I .1 II » I ■ I M ■ I
(1) Journal général de médecine, t. XXX VU, p. S2; 1809.
480 1>B LA ftfisraiAtio^r.
déji reconnu que les phénomènes chimiques de la respiratton n'étaient pas Hés prochainement à l'action des pneumogastriques, Ainsi Dumas, de Montpellier (l),prenant le moment oft, diezdes chiens mis en expérience , le sang commençait à prendre une teinte foncée dans les artères , poussait de Tair ou de Poxygéoe dans les poumons de ces animaux par une ouverture faite à leur trachée , et voyait le sang reprendre une teinte vermeille , ce qui n'eût pas eu lieu si Tartérialisation de ce liquide eût été liée à une force particulière entretenue dans les poumons par ks pneumogastriques. D'une autre part, M. de Blainville (3), dont le travail, à d'autres égards, a bien quelques côtés défectueux, constate dans des expériences, dont quelques-unes sont faites sûr des lapins, que les animaux opérés attirent autant d^air aa moins que ceux qui sont restés intacts; qu'ils n'altèrent pas moins l'air que ces derniers, si ce n'est quand la mort approche; et qu'ils artérialisent leur sang.
Enfin vient la célèbre découverte de Legallois (voy. p. 467 et suivantes de ce vohime). Après avoir débarrassé le pnÂlème de la complication provenant du resserrement ou de l'occlusion de la glotte (par le mécanisme décrit plus haut), Legallois voit bien que les fonctions du poumon sont troublées, que la respiration est laborieuse , que le sang, clair d'abord, devient de plus en plus foncé , que l'animal se refroidit et meurt enfin dans un état d'asphyxie, mais au lieu d'attribuer cette asphyxie à la perte que le poumon aurait faite d'un pouvoir d'ariérialiser le sang, il reconnaît qu'elle provient de ce que les altérations qui surviennent dans les poumons empêchent l'air de pâiétrer jusque dans les vésicules pulmonaires.
Depuis Legallois, à peine se rencontre-t-il un seul expérimen* tateur qui place 1 artérialisation du sang sous Vinfluenoe int" médiate des pneumogastriques, et ceux-là même qui reconnaissent que le sang brunit lorsqu'il s'est écoulé un certain temps,
(1) Bibliothèque médicale, l. XXIV, p. 3.
(2) Disêtrtaiion inaugurale, ia08^ u^ IH.
mrUJBIlCB DU 8T8TBIIB NBRVEVX SUR LA aBSnRATIOH. 48f
après Topération , attribuent cet effet à ce qu'une cause parti* culière , un obstacle provenant de la suppression d'influx nerveux , a empêché Tair et le sang de se rapprocher comme ils le Amt dans Tétat normal , pour échanger leurs gaz et réagir utileaient Tun sur Fautre. C'est dans cette explication générale que se rencontrent, sans être pourtant tous d'accord sur la nature de Tobstacle et le mécanisme de la mort, MM. Broughtou (1), Brodie (2) , Rolando (3) , Mayer de Bonn (4), Ware (6), Sédillot (6), Brachet (7), Magendie(8), Andrieu (9), Reid (10), Arnold (11), Jobert(13), etc. Parmi ces expérimentateurs, il en est qui nient, même, que le sang cesse de s'artérialiser après la section des pneumogastriques, tandis que les autres, en plus grand nombre , et ayant mieux observé , reconnaissent que le nng, quelque temps après Texpérience, prend le plus souvent, et par degrés, une teinte plus foncée par suite des lésions qui empêchent ce fluide et Tair de se rapprocher assez pour que rb'ématose s'accomplisse.
Examinons maintenant Tinfluence du pneumogastrique sur les propriétés des poumons et sur divers actes qui ont lieu dans cet organe. Cette étude éclaircira ce que nous venons de dire des effets de la section de ces nerfs.
(1) Journal de physiologie, f. I, p. 123.
(2) London philosophical (ransacUons , p. 102; 181t.
(3) Jrch, gén. de tnéd., t V, p. 126.
(4) Journal des progrés, t. IX , p. 78.
(5) The norlh Amer, med, and surg. Journal, 1828, et Journal des progrés, t. Xli, p. 19.
(6) DîMeriation inauGurale, n* 274; Par», 1829.
(7) Recherches expérimentales sur les fondions du système nen^eux ganglionnaire, 2^ édit., 1837. Il y a, à la pa^e 212, une expérience trèsconduanie.
(8) Précis élém. de physiolog., t. Il, p. 297. Leçons sur les phénomènes physiques de la vie, t. H, p< 223.
(9) Thèses de Strasbourg, 2« série, n» 7, 1837.
(10) TheEdinb. med. and surgic. Journal, t. LVlll, p. 109, 1837, et Gax. méd„ 1837, p. 74.
(1 1) jirch. gén. de méd., 3* série, t. VUI , p. 45a (13) ÉUides sur le système nerveux, 1 1 , p. 320.
482 DE LA BESnRATIOBr.
lBfl«eaee da y— i»g— lri%— mut te «curtMlMé ém
Le moment n^est pas venu encore de traiter de h sensation du besoin de respirer. Quant à la sensibilité générale du poumon, elle est très-peu marquée à Tétat sain. C'est un de ces viscères dans lesquels on peut, suivant Fexpression de Haller, planter le scalpel sur un animal vivant sans lui causer de don* leurs bien vives. Néanmoins la membrane interne qui tapisse les bronches est impressionnée par le contact des mucosités qu^elle produit, et le serait aussi par le contact de tout autre corps qui serait amené à sa surface. Gardez-vous bien de croire que cette sensibilité puisse être, en aucune manière, comparée à celle que la nature , dans sa sagesse infinie , a accordée à la membrane muqueuse qui tapisse les lèvres de la glotte, et, peut*étre, à toute la cavité laryngienne. Qu'une goutte de liquide, qu'une parcelle d'aliments , vienne à s'engager dans le larynx, vous voyez se développer à Tinstant un accès de toux convulsive, un état d'angoisse très- prononcé. Le même liquide introduit dans le tuyau aérien n'y causera pas une réaction aussi vive. Que les chirurgiens n'oublient pas qu'un corps étranger, introduit dans les voies aériennes , pourra y être contenu encore , bien que les accidents spasmodiques qui ont accompagné son introduction aient cessé. Si en effet ce corps , arrêté à rentrée d'une bronche , a cessé d'être ramené vers la glotte, à chaque expiration, la toux convulsive cessera , mais le danger existera encore.
Sans être très-vive , l'impression que les substances liquides ou solides développent dans la membrane muqueuse des voies aériennes est suffisante pour faire naître la toux, qui doit la libérer de leur contact.
Cette aptitude à être impressionné par les corps étrangers , c'est le pneumogastrique qui l'entretient daas le tuyau aérien; c'est lui qui transmet ces impressions au centre nerveux. M. Brachet (i) s'est appliqué a donner la démonstration de cette
(1 } Rech, cxpérim. sur les fond» du syst. Mrv. ganglion.» ^ édit ; 1837.
INFLUENCE DU SYVtkWOi NERVEUX SUE LA RESPIRATION. 4SS
propriété dû nerf. Des liquides irritants qui, Introduits dans les TOies aériennes d'un animal intact , provoquaient à Tinstant la tOQX , étaient supportés lorsque les pneumogastriques avaient été divisés. II en était de même de petites boules suspendues dans la cavité de la trachée.
Noos avons vu que des mucosités, une sérosité écumeuse, quelquefois sanguinolente , avaient été trouvées dans les voies aériennes des animaux morts des suites de la section des pneumogastriques. Ces liquides devaient effectivement y séjourner, puisqu'aucune impression ne provoquait leur expulsion, soit par des mouvements volontaires, soit par des mouvements réflexes. II y a donc là un premier obstacle à ce que Pair pénètre jusqu'au sang.
laflneBce un pneuaMCMitH^ae sur le« «MilraMtoiui éem tujmma,
J^ai fait connaître, t. III, p. 296, les fibres musculaires qui entrent dans la composition des tuyaux aériens des bronches. Dans le même article, j'ai exposé les preuves de Virritabilité des bronches , et assigné la part du pneumogastrique dans Tentretien de cette propriété. Je vous renvoie à cette partie de mon cours.
Voilà, Messieurs, une deuxième cause de stase des liquides dans les divisions bronchiques, et par conséquent , un deuxième obstacle à ce que l'air aille se mettre en contact médiat avec le sang. Ainsi les mucosités, la sérosité écumeuse , séjournent dans les tuyaux aériens, dHine part faute d'être senties, et d'autre part , faute de contractions musculaires dans les tuyaux aériens. Si on injecte de Teau dans la trachée de deux chiens , dont l'un aura subi la division des nerfis vagues, celui-ci sera asphyxié, Tautre non (I).
Bordach assigne une antre influence encore à la perte du pouvoir contractile des poumons. 11 pense que l'air, vicié par la
(1) Bracbel, Rech. expérim, sur les fondions da sjrstéme nerveux ganglionnaire j 2« édit. ; 1837.
484 DB LA flBSPUATKHI.
respiratioD , séjourne dans les extrémités des ramoscales bronchiques, faute des contractions, qui, dans Tétat ordinaire , expulsent ce fluide, et entretiennent ainsi le renouvelleaient de lair dans les vésicules bronchiques (1).
m exerce pestfani l'IneplraileB ei l*esiMmtleM.
Ccst pour être méthodique que je place ici cette question, dont vous connaissez déjà la solution. J'ai refusé au poumon toute participation active dans son mouvement de dilatation, et par conséquent dans Vinspiraiion (t. 11, p. 282), je ne puis donc admettre que la section des pneumogastriques puisse enlever au poumon une faculté qu'il ne possède pas. Je rejette formellement Topinion d'Emmert (2) à ce siiyet.
J'ai accordé , au contraire , au poumon une part très-notable dans V expiration. Cet organe revient sur lui-même, 1<» par son élasticité (t. Il, p. 291 ), 2^ par la contractilité du tissu irritable dont il a été question précédemment. La première propriété ne peut être lésée par la section du pneumogastrique, car les phénomènes d'élasticité ne sont point régis par Faction nerveuse, et persistent sur le cadavre aussi longtemps que Tétat physique des parties a été maintenu. Il n'en est pas de même de la seconde; nous nous en sommes expliqué dans Tartide précédent.
iBflneBce eu pMenaiecMi^rl^ue mnv le« séeréllewi ei l^ekeeriptteM
4m1 0e féni dene le« iuyenz aériens.
L'accumulation des mucosités ou plutôt de sérosités écunieuses dans les ramifications bronchiques après la section des pneumogastriques pourrait faire penser que la sécrétion est plutôt augmentée que diminuée quand le nerf a cessé 4*&gir; mais j'attribue cet engorgement des bronches, d'une part, à ce
(1) Traifé de physiologie, l. IX , p. 609.
(2) KeWnZjirchiv, fUr physiologie, B. IX, S, 409.
que les liquides n'en sont plus expulsés; de Tautre, à ce que rembarras survenu dans la circulation pulmonaire, et ultérieurement peut-être le changement dans la composition du sang , sont suivis de transsudation de liquides tant dans les ramifications bronchiques que dans les cellules et la trame même du poumon.
Quant à Y absorption, elle serait tout à fait supprimée dans le poumon, privé de Tinflux du pneumogastrique, d'après M. Dupay(l). Un litre d*eau-de-vie à 20 degrés, injecté dans les voies aériennes de chevaux trachéotomisés, et ayant subi la section de la huitième paire, n'a point, dit-il, causé les effets ordinaires de Tingestion de ce liquide, tandis qu'un demi-litre, à 10 degrés seulement, injecté dans les voies aériennes d'un autre cheval trachéotomisé, mais ayant les pneumogastriques intacts, a développé chez lui tous les accidents de Tivresse.
J'ai nié a priori, en me fondant sur la connaissance du méca« nisme des absorptions éventuelles, la nécessité prochaine du concours du système nerveux pour qu'elles s'effectuent (voyez t. II, p. 660). Je n'ai pas changé d'opinion. Si l'alcool a pénétré moins facilement dans le premier cas que dans le second, cela tenait à l'engorgement des bronches et à l'embarras de la circulation pulmonaire. Il est inexact d'ailleurs de dire que l'absorption a cessé de s'effectuer dans les poumons après la section des pneumogastriques. Si M. Dupuy eût injecté, au lieu d'alcool, l'extrait alcoolique de noix vomique , à l'exemple de M. Ségalas (2), il eût vu se développer le tétanos chez les animaux mis en er périence, soit qu'il leur eût ou non coupé les nerfs pneumogas* triques. M. Ségalas affirme même que le tétanos survient ausst rapidement dans un cas que dans l'autre. M. Longet (3), qui a répété l'expérience, a observé que l'intoxication était plus rapidement funeste le premier jour que le deuxième et le troisième. L'absorption devient donc moins facile à mesure que l'engorgement pulmonaire se développe.
(1) Areh, gén. de méd. , t. XXIV, p. 2S9; 1827.
(2) jirch, gén. de méd., t. X, p. 316.
(3) JnaianUe du sx^iéme nerveitx , u 11 rP- 302.
486 DB lA RBSnilATlON.
L'apparence du sang chez les animaux qui ont luccomU par le fait de la division des pneumogastriques offre quelques ptp» ticularités. L'état de coagulation de ce liquide a fhippé le plus grand nombre des expérimentateurs. Les caillots se trouvent non-seulement dans les divisions des vaisseaux pulmonairet, nali dans les cavités du cœur. C'est peu à peu , et «près «voir tn* versé le poumon, que le sang prend cette disposition à se coi^ guler. Si l'action était instantanée , ce serait dans les cavités gauches du cœur qu'on trouverait des grumeaux ou des caillots, et il n'y en aurait pas dans les cavités droites. Noas avons dit plus haut, d'après Mayer (de Bonn), que les eaillots étaient d'autant plus consistants que l'animal avait résisté plus longtemps, et que, dans ce cas, ils prenaient une teinte d'un Manc grisâtre.
Ceux qui ont fait beaucoup d'ouvertures de cadavres savent qn'on rencontre cet état du sang chez le plus grand nombre des individus, quelle que soit la cause de la mort. On a donc pu soo^ tenir que les caillots observés chez les animaux dont lei nerfs vagues avaient été liés ne s'étaient formés qu'après là mort, et que c'était un état cadavérique. M. Andrieu (I) affirme que la sang est toujours fluide lorsqu'on pratique l'ouverture du corps immédiatement après la mort de l'animal. Les expériences de M. Longet (3) démontrent qu'il y a bien réellement formation de caillots avant la mort. M. Longet a tué les animaux auxquels il avait coupé les pneumogastriques, au lieu d'attendre leur mort. Au bout de vingt heures, quand il n'y avait point d'en* gouement pulmonaire , le sang était très-fluide ; après trente-six heures, des caillots noirs très-volnmineux, ayant la conaistinee de gelée de groseille, ont été rencontrés dans tes oreilettes, les ventricules du cœur, l'artère pulmonaire , et l'aorte, à l'origine
(1 ) Thèses de Strasbourg , 2* série , n« 7 / 1937.
(2) Anatomie et physiologie du système netvmtc, t. H, p*.80S.
Hf FUJBIVCE DU STSTBilB BTEftVBUX BUR LA RESPIUATIOBT. 4/0
de ces vaisseaux. Déjà l'engorgement pulmonaire é(ait manifeste dans certains points. Vers le troisième , et surtout vers le quatrième jour, Tengorgement étant porté au plus hant degré, M. Longet a trouvé «des caillots solides, décolorés, jaunâtres , insinués entre les colonnes charnues des ventricules et des oreiU lettes; il y en avait quelques-uns dans les artères et les veines pulmonaires , jusque dans leurs ramifications. »
Dupujr a cru voir que la proportion de fibrine diminuait dans le sang , ce qui ne se concilie guère avec la coagulabilité plus grande de ce liquide. Dupuy n'a pu faire d'analyses exactes du sang. Je tiens de M. Clément, qui s'occupe en ce moment de recherches k ce sujet , que le sang perd en traversant le pou* mon une plus grande proportion d'eau ; que la proportion de fibrine, d'albumiue et des globules y augmente (1) ; ce serait donc, comme le disait Yieussens, une sorte d'épaississement du sang. Suivant Mayer (de Bonn), les pneumogastriques contribuent k entretenir la liquidité du sang ; de là la formation de caillots , quand ces nerfs sont divisés. Je reprendrai, à propos de la température animale et de la nutrition , les vues théoriques qui se rattachent à cette modification du sang.
Des altérations du sang, beaucoup plus profondes que celles dont il vient d'être question , seraient , suivant Dupuy, la conséquence de la division des nerfs vagues. Cet expérimentateur dit avoir fait uaitre des tumeurs charbonneuses chez les animaux auxquels il avait ipjecté de ce liquide dans les veinesfou le tissu celhilaire. Cette assertion est si contraire à ce qu'on sait de la spécificité des affections charbonneuses , que je ne suis pas étonné de la voir formellement contredite par les expériences de M. Sédillot (â) et par celles de M. Longet (3).
(1) Une fois pourtaDt, dans une expérience que je faisais faire dans un autre but, la proportion des globules te trouva diminuée, et, chose remsrquable, le sang extrait de la jugulaire du cheval, dix heures après la section des pneumogastriques , était presque aussi rutilant que du sang artériel.
(2) Thèses de Paris, 1828, n» 274.
(8) diULUmie du ^Mmê nerveuse, U 11, p. 805.
ttS DE LA aSSMEATIOll.
La coagulation du sang pourrait bien être tout simplement la conséquence de l'embarras qui survient an bout d*ua eerlain temps dans la circulation pulmonaire.
laflaenca éem puemmm^mBMtsmMÈ sur lu elfmriAilMi
L'engorgement des poumons, les inflUrations sangnines , les plaques foncées qu'on y observe , dénotent que la cîrculatioQ capillaire se trouble dans les poumons après la division des pneoroogaslriques. La section de ces nerfs peut intervenir dedeni manières dans la circulation capillaire: d'une part, en changeant, dans les petits vaisseaux, l'état organique et les propriétés qui assurent le passage du ang au travers de ces vaisseaux; d'une autre part, en altérant la composition de ce liquide, car on a constaté que diverses altérations introduites à dessein dans la composition du sang modifiaient singulièrement la ftidlité qu'il a à traverser les capillaires.
Conclusion. L'espèce de décomposition ou d'analyse que nous venons de foire, en autant d'articles séparés, des propriétés du poumon , la démonstration que nous avons donnée de Tintervention du pneumogastrique pour le maintien de ces propriétés , l'exposé des lésions orj^.aniques qui surviennent dans les poumons lorsque cette intervention est supprimée, nous permettent de concevoir comment V hématose, bien quelle ne soit pas sous la dépendance procliaine des nerfs vagues, finit par se ralentir, et même par s'interrompre, par les progrès des altérations du poumon , lesquelles ne permettent plus à l'air et an sang de se rencontrer d'assez près pour réagir utilement l'un sur laulre , de sorte que Tanimal finit par succomber dans une sorte d'asphyxie.
II se présente ici deux difficultés que je ne veux pas dissimuler.
Voici la première. Nous voyons bien comment un certain ensemble de lésions de poumon , et la perte de quelques-unes de ses propriétés , peuvent amener la mort par interruption finale de l'hématose. Nous pouvons bien aussi déduire, les unes des
nVFLinBlICE DU SYSTEME NERVEUX SUa LA RESPIRATION. 4W
RUtres, plusieurs des lésions du poumon. La perte de seasibilité et de conlractililé des bronches nous explique la stase du mucus et des fluides écumeui dans ces conduits; rembarras de la circulation pulmonaire, et peut-être Faltération du sang, nous expliquent la transsudatiun de fluides séreux ou séro-sanguinolents dans les vésicules et les tuyaux bronchiques. Le passage p!us difficile du sang dans les capillaires peut être la cause de sa coagulation; celle-ci à son tour peut, si elle est primitive, et alors même qu'elle est consécutive, introduire une gène dans la circulation , elle contribue à Fengouemcnt du poumon, etc.; mais il est très-difflcilc de dire quel est , dans tout cela , le fait initial; il n'y a de positif, au début, que la perte de sensibilité générale et de contraclilité des bronches.
La seconde difficuUé est plus sérieuse. Les altérations dont nous avons donné le détail manquent parfois chez des animaux qui n'en ont pas moins succombé par le fait de la section des pneumogastriques. Des faits de ce genre ont été rapportés par Provençale!), par M. Gho$sat(3), parBurdach(3), par M. Sédillot(4), et par M. Ândrieu (5). Comment expliquer la mort dans ces cas? Je ne puis croire que les animaux meurent de/ro/J, comme le dit M. Ghoisat. Rien n'autorise à dire qu'ils meurent par le cœur, ou que Tabsence de digestions tue si promptement un mammifère. Serait-ce que les respirations devenant de plus en plus lentes, elles ne suffisent plus pour hémaloser le sang ? J'ai quelquefois agité celte question dans mes cours. La lenteur des mouvements respiratoires, l'expansion incomplète des poumons, ont été regardés par M. Ândrieu comme le point de départ des altérations qu'on remarque dans les poumons , et comme pouvant suffire seules à expliquer l'asphyxie , quand il n'y a pas d'altérations organiques. Arnold (6; fait tout dépendre aussi de la
(1) BuHelin des sciences méd., t. V, p. 361.
(2) Thèses de Paris, 1820, n» 126.
(3) TYaité de physiologie , t IX , p. 506.
(4) Thèses de Paris. 1829 . n» 27 1.
(6) Thèses de Slrasbour^, 1837, n** 7.
(6) Uber den Bau des Hirns und Ruckenmarks (eilrail dant Jrtk. gén. • méd, 3*s^rie, t. VIII, p. 415}.
490 DE LA RESPIRATIOll.
lenlear des respirations; enfin Burdach (1) est d*opinion que la perte de contractilité des bronclies fait séjoaraer, dans leurs extrémités, Tair chargé diacide carbonique^ de sorte que rairrespirable ne serait plus admis en proportion suffisante pour artérlaliser le sang. I^ science n*ofFire pas d'éléments safHsints pour la discussion de ces opinions.
Les deux nerfs pneumogastriques entrent dans la composition du plexus nerveux qui couvre la racine des bronches. Ils ne s'y distribuent pas de telle sorte , que chaque poumon n*ait de provenances que du nerf qui lui correspond. L'entrelacement des rameaux qui constituent le plexus fait que le poumon droit reçoit quelques filets du pneumogastrique gauche , et le poumon gauche quelques filets du pneumogastrique droit. Cette circonstance anatomique vous permettra de concevoir comment il y a tant de différence entre les résultats de la section des deux nerfs et ceux de la section d*un seul , la première expérience étant de nécessité mortelle et la seconde ne causant que rarement la mort.
Cette solidarité entre les deux pneumogastriques n'est pas telle que les deux poumons fonctionnent également bien. La persistance de la vie tient plutôt à ce qu'un seul poumon peut artérialiser le sang à un degré suffisant pour que l'animal ne périsse pas faute d'hématose. Lorsqu'on a ouvert les animaux qui avaient survécu à cette opération, et ceux, en plus petit nombre, qui en étaient morts, on a le plus souvent constaté que le poumon , du côté où on avait coupé le pneumogastrique , était loin d'être sain. On l'a trouvé engoué, hépatisé, peu perméable à l'air et au sang (*2). M. Magendie (3) a vu le poumon auquel appartenait le nerf divisé , « dans un état d'altération tel, qu'il ne pouvait plus servir à la respiration. » On a quelquefois trouvé
(1) Traité de physiologie, t. IX , p. S09.
{!) Lonoet , Anatomie du système ne/veux, t. H , p. 900.
(:i} iléments de physiologie, t 11, p. 367; 1826.
INFLVEIVCB DU STSTilOS NBEV£CJX gUR LA BESPIRATIÛN. 40t
des tubercules dans le poumon du côté opéré. Cette altératioa existait dans une des observations de M. Sédillot. Dans un autre cas, recueilli par Descot et Béclard (1) , il existait un foyer purulent dans le poumon; la cavité pleurale contenait du pus san» guinolent. M. Jobert (2) a signalé l'obstruction des vésicules pulmonaires, un état d'atrophie du poumon, qui est devenu moins crépitant que celui du côté opposé.
Toutes ces lésions nous montrent que le pneumofjastrique exerce une influence importante sur la constitution organique du poumon , et que l'interruption d'un de ces nerfs ne serait pas chose insignifiante (3). Quelquefois les animaux opérés succombent. Sur 12 lapins, auxquels Fontana (4) avait réséqué Fun des pneumogastriques , il y en eut 3 qui succombèrent.
Ces lésions se développent progressivement. Au troisième jour, M. Longet (5) n'a observé qu'un peu d'emphysème qui pourrait bien , comme cet expérimentateur le fait observer, tenir à la paralysie du pouvoir contractile du poumon. Au septième jour, il y a moins d'emphysème, et quelques points sont engor* gés. Au quinzième jour, le poumon, encore susceptible d'être insufflé, est cependant généralement engoué, et contient des mucosités écumeuses dans les bronches. Au bout de six semaines, certaines parties sont complètement imperméables à l'air et au sang.
Cependant, comme je lai dit, la plupart des animaux résistent, les chiens plus que les lapins. «Si on ne coupe qu'un seul nerf, dit Dupuy (6), les chevaux n'éprouvent qu'une incommodité passagère , le sang change à peine de couleur, ils guérissent très-bien, t Fréquemment aussi , le poumon dont le nerf avait été coupé s'est montré aussi sain que celui du côté opposé. Dupuy tren, M. Sédillot, et autres, ont vu ces exceptions. Il n'est
(1 ) Thèttf de ParU , 1822 , n*> 233, p. 90.
(2) Études sur le âystême nerveux, p. 321 .
(3) Un docteur en médecine amena un jour à ma coniulUlion , à rbdpitti Saiut-Antoine , urin de ses malade» , à laquelle il me priait de réséquer un det nerfs poenmoGastriques pour la guf^rir d'une névralgie ! ! !
(4) Du Fenin de la vipère, 1. 11 , p. 181.
(5) Analomie du système nerveux, t. Il, p. 351.
(6) Journ. gèn, de mèd., t. LXXI, p. 09.
491 DE tA EBSraiATItllf,
pas impossible que Tabsorption ne fosse disparaître les lésions du poumon à mesure que Tanimal se rétablit. Un chieo, examiné par M. Magendie, six mois après l'opération, avait les poamoas parfaitement sains. La résorption du sang épanché dans les poumons a été constatée par M. Jobert.
Après avoir constaté qu'un animal pouvait vivre après la seetion complète d'un des pneumogastriques, on a eu Tidée de restreindre encore, sans pourtant Tannihiler complètement , l'aclkNi de ces nerfs. Pour cela, on a divisé une partie plus ou moins considérable de répaisscur du nerf. Dupuytren(l) s'est assuré que la sixième partie, et quelquefois même une fraction plus petite encore , suffisait pour entretenir la respiration. A la vérité, il faut que Fanimal soit en repos; dès qu'il se livrée quelques monvements,ce qui reste du nerf ne peut plus entretenir Taction du poumon. Dans des cas où Dupuytren avait coupé, d'un c6lé, toute répaisscur du pneumogastrique d'un chien, et de l'autre, la moitié de l'épaisseur du nerf , il laissa vivre l'animal pendant un mois, et ne trouva à l'ouverture du corps aucune lésion dans les poumons. La même expérience a été faite par loi sur un cheval, avec le même résultat.
Dupuy (2) a pratiqué aussi des sections partielles des nerfii vagues ; ses résultats ne contredisent pas ceux que Dupuytren t obtenus. «Si , dit-il, on coupe entièrement lun des deux nerfi, et la moitié du deuxième, les chevaux éprouvent d'abord toos les accidents qui suivent la section entière des deux nerfs de la paire vague, mais ces accidents se calment au bout de quelques heures, ils guérissent très-bien ainsi, y» Bien plus, un cheval au* quel on n*avait laissé qu'un septième de l'un des nerfs , l'autre ayant été coupé , jouissait d'une bonne santé apparente un mois après l'expérience.
(1) Bibliothèque mid., t XVII , p. 21.
(2) Le Censeur médieai.
mruTBMK MJ mii» iinvBtJx sum la rcspiratioii. MB
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Les oiseaux meurent comme les mammifères si on divise leurs eifs pneumogastriques, mais ils ne meurent pas par le pouiod; c*est Finterruption ou le trouble des digestions, par suite sla paralysie musculaire du gésier, qui cause leur mort. (Test ce ii't bien vu M. de Blainvilie (I), qui a eu le tort de généraliser, , d'appliquer aux mammifères ce qu-il avait observé chez les igeons. M. Sédillot (2) signale aussi le peu d'influence que section des ncrFs vagues exerce sur la respiration des oiseaux, ei sacs dans lesquels Tair se répand chez ces animaux servant à respiratioD, il est clair, dit-il, que la section des nerf^ vagues, ii ne se répandent pas dans ses poches, n'y pourrait troubler la ispiration. Mais j'ai dit ailleurs (t. III , p. 314 ) que ces sacs, si m vasculaires , ne pouvaient jouer un rôle direct dans Fartéalîsaiion du sang. Du reste, il ne faut pas s'exagérer Tinnolité de la section des nerfs pneumogastriques relativement aux actions des poumons des oiseaux. Rolando (3), qui a expéri* enté sur des coqs d'Inde , a vu que les parties vasculaires de léte de ces animaux prenaient une teinte de plus en plus fon» le, à mesure que l'animal s'affaiblissait, et que cette teinte issait même au noir, comme celle des ecchymoses. S'il opérait respiration artificielle, à l'exemple de Dumas, il rendait à ces irlies la couleur rouge qui leur appartient/ La crête devenait temativement rouge et noire, suivant qu'on pratiquait ou i^on interrompait l'iiisulflation. Arnold a vu la coloration eae et noirâtre sétablir dans les crêtes des coqs et des poules nquels il avait coupé les nerfs vagues. la section des pneumogastriques est suivie chez les poissons
CD Tbèses de Paris, 1908, n« 114.
12) Tbètct de Paris , 1829, n<> 274.
(3} Jrch. gén. de méd. ^ t V, p. 126.
404 DE LA mBftPIBAtlOlir.
de Tarrét du mouvement communiqué aux brandiies (1); elle cause promptement la mort de ces animaux.
Quant aux reptiles , ils sonfFrent moins promptement que les autres vertébrés de la division des neri^ vagues. Une tortoe sœoomba au bout de dix jours , une autre était encore Tirante aa dix-septième jour.
Influence du grand sympat/iique sur les fonctions
du poumon.
Le plexus pulmonaire contient, avec une grande fnroportioii de filets du pneumogastrique , un certain nombre de filets pnh Tenant du grand sympathique. 11 est important que je tous rappelle d*oû viennent ces derniers. Je réclame ici de tous on peu d'application , non que je doive consacrer un grand nombre de lignes à ce sujet , mais parce que certains détaib anatomiqoes seraient complètement perdus pour tous s'ils n'étaient interprétés.
Vous savez que le grand sympathique a Vapparence d*on long cordon, étendu de chaque côté du rachis» depuis la biseda crâne jusqu'à la partie inférieure du sacrum, et entrecoupé de ganglions, d'espace en espace. Les filets pulmonaires proviennent principalement de la partie de ce nerf qui occupe le bas du cou et le sommet de la poitrine ; ils Tiennent par conséquent du ganglion cervical inférieur, et d'un ou deux des ganglions thonciques les plus élevés.
Ceci posé , si, comme beaucoup l'ont cru, vous supposez que le nerf prenne en haut son origine anatomique et la source de son influence , il vous semblera que quand on a coupé le cordon qui descend du ganglion cervical supérieur au ganglion qui est au bas du cou , on a supprimé l'influence du grand sympatUiqae
(1) Desmoulins , Anatonùe du système nerveux des aiUnum» à vertébres, t. Il, p. 745^ On ne voit pas bien comment la paire vague peut interTCDir dans le moufementdes opercules, qui pandNMit n^par la daquième ou plutôt par la sepUème paire.
UVFLCJENOS DU SYgTiHB NBAVBUX SUR IJi HESPIRATION. Al
WT ce poumon. Eh bien I Messieurs , il n'en est pas ainsi; on n'a sopprimé qu'une très-minime portion d'influx nerveux du grand sympathique sur le poumon. En effet , le grand sympathique prend des filets d'origine au niveau de chaque trou de coqagftison ; ce sont les nerfs rachidiens qui les lui donnent , de sorte qne le nerf soutire sa puissance de toute la longueur de la moelle épinière. Il faudrait donc couper tout à la fois le cordon cervi* cal, et les neri^ qui procèdent des ganglions placés au bas du con et au sommet de la poitrine , pour détruire toute influence du grand sympathique dans le poumon. Avant d'examiner ae qa*OD a ftit , j'ai encore une notion préliminaire à vous donner.
Chez l'homme , le cordon cervical du grand sympathique et te nerf pneumogastrique sont parfaitement distincts; mais chez la plupart des quadrupèdes, et notamment chez ceux qui ont servi aux expériences des physiologistes , notamment le cheval el le chien , les deux nerfs sont compris dans la même gaine celluleuse, et fortement unis l'un à l'autre , de sorte que la section des pneumogastriques a été compliquée de la section du cordon cervical du grand sympathique.
Les quadrupèdes chez qui on observe la même disposition que chez l'homme sont probablement peu nombreux. BischofF(l) eite le cochon, la taupe d'Europe, le rat sauvage, et le lapin; enoore fiint-il agir avec précaution chez ce dernier animal pour épargner le grand sympathique quand on divise les pneumogastriques. Suivant Petit (3) , les deux nerfs sont disposés chez le singe comme chez Thomme. Chez les oiseaux , la disposition est bien différente; le grand sympathique est caché dans le canal qui reçoit Tartère vertébrale, ce qui avait fait croire à Bichat que le nerf était interrompu à la région du cou.
Abordons maintenant la question posée en tète de cet articlCé
Laaeetion dn cordon cervical du grand sympathique n'est pas la cause des accidents qu'on observe chez les chiens et les che*
(1) Iferui accessorli fTiUisU anal, ttphydol, in4o ; Dimist , iftàt
(2) Histoire de l'Acttdémie dei èdences, p. 6 } 1727.
196 DB LA «sariRATiOif .
vaux sur lesquels on a divisé ce nerf en mime temps que le pneumogastrique auquel il est uni. Nous savons qu'on n'a, en effet, privé le poumon que d'une bien petite partie de TinflaeDoe du grand sympathique. Pour faire la part de ce dernier nerf, il ftiudrait, sur une même espèce animale, couper le pneumogaatrique tantôt avec le grand sympathique , tantôt sans loL Dih puytren (1) dit Tavoir fait sur le cheval, et avoir observé qœ Tasphyxie était plus, prompte quand on coupait les deux neift que quand on s'était borné à la section du nerf vague. Suivant Shaw, il est difficile de croire que Dupuytren, bien que très* habile, ait pu opérer sur le cheval vivant une séparation qu^oi peut à peine produire sur le cadavre ; mais la chose n'est pas si difficile que le suppose Tau leur anglais. Sur le chien, la diose est moins difficile encore. M. Longet (2) Ta pratiquée, et n*a pas vu que la conservation du cordon cervical du grand sympathique ait rien changé au résultat principal de rexpérience. Même observation sur les lapins.
Il y a une contre-épreuve plus significative â mon gré, et à laquelle il ne me semble pas qu'on ait pensé. J'ai vu plusieurs fois couper le cordon cervical du grand sympathique, chez des lapins , sans lésion du nerf vague ; or, dans cette expérience , pratiquée pour constater la singulière modification que cela produit dans la température de Toreille du côté où Ton opère , j'ai constaté que nul dérangement appréciable ne survenait dans la respiration. On n'avait, à la vérité, opéré que d'an côté.
Ciomme on ne peut atteindre sûrement aux filets que le grand sympathique fournit aux plexus pulmonaires , il est impossible de donner une solution expérimentale à la question que nous traitons; il ne nous reste que l'induction. On a dit que eelles des propriétés du poumon que la section des pneumogastriques n'avait pas détruites étaient entretenues dans cet organe par le
(1) Bihliolh. médic. , t. XVII , p. 22.
(2) Jnatomie du sxstéme nerveux, t. Il , p. Mli5»
nmiENGfi DU ST8TÈII£ NERVEUX SUR LA RESPIRATION. 497
gmd sympathique. Cette induction parait rigoureuse, cepen* dntdle peut conduire à Terreur.
JlditiTeiDent à Vartérialisation du sang , M. Longet , rccon- ■Mint qu'elle n'est pas empêchée immédiatement par la divirion des nerB vagues, en conclut qu'elle est sous la dépendance ia grand sympathique. Ce raisonnement suppose que Tartéria- Intloo ne peut se faire sans le concours de l'action nerveuse. ici considérations que j'ai exposées page 477 de ce volume ioot contraires à celte croyance. La sensibilité des voies aériennes étant détruite lorsqu'on divise les pneumogastriques , il ne pa« rail pas^que le grand sympathique soit destiné à la transmission -des impressions que les substances étrangères ou les mucosités déterminent sar la membrane qui tapisse la trachée et les bronches (pag- 296 et suiv. de ce volume).
J'en dirai autant de la contractilité des bronches, qui est mise en jen par les irritations portées sur les pneumogastri^ ques, et qui est abolie quand ces nerfs sont coupés ( pag. 296 et 483 de ce volume ). ^
Quelle part d'influence peut-on donc conserver au grand sympathique dans les fonctions du poumon ? 11 intervient dans les phénomènes de sécrétion, de nutrition proprement dite, et peut-être de circulation capillaire. Nous avons vu que la sécré** lion bronchique est plutôt augmentée que supprimée aprôs la division des nerfs vagues. Quant à la nutrition du tissu du poumon, et à sa circulation capillaire, elles sont à la vérité modifiées par la division des nerfs vagues , mais elles ne sont pas détraites.
J'examinerai plus loin si le grand sympathique intervient comme conducteur dans la sensation du besoin de respirer.
Influence du nerf facial sur la respiration.
Ch. Bell a désigné ce nerf sous le nom de nerf respirateur
de la face. L'expression est impropre , puisqu'il ne sert pas plus
à la respiration qu'à l'expression des passions, à la parole, au
jeu des paupières, aux mouvements des lèvres et des joues pour