‹ Cours de physiologie (volume 2)Chapitre 41 sur 66 · DÉCOUVERTE DE LA CIECUIATION · texte numérisé non relu

DÉCOUVERTE DE LA CIECUIATION

doute Teiiistence de ces porocités, c'eût été une vérilable hérésie anatomique.

Telle était , Messieurs, la doctrine bizarre dont on s'était coa» tenté pendant plus de seize siècles, monstrueui édifice que Harvey culbuta de fond en comble avant d'élever celui que vous voyes debout, et auquel on a à peine ajouté.

Harvey était depuis longtemps en possession de sa décoa*' verte, lorsqu'il publia sou immortel ouvrage (1). Jamais peutêtre on ne montra plus de circonspection dans la réfutation d'une erreur, jamais plus de réserve et de modestie dans l'énonoé d'une vérité nouvelle. Avant de la confier à la presse, il avait fait, pendant neuf années consécutives, des démonstrations de la circulation à ses collègues du Collège des médecins de Lon* dres. 11 craignait d'être taxé d'arrogance et de présomption, s'il n'eût soumis au jugement et à l'inspection directe des membres de cet honorable corps les faits sur lesquels il avait fondé une doctrine si différente de celle qui avait été professée par let hommes les plus illustres de tous les temps. Harvey n'ignorait pas cependant qu'un culte servile pour les anciennes opinions est un obstacle aux progrès des sciences. Quel est, dit-il, l'esprit si étroit qui se persuade qu'il n'y. a rien à ajouter aux traditions de lantiquité? Il dit encore : Il appartient à un esprit honnête ^ et vraiment philosophique de se rendre à l'évidence et de faire le sacrifice d'une opinion ancienne , dès que la fausseté en est démontrée.

Mous allons voir comment Harvey a réfuté tout ce que je viens de vous exposer; nous dirons ensuite comment il a découvert et prouvé la circulation du sang.

Ses critiques vont porter naturellement sur les croyances relatives aux fonctions des artères générales du corps , aux fonc-

(1) Gulieimi Harfsei, medici regii, Exercitationes anatomicœ de motm cordis et sanguinis circula. La première édition a paru en 1628. Celle dont j*ai fait usa^e a été publiée à Rollerdam en 16â4 ; elle contient une préface par Sylvius y let deux dissertations adressées par Harvey h Riolan , et le traf iKl de Jacob de Back, de Corde,

668 DB tA GimCUlATfON.

tkms de Tartère pulmoDaire (veine aHérieme\ aux foDctioas des veines pulmonaires (artère veineuse)^ et enfin à Taction du eœur lui-même.

1« Et d'abord , relativement aux artères, il affirme que , comme les veines , elles contiennent du sang sur Fhomme et les animaux vivants. Il le prouve par Tobservation des plaies des artères , par la pratique de Tartériotomie. Bien plus , tout le sang d'un animal ou d'un homme pourrait s'écouler par la plaie d'ane artère de moyenne grosseur. Posez deux ligatures sur une artère d'un animal vivant, ouvrez-la ensuite; vous y trouverez du sang et non deTair. Si, dit-il, l'usage des artères était d'aspirer l'air, comme la trachée-artère, leurs plaies devraient présenter précisément les mêmes phénomènes que celles de la trachée ; un courant d'airdevrait s'y établir, cequi n'a pas lieu. Si enfin la diastole des artères était en rapport avec l'aspiration de l'air à la périphérie du corps, leur mouvement devrait s'arrêter dans le bain, dans l'huile, dans le corps des-cétacés, et dans les artères du tolus plongé dans l'eau de l'amnios.

Mais d^à il dévoile le véritable mécanisme de la diastole et de la systole des artères. Bien loin que la dilatation de l'artère ou diastole soit active , comme celle du soufflet , elle est le résultat de l'impulsion du sang. En effet , lorsqu'une artère est ouverte , le sang sort par un jet alternativement plus Fort et plus fiiible , et, si on y regarde bien , on voit que le moment où le jet est plus impétueux coïncide avec la dilatation ou diastole de l'artère (1). Il montre l'absurdité de la croyance que le corar et les artères se dilatent en même temps et se resserrent en même temps , cette simultanéité de mouvements ne permettant pas que rien soit attiré ou repoussé d'une cavité dans l'autre.

Mais la diastole et la systole des artères avaient donné lieu à une autre opinion erronée qu'il fallait ruiner aussi, à cause de l'autorité imposante qui l'avait introduite dans la science.

(1) BxereUaiiones, p. 10.

DÉCOUVERTE 4>E LA OIRCULATIOIV. 569

Galien avait prétendu que le mouvement des artères n'était qu'une propagation de celui du cœur, propagation qui se serait faite par les parois solides du vaisseau et non par le sang lancé dans sa cavité. Pour prouver cette proposition , Galien avait fait cette expérience , si souvent citée comme une démonstration sans réplique , tandis qu'il eût été plus judicieux de la répéter pour en apprécier la valeur. Voici cette expérience. Galien divisait en long une artère dénudée, il y introduisait un tuyau de plume ou une petite canule; après quoi il fermait la plaie pour empêcher, disait-il, la sortie du sang. Les choses étant dans cet état , Tarière, dit-il, continue de battre aiï-dessous de la canule, la continuité des parois artérielles en longueur n'étant pas interrompue. Mais, si on lie Tartère sur la canule, le pouls cesse au-dessous, quoique le sang continue d'y arriver; donc ce n'est pas le sang qui cause le pouls.

Je ne m'arrêterai pas à vous exposer tous les vices de cette expérience. Pour démontrer que c'est bien le sang qui cause la diastole de l'artère , il suffit de constater, avec l'inventeur de la circulation , que les pulsations se montrent dans une tumeur anévrysmale où les* parois de lartère n'existent plus. Harvey ne s'était donc pas flatté, à tort, de prouver que les artères se distendent , parce que le sang les remplit , et que leur réplétion n'est pas la conséquence de leur distension : arteriœ disiendi quia replenlur ut sacculi et utres » atque non repleii quia dislenduntur ut folles , facile et aperte demonstrare me posse et pa lamente me demonstrasse exislimo (1).

Voilà donc les erreurs de Tantiquité redressées en ce qui concerne les artères du corps.

Voyons ce qu'il va nous dire de l'artère pulmonaire (veine artérieuse). Cet énorme vaisseau, qui reçoit tout le sang que les veines caves ont apporté dans les cavités droites, et qui égale à lui seul les quatre veines pulmonaires , comment supposer qu'il ne soit créé que pour la nourriture du poumon? Corn-

(1) Loc. iȕ.,p.9.

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ment supposer encore que la nature ait réservé au poumon une nourriture plus délicate (comme venant du cœur même) qu^à la substance si pure du cerveau, qu'à la matière splendide et divine de Tœil, ou à la chair même du cœur: quant aiU cerebrl purissimam subsfantiam, aut oculorum splendidissimam ei dMnam constitutionem aut fpsius cordis carnem (1).

Mais II triomphe plus Facilement encore des croyances ridicules accréditées touchant les usages des veines pulmonaires (l'artère veineuse). Vous prétendez , dit-il , que ce conduit sert à amener de iair du poumon au cœur et des esprits du cœur au poumon ; mais, pour cet usage , il faudrait des parois résistantes et incapables de s'affaisser comme celles de la trachéeartère ou des bronches (2). Il est encore moins vraisemblable, il est même tout à fait impossible, que le même vaisseau porte à la fois les fuliginosités du cœur au poumon et Faîr du poumon au cœur. Gomment pourrait s'effectuer ce double courant dans un même vaisseau ? Enfin il est certain que c'est du sang et non de Tair qu'on trouve dans l'artère veineuse (les veines pulmonaires) sur les cadavres aussi bien que sur les animaux vivants.

Vient enfin l'appréciation de cette fabuleuse doctrine des fonctions des différentes cavités du cceur; vous pensez bien qu'il débute par nier formellement les porosités de la cloison: sed, me hercule, porositates nullœ suni, neque démons tra ri pos^ sunt (3). Si le sang passe de droite à gauche par ces porosités, qu'est-ce qui empêcherait les esprits d'y passer de gauche à droite ? Pourquoi s'obstiner à faire passer le sang au travers de cette cloison dense et compacte lorsqu'il existe un chemin facile au travers de la substance molle et spongieuse des poumons? Et si cette cloison est véritablement perméable , comment se fait-il que la nature y ait mis un grand trou chez le fœtus, dont les poumons , à peu près imperméables , rendaient nécessaire le

(1) Extrcitationes, p. 79.

(2) Loc, cit., p. 17.

(3) loc.cU., p. 18.

passage facile du sang; de Toreillelte droite dans les cavités gauches du cœur?

Voyons maintenant ce que Harvey va mettre à la place où il a fait table rase.

Il eut d'abord le désir de connaître les mouvements du cœur, non plus d'après la lecture des livres , mais d'après l'examen des animaux vivants. Ses premières tentatives ne furent pas heureuses. A l'aspect de ces mouvements si rapides où il ne pou* vait distinguer la systole de la diastole, et qui , dit-il, passalent sous ses yeux comme la lueur de Téclair, il fut sur le point de se décourager et de prononcer, avec Fracastor, que le moui'ement du cœur n'était connu que de Dieu{\)\ il fut près de s'en tenir à la comparaison aristolélienne du flux et reflux de VEuripe, Il persévéra cependant ; il étudia les mouvements du cœur, alors que la vie commençant à faiblir, ils devenaient plus lents ; il les étudia aussi sur les animaux à sang froid , et il donna une analyse si exacte, si parfaite, de ces mouvements, que toutes les descriptions qu'on en a faites depuis cette époque semblent calquées sur la sienne. Celle de Haller toutefois est plus complète , mais il est venu un siècle plus tard.

Harvey proclame que le mouvement du cœur est de nature musculaire ; 7tio/t/V7/77 erigi^vigorari minora ri et durescere in omni motu videtur ; ipsiusqne motum esse, similem muscuiorum (2). 11 signale le raccourcissement du cœur pendant la systole , sa projection en avant , au même temps , qui est aussi celui où il frappe la poitrine (3). On avait dit avant lui (et on l'a répété, il n'y a pas longtemps) que c'était pendant la diastole. Dans un autre ouvrage, celui qu'il a composé sur la génération, Harvey rapporte qu'il a eu l'occasion de constater le même fait sur Thomme vivant ; c'était sur le fils de lord Montgommery, lequel avait eu le cœur mis à nu par la perte d'une partie du sternum (4). Harvey prouve que le mo-

(1) Loc. cit., p. 22.

(2) Loc, cit. , p. 29.

(3) Loc, cit., p. 30.

(4) Loc. cit., p. 31.

672 DE LA CIRCUIATION.

meDt où le cœur se contracte est celui où Tartère se dilale et Frappe le doig^ (1); que le même coup du cœur fait battre aussi rartère pulmonaire et s'étend à la fois à toutes les artères an corps, comme on voit se distendre en même temps tous les doigts d'un gant dans lequel on souffle (3). L'isochronisme des oreillettes et celui des ventricules, la succession de la contraction des oreillettes aux ventricules, sont parfaitement établis. Cette successioa est rapide , dit-il , mais elle n'en est p9s moins certaine , de même que dans la détonation d'un arme à Feu où tout parait simultané, il y a cependant des actions successives

( Le cbien s*abat, le feu prend , le coup part}.

Cette succession rapide de l'action des oreillettes aux ventricules a été comparée, dans un mémoire récent, à l'un des temps de la déglutition. Mais , chose curieuse , cette comparaison est tout au long dans Harvey. Bien plus , cela le conduit à la découverte des bruits du cœur, à laquelle on prête généralement une date plus récente, bruits dont il donne du reste une théorie erronée. De même , dit-il, que pendant la déglutilion des liquides, on entend le bruit résultant de leur projection, de même le bruit de la projection du sang s'entend dans la |K)itrine : puisum fieri , etexaudiri in pectore contingil (3).

Je vois, dans ce livre, des observations bien plus délicates encore. Je lis, par exemple , que le cœur, en se contractant , se contourne un peu en spirale ; undationem quamdain et iate* ralem incUnationeni obscuram secundum ducium xfentri^ culi dextri , et quasi sese itviter contorquere (4).

Enfin, Messieurs, le jeu des valvules sygmoïdes et des valvules auriculo-ventriculaires ne pouvait lui échapper.

Jusqu'ici la découverte du mouvement circulatoire n'est pas

(1) ExercUationes , etc. p. 33.

(2) loc.cit., p. 35.

(3) Loc. cit. , p. 51

(4) Lac, cit., p. 51.

DÈCOLVERTE DE LA GIRCULATIOK^ 673

annoncée ; mais de semblables études devaient Tamener iniailliblement. Laissons Harvey nous apprendre comment Tidée lui en est venue.

Réfléchissau^ à la symétrie des cavités droites et gauches , au calibre proportionnel des vaisseaux qui y aboutissent ou qui en partent, à la grande quantité de sang qui devait passer par là en un temps donné; considérant encore que les veines cesseraient bientôt d'en contenir après Tavoir apporté au cœur, s'il ne leur en venait d'autre par les artères, « je commençai, dit Harvey, à songer en moi-même que le sang était trans* porté par une sorte de mouvement circulaire du ventricule gauche à toutes les parties par les artères , et ramené de ces parties au cœur par les veines caves, de même qu'il est porté du ventricule droit aux poumons par la veine artérieuse (^lt-' tère pulmonaire), et ramené du poumon au cœur par les artères veineuses (veines pulmonaires). »

Ce mouvement circulaire du sang, Harvey le compare poétiqucment à celui qu'Aristote avait décrit dans l'atmosphère lorsqu'il avait montré les vapeurs s'élevant de la terre humide, sous Tinfluence solaire, et retombant condensées en pluies. Et de même que celles-ci portent partout la fécondité , de même le sang dispense, à toutes les parties, Taliment, la chaleur et la vie; mais il faut que vous entendiez ce langage si expressif : Sic simiiiter contingit in corpore, motu sanguinis, partes omnes sanguine calidiore, per/ecto , vaporoso , spirituoso (et ut ita dicam alimentativo) nutriri^ foveri » vegetari (1).

Après quoi, ce sang remonte à .sa source pour y puiser de nouvelles propriétés ; ad principium videlicet cor, tanguant adfontem sive ad lares corporis, perfectionis recuperandœ causa reverti (2).

Aussi, dans sou enthousiasme, s'écrie-t-il que le cœur est le principe de la vie, le soleil du microcosme, comme le soleil est le cœur du monde ; ita cor principium vitœ et sol mi^

(H Exercitaliones , clc, p. 83.

(2) Loc. cil., p. 83.

crocosmi ut, proporUonabiliter, sol cormundi appeUcui meretur{\).

En disant que le sang venait se perfectionner tu cœur, Harvey payait à son insu un tribut aux erreurs du temps. Vous savez bien , vous , Messieurs , que c'est dans le poumon qu'il rétablit ses propriétés.

Ce mouvement circulaire une fois soupçonné , il fallait en rechercher les preuves ; elles ne vous manqueront pas, Messieurs , Harvey va vous les fournir. C'est là que se révéleront toutes les ressources du génie de ce grand homme.

Les preuves , il les tire d'abord de la quantité tle sang qui passe an travers du cœur en un temps tionné. On n'en avait pas la moindre idée avant lui. Harvey s'attradait bien à rencontrer là des oppositions difficiles à surmonter. Ce que je vais raconter, dit-il, est si nouveau, si inouï, que je redoute non-seulement Tenvie de quelques-uns, mais de soulever contre moi tout le gepre humain : adeo Us nova eruntet inau • dita, ut non solum ex invidia quemndam metuam malum mihl, sed vereor ne luxheam inimicos omnes homines, tanium consuetudo aut semel inlùbita do<^rina , aliisque de fixa radicibus , quasi altéra nalura apud omnes valet , et anfiquitalis veneranda opinio a^i (3). Harvey fit alors ce calcul, devenu si célèbre : admettez que le cœur lance à chaque pulsation giij de sang que les valvules empêchent de rétrograder, ce cœur, en une demi-heure, fait plus de mille pulsations, et quelquefois jusqu'à quatre mille. Il passera donc, dans une demi-heure, plus de ôOO onces de sang des artères dans les veines, ce qui forme une masse plus considérable que le corps n'en peut contenir. Que si, au lieu d'une demi-heure, vous supposez une heure, un jour, la quantité qui passera par le cœur sera bien supérieure à ce que les aliments pourraient fournir dans le même espace de temps; donc hi masse du sang passe plusieurs fois au travers du cœur en un temps donné (3)«

(I) Sxercilaliones j p. 84.

{'2) Loc, cit., p. 80 et 81.

(3) Zoc. ct/.^p. 89.

Le preuve qu'une masse considérable de sang est mise en mouvement d'une manière conlinue , il la tire encore de ce qui se passe lorsqu'on met à mort ies grands animaux destinés à nos tables. Ne voit-on pas un bœuf être rendu exsangue en moins d'un quart d'heure par l'ouverture des gros vaisseaux du cou(l)? 11 invoque encore Timpétuosilé avec laquelle le sang s'échappe d'une artère ouverie , et la suspension des hémorrhagies lorsque lafFaiblissement des pulsations du cœur amène des lipothymies (2). Harvey montre , avec la dernière évidence, luce clarius meridiana, le passage successif du sang au travers des cavités du cœur. Sur un animal à sang froid , il serre la veine qui se rend au cœur à quelque dislance de cet organe. Il voit alors la partie du vaisseau comprise entre le lieu comprimé et le cœur se vider, pâlir; le cœur pâlir aussi, même pendant sa dilatation , qui n'attire plus rien. En même temps, les pulsations du cœur deviennent languissantes. On lui rend tout à coup la vigueur et la couleur en levant la ligature. Que si, au contraire, on place la ligature au delà du cœur, sur Tarière qui en naît , celle-ci se distend derrière la ligature, ainsi que le ventricule et Toreillette, qui semblent suf« foquéspar le sang (3).

Les ligatures appliquées aux membres peuvent aussi fournir la démonstration que le sang est apporté dans ces parties par les artères , et qu'il en revient par les veines. On obtient en effet de l'emploi de ces ligatures des effets qui ne peuvent être expliqués ni par la température , ni par la douleur, ni par Y horreur du vide (style du temps).

Si la ligature est assez fortement serrée pour arrêter tout à la fois le cours du sang artériel et le cours du sang veineux, le membre se gonfle peu au-dessous, mais il se refroidit. Diminuez ensuite la constriclion, de telle sorte que le sang arté-

(1) Loc. r£Y.,p. 92.

(2) Loc» cit. , p. 95.

(3} Loc* cit., p. 99.

576 DE lA CimCtJLATIOBr.

riel passe , mais que le sang veineux ne puisse remonter facilement , alors le pouls revient au carpe , la main se gonfle ^ se colore, les veines se distendent , deviennent variqueuses, elles résistent à la pression , et, au moment où on a ainsi laissé arriver le sang artériel , on a senti la chaleur se répandre , suivant le trajet de Tartère, dans le membre auparavant refroidi (1). Or d'où vient ce sang accumulé au-dessous de la ligature? II ne peut venir des veines qui sont au-dessus de la ligature, car celles-ci sont affeisées ; il a donc passé des artères dans les veines. Donc le sang se meut circulai remeni.

Et tout le sang qui sort d'une veine pendant la saignée vient aussi du cœur par les arlères; et pendant que le cœur en envoie dans les artères du bras que Ton saigne , il en envoie de même dans les artères de l'autre bras, dans celles des membres inférieurs, du cou, du tronc, etc. (2). ^

Enfin, Messieurs, une autre série d'arguments , d'arguments décisifs , se tire de la disposition des valvules des veines.

Harvcy, qui avait été à Padoue Télève de Fabrice d'Aquapendente, avait appris de lui que les veines étaient munies de valvules. Mais riilustre Italien, pas plus que ses contemporains , n'avait reconnu le véritable orfice de ces soupapes. Dire qu'elles étaient destinées à empêcher que Faction de la pesanteur ne fit séjourner le sang dans les parties déclives , ce n'ér tait pas avoir signalé leur principale destination ; car, dit Harvey, il y eu a dans les divisions des jugulaires, et déplus, celles qu'on trouve chez le chien et le bœuf, dans le bassin, ont certainement un autre usage. Or cet usage général est d'empêcher la rétrogradation du sang des troncs veineux dans les petites veines.

Il insiste sur leur configuration , qui est telle , qu'elles ne permettent pas au sang veineux de se mouvoir du cœjjr, soit en haut, vers la léte , soit en bas, vers les pieds , soit sur les

(1) ExenUaliones, p. 100.

(2) Loc.cU.j p. 118.

DÉCOUVERTE DE LA CmCULATION. 577

calés, vers les bras: neque sursum ad caput, neqitedeorsum ad pedes , neque ad latera brachii , sanguinem a corde moveri (ita s uni constitutœ) usquam sinant (I).

Il s'était assuré qu'un stylet ne pourrait être enfoncé du tronc vers la périphérie d'une veine, tandis qu'il entrait avec la plus faraude facilité dans la direction opposée (2).

L'appareil valvulaire des veines est comparé par lui , avec beaucoup de raison , aux valvules sygmoîdes placées à l'origine de l'aorte et de l'artère pulmonaire (3}.

Harvcy simule, à l'aide défigures, des expériences que tout le monde peut répéter, et qui ne laissent aucun doute sur l'of- Hce des valvules. Une ligature est posée au-dessus du pli do bras d'un homme vigoureux , les veines s'y montrent tuméfiées et offrant des nodosités au niveau des valvules. Si , à partir d'une nodosité , vous refoulez le sang de haut en bas dans une veine , et que vous pressiez pour empêcher le sang de revenir d'en bas, la veine reste vide entre la nodosité et votre doigt. En vain essayerez-vous de faire refluer du sang en pressant au-dessus de la nodosité; dans ce point, les valvules soutiennent la colonne de sang. Les choses en étant là, levez le doigt qui retient par en bas la colonne de sang, celle-ci s'élance dans la veine vide avec une rapidité qui vous donnera une idée de la vélocité du mouvement circulatoire, et vous pouvez répéter cela autant que vous le voudrez, et hoc mWies brex^i lempore facito (4).

Je vous le demande, Messieurs, dans ce tableau de la décoa-% verte de la circulation , n'avais-je pas raison de mettre Harvey sur le premier plan. Voyons maintenant ce qu'on avait fait avant lui dans cette direction.

Le premier, et sans «lucun doute Thomme le plus considé* rable de ceux qui ont fait faire des progrès à la physiologie do

(1; Loc.cit., p. 124.

:2} Idem, p. 123.

(3) /it€m, p. 128.

,4} lifcm, p. 130.

syslème vasculaire , est Galieu. Déjà il affirme , contre Érasistrate et ses sectateurs , que les artères sont pleines de sang, et que leur blessure peut faire mourir exsangue. On ne comprend pas qu'après une assertion si positive, Tidéc de ftire circuler les esprits par les artères se soit propagée jusqo*! Harvey . A la vérité , quelques-uns , ébranlés par le souvenir de la démonstration donnée par Galien , mettaient dans les artères un sang spiritueux ; mais , dit Harvey, un sang spiritueux n'en est pas moins du sang. Ce même Galien connaît d^à les usages des valvules du cœur, et notamment des sygmoides de Tirtère pulmonaire. Elles empêchent que , au moment où la poitrine se resserre dans Texpiration , ce qui est contenu dans l'artère lie rétrograde dans le cœur. Ces valvules forcent donc le contenu de l'artère pulmonaire à passer dans les origines de la veine pulmonaire par les voies étroites et invisibles qui ouïssent les artères aux veines (1). Si , dit-il , la porte du ventri« cule eût été ouverte, cela n'eût point été forcé à transsuder. A la lecture de ce passage , on est tenté d'affirmer que Galien a connu la circulation pulmonaire ou petite circulation. C'est Timpression qu'il m'a produite en premier lieu. Plusieurs écrivains, Daniel Leclerc entre autres, ont professé la même opinion. Mais une lecture complète de Galien fait rencontrer d'autres passages qui démontrent qu'il n'a point connu cette petite circulation (à plus forte raison, la grande). D'abord il ne fait passer par là qu'une très-mince fraction du sang, sanguinis portionem aliquam , et il dit ailleurs que le ventricule gauche envoie du sang et des esprits dans les veines puUno^ naires. Un autre croyance de Galien l'éloignait de la connais* sance du véritable cours du sang , c'est qu'il faisait jouer un plus grand rôle à l'action aspiratrice du cœur qu'à cette contraction , si puissante pourtant , qui met tout en mouvement dans les innombrables ramifications du système vasculaire.

Il faut arriver jusqu'au 16^ siècle pour voir la première mention précise de cette petite circulation. Nous la trouvons dans

(1) Ih UsuparUum,p. vi, cap. 10.

DÉCOUVERTE D£ LA CIAGULATIOIV. 679

ua livre où ou ne s'attendait guère i la rencontrer, c est dans un livre de théologie qui a fait brûler tout vif son auteur, Tinfortuné Servet , et qui a pour titre Clirisiiarmmi t^estitutio. Vous n'avez point oublié que pour fabriquer les esprits vi« taux , on adjoignait à Tair que les cavités gauches du cœur recevaient du poumon, du sang qu'on faisait passer des cavités droites dans les gauches au travers des porosités de la cloison du cœur. Or, dit Servet, cette communication n a pas lieu par la cloison des ventricules, comme on le croit généralement. Le sang subtil lait un long circuit par la veine arlërieuse (artère pulmonaire), les artères veineuses (veines pulmonaires); il y est mêlé à Tair inspiré , purgé de ses fuliginosités, par Texpira* tion, et ensuite attiré dans le ventricule gauche par la diastole, pour devenir esprit vital. La grandeur de la veine artérieuse (artère pulmonaire) n'est pas faite pour porter seulement la nourriture aux poumons.

Voici le passage de Servet , passage remarquable encore en ce qu'il offre une sorte de théorie de la respiration : a Vitalis «spiritus in sinistro' cordis ventriculo suam originem habet, «juvantibus maxime pulmonibus ad ipsius generationem. Est «spiritus tenuis, caloris vi élaborât us fia vo colore, igneapo* atentia, ut sit quasi ex puriori sanguine lucidus vapor, subsatantiam in se continens aqus aeris et ignis. Generaturex m fada in pulmonibus mixtione inspirait aeris cum ela^ « borato subtili sanguine , quem dexter ventriculus cordis € sinistro communicat. Fit autem communicatio hœc non •per parieteni cordis médium, ut vulgo creditur ^ sed • magno artificio a dextro cordis ventriculo , longo per upulmones ductu , agitatur sanguis subtilis : a pulmonibus €preparatur, flauiis efficilur^ et a vena arteriosa, in ariû" mriam venosam transfunditur. Deinde in ipsa arteriaveanosa inspiralo aeri miscetur,exspiratione, a fuigine rôti purgalur. Jlque ita tandem a sinistro cordis ventriculo « totum mixtum per diastolem altraldtur, apta supellex , €ut fiât spiritus vitalis.

a Quod ita per pulmones fiai communicatio, et prœpara^-

teO DE LA CmCCJLATION.

c tio, docei conjunctio varia et communicatio venœ arteriosœ €cum arteria-venosa inpubnonibus. Confirmai hoc magni^ t (udo insignis venœ arteriosœ, quœ nec talis, nec tania facîa ïïesset, nec tanlam a corde ipso vint purissimi sanguinis < in puimones emitterel ob solum eorum nutrimentum : cum Mprœsertim, antea, in embryone solerent puimones ipsijU" scande nutriri,ob membranuias iiias seu valvuias cordis jusque ad lu>ram nativitatis numdum apertas. Brgo ad aalium usum effundilur sanguis a corde in puimones hora Htpsa nativitatis, et tam copiosus9(\).

Voilà donc une description de la petite circulation ; mais vous remarquerez que c'est plutôt une simple afBrroalion qu'une démonstration. Du reste y Servet n'a aucune idée de la circulation générale, et il met les esprits dans les artères.

Après Servet, mais longtemps encore avant Harvey, Reald Colombo, de Crémone, décrit la petite circulation, et affirme que personne avant lui ne l'avait connue ou du moins n'avait laissé d'écrits à ce sujet. Voici le passage de Colombo :

Interhos ventricules septum adestpér quod fere omnes existimant sanguini a dextro ventricule ad sinistrum aditum patefieri. Id ut fiât facilius in transita ob vltalimn spirituum generationem tenuem reddi : sed longa errant v:a. Nam sanguis per arteriosam venam ad pulmonern fertur ibique attenualur : deinde cum aère una , per ar* ieriam venalem ad sinistrum cordis ventriculum defer* tur, quod nemo hactenus aut animadvertit aut scriptum reliquit* Licet maxime sit ab omnibus animadvetten* dum (2).

Colombo dit encore , à la page 328 , où il se moque de ceux qui avaient en quelque sorte comparé larière veineuse (veines pulmonaires) aune cheminée par laquelle s'échapperaient les fulif^inosités engendrées dans le ventricuie gauche ;

(1) Chrislianismi resUtuiio , 1553; de Tr'uMatc miina, clc, p. 170 et 171.

(3) De Be anal., lîb. m, p. 325 ; Parwfit J562.

DÉCOUVERTE DE LA ClRGUtATION. 581

Ego vero oppositurn ptvrsus sentio : ha ne sciiicet ar» tenant venaient factam esse ut sanguinem cum aère a pulmonibus mixtuin afferant ad sinislrum cordis ven* triculum. Quod tam verum est, quant quod verissimum , nam non modo si cada^'era inspicis, sed si vls^a etiam animalia , liane arieriam in omnibus sanguine refertam inventes , quod nullo pacte eveniret si ob aerem duntaxat et vapores eonstructa foret.

Mais la circulaliou g^énérale reste inconnue à Colombo. Toute-* fois je remarque déjà, dans cet auteur, la remarque judicieuse que le cœur et les artères alternent dans leur systole et leur diastole. 11 dit. cela dans le livre xviii de son ouvrage, lequel livre a pour objet les vivisections : eomperies enim dam cor dilafatur, constringi arterias , et rursus in cordis eonstriC'^ tiene dilatant (\).

Après Servet et Ck)lombo, Gesalpino, que nous uommons Gesalpin , né à Arezzo , en Toscane , décrit aussi , en termes positifs, la petite circulation; mais il fait un pas de plus, i ce qu'on prétend : il entrevoit la circulation générale. Il dit en effet que «la chaleur naturelle, et pour lui cela est à peu près synonyme de sang, passe des artères dans les veines, et que si les veines sont liées ou oblitérées, elles s'enflent dans les parties où le sang coule ordinairement.»

J'espère , Messieurs , que sur ce passage vous ne déclarerez pas Gesalpin inventeur de la circulation générale, et que vous ne confondrez pas deux propositions qui ont besoin d'être cornmentées , dont on ne s'est souvenu qu'après coup , et que l'auteur semble contredire plus loin, avec cet ensemble imposant de preuves sur lequel Harvey avait fondé sa doctrine.

Je vais plus loin , Messieurs, et j'ose soutenir que la petite circulation , ou circulation pulmonaire, na point été connue ayant Harvey. Oui, Servet, Colombo, Gesalpin, connaissaient les communications qui existent entre l'artère et les veines pul-

(1) iae. eu., p. 474.

&g2 DC LA ClltCfJLATlO!V.

monaires ; oui , ils ont dit qu*ii passait là, par du san^ des cavités droites aux cavités gauches, mais ils y font passer tout justement ce qui est nécessaire pour la confection des esprits vitaux. Leurs prédécesseurs faisaient iranssuder celte petite quantité de sang au travers de la cloison du poumon ; eux la font passer par les vaisseaux du poumon. Mais ils n'ont pas la moindre idée de ce torrent de sanp qui traverse en un temps donné Tartëre et les veines pulmonaires. Que s'ils eussent possi^dé cette notion, il leur eût été fort difficile de dire d'où venait ce sang ei où H alUtit. Il fallait découvrir le cours du sang; dans le cercle entier ou se résî{];ner à ne le connaître nulle part. Il suffit d'ailleurs de considérer quelle tempête souleva le livre de Harvey, et le flot d'invectives que l'envie ou l'asservissement aux anciennes doctrines fit vomir contre lui , pour se convaincre qu'aucune idée sur le véritable cours du sang ne s'était vulgarisée avant lui. Messieurs , c'est le sort des grandes découvertes , d*étre accueillies comme le fut celle de la circulation du sang. Lorsque Christophe Colomb soupçonua l'existence d'uo nouveau monde, on le prit pour un visionnaire; et, quand il en eut fait la découverte , on soutint que d'autres y étaient allés avant lui. De même, quand parut le livre de Harvey, le pins grand nombre des médecins, anatomistes, physiologistes, ou soi-disant tels, nièrent obstinément le mouvement circulaire du sang. Quelques-uns, en l'admettant, prétendirent qu'il était connu depuis longtemps , et firent honneur de sa découverte à d'autres qu*à Harvey. De ceux qui tout d'abord rendirent hommage à la vérité et au génie de l'illustre Anglais, le nombre fut bien petit.

Flarvcy dédaigna la tourbe de ses critiques. Un seul de ses adversaires, Kiolan, l'orpjUeilleux , le grossier, le querelleur Riolan , eut pourtant l'honneur de deux réponses qui font suite au livre de Harvey. Mais Riolan était un homme érudit et le prince des anatomistes de son temps, cela lui valut cette distinction. Nous imiterons le silence de Harvey sur ses détracteurs. Qu'aurions-nous à dire d'un Primerose, qui affirmait qu'en une heure il ne passe pas plus d'une oooe de aajag par

DÉCOUVERTE DE LA GlHCVLATION. 583

le cœur, qae le sang^ se meut, dans les veines, des gros troncs, vers les branches, et qui eut la prétention de réfuter, dans un livre composé en quinze jours, un livre qui avait coûté à Harvey vingt-six années de travail? Que dire d'un Parisanus, qui ne comprenait même pas la doctrine qu*il attaquait, ainsi que Tatteste son propre ouvrage? d'un Folius, qui, ayant trouvé le trou de Botal ouvert sur un adulte, en concluait que tous les hommes avaient la cloison du cœur perforée ? Et de tant d'autres ?

Quant aux adversaires qui s'efforcèrent de trouver dans des li-* vres antérieurs, ou dans des anecdotes controuvées, les preuves que la circulation était connue avant Harvey, ils donnèrent le triste spectacle d'une sorte d'émulation que Tenvie seule av6it avivée. Les uns firent honneur de la découverte à Hippocrate , qui n'en a jamais su un mot ; les autres à Salomon , d'autres à Platon, d'autres à l'évéque Nemesius, d'autres au moine Sarpi, d'autres à l'algébriste Harriot ; qui aux Chinois, qui aux Persans.

Dans une discussion savante , approfondie, équitable , Haller a foit justice de toutes ces prétentions , et conclut en louant tout haut la libéralité de Richard Mead, qui avait fait ériger dans l'école médicale de Londres le buste du f^rand Harvey.

Dès le début de cette polémique orageuse , il s'éleva cependant, pour la circulation harvéieune, des défenseurs , à la tête desquels un Français est fier de trouver Descartes. L^idée du mouvement circulaire du sang devait séduire l'inventeur des tourbillons , qui eut, à la vérité, le tort de méconnaître Faction impulsive du cœur, de confier aux tourbillons de matière subtile et à l'effervescence le pouvoir de mettre le sang en mouvement. 11 ne faudrait pas que la philosophie triomphât trop haut du rôle que joua Descartes dans ce débat , car nous montrerions Gassendi enrôlé dans le camp des adversaires de Harvey.

Cependant la lumière se faisait peu à peu. Le nombre des adhérents au{];mentait chaque jour, et enfin en 1652, c'est-àdire trente-quatre aas après l'apparition de son livre, Harvey

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obliat le plus beau triomphe, lorsque l'adversaire le plus opiniâtre de sa doctrine, Plempius, de Louvaiu, cédant à rascendant de la vérité , passa de son plein f^ré , et publiquement , au nombre des défenseurs de la nouveUe doctrine (I).

On peut affirmer que Harvey avait prouvé d'une manière irréfragable le mouvement circulaire du sang et le passage de ce sang des artères dans les veines ; cependant la démonstration directe de ce passage n avait point été donnée, et Harvey lui-même restait incertain touchant les voies par lesquelles celle communication avait lieu. Il ne savait pas si c'était par des anastomoses des vaisseaux ou des porosités de la chair perviables au sang, et aut anastomosin vasorum esse, aut porosi taies carnis et partium solidarum pervias sanginni ('î). Cette démonstration directe , le microscope devait la donner ; mais elle fut refusée à la glorieuse vieillesse de Harvey, qui mourut avant d'en avoir été témoin. En 1661, Malpighi vit sur le méiientère, le poumon, la vessie urinaire des grenouilles , le sang passer des artères dans les veines. La chose fut plus nettement exposée en 1688 par Leeuwenhoeck, et plus tard enfin par 6. Govrper, qui vit ce passage sur le mésentère et Tépiploon de jeunes animaux à sang chaud (le chat, le chien). On avait le témoignage des yeux, il n'y avait pas d'objections possibles.

Les conséquences d'une si grande découverte devaient être immenses. Harvey les aperçut et les signala; il les résume dans cette phrase : Deniquein omni parte medicinœ , physialogica,pat/iologicajsemeiotica,t/ierapeuiica, cumquot problemata determinari posslnt ex luic data veritale et luce quanta dubia solui et quoi obscura dilua dari anima meciiin repulo, campiim invenio spatiosissimum (3).

i\) Spren^el, t. IV, p. 119.

(2} loc cit., p. MO.

(3j Lui\(U., p. I4ôet Ua

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