RE.SPIR\T10X PAR D'AUTRES PARTIES QUE LES POUMONS. Ô6I
Krause Taffirme, la matière noire normale des poumons était composée de cellules pigmentaires ramifiées et y constituait une sorte de tissu. C'était une question à vider avec le micros* cope, et il ne parait pas que ce mode d'exploration ait été favorable à Topinion que j'attaque (I).
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QVm MsB POUMON.
J'ai plusieurs Tois exprimé Topinion qu'il ne fallait pas considérer Faction d'un poumon comme étant de nature si spéciale, que des phénomènes chimiques de respiration ne pusseDt s'accomplir dans d'autres parties du corps (voy. p. 224 et suiv. de ce volume). Cette proposition , que justifient les variétés sans uombre d'origine et de structure de l'appareil respiratoire dans la série animale {loc. cit., p. 336 et suivantes), se trouve coq-* firmée par quelques faits recueillis sur l'homme et des expériences faites sur différents animaux. J. Davy (3), s'étant avisé d'analyser à plusieurs reprises l'air que contenait la plèvre chez un individu vivant, qui était atteint d'un pneumothorax en communication libre avec les bronches et Textérieur de la poitrine, y trouva une fois : acide carbonique, 7,5; oxy« gène, 2,5; azote, 90; une autre fois : acide carbonique, 6; oxygène, 5,5; azote , 88,5; une autre fois encore : acide carbonique , 8 ; oxygène , 4 ; azote, 88. On voit ici une exagération des changements chimiques qui résultent du conflit médiat de l'air avec le sang. La quantité d'azote produite est si grande, qu'il faut l'expliquer peut-être par quelque décomposition du produit morbide contenu dans la plèvre; aussi n'attacherais-je
(1) J*en étais arrivé à cette conclusion , lorsque MM. Ch. Robin et Verdeil m'ont fait remettre Touvrage qu'ils viennent de publier en commun (Chimie anaiomique et phxsiologique , etc.)- La question du charbon pulmonaire est traitée a?ec beaucoup d*autorité et de (grands développements au t. IIl de cet ouvrage , p. 505 , et elle y a reçu une solution semblable à celle que je propose.
(2) Philos, transactions, 1823 , et Àrch. gén, de méd., t Vil! , p. 457.
que peu d'aUention à ce fait(l), s'il n'eût conduit Davy à quelques expériences sur les animaux. De Tair atmosphérique a été introduit daus la plèvre d'un chien ; cet air, après quarante-huit heures de séjour, avait perdu 14 centièmes d'oxyg^ène. I.a proportion d'azote y était beaucoup plus grande, et il contenait de Tacide carbonique. Davy a analysé aussi Tair renfermé dans les sinus maxillaires et frontaux de moutons. Il y a trouvé de 4 à 5 centièmes d'acide carbonique , et de 7 à 13 centièmes d'oxygpène; la proportion d'azote était augmentée.
M. Ségalas a fiiit quelques expériences dans le but de démontrer que roxjrgéuation du sang , comme le dégagement d'acide carbonique , pouvaient se flaire ailleurs que sur la surfiice des poumons , et particulièrement sur la surface séreuse de ces viscères, sur le péritoine, et sous le derme. Je crains que cet ingénieux expérimentateur n'ait voulu prouver trop de choses. Je lui emprunte textuellement le récit de ses expériences : a Si on lie sur un c6ne solide la trachée-artère d'un mammifère, l'animal périt d'asphyxie en un temps donné, quoique variable, selon l'âge qu'il porte, le genre auquel il appartient , etc. Si , sur un animal de même âge , de même espèce, placé dans les mêmes circonstances, on ouvre largement la poitrine, en même temps qu'on obture la trachée, la mort arrive plus tard. Un retard semblable , quoique moindre , s'observe encore dans la mort qui suit l'oblitération de la trachée, si on a le soin de mettre les viscères abdominaux à découvert par une incision cruciale et de mettre à nu le tissu cellulaire sous-cutané en dépouillant le corps ^e l'animal » (2).
(1) On trouve, Jrch, gén. de méd., 2« série, l. IX, p. 466, iio autre cax de pueumoiborax , où Ton a analysé rairdUine manière' lrèft-:o!ii maire; il y ava.t une notable quantité d*acide caiiraoique.
(2) jérch. gén de méd., t. Yl , p. 299.