de les traduire en propositions physiologiques, relatives aux fonctions des pneumogastriques dans le poumon. Cette traduction va résulter de ce que nous allons dire de Tinfluence du pneumogastrique sur la sensibilité des voies aériennes, sur la contractiiité des bronches, sur la circulation pulmonaire, et médiatement sur Yabsorption et Yexhalation dans les tuyaux aériens. La plupart des lésions qui suivent la ligature vont nous démontrer certaines particularités de la fonction de cesnerfô, en même temps qu'elles seront expliquées par la suppression de rinflux nerveux. Mais je dois, au préalable, agiter une question qui domine tout ce sujet. La voici :
Les pneumogastriques tiennent-ilsvfiOCBkifiEMEm sous leur dépendance les phénomènes chimiques de la inspiration P
Poser cette question, c'est demander si le sang devient encore aHériel en traversant un poumon dont les ntth pneumogastriques ont été coupés ou liés, et si Tair admis dans le poumon y perd de l'oxygène et s'y charge d'acide carbonique.
Vous devinez que c'est là une question de notre siècle ou qui
(1) Journal des progrés des se, médic, t. III, p. 85.
476 DS LA A£ftPIRATI01V.
ne peut remonter bien loin dans le siècle précédent, aussi voyez les premiers expérimentateurs, les Piccolhomini, les Willts, les Lower, etc., ils cherchent la cause de la mort dans la paralysie du cœur (1) ; puis, lorsque Chirac , Vieussens, observent dans les poumons les lésions dont j'ai présenté le tableau , ils prononcent le mot Sinflammaion du poumon, ils attribuent la mort à cette inflammation, et ne posent point la questionque nous agitons ici. Cette question , je la résous, sans hésiter, par la négative; je rejette ici Topinion de ces vitalisles purs qui disent : ^Le poumon fait le sang artériel ,it ou encore : c/^ poumon éUuU paralysé par la division des pneumogastriques, Tair et le sang, bien qu'amenés au contact médiat, ne peuvent plus réagir Fun sur l'autre , de sorte que le sang ne devient pas artériel, et l'air sort de la poitrine comme il f est entré. » Je me prononce contre cette doctrine, par cette raison tout à fiait décisive, que le sang reste vermeil dans les artères pendant nn temps notable après la ligateur ou la section des pneuraogastriqae8,quelquefois pendant plusieurs jours. Je vois, par exemple, M. Sédillot noter avec soin la couleur du sang des artères dans ses expériences, le premier jour, le deuxième, le troisième jour, et quelquefois ft une époque bien plus reculée, lorsque les chiens prolongent exceptionnellement leur existence au delà du laps de temps de quatre à cinq jours. Or ce sang retiré des artères est vermeil. Si, quand la position de Tanimal s'aggrave , le sang brunit, et finit même par prendre le caractère du sang veineux, en même temps qu'il y a refroidissement , une teinte violette aux membranes muqueuses, cela ne tient pas à ce que l'air et le sang , arrivés au contact médiat , ne réagiraient plus l'un sur l'autre, par suite de la paralysie du poumon ; mais cela est dû à ce que les lésions du poumon ne permettent pins que l'air et le sang, se rapprochent assez pour exercer leur réaction accoutumée. Cette réaction est forcée quand les deux fluides sont en présence, séparés seulement par des lamelles membraneuses très-minces. Le
(I) Nous Terrons aillenrt quelques modernes restituer au pneuinogaslriqne me certaine aciion sur le cœur*
larFLUfiNCE DU SYSfÈHB IVEllVBtJY SlfR LA RESPIRATION. 4l1
poumon, en un mot, ne peut perdre par la seclion des pneumogastriques un pouvoir qu'il n*a pas.
Indépendamment du fait même de Fartérialisation du sang, fait qui juge tout seul la question , je me fonde sur les considérations suivantes, qu'on trouvera reproduites en partie dans la tbèse d'un de mes anciens élèves, M. Machelard (1).
t* Si l'action des pneumogastriques était prochainement nécessaire à Tartérialisalion du sang , l'animal soumis à la, division ou à la ligature de ces nerfs devrait entrer immédiatement dans l'état d'asphyxie , comme un animal qui , par une cause quelconque,est privé de respiration. II. devrait mourir en quelques minutes; or cela n'a pas lieu.
2^ Lorsque, dans des expériences entreprises dans un autre but que l'étude de la respiration , et souvent reproduites par d'autres physiologistes , Brodic (2) opérait Tinsufflation des animaux décapités, il voyait le san(; couler rutilant dans les artères, et la vie se soutenir pendant quelques heures. 11 avait pourtant, dans ce cas, supprimé non-seulement l'action des pneumogastriques sur la respiration , mais encore celle que l'encéphale pourrait exercer par la moelle.
3" Quand on agite du sang veineux dans Tair, on voit se produire ce qu'il y a de plus apparent, ce qui parait fondamental dans les phénomènes chimiques de la resf>iration , c'est-à-dire que Tair perd de Toxygène, le sang devient écarlate, et qu'il abandonne de Tacide carbonique. La même coloration du sang , le même échange de gaz, ont lieu quand on porte dans l'oxygène, ou même seulement dans l'air, une vessie pleine de sang veineux. C'est en raison de cette réaction naturelle de l'air sur le sang que Ton a pu dire, un peu ambitieusement peut-être, que l'on artérialisait par l'insufflation le sang des poumons d'un
(f) Thèses de la Faculté de Paris, 1841, n^ 260.(rpst le trafail le plus ooosklérable, le plus complel, et peut-être le plus judicieux, qui ait été publié av cette matière.
(3) Philosophical transaction, yol..Cll, p. 36 ; 1811»
478 Dfi LA AB^PIRATiOlî.
cadavre. Si on eût médité sur les eiipériences de Spallanzani (l\ on eût reconnu que l'action nerveuse n'était pas nécessaire pour que les matières animales absorbassent de Toxygèiie et exhalassent de Facide carbonique.
4'' Si Faction spécicUe d'un pneumogastrique était nécessaire pour Tartérialisation , Facte de la respiration ne |)Ourratt s'accomplir que là où ce nerf se distribue ; or une grenoQîile , mise dans Feau courante et froide, y respire par la peau, ti exclusivement par la peau , pendant plus d'une semaine. Je montrerai que, même chez les animaux supérieurs, il se fait des phénomènes de respiration partout où Fair et le sang ne sont séparés que par des parties membraneuses très-ténues.
Ce point de doctrine bien établi , je vais indiquer en quelques mots les phases par lesquelles a passé cette question.
Bichat (2), opposant la rapidité, Finstantanéité, de Fartérialisation, ainsi que la marche prompte de Faspbyxîe à la survie assez prolongée des animaux auxquels on a eoupé les pneumogastriques, avait, avec beaucoup de raison, nié Finfluence immédiate et proc/iainement nécessaire du pneumogastrique sur Fhématose; cependant il ne lui refusait pas positivement d'intervenir.dans le phénomène.
Dupuytren (3) s'est complètement fourvoyé dans cette étude. Suivant lui , Fair et le sang sont encore mis en présonce après Finterruption des pneumogastriques ; mais la force par laquelle le poumon artérialise le sang étant paralysée , Fartérialîsalion cesse peu à peu de se faire. Si on ouvre Fartère feciale d'un cheval soumis à Fexpérience , on voit que le sang y offre de mo-. menls en moments une teinte moins claire ; puis cette teinte
(1 ) Mémoires sur la respiration. Ce» expériences me causaient un singulier déplaisir, lorsque plus jeune, et vitaliste dans le mauvais sens de l'expression, (Toyez 1. 1 , p. 116) , je voyais s'accomplir, saiM j'influence de la vie , des actes qae je ne croyais possibles qu'avec Tintervention suprême du principe vilal.
(i) Recherches sur la vie et la mort, 2« part., art. x, p. 457 ; Paris, 1^29.
(3) Bibliothèque médicaie, t. XVII, p. 1 ; 1€07.
devient foncée. Les lèvres, la muqueuse buccale , les membranes muqueuses en général prennent une couleur violacée, et ranimai meurt asphyxié. Ces choses s'observent, en effet, assez promptement chez le cheval. Mais Dupuytren expérimentait avant la dé^ couverte de Legallois ( voy. p. 457 de ce vol.) et la commission de l'institut qui accueillait le mémoire avec des expressions si flatteuses , ne conpaissait pas plus que rexpérimentateur Fexplication des accidents immédiats que cause Finterruption de Tin* flux nerveux au travers des nerfs pneumogastriques.
Dupuytren n*avait exploré qu'à moitié les phénomènes chimiques , puisqu'il ne s'était occupé que de l'état du sang dans les artères après la section des iierf^. Les expériences faites deux êm plus tard par Provençal (1) semblèrent fournir une sorte de complément à celles de notre célèbre collègue, ou en être la contre - épreuve. Provençal rechercha si l'animal auquel oh a coupé les pneumogastriques absorbe, comme avant l'opération , l'oxygène, et s'il exhale de l'acide carbonique. Les expériences forent faites sur des lopins et des cochons d'Inde. L'air analysé par l'hydrogène pour la recherche de l'oxygèâe, par Tean de chaux pour la recherche de l'acide carbonique , parut avoir perdu moins du premier de ces gaz et gagné moins du second que dans l'état normal. Toute altération de l'air cessait même de ^e produire vers la fin de l'expérience , quand l'animal touchait au terme de sa vie.
Nous dirons de ces expériences comme de celles de Dupuytren , qu'elles sont faites avant la découverte de Legallofs , et >|«'on n'y tient pas compte de Tétat de la glotte. Ajoutons que Provençal lui-même, plus réservé que Dupuytren, ne parle pas d'interruption instantanée de l'hématose , mais seulement de son afbiblissement par suite des altérations que l'expérience amène dans le tissu des poumons.
Deux expérimentateurs qui , dam l'ordre chronologique, viennent encore avant Legallois et même avant Provençal, avaient