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par ie nouveau-né Facte par lequel il ouvre la bouche eu sortant du sein de la mère?
Haller a fait observer, avec beaucoup de justesse, qu'il ne Allait pas faire dépendre d'une éventualité la conservation des animaux les plus importants de la création , vitamque pêne universi generis mortalium ex debili quasi fane suspen^ dere(\). Mais, après cette remarque si sage et si élégamment exprimée, il propose une théorie à laquelle je ne puis me rallier. Les fetus des mammifères et ceux des oiseaux ont , dit-il , d^à exécuté les mouvements nécessaires pour avaler, ceux-ci Talbumine, ceux-là Teau de Tamnios. Amenés au contact de l'atmosphère, ils y cherchent encore Taliment , et y trouvent Tair qu'ils attirent dans leur poitrine , cibum quœrii in quo natabat , aerem invenit. Je ne m'arrêterai pas à démontrer tout ce qu'il y a à reprendre dans cette théorie.
Ce que nous connaissons des propriétés du bulbe rachidien pourrait nous rendre compte de rétablissement de la respiration; mais on se demande alors comment, avec la spontanéité d'action que nous lui avons reconnue , il ne met pas en jeu les puissances respiratoires avant que le fœtus ait quitté l'utérus. En levant la difficulté , vous voyez qu'on s'en crée une autre tout aussi insoluble. Je suis porté à penser que la première respiration est établie par une action réflexe, et que la cause la plus efficace du malaise qui porte l'enfant à respirer consiste dans le changement considérable qui s'établit dans sa circulation après la naissance. Il faut admettre aussi l'influence d'autres stimulus, qui, à la vérité, ne sont pas nécessaires, mais dont l'action est incontestable. Jetez quelques gouttes d'eau froide sur la poitrine d'un adulte, vous excitez immédiatement une contraction des muscles respirateurs. Peut-on admettre que le fœtus, passant dans un milieu dont les conditions sont si différentes de celles où il se trouvait, alors qu'il était suspendu dans l'eau de l'amnios, n'éprouve pas une sensation ca-
(1) Elem» phxsiolog,^ 1. 111, p. 307.
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pable dVxciter l'actioa réflexe du centre nerveux sur les muscles respirateurs?
Dès que le nouveau-né aura fait quelques respirations, la plus forte expiration ne pourra expulser entièrement Pair que le poumon aura reçu. Ni cet organe , contenu dans la poitrine intacte, ni la poitrine, ne pourront revenir aux dimensions qu*ils offraient avant la première inspiration. Dès lors aura été établi entre les poumons et le diaphragme le singulier et utile antagonisme dont je vous ai exposé le mécanisme, t. III, p. 293.
Suivant Portai, le poumon droit respire avant le gauche. Cette opinion a été combattue par le 0"" Jomatt (I). Le stéthoscope, promené sur les tous points de la poitrine des nouveau-nés, lui a fait entendre partout le murmure vésiculaire. Si parfois quelques parties du poumon n'avaient pas reçu Fair, cela tenait à un état pathologique. Le D*" Jomatt (2) a constaté aussi que, dès les premiers efforts de respiration , Tair est admis dans tous les points des deux poumons. Le professeur Hohl (3), tout en confirmant sur ce point les remarques de M. Jomatt , fait observer que si Tenfant est venu avant terme, ou s'il est faible et respire mal , il arrive quelquefois qu'une respiration tremblotante ne s'entende que dans le poumon droit.
A mesure qu'on s'avance vers Tâge viril, les poumons offrent à l'air et au sang des surfaces de plus en plus considérables. Mais, dans la vieillesse, et, plus souvent chez les femmes que chez les hommes, il survient dans les poumons et duns les parois du thorax des changements qui attestent une réduction singulière de l'appareil respiratoire. Ce point de physiologie pathologique a fait l'objet d'un remarquable travail de MiM. Honrmann et Dechambre (4) ; leurs observations ont été prises sur de vieilles femmesvde la Salpétrière. Après avoir constaté qu une lame
(1) Jrch. gén. de inéd, ^ 2« «érie, 1. 111 , p. 607.
(2) loc. cit.
(3} Loc. cif,
(4) Ârch. gin. de méd., T série, t.. VIII, p. 405; l.l\",p. 318; t. X, p. '260;t.XU,p. 27etl6f.
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miuce de poumoa d'adulte dessi^chée sur un verre, sans insuFflatioD préalable, parait criblée de petites ouvertures arrondies, régulières, qu'ils ont considérées comme appartenant aux cellules du poumon , ils ont comparé cet aspect à celui qu'offraient des lamelles de poumon de vieilles femmes, préparées d'après le même procédé. Dans un premier degré de ce qu ils appellent atrophie sénile , les cellules se montrent simplement dilatées , mais elles sont encore circulaires. Il est des personnes très-avancées eu i\ge chez lesquelles l'altération ne va pas plus loin. Dans un second degré , les cellules existent encore , mais plus dilatées. Elles ont en outre perdu leur régularité ; elle se sont allongées en ellipses, de manière à présenter à ^la vue plutôt unct série de fentes qu'un apoas d'ouvertures circulaires. Enfin, dans un degré extrême , il n'y a plus que des débris de cellules interceptant des espaces irréguliers, l^e parenchyme est converti en une soric de spongiosité dans laquelle les cloisons lobulaires ont disparu. Les poumons, dans ce degré prononcé d*atrophie, ont perdu leur forme conique; ils sont irréguiiers, flétris, et baignés d'une sérosité abondante.
l^a vascularité du poumon va diminuant à mesure que les cellules s'agrandissent-, se déforment , et se mettent en comr munication les unes avec les autres par la destruction de leurs parois.
Ces changements , dans la structure intime et dans la forme du poumon , en entraînent de fort remarquables dans la con<; figuration du thorax. La poitrine s'aplatit latéralement au-dessous des aisselles , son diamètre transversal diminue. Les côtes, dont la courbure |K)stérieure est sensiblement augmentée, forment sur les côtés du rachis deux saillies gibbeuses, et qui ne sont pas toujours symétriques. En avant, au contraire, la courbe que forment les côtes avec les cartilages s'est redressée. La première pièce du sternum est projetée en avant , surtout à s<^ jonction avec la seconde; celle-ci , à partir du point culminant, se dirige en arrière et en bas. L'appendice xiphoïde est rentré en arrière, et quelquefois caché par les extrémités des cartilages des vraies côtes, qui s'avancent au-devant de lui; en méine
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temps , la poitrine diminue de hauteur en arrière, les disques intenrertétmux deviennent moins épais. Souvent plusieurs ver* tèbres dorsales se soudent par la partie antérieure de leurs corps ; les espaces intercostaux ont perdu de leur largeur.
A ces changements dans la forme du thorax, il faut joindre la diminution de souplesse de plusieurs de ses parties , Tossiflcation Fréquente de deux premiers cartilages costaux et des li« gaments qui embrassent l'extrémité sternale des cartilages.
Sur cette poitrine déformée et réduite, placez deç muscles minces et débiles, et vous aurez une idée des modifications que Tàge apporte à la fonction dont nous allons bientôt terminer rétude.
La réduction des phénomènes chimiques marche avec celle des phénomènes mécaniques; elle se traduit surtout par la proportion moindre d'acide carbonique exahalé en un temps donné (voy. Phénomènes chimiques).
Ne perdez pas de vue que ce sont des Femmes âgées qui ont servi de types pour la description qui précède , et que j'ai choisi les cas d'atrophie prononcée; les choses ne se passent pas tout ft Fait de même chez Thomme. On voit un certain nombre de femmes qui parviennent à un âge avancé sans déformation bien sensible de la poitrine , et sans que leurs poumons parviennent au troisième degré de raréfaction dont j'ai présenté le tableau.
D'autres circonstances que l'âge et le sexe peuvent modifier la respiration; parmi ces circonstances , H en est de physiologiques , d'autres sont morbides.
On trouvera dans les Aitlûves générales de médecine (1) Tanalyse d'un travail o& M. Hutchinson a étudié les rapports de la capacité pulmonaire avec la taille et avec le poids du corps, avec Tâge, etc. ; ses expériences ont été faites sur 2,130 individus. L'auteur a particulièrement étudié la quantité totale d'air qu'on peut inspirer ; c'est ce qu'il exprime sous le nom de ca*
(1) iiadts sur les phénomènes mécaniques de la respiraiion et sur ta capacUé pulmonaire {Jreh. gén. de méd. , 4* série, t. Xlll , p. 204, ci tmOon medico-ehirugical transactions, t XXIX, p. 137 ; 1816).
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pacité vitale. Ses résultats généraux ne différent pas sensiblement de ceux que j'ai fait connaître dans une autre partie de ce livre, d'après Herbst, de Gœtlingue. Ses observations sur Finfluence de la taille sont des plus remarquables. A partir de la taille de 5 pieds anglais , chaque pouce de plus est marqué par an accroissement de capacité, suivant une proportion arithmétique qui a pour raison 8| pouces cubes. L'influence de l'augmentation de poids est bien moins régulière : ainsi , pour des hom* mes de taille moyenne y la capacité vitale s'accroît de 1 pouce cube par livre, à partir du poids de 106 livres jusqu'à 156; tan- ' dis qu'à partir de ce point jusqu'à 200 livres, cette capacité va plutôt diminuant. Relativement à ïàge, la capacité vitale va augmentant de 16 à 3ô ans , puis elle va diminuant de 1 ponce et demi environ par an.
Voici encore une remarque digne d'intérêt, c'est que la ca^ pacité vitale n'est pas en rapport avec le volume de la poitrine. Il y a un autre élément important, c'est la mobilité des pièces qui la composent.
La puissance inspiratrice, qui n'est pas la même chose que ce que Tauteur nomme capacité vitale , varie beaucoup aussi , «uivant les individus ; elle est beaucoup moindre chez les hommes du monde que chez les gens qui exercent des professions laborieuses. Un gentleman qui soulève une colonne de mercure de 2 pouces et demi dans un effort d'inspiratipn peut être regardé comme un homme d'une bonne force , tandis que parmi les soldats, les boxeurs de profession, il a obtenu 2, 79 — 2, 94 — 3, 68. La puissance expiratrice est, comme je l'ai dit ail« leurs, de beaucoup supérieure à la puissance inspiratrice; elle ne suit pas exactement celle-ci dans ses variations.
Une diminution remarquable dans la puissance inspira^ trice et la capacité vitale indique l'existence de certains étals morbides des voies respiratoires, avant même que les autres signes physiques de ces maladies en révèlent l'existence. La moyenne, sur 30 phtbisiques à la première période, était 149 pouces cubes; la moyenne, sur 30 individus sains de ménîe taille , était 224 pouces cubes. M. Hutchinsou a examiné
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homme de 6 pieds 11 pouces et quart, qui se montrait dans les foires sous le nom de ^éant américain. La capacité vitale de cet homme était de 434 pouces cubes!! son poids de '27 1 livres, la circonférence de sa poitrine.de 47 pouces, sa puissance inspiratrice de 6,5 pouces!! Deux ans plus tard, la capacité vitale et la puissance inspiratrice avaient diminué de 20 pour 100 en« viron, et cependant Fauscultation ne faisait encore rien découvrir dans sa poitrine. Un an plus tard, il succombait à la phthisie.
Les états pathologiques des viscères thoraciques ou des parois de la cavité font varier à Tinfini les phénomènes mécaniques de la respiration. A voir le sternum relier en un seul système presque tous les arcs costaux, on croirait difficilement que lampliation de la poitrine pût éprouver des réductions temporaires partielles; cependant rien nest plus commun dans les maladies. Parfois aussi le diaphragme agit presque seul, parfois la respiration thoracique s'exagère, etc. Je renvoie, pour ce sujet, aiix livres de pathologie. On consultera avec fruit quelques observations de M. Slokcs (i), et surtout le beau travail de M. Sibson (2).
APPE^rOICE A LA RB8PIBATI01V PVUHONJLIRE*
De la matière notre des poumons.
Je placerai ici quelques considérations qui n'ont pu trouver place dans le cadre que j'ai adopté pour Thistoire de la respiration.
(1) A (reaiise on Ihe diagnosis and treatmeni ofdiseases oflhe chest , ia-8P ; 1837.
(2) Études sur les mouvefnetUs de la respiration dans l'état patholo* gique, et en particulier sur la metuuration de la poitrine, considérée dans ses rapports avec le diagnostic {Arch, gén. de méd, , 4* série, t. XIX, p. 454, et t. XX, p. 35). L'aotear a doané une figure de l'iDStriiiiient à YM» duquel II memre let mottremenf respiratoîret dans chacune des partiel dt la poitrine.
D£ LA MATIÈRE NOIRK DES POUMOKS. &I5
Les poumons des personnes adulles ou avancées eu âge offrent des lignes noires qui tranchent sur la teinte propre à ces organes. Les unes sont superficielles, les autres dans la profondeur du poumon. Elles y suivent, en général, les espaces interlobulaires, de sorte qu'elles figurent un réseau noir, dans les larges mailles duquel les lobules seraient enfermés. L'abondance de cette matière noire s'accroit avec Tàge. La surface des poumons des vieillards en est parfois entièrement tigrée, et le fond gris-blanc, sur lequel tranchent de larges taches, représente Tapparence d'une pièce de marqueterie. Cette matière noire manque chez les très-jeunes sujets.
Souvent le mucus expectoré se montre teint en noir chez les adultes. Haller nous apprend que le produit de son expecloralion avait parfois ce caractère (1). Enfin on observe ordinairement, dans les ganglions lymphatiques placés dans les intervalles des bronches des adultes et des vieillards, cette même teinte noire qui colore les doigts quand on écrase ces ganglions. Ces faits ont été très-diversement interprétés. Plusieurs auteurs du siècle dernier ont pris les ganglions lymphatiques pour des glandes qui verseraient, par des conduits excréteurs ouverts dans la trachée, le mucus noirâtre qu'elles recèlent. Ni Tanatomie descriptive, ni Tanatomie générale, n'appuient cette hypothèse; il n'y a pas de communications de ce genre entre les ganglions lymphatiques et les membranes muqueuses.
On a pensé, de nos jours, que cette coloration était due à uu dépôt de particules de charbon dans la (rame du poumon. Laennec faisait provenir ce charbon de la fumée des lampes. Cette circonslance, qyc la teinte ne se montre qu'à une certaine période de la vie, qu'elle est moins abondante chez les villageois, qu'elle manque chez les animaux qui ne sont point exposés comme nous à la fumée de nos foyers ou de nos instruments d'éclairage , et
( 1 ) Elément, physiol , 1. 111 , p. 152. Certes , pendant tant de soirées et de nuits données au travail, Haller était plus exposé qu*un autre i introduire la fumée des lampes dans ses organes reipiraloire^ ; mais il n*a pas connu Texpllcaliou du fait.
qu'eiifia elle a élé vue chez des animaux domestiques âgés y semble plaider en faveur de celte manière de voir. Des observations déjà assez nombreuses faites d'abord en Angleterre, pais en France, sur des mineurs , des charbonniers ou d'autres ouvriers exposés à respirer la poudre de charbon , démontrent, è mon avis, d'une manière irréfutable, que ce corps peut s'amasser dans les poumons et les colorer. Mais il faut rechercher si on peut conclure de ces observations qu'il n'y a pas d'autres causes de la coloration noire des poumons.
Commençons par établir que la matière charbonneuse respiréc peut s'accumuler dans ces organes. Les poumons d'un mineur, ouvert par le D** Gregory (1), offraient une teinte noire uniforme de leur parenchyme et des ganglions bronchiques. M. Ghristison examina la matière noire de ces poumons. Elle lui donna tous les produits de la distillation de la houille : un gaz ayant les propriétés de celui que la houille laisse échapper, un fluide semblable au naphte, contenant un principe cristallin analogue sinon identique à la naphtaline. Je rapprocherai, de suite, de ce fait une remarque qu'a suggérée à M. Graham (2), professeur de chimie à Glascow, une pièce pathologique qui lui avait été donnée par M. le professeur Hamilton. C'estque la matière noire qui colore les poumons des hommes qui respirent le charbon de bois est différente de celle qui provient de la houille ; elle n'a rien d'empyreumatique. Cinq autres analyses de poumons de mineurs ont démontré à M. Graham que le charbon avait teint leurs poumons. Aux preuves que déjà nous avons données, il dut ajouter celle-ci. Après qu'on a détruit par Tacide azotique et par la potasse la matière animale, il reste une poudre insipide , infusible, insoluble dans les acides (le sulfurique excepté) que le chlore ne décolore pas , et qui , brûlée , donne la même proportion d'acide carbonique qu'une quantité égale de char-
Ci) Càsê ofpeculîarblaek infiltration ofthe whoie iungs resemlMng meianosis (dans Edinb» med. and $wrg, Joum,, vol. XXXVIi p. 380; 1831).
(2) On tke existence of eharcoiU in ihe lungs ÇEdinh, med, and surg. Journ. , vol. XLll, p. 323; 1834).