‹ Cours de physiologie (volume 2)Chapitre 32 sur 66 · DE LA AE8MRATIM · texte numérisé non relu

DE LA AE8MRATIM

du corps est morl en apparence, les muscles de la respiration se contractent encore (I).

La doctrine de Bell est présentée par lui d'une manière extrêmement séduisante. Les observations physiologiques et pathologiques sur lesquelles il Fappuie resteront dans le domaine de la science; mais elles n'ont pas besoin , pour être expliquées , de Xhypotlièse analomique qu'elles semblent destinées à appuyer. La critique peut porter ici, et sur la création de nerfs respirateurs ou surn/outés , et sur l'existence d'un cordon de la moelle spécialement affecté à la transmission des incitations qui mettent en mouvement les muscles respiratoires.

En ce qui louche l'existence d'un ordre spécial de nerfs suriyoufés par la respiration, j'ai depuis 20 ans exposé dans mes cours les motifs qui me la faisaient rejeter. I<e nerf facial ne préside pas seulement aux mouvements respiratoires et expressifs de la face; il anime encore, et sous l'influence de la volonté , les muscles des lèvres et des joues, pour les actes de la mastication, et Bell s'était trompé, quand il avait mis ces derniers mouvements sous la direction du nerf trifacial. Rien n'autorise à créer pour le nerf diaphragmatique une origine distincte de lorigine des nerfs destinés aux actes commuas de la locomotion; il est impossible de distinguer, dans les racines qui le forment, ses filets propres de ceux des nerfs, qui procèdent des mêmes racines. La même remarque s'applique au prétendu nerf respirateur externe, qu'on ne peut, en aucune façon, distinguer à sou origine des autres nerfs de ce plexus. On ne voit pas pourquoi, sous le nom de nerf^ surcy'outés, on distinguerait les nerfs du grand dentelé, des nerfs thoraciques qui vont au grand et au petit pectoral , des nerfs qui vont aux scalènes, des nerfs qui procèdent de l'anse nerveuse de l'hypoglosse et de la deuxième et troisième paire cervicale , et qui animent les muscles

(1) Il ne faut attribuer ni à Ch. Bell ni à Sbaw Texposé textuel qu*on rieot de lire de leur doctrine ; c*est après ni*étre pénétré de leurs idées que j'ai esMyé de Un présenter dans ce tableau raccourci.

INFLUENCE DU SYSTEME NERVEUX SUft LA RESPIRATION. 6 1*3

sous-byoîdiens , employés souvent dans les respirations exagérées. Rien ne juslific celle distinction (en deux classes) des agents de la respiration , dont les uns, comme les nerfs intercostaux, appartiendraient au système régulier et général des nerfs, et les autres à une classe de nerfs surajoutés. Le nerf glosso-pharyngien est surtout un nerf de sentiment , et on ne voit pas en quoi il participe aux phénomènes mécaniques de la respiration. Ce nerf d'ailleurs , aussi bien que le pneumogastrique, naît sur les corps restiformes, et non sur la colonne latérale où s'insèrent le facial et le spinal , etc. etc.

Le rejet de la doctrine de Gh. Bell touchant les nerfs respi-râleurs ou surajoutés n'entraîne pas la même conclusion pour ce qui concerne l'existence de voies spéciales dans la moelle pour la transmission des excitations qui font contracter les muscles de la respiration. Mais nous n avons aucune démonstration expérimentale à l'appui de l'opinion que cette transmission ait lieu plutôt par les cordons latéraux que dans toute l'épaisseur des cordons antéro-latéraux. M. Longet fait observer que la section des cordons antérieurs, proprement dits, n'arrête pas les mouvements respiratoires (i). 11 faudrait, pour avoir une démonstration complète, que la section isolée des cordons latéraux enrayât ces mouvements. Malheureusement cette section isolée n'a pu être pratiquée.

Puisque le principe excitateur des mouvements respiratoires ou plutôt le point initial de l'excitation portée aux muscles respirateurs ne siège pas dans la moelle épinière , il faut le chercher dans l'encéphale. Nous allons élndier à ce point de vue l'action des lobes cérébraux, du cenxkt, de la protubérance aiumlalre, et du bulbe raclUdien.

Le cerveau n'est pas le siège unique de la volonté , mais il en est le siège principal. Or la volonté peut accélérer, ralentir les mouvements respiratoires, modifier leur rhylbme, leur énergie,

(I) Traité de physiologie ^ t II , p. 100. L'auteur est parrenu à diviser A la fois les cordons antérieurs et postérieurs à la région du cou ; les mouvements respiratoires se sont maintenus.

514 DE LA KESPIKATION.

pour les besoins de la phonation , du chant , de Teffort , et de divers actes où Teffort intervient. Le cerveau a donc prise sur les mouvements de la respiration. Oui , et cependant ce n'est pas dans le cerveau que réside le principe des mouvements automatiques de la respiration. La respiration continue pendant le sommeil, alors que la volonté n'intervient plus. Elle continue dans le cas de commotion cérébrale, dans les cas d'hémorrhagie du cerveau; elle continue pendant tout le temps de Tagonie. Enfin on peut enlever les lobes cérébraux d'un animal sans interrompre sa respiration.

Ainsi la volonté peut prendre momentanément la direction de ces rouages complexes qui exécutent les phénomènes mécaniques de la respiration ; elle les dirige, les ralentit ou les presse ; mais , sans son concours, les rouages continuent de fonctionner automatiquement. Certains changements, assez appréciables, dans le mode respiratoire, peuvent êlre observés,^ lorsque, la volonté cessant d'agir, l'automatisme la remplace. On peut, dans l'obscurité, reconnaître qu'une personne s'endort, au changement qui survient dans sa respiration. Les changements sont plus marqués encore quand il y a apoplexie, commotion cérébrale, et sur* tout dans l'agonie.

Il y a d'autres bornes à l'influence de la volonté sur la respiration, et, par exemple, je ne pense pas qu'on puisse quitter Ja vie en arrêtant , par un effort suprême de la volonté , les mouvements respiratoires. La mort ne pourrait survenir sans être précédée de perte de connaissance, et, dès ce moment, les mouvements automatiques de la respiration se rétabliraient

L'intervention du cervelet n'est pas plus indispensable que celle du cerveau pour la conservation des mouvements automatiques de la respiration. Cet organe a pu être détruit par des maladies, enlevé sur des animaux vivants, absent par vice de conformation , sans que les mouvements respiratoires aient été immédiatement abolis dans les deux premiers cas ou qu'ils aient manqué de s'établir dans le troisième. C'était donc une mauvaise théorie que celte qui faisait provenir du cervelet les nerfs prétendus vitaux.

Voilà le cerveau et le cervelet exclus, c'est-à-dire la plus grande partie de la masse encéphalique. Nous allons réduire encore le champ de nos recherches. Si , en effet , nous coupons par tranches transversales les corps striés, les couches opti* ques, les tubercules quadrijumaux, la protubérance annu* laire d'un animal vivant, en procédant d'avant en arrière, nous arriverons jusqu'à la dernière tranche sans que la respiration s'arrête , et il faudra porter l'instrument plus en arrière pour que tout l'appareil respiratoire tombe dans l'immobilité.

II y a donc entre le haut de la moelle épinière et la protubérance annulaire une partie qui tient sous sa dépendance immédiate tous les rouages de la respiration , partie d'où procède l'excitation initiale , qui met ces rouages en mouvement , partie que nous nommerons, avec M. Flourens, nœud vital, et que ce physiologiste nous aidera à délimiter.

On n'est pas arrivé tout d'un coup à cette notion importante.

Galien connaissait déjà les effets des blessures de la nuque. U s'exprime ainsi : Perspicuum est, quod sipost secundam aut primant vertebram, aut in ipso spinalis medullœ principio sectionem ducas, repente animal corrumpitur (1).

Ërasistrate avait vu la chose avant Galien. 11 en donnait une mauvaise explication : «Lorsque, dit Galien, Ërasistrate, voyant un bœuf, blessé entre l'occipital et la première vertèbre, devenir aussitôt immobile, attribuait ce phénomène à la seule lésion de la membrane , il ne savait pas que le quatrième ventricule , qui finit là , avait aussi été atteint. » L'explication de Galien ne valait pas mieux que celle d'Érasistrate. Il accordait plus d'attention à l'ouverture du quatrième ventricule , précieux réceptacle des esprits animaux, qu'à la section du bulbe rachidien.

Lorsqu'on sut que la division du haut de la moelle causait l'asphyxie, on plaça d'une manière vague, dans l'encéphale, le point de départ de l'influx nerveux nécessaire pour la respiration. Dans ce séduisant ouvrage où Bichat examine les rapports physiologiques des trois parties qui composent le trépied d^ la vie (cer*

(1) GaUni Opéra, edît. Kuho, t II, p. 696.

516 IM^ l'A RESPIRATION.

veau, cœur et poumon), il Faudrait presque partout substituer le mot bulbe raclddlen au mot cerveau.

Enfla Legallois (1) localise la source de Tinflux nerveux pour les mouvements respiratoires; il fait des sections transversales d'avant en arrière, et il constate que ces mouvements cessent dès qu'on arrive à comprendre dans une tranche l'origine du nerf pneumogastrique.

M. Calmeil (2), répétant ces expériences, localisait un peu plus haut la faculté dont nous cherchons le siège. «Lorsque, dit-il, vous arriverez à une faible distance de l'origine de la huitième paire, les mouvements des épaules, du diaphragme, des muscles intercostaux , s^arréteront d'une manière brusque , et Tanimal périra asphyxié.» Il restait à localiser la limite inférieure.

I/illustre physiologiste anglais dont nous avons examiné plus haut la doctrine touchant les nerl^ respirateurs avait , comme nous Tavons vu , cherché à établir une localisation non dans le sens transversal, mais suivant une ligne longitudinale, Bell, à la vérité, ne distingue pas d'une manière explicite ce qui, dans son cordon respiratoire, serait incitateur, de ce qui serait simplement conducteur. Certains passages de cet auteur et de Shaw me fout penser cependant qu'il attribuait à toute la portion de moelle sur laquelle il implantait ses nerfs surajoutés le privilège de gouverner les mouvements respiratoires. Il prenait ainsi pour limites les origines inférieures du nerf spinal. C'était porter ces limites beaucoup trop bas. D'une autre part, il pro* longea beaucoup trop haut ce cordon incitateur, lorsque plus tard il en fit naître le nerf pathétique , qu'il assimila aux nerfs surajoutés.

On doit donc s'en tenir aux déterminations indiquées plus haut. Toutefois M. Flourens (3) s'est appliqué à fixer d'une manière plus précise encore l'étendue totale, et par conséquent les limites,

(t) Expér, sur le principe de la vie , p. 37 ; Paris , 1812.

(2) Journal du progrès des sciences et inslUulions médicales , t. XI , p. 118.

(3) Recherches sur Us fonctions du sx^léme nerveux, 2^ édit, , p. m.

rVFLrENCG DIT SYSTEME NERVEUX SUR LA RESPIRATIOIV. 517

tant en liant qu'en bas, de celle sorte de nœud vital. La limite supérieure se trouve immédiatement au-dessus de Torigine de la huitième paire; la limite inférieure â 3 lignes environ. audessous de cette origine. «Ce point n'a donc en tout, dit M. Flourens , que quelques lignes d'étendue dans les lapins : il en a moins encore dans les animaux plus petits que ceux-ci ; il en a un peu plus dans les animaux plus grands : l'étendue particulière de ce point variant comme varie l'étendue totale de l'encéphale. Mais, en définitive, c'est toujours d'un point, et d'un point unique, d'un point qui a quelques lignes à peine, que la respiration , l'exercice de l'action nerveuse, l'unité de cette action , la vie entière de l'animal en un mot, dépendent.»

Enfin, dans cette rouelle si courte de l'axe cérébro-spinal, il paraîtrait, d'après les recherches de iM. Longet (1), que toute l'épaisseur n'est pas appelée à remplir le rôle important que nous signalons. La section des pyramides, celle des corps restiformes, cordons entièrement blancs, n'arrêtent pas la respiration; tandis que la division des cordons intermédiaires, qui possèdent un renforcement de substance grise , supprime de suite les mouvements respiratoires. Une section verticale au centre du bulbe n'arrête pas la respiration. M. Calmeil, avant M. Longet, avait placé dans les faisceaux intermédiaires le pouvoir moteur de la respiration (2).

Quelques éclaircissements sont nécessaires encore pour vous Faire comprendre les propriétés de ce point central. Vous me saurez gré de vous les avoir donnés. Ce point central n'irradie pas seulement dans les nerfs qui naissent au-dessous de lui (nerfs rachidiens), il irradie aussi dans les nerfs qui naissent au-dessus de lui (nerf facial , nerfs moteurs des mâchoires, des yeux), et enfin il irradie dans les nerfs qui naissent sur lui, nerfs pneumogastriques en tant qu'ils auraient des filets moteurs dès leur origine, il suit de là : 1° que, si on coupe en travers l'axe cérébro-

(1) Traité de physiologie , f. Il, p. 208.

(2) Journ des progrès» t. XI, p. 118,

618 DE LA RESmATlOlf.

spinal au-dessus de ce nœud vital, on paralyse les mouvements respiratoires de la Face , ceux des nariues et de la bouche par exemple, tandis que les mouvements de la poitrine , des épaules, de la glotte, persistent ; 2"" que, si on coupe Taxe cérébro-spinal au-dessous du nœud vital, les mouvements persistent dans les narines , la bouche, les paupières, tandis que la respiration est supprimée-dans le tronc; S"" que, si on coupe sur le collet vital lui-même , les mouvements respiratoires sont détruits partout en même temps. En somme, si, par une section transverse, on a fait deux tronçons de Taxe cérébro-spinal, celui de ses tronçons qui portera le collet vital excitera des mouvements respiratoires , Fautre non. Tous deux seront paralysés si la section a passé par le collet vital lui-même.

Ces considérations vous expliqueront des faits intéressants, et, au premier abord, étonnants, signalés par Legallois (1) , à savoir, les bâillements qui persistent encore dans la tête, alors qu'on vient de tuer un animal par la section de la moelle épinière au baut du cou. Cet auteur a vu, dans ses expériences, une tète de fœtus séparée du tronc, de manière qu elle n*y tenait que par la trachée, faire des bâillements pendant six minutes. Ces bâillements persistèrent pendant huit minutes dans une autre téie, et pendant quatorze minutes dans une troisième tête. On comprend que, dans tous ces cas, la section avait passé au-dessous Au collet vital. J'ai fait tuer devant moi deux chevaux, à AlFort, par la section de la moelle au-dessous du trou occipital : à Tinsiant même, la poitrine et les épaules sont devenues immobiles ; mais les mouvements des naseaux ont continué, chez Tun de ces animaux, pendant quatre minutes; chez Tautre, pendant quatre minutes trois quarts. La dilatation des narines est extrême dans ces cas, mais la fréquence de cet acte va diminuant peu à peu. D^autres faits encore cesseront de vous paraître surprenants d'après ce qui précède. Vu enfant eut le crâne vidé dans un accouchement laborieux; il fut jeté dans un coin de Tapparte-

(1) Expériences sur le principe de la vie, p. 117.

ment, d*où il fit entendre, quelques minutes après, des cris assez forts. Vous concluez que le bulbe rachidien de cet enfant n'avait ' pas été broyé. C'est ce bulbe raciiidien qui met en jeu les mouvements respiratoires chez ces fœtus anencéphales, qui crient et prennent le sein , bien que leur tête soit réduite à la face et à la base du crâne.

J'ai souvent posé aux examens la question suivante : Quelle est la cause de la mort dans les cas de lésion traumatique du bulbe rachidien ? Et j'ai presque toujours obtenu cette réponse niaise, que la mort était due à la lésion des origines du pneumogastrique. Vous savez aujourd'hui que Finterruption des pneumogastriques ne cause pas une mort immédiate, et que c'est l'immobili(é de la poitrine et du diaphragme qui produit l'asphyxie dans les cas de lésion du bulbe rachidien ou de la partie supérieure de la moelle. C'est ainsi que la mort survient dans les cas de luxation de la tête, soit traumatique, soit consécutive à une tumeur blanche des articulations des premières vertèbres, entre elles et avec l'occipital (1).

Dans un travail beaucoup plus récent que tous ceux dont j'ai fait mention jusqu'ici, on a réclamé pour les lobes cérébraux, le cerve let, la protubérance annulaire, une part d'influence dansTentretien des mouvements respiratoires. M. Coste, chirurgien mili-' taire (2), a entrepris , de concert avec le D*" Brown-Séqnard , une série d'expériences qui lui ont montré que les lésions des diverses parties de l'encéphale avaient pour résultat d'amener un ralentissement remarquable dans le nombre des inspirations. Ce ralentissement était d'autant plus marqué , que les sections étaient faites plus près du bulbe rachidien. L'auteur

(1) J*at eu connaîMance de plurieurs cas de ceUe luiatioo consécatiTe qui a fait Tobjet de la diMertation inaugurale de moo frère (Thèaet de Paria, 1829, n^ 28). La mort arrive alors, saos un cri, sans une plainte, sans être précédée d^agonie.

(2) Recherches expérimentales et observations cliniques sur le rôle de VencéptuUe, et parliculiérement de la protubérance annulaire, dans la respiration (Thèses de la Faculté de médecine de Paris, 1861, n^ 173).

520 DE LA RESPIBATIOlir.

parait croire que, si la section du bulbe enraye tout à coup la respiration , c'est qu'elle supprime ainsi d'un seul coup toutes les influences qui viennent des lobes cérébraux , des tubercules quadrijumeaui, du cervelet, et de la protubérance annulaire : toutes les excitations qui viennent de ces parties devant nécessairement passer par la moelle allongée pour parvenir aux nerfs diaphragmatiques, intercostaux , et autres. Je ne puis accepter une conclusion qui tendrait à ôter toute spécialité d'action, toute initiative, au bulbe rachidien. Si l'importance de cette partie ne tenait qu'à cette circonstance qu'elle est le lieu de passage de toutes les influences qui viennent du reste de l'encéphale, une section complète de la moelle allongée, faite à 6 ou 10 lignes au-dessus de l'origine du pneumogastrique, devrait avoir les mêmes effets que la section opérée sur le nœud vital. Or cela n'est pas. Je suis, du reste, trës-convaiiicu que, sans être prochainement, actuellement, nécessaires, au jeu de la respiration , les parties qui composent l'encéphale ne sont pas sans influence sur cette fonction. Quand une lésion brusque, une apoplexie par exemple, a fait irruption dans la protubérance, ainsi que je l'ai observé, la vie ne se prolonge guère au delà de cinq à six heures (1). Me dira-t-on que le trouble de la respiration n'est pour rien dans celte prompte terminaison ? Il faut bien que l'on meure de quelque chose.

Nous voici conduit ênfln à traiter une des questions les plus délicates , les plus ardues , que puisse soulever Fhisloire de ia respiration. Je vais formuler cette question : L'action excitatrice que le bulbe rachidien ou la partie de ce bulbe nommée nœud vital exerce sur tes muscles de la respiration est elle spontanée? ou bien est-elle consécutive à une impi^ssion , une sensation, un besoin venant du poumon ou d'ailleurs? la sensation préliminaire serait celle du besoin de respirer. Les mouvements automatiques de la respiration rentreraient alors dans la catégorie des mouvements réflexes.

(I) J'ai fondé cette propoNiiioii sur le rapprochement d'un grand nombre de faits que j'ai recueillis dans les ouvrages périodiques.

INFLITENCE DU SYSTÈSIR NE1tVC(I!C SVn LA RCSPIttATIOlV. 521

Dans( Topiniou le plus généralement reçue, la sensation naft dans la muqueuse pulmonaire; elle est transmise par le pneumogastrique au centre nerveux, qui alors réagit sur les muscles respirateurs. Mais il s'en faut de beaucoup que la chose soit aussi simple , et de graves objections s'élèvent contre une doctrine ainsi formulée. Il est une de ces objections qui se présente de suite à votre esprit, c'est que la section des deux pneumogastriques n'arrête pas la respiration. Pour lever cette difficulté, M. Brachet allègue que Thabiiude seule est la cause du maintien des mouvements respiratoires après la division des pneumogastriques, explication qui ne parait pas avoir satisfait beaucoup de gens. D'autres disent que la sensation est transmise dans ce cas par les branches du grand sympathique , qui aurait seul, ou qui partagerait avec le pneumogastrique, la propriété de développer et de conduire la sensation interne dont nous parlons.

Ces explications supposent que Faclivité propre du bulbe rachidien ne peut seule exciter les mouvements respiratoires, et qu'il faut absolument que son action soit provoquée par une incitation préalable. Je pense que c'est une erreur. Sur ma demande et en ma présence, on a fait à Alfort Texpérience suivante. Un cheval eut les deux pneumogastriques coupés : six heures plus tard, M. Colin abattit l'animal par la section de la moelle, au-dessous de l'occipital. Les mouvements des naseaux persistèrent chez cet animal aussi longtemps que chez un autre cheval dont les pneumogastriques étaient intacts. On ne peut méconnaître dans ces mouvements des naseaux des efforts de respiration, et cependant aucune excitation ne pouvait remonter de la poitrine au bulbe rachidien, ni par les pneumogastriques, qui étaient divises, ni par le grand sympathique, qui, d'une part, était coupé au cou avec le pneumogastrique, et qui, d'une autre part, ne peut porter d'excitations au bulbe rachidien que par l'intermédiaire de la moelle. L'expérience suivante sera bien plus concluante, parce que l'animal vivra beaucoup plus longtemps. Le cordon commun du pncumotjastrique et du grand sympathique étant coupés, on divisera la moelle au bas du cou ;

toute communication nerveuse entre le poumon et le bulbe rachidien sera interrompue, et cependant Tanimal respirera par le diaphragme et ceux des muscles respirateurs qu'anime le plexus brachial.

Ne donnez pas à ma doctrine une extension que je lui reFuse. Si j'admets que la respiration calme , inaperçue par celui qui respire, peut être entretenue par Tactivité propre du bulbe rachidien, il n'entre pas dans ma pensée de nier la sensation du besoin de respirer, et surtout cette anxiété , celte angoisse inexprimables qui résultent de 1 interruption de la res[)iration. Cette sensation, cette anxiété, cette angoisse , sont transmises au centre nerveux , qui réagit avec énergie soit sous Tinfluence de la volonté, soit automatiquement sur les muscles respirateurs.

Arrêtons-nous donc un instant sur cette sensation. Il n'est pas bien nécessaire de la décrire , chacun peut s'en faire une idée en faisant effort pour suspendre sa respiration. L'angoisse survient soit que Ton tente de se refuser à l'expiration après avoir rempli sa poitrine d'air, soit qu'après avoir expulsé l'air altéré par son séjour dans le poumon , on s'efforce de n'en pas introduire une nouvelle provision. Bientôt la volonté est impuissante, et les mouvements respiratoires se rétablissent. Suivant M. Gerdy, la sensation particulière qui se développe quand on résiste au besoin de respirer «se propage de la poitrine à tout le corps, et spécialement au périnée et au pénis, où elle n'est pas tout à fait sans volupté, en sorte qu'elle explique Térectiou et les éjaculations que l'on observe sur les pendus» (I). Je ne sais si cette induction est bien fondée ; c'est le tiraillement de la moelle épinière,etnon la gêne de la respiration, qui cause l'érection et l'éjaculaiion chez les pendus. Les gens qu'on étrangle sur leur chaise n'ont point , que je sache , cette érection , et on Tobserve chez quelques personnes qui se suspendent par les bras , sans éprouver le moins du monde la gène de la * respiration.

(t) Phxfiol. méd. et didactique. Préface, p. 56.

Quel est le siège de cette sensation? Nous avons vu qu*OQ rayait placé dans la membrane muquease des voies aériennes. Suivant Rolando (1), Timpression se développe dans les parties terminales du pneumogastrique, lesquelles constitueraient une sorte de sens, qu'il appelle sens de l'anxiété. L'oxyde de carbone du sang veineux serait Texci tant de la sensation. L'influence de ce gaz sur le centre nerveux, et rintervenlion de quelques ana« stomoses nerveuses, seraient la cause de la persistance des mouvements respiratoires, après la division du pneumogastrique. Aucun fait expérimental ne vient à Tappui de cette doctrine , que repoussent également et la chimie et lanatomie.

Je pense que le point de départ de la sensation d'anxiété qui résulte de Tinterruption de la respiration pourrait bien être ailleurs encore que dans le poumon. L'interruption de la respiration nuit au passage du sang au travers du poumon; le sang distend les cavités droites du cœur, de là le malaise inexprimable que Ton éprouve. Ce qui vient à Tappui de Topinion que le trouble de la circulation intervient , c'est que le fœtus, dans le sein de la mère, exécute des mouvements respiratoires, dès qu'on gène le cours du sang dans le cordon ombilical (voyez p. 422 de ce vol.). La sensation d'anxiété est en grande partie , sinon totalement , transmise par le pneumogastrique au centre nerveux. L'extrême ralentissement de la respiration, après la section de ces nerfs, alors que cependant le poumon s'engoue, et que le cœur précipite ses battements, prouve que Tanimal n'a pas une conscience complète des troubles qui surviennent dans la circulation pulmonaire (voy. p. 47 de ce vol.}.

Voici en résumé ce que je professe sur le point controversé qui uous occupe. Le bulbe rachidien met spontanément en mouvement les puissances respiratoires; mais le rbythme, l'énergie , la fréquence ou la lenteur des contractions des muscles respirateurs, peuvent être modifiés par deux causes : 1® parla volonté , 2^ par les impressions qui remontent du poumon ou

(1) i/rcA. gén. de méd., t. V, p. 128.

524 DR LA RBSPIBATIOIV.

du cœur à ce bulbe rachidien. C'est ainsi que dans les accès fébriles on voit s'accélérer les mouvements respiratoires en proportion de raccéiération du cours du sang. Cette doctrine lève bien de^ difficultés qui paraissaient insurmontables. Elle nous permet de comprendre comment la respiration persiste après la section du pneumogastrique et du grand sympathique . après Tablation de la presque totalité de Fencéphale, et comment cependant Tencéphalc , pour les déterminations de la volonté, le pneumogastrique, pour la transmission des impressions nées du besoin de la respiration, modifient Faction du moteur principal qui siège au bulbe rachidien. Ma doctrine diffère par un point capital de celle de Marshal-Hall. Cet auteur ne reconnaît que deux causes d'impulsion pour les mouvements respiratoires : d'une part, les lobes cérébraux, organes de la volonté; d'autre part, les impressions transmises au centre nerveux par le pneumogastrique , impressions qui mettent en jeu l'action réflexe du centre nerveux. D'après cette manière de voir, la section des pneunnogastriques supprimant l'action exciio-motrfce , ranimai ne respirerait plus que par Hnfluencc de la volonté; et, si on joignait Tablation des lobes cérébraux à la section des pneumogastriques, la respiration serait complètement interrompue. M. MarshaUHall méconnaît l'action propre du bulbe rachidien, qui, dans ce cas encore, entretient les mouvements respiratoires.

D'après M. Hoppe, de Berlin, il y aurait quelques différences dans le mode respiratoire, suivant la source de l'influi nerveux qui excite les mouvements respiratoires. Une respiration purement diaphragmatique serait un signe pathognomonique des différents degrés d'inaction de la vie intellectuelle. Ainsi la respiration apoplectique se reconnaîtrait à un mouvement diaphragmatique très-franc, lent, paresseux, pénible, avec inaction du thorax; la respiration thoracique, au contraire, annonce une gène sentie par l'individu. Pendant le sommeil, l'âme semble concourir encore avec les impulsions instinctives à régler la respiration, de sorte que celle-ci ne ressemble pas à la respi-

niiLiTS UESPiiiATOinEb. 525

ration des apoplectiques. Vous ne perdrez pas de vue, Messieurs, qu'il y a différents types normaux de respiration (voy. t. III , p. 2o6).

Dans celte élude de la sensation du besoin de respirer, y êi passé sous silence bien des hypothèses sur la cause qui enchaîne les mouvements dluspiration et d'expiration. On les trouvera exposées dans dans un paragraphe de Haller , ayant pour titre : Causa necessitalis rjua expiratio posl inspirationein se-fjuitur{i). Haller, en désespoir de cause, finit par dire dans le paragraphe suivant : Quare donec meliora non didicero , hic cum Fantono, Siahiio, Francisco de Sauvages, fiofter/o Wbylt, omnino, necessiiaiem virium respirationis , ad anxietatem ex sanguinis mora nata/n : ipsas vires ad animœ a^ferten» dam molestiani suis viribus utentis imperiuni relulero.

Ben bruits reniiiratoireii*

l/air contenu dans le-s voies aériennes ne s'y meut pas en silence ; il y occasionne, pendant les deux mouvements de la respiration , certains bruits dont Tétude intéresse et le physiologiste et le praticien. Il suffit d'appliquer son oreille nue, ou armée du stéthoscope , pour recueillir ces bruits; et cependant c'est dans ce siècle seulement que Ion a connu l'importance de ce moJe d'exploration. I^a gloire de cette découverte appartient à Laennec (3\ IMus heureux, plus habile que la plupart des inventeurs, il a presque perfectionné son œuvre en la créant; et la pratique de l'auscultation est devenue entre ses mains d'une admirable fécondité.

FjCs modifications que les bruits respiratoires éprouvent dans les maladies, et les bruits nouveaux qui se produisent dans la cavité Iboraciquc, ont fait l'objet de monographies considérables ou d'articles de joufuaux auxquels je dois renvoyer le

(1) Elem, phxsîologiœ , t. III, p. 260.

(2) Traité de Vauscultation métiiate; Paria , 18)7.

626 Ofi LA ftBftHKATiON.

lecteur (1). Je me bornerai aux bndts respiratoiret normaux^ et encore serai-je conéis sur cette partie, qui a obtenu de grands développemenls dans les traités de Laennec et de ses successeurs.

L'oreille appliquée stjr un point quelconque de b poitrine d'une personne en santé parfaite, dont la respiration est régulière, y entena.une espèce de murmure, de souffle léger, auquel on a donné le^ nom de murmure respiratoire, souffle ou murmure vésiculaire. La qualification de vésiculaire est critiquée par M. Founiet (2), qui lait observer que, dans aucun cas, cela ne donne la sensation d'un développement successif de vésicules. Cependant je conserverai celte désignation , par opposition aux bruits qui se ipnt dans les gros tuyaux bronchiques.

Voici les caractères d^ce bruit à Tétat physiologique : c'est un souffle léger, pur, donnant à roreille la sensation d'expansion libre et facile , ^^ec gqelque chose de doux, de moelleux, sans mélange de sec ou A'/iumide, ou de tout autre bruit accessoire.

Ces caractères sont commpns aux murmures de Vinspiratlon et au murmure de i^e^piraiipn ; mais ces deux bruits ou murmures diffèrent sin^uUèreoient l'un de l'autre : 1^ par leur durée, 2^ par leur intensif.

Le bruit de l'inspiratiop ,est beaucoup plus prolongé que celui de rexpiratiôn, La différence entre les deux est , suivant M. Fournet, comme 10 est à 2 (3). MM. Barth et Roger (4) trou-

Ci) Jules Fournet, Recherches cliniques sur l'auscultation des organa respiratoires, etc.; Paria^, 1839.

Barth et Roser, Traité pratique d* auscultation, etc., 3» édit.; Paris,

Rade , Transmission des b'Htii^s produits dans la cavité thoracique (Jrch. gén, de méd. , 4« série, t XX , p. 275).

MoDDeret, des Bruits produits dans la poitrine {Arch»gén, de méd,, 4«»érle, t.XXV,p. 259).

(2) Loc. cit.ji. I , p. 51.

(3) Loc, cit. , p. 52.

(4) Loc, cit.f p.

BRUITS BESPIRATOmES. iJ27

vent qulil y a de l'exagération dans ces chiffres, et estiment que le bruit de Y inspiration est seulement trois fois aussi long que celui de Yexpiralion.

Vintensilé du bruit de l'inspiration est plus grande que Tintensité du bruit expiratoire. Les mêmes chiffres que ceux cidessus sont proposés par M. Fournet , et réduits par MM. Barth et Roger dans la même proportion que ceux qui expriment la durée.

L'augmentation de durée du bruit expiratoire a , en pathalogie, une signification qui vous sera enseignée par vos maîtres.

Les deux bruits ont un caractère de continuité; mais le bruit de l'expiration , qui est peut-être plus uniformément continu aa commencement, devient un peu saccadé verslafindeTexpiration.

Il était du plus grand intérêt de rechercher si les bruits normaux ont exactement les mêmes caractères , et notamment la même intensité à droite et à gauche, dans les points symétriques des deux poumons , et notamment au sommet de ces organes. Je dois vous rappeler à ce sujet que la bronche droite est un peu plus grosse que la gauche, qu'elle est aussi plus courte , et qu'elle ne se divise pas de la même manière que la gauche. Celle-ci en effet, après un certain (rajet, se divise en deux branches, une pour chaque lobe; tandis que la bronche droite fournit, après un court trsyet, une branche pour le lobe supérieur du poumon droit , après quoi elle va plus bas se bifurquer pour le lobe moyen et le lobe inférieur de ce poumon. M. Fournet nie positivement que ces dispositions anatomiques établissent la plus petite différence entre les bruits vésiculaires des deux côtés. Il fait observer que les bronches se* condaires prennent de suite les mêmes diamètres dans les deux poumons , et , s'appuyant enfin sur de nombreuses explorations des poumons à Tétat sain, il formule celte proposition : que toutes les fois qu'une différence existera entre les bruits des deux sommets de la poitrine , cette différence pourra , en règle générale , être attribuée à un état pathologique (1).

(1) Rech, cliniq. sur l'auscultation, p. 64.

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Quelques observateurs ont cependant noté une certaine difFérence entre les deux cùlés. M. Gerhard, de Plûludelpliie(l), dit que le bruit respiratoire est un peu plus intense à droile; cette difFérence , suivant M. Louis, porte principalement sur le bruit de Texpiralion.

i^ bruit respiratoire est plus marqué chez les enfants et chez les sujets maigres.

On dispute sur la cause du murmure respiratoire. Laennec Ta attribué au frôlement de Tair dans les cellules pulmonaires et dans les*petites divisions bronchiques qui aboutissent à ces cellules. Cette théorie a été reçue sans discussion, et a fait loi pendant un grand nombre d'années. M. Beau lui en a substitué une autre en 1834 (2). Le frôlement de Tair et le bruit sont engendrés dans la gorge, et la vibration se propage, jusqu'à la périphérie du poumon, dans toutes les colonnes d'air qui remplissent Tarbrc bronchique. La respiration, dit-il encore, est silencieuse si on évite, en respirant, d'engendrer le bruit dans la gorge. Dès qu'on engendre ce bruit , le murmure respiratoire devient apparent , et son intensité se proportionne à Texagératioii du bruit guttural et à la parfaite perméabilité des bronches. Les expériences de Spittal (3) parurent confirmer cette théorie. Elles montraient que les bruits engendrés à Tune des extrémités de tuyaux formés de membranes animales pouvaient être perçus dans tous les points de la longueur de ces tuyaux Mais Spittal plaçait Torigine du murmure respiratoire à la glotte et non dans la gorge, comme M. Beau. 11 est certain que ^cs bords de la glotte sont mieux disposés que Tisthme du gosier pour la production de ce murmure. La persistance de ce murmure, chez des individus privés du voile du palais (4), démontrait en outre que la vibration pouvait avoir un autre point

(1) On Ihe iliagnosis of iliseases oflhe chesl , p. 32 ; l'biiad. , 1836.

(2) Arch. gén. de méd,,V «érlc, I. V, p. 557.

(3) On ihe causes of Ihe sounds of respiration { Edinb. med, and, surg. Journ. , t. XL! ; 1839).

(3) Barih et Roser» Traité pratique d'ausctUtaiion , p. 37.

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de dé|)art que la gorge. M. Beau , dans des publications plus récentes (1), où il repousse les objeclions faites à sa théorie par M. Raciborski et par M. Fournet, a accepté Topinion de Spittal quant au point de départ du murmure respiratoire.

Une troisième théorie a élé proposée parle D** Blatbistonc (2). Le bruit est causé par le frottement de Tair contre les parois internes des conduils aériens. Il devient plus souple et plus faible à mesure qu'il se propage vers la périphérie. Si le bruit était engendré, comme ledit Laenncc, dans les vésicules pulmonaires, on Tentendrait aussi bien dans Texpiration que dans Tiuspiralion.

Les trois causes que Ton invoque sont certainement de nature à engendrer un bruit dans l'appareil respiratoire. Nul doute que le murmure de Fair contre la glotte ne puisse être transmis jusqu'à la périphérie du poumon. L'expérience de M. Beau , celles de Spittal, sont décisives à cet égard, mais elles ne prouvent pas que le murmure respiratoire soit cela ou ne soit que cela. On entend la respiration dite vésiculalre quand Tair pénètre par une large ouverture faite à la trachée (3). Ce bruit n'a donc pas alors été engendré dans la glotte. La masse d'air qui frotte contre les parois peu homogènes des tuyaux bronchiques^ et qui se divise contre les éperons des divisions des bronches, murmure aussi en traversant ces parties.

On nomme souffle bronchique le bruit que les bronches transmettent à l'oreille appliquée sur la poitrine; mais, dans l'état de santé, ce bruit n'est guère perçu qu'au niveau de la racine des poumons. Il faut une certaine densité pathologique du poumon pour que le souffle bronchique soit bien apparent , et alors il a une signification importante. Suivant M. Maillot (4) , l'habitude du décubitus sur le côté droit, en congestionnant un peu le pou-

Ci) Arch gén. de mid. , 3« série , t. Vlll , p. 129 et siiiv. , p. 33j , cl t. IX , p. 121.

(2) London med. gazcUe, t. XXV, p. 78, \9m\Gaz, méd., 1840, p. 203^

(3) Barih et Roger, Traité pratique d'auscultalion,p. 41 et 42.

(4) Thèses de Paris, 1843, n» 197, p. 40.

in. 3f

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mon , y rendrait le souffle* bronchique normal un peu plus apparent qu'à gauche. Enfin un bruit s'engendre encore dans les divisions terminales des bronches, et c'est ce bruit, renforcé ou non par les deux autres , qui constitue le murmure de la respiration dans l'état de santé. L'absence d'éperons, sur le trajet des colonnes d'air que Vexpivàtion repousse , explique peut-être pourquoi le murmure de cette expiration est plus court et moins intense.

Ce qui précède vous indique qu'il existe aussi un souffle tra' ehéal normal, résultant et de la transmission du murmure formé dans la glotte et du frôlement de l'air contre la trachée. Ce souffle est très-facile à constater au cou, la trachée n'étant point ensevelie , comme les bronches , dans l'épaisseur d'un organe spongieux et mou.

Il sera question ailleurs de la transmission et du retentissement de la voix.

llu concoiuni des asciits mécaniques de 1» re»pi-i ration dans diirerii actcii phyiiiolosiqucii.

Les rouages de la respiration aérienne, si admirablement adaptés déjà à la fonction spéciale pour laquelle ils ont été institués, interviennent encore à tilre d'auxiliaires et quelquefois d'agents principaux dans d'autres actes physiologiques.

V Relativement à la digestion , nous avons vu intervenir les agents mécaniques de la respiration dans certains modes de préhension des liquides , dans le vomissement , dans la régurgitation , dans la défécation.

2^ Relativement à la circulation, nous signalerons l'influence de l'inspiration et de l'expiration sur le cours du sang dans les veines, et même dans les artères.

. 3^ Relativement aux sécrétions, il y a iniervcnlion des actes mécaniques de la respiration pour l'expulsion de certaines humeurs, des urines par exemple et des mucosités pulmonaires.

4° Relativement aux sensations, nous verrons ïinspiration prêtera l'olfaction son concours indispensable, et Texpiration balayer la membrane pituitaire à l'aide de Yéiernument,

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