SB DU 8A1IG
Leur volttmc n*est point proportionné à celui de Tanimal auquel Us appartiennent.
Ceux des mammifères sont plus petits que ceux des trois autrès classes de vertébrés.
Les globules des grenouilles sont deux Fois environ plus volumineux que ceux des poissons, et quatre fois plus volumineux qne ceux de Thomme. Ceux de la salamandre étaient généralement regardés comme les plus volumineux de. tous, lorsque M. Mandl (1) annonça à l'Académie des sciences que les globules dti sang d'un protée d'un lac de la Garniolc dépassaient encore en dimension ceux de la salamandre.
Les globules de Tliomme ont O^'^^OOr (2). Gela dépasse un peu le volume des globules du plus grand nombre des quadrupèdes. Le singe , suivant Wagner (3), est dans le même cas que Thomme , et tous deux remporteraient sur tous les autres mammifères; cependant les globules du sang de Télépbant et du paresseux sont plus gros que ceux de Thomme : ils ont 0'""*,0]0r Les ruminants les ont moins gros que les carnassiers , et parmi les ruminants, ont cite la chèvre comme ayant les plus petits, Vaoo d^ millimètre (4) ; mais de plus petits globules ont été mesurés par MM. Bowerbank et Gulliver dans le sang du tragulus japonicus , où ces globules n'ont que 1/3429 à %^^^ de ligne (6).
Les globules de la grenouille ont, dans leur plus grand dia-
(1) Comptes rendus des sitmces de V Académie des sciences, t. IX, p. 739; 1839.
(2) Oo peut compter sur ce chiffre. Parmi les nombreuses éTaluations qui ont été faites, quelques-unes se rapportent à celle-ci » bien qu'exprimées en nombres différents, d'autres s'en éloignent beaucoup. Voici quelques-unes de ces éTaluations : y^^ à Viu de millimètre (Donné , p. 73), — Vtts ^ Viso "^ill* (Mandl, p. 247), — Mts ^ Visa <lc ligne ( Prévost et Dumas), — '/ii, de ligne ( Home) , — Vwo ^ lîflne ( Hodgkin et Li»ier ) , — Vmo ^ ^W^ ( tabor ) , — Vif 5 de ï»e;"« (Young).
(3) Bextrage zar vergleichende Physiologie, D. 11, fig. 1.
(4) Mandl, Manuel d'analomie générale, p. 2S8.
(5) Traduction anglaise do VJnatomie générale de Gerber.
Bètrt, '/37 ™n^» et, dans le plus petit, Yj^ ram. (I). Ceux du aïoao à museau de brochet, où ta disproportion est très-mar* qiéf entre le diamètre loagitodînal et le transversal , ont de 1/35 ï ^/^ mm. de loagaeur et de 1/100 ^ Vss ^^ largeur (2) ; enfin (fox d*aQ protée d'un lac de la Gamiole avaient , dans le plus j^rand diamètre de Tellipse, de Vi^ à y^ de millimètre, et dans le plos petit diamètre, environ V30 de millimètre.
ExamîDés au microscope , les globules paraissent (ordinaire- Bent (raosparents; cependant ils sont rouges, et si la couleur lest pas apparente, cela tient à ce que Ton observe à la lumière réfractée. Déjà Senac (3) , ensuite SpaUanzani(4), l'avaient fait roBarqocr. Yus à la lumière réfléchie , ils se montrent colorés en reoge, alors même qu'ils sont isolés. Lorsqu'ils forment des MBS, ils sont rouges, de quelque manière qu'on les examine. Ainsi il est bien établi que ce sont eux qui sont chargés de la mière colorante du sang.
Leeuwenboek (6) a créé ici un roman , sur lequel un homme illastre Fonda plus tard deux autres romans, l'un d'anatomie pure , Taotre d'anatomie pathologique. Le célèbre micrographe belge avait cru voir le globule sanguin se séparer en 6 petites sphères , chacune desquelles aurait été composée de 6 globules lymphatiques, ce qui aurait porté à 36 le nombre des parties consiilutives d'un globule sanguin ; il soupçonnait même que chacune de ces particules pourrait se résoudre en 6 autres , et par con-
;i; Donné, Cours de microscopie, p. 70.
^2} G€U. méd., 1839 , p. 832.
(3 TnUié de la structure du cœur, t II , p. 282.
(I; Expériences sur ta circutaiion ,1^. 155 et ^73.
(5j Op$rm omiitas t U> p. 8; 172Z
séquenC , le globule tout en entier en 216 petites sphères. Ce fut , je pense , pour les diverses séries de globules , les rouges , les jaunes ou séreux, les pellucides ou lymphatiques, que Boei^ haave créa ses vaisseaux décroissants, après quoi il fonda , sur celle double hypothèse anatomique, U théorie de ïerrear de lieu, comme caractère anatomique et cause prochaine de Tinflammation. Les débats auxquels donna lieu cette décoœpositioa des globules du sang n'appartiennent plus qu*à Thistoire ; on en peut lire Tanalyse dans Haller (1). Il est démontré que la fissidilé des globules en plusieurs particules est un effet de dessiccation , et que ces particules n'avaient pas d'existence individuelle.
Suivant Hewson (2), le globule est formé d'un centre solide, entouré d'une vésicule colorée, laquelle contient en outre on fluide , de sorte que la petite sphère centrale pourrait, rouler dans son enveloppe.
La présence d'un noyau central indépendant de la forme générale du globule a été admise par Young (3) , mais il n'a pt voir la vésicule d'enveloppe, dont il a nié l'existence.
Un grand nombre de micrographes ont aecepté, en tout ou en partie, la détermination ftite^parEverard Home (4). Le globule sanguin serait formé d'un globule ou noyau incolore central , entouré d'une écorce de matière colorante. Home croyait que, trente secondes après que le sang est sorti de la veine, la matière colorante se sépare en partie du globule , se rabat autour de lui en forme de collerette, pendant que les noyaux, qu'il croyait flbrinéux , s'accrochaient les uns les autres pour former la trame du caillot.
MM. Prévost et Dumas (6) déct'ivaieut aussi une partie centrale entourée de matière colorante.
(1) Elem. phxsioL, 1 11, p. 61 et fuiv.
(2) Philosoph. trans, t. LXIll, p. 303; 1773.
(3) Inlroduclion to medùMl Uteralure, p. 672.
(4) Philosophical transitions, 1818, p. 173.
(5) Bibliothèque universelle de Ctnéve , Mlikoti^ et Artt, t XVU, p. 220; 1821.
M.DdOBé (1), dans ses premières pablicslkms, modifiait déjà n jiro ropinioo d'Everard Home, en décrivant, dans le globule, m ooyau à surface tomenteuse , retenant la matière colorante àm ses inégalités extérieores.
Ptnsieon micrograpbes modernes se sont encore plus éloi^ gaés des descriptions dont je viens de donner nne idée abrégée, ée sorte quHl est resté trois points sur lesquels on peut désirer fcs éclaircissements. liCs voici, l"" Y a-t-il véritablement on Bopio ? S"" Le globule est-il limité par Une pellicule membraneuse? consiste-t-il eu une vésicule ou cellule? 3** La matière colorante occupe-t-elle seulement la périphérie du globule ?
Pour la question relative au noyau , il Faut tenir compte de Fcspècc animale et de l'Âge. Nul doute qu*0Q n'aperçoive un Qoraa daas les globales elliptiques des reptiles. C'est lui qui déifrminc la saillie au niveau de la tache centrale des globules àt ia grenouille, saillie que MM. Prévost et Dumas (3) ont figurée dans les globules vus de champ. La tache centrale, vue de face, pirall éc\a\rée d'un côté et obscure de l'autre. Wagner (3) a con- Haté que le noyau Fait aussi bomber les globules des poissons. Mnller (4), qui n'admet pas que le noyau fasse saillie, excepté diez la grenouille, a donné une excellente démonstration de inistence de ce noyau. Après avoir privé de la fibrine , comme nous Tavons dit ailleurs , le sang de la grenouille ou de la salamandre , il traite par Teau aiguisée d'acide acétique le mélange de sérum et de globules. L'enveloppe de ces derniers est détruite, et les noyaux, devenus libres, se précipitent sous forme d'une masse blanchâtre , insoluble dans l'eau. Quelquesuns de ces noyaux conservent la forme du globule, mais Ils n en ont pas le volume; d'autres sont arrondis. Le noyau est granulé , et Ton y découvre un nucléole. Celui-ci porte des goutte-
(1) Reclierches physiologiques et chimico-microscopiques sur les globules du sang. (Thèset de Parts , n<> S ; 1831 ). ■X Bibliothèque universellede (^«ii^e^ Sciences et Arts, t XVilypl. ul 3j Bertrage xmr vergl- Physiologie, B. i ; 183a. ;4; Manuel de pitysiologie^i. I, p, 90.
lettes huileuses , ou qui du moins ont cette apparence ; fait qui aurait une certaine portée- dans la théorie d'Âscherson (voyea 1. 1, p. 213).
Quelques auteurs, et entre autres Wagner (1) et M. Mandl (2). ont prétendu que les noyaux n'existaient pas dans le sang virant, et qu'ils résultaient de la coagulation post martem d'une partie fibrineuse. Je ne crois pas qu'il en soit ainsi , le sang des gre* nouilles offrant l'apparence du noyau dès le moment où on l< tire des vaisseaux de cet animal , et même pendant qu'il circule.
On n'a pu jusqu'ici donner de démonstration de l'existcnci d'un noyau dans les globules du sang de l'homme et des aulrcj mammifères. La présence d'une tache centrale dans certaines conditions de l'expérience ne suffit pas pour qu'on se prononce affirmativement sur la question qui nous occupe. La dissolution concentrée de sucre, Tacide chromique, déterminent, dans le.< globules , un état de condensation qui y fait naître l'apparence d'un noyau; celui-ci alors serait une formation accidcntelle.
La présence ou l'absence de noyau dans les globules du san£ ne parait point être en rapport avec la ft>rme du globule, mai^ avec Tespëce d'animal dont on observe te sang. Ainsi les globules discoïdes, arrondis et déprimés, de l'ammocœte et de h lamproie ont un noyau (3); tandis que les globules elliptique^ du chameau et de l'alpaca en sont dépourvus.
Enfin , Messieurs, il y a chezjes mammifères une période d( la vie embryonnaire où les globules du sang ont des noyaux, d fait a été publié par M. Lebert, qui me Ta souvent confirm( oralement. Ce n'est pas la seule différence qu'on ait constatéi entre le sang des embryons et celui des adultes. Les globules dcî embryons de poulet sont arrondis, suivant Hewson (4), et sui-
(1) Beitrage tur vergL Physiologie , H. i ; 1833.
(2) Manuel d'anatomie générale, i^. 249.
(3) Wharlon ^ovl^ , PhUo$ophical transactions, 1846^ p. 63*
(4) ne Works of W^ Hewson, p. 233.
noi ScbiDidt(l) el Prévost et Dumas (2). Dœllinger (3) a foît la méac observation sur des poissons et des têtards de gre* BooiUes ; Hewson , sur des vipéraux.
La deuxième question , sur laquelle nous avons appelé votre mention , est bien plus difficile à résoudre. La partie exlérieiire du globule est -elle une pellicule membraneuse? Le globule est-il une vésicule, une cellule ? ou bien n'est-ce qu'une petite masse de matière organique plus ou moins condensée dans les différents points de son épaisseur, et dans laquelle est phMgé le no^-au, lorsque celui-ci existe ?
Aux autorités déjà citées en faveur de la première opinion , fen ajouterai encore quelques-unes. M. Donné, dans son dernier ouvrage, définit ainsi le globule des mammifères : • une vésicule colorée, circulaire, aplatie, éminemment flexible, contenant une matière semi-liquide. L'acide acétique la foit éclater »ns résidu» (4). M. Donné croit cette enveloppe de nature albuntneuse et solubledans Teau. Sur ce dernier point, il a été combttu fiar M. Mandl (6), qui a rappelé (ce que déjà vous avez ^pris) que Veau ne fait que décolorer la partie extérieure des (lobules, à laquelle Tiode |)eut rendre de la couleur. En 1843, Owen Rees et Samuel Lane ont décrit le globule du sang comme un kyste aplati, adhérent par son centre à un axe ou Doyau, qui lui-même serait entouré d'un fluide sur tous les points, sauf ceux par lesquels il tient à l'en veloppe extérieure (6). MM. Lebert (7), Scbultz(8), Ascherson (9), etc., croient aussi à Texistence d'une vésicule.
Lorsqu^un globule, d'aplati qu'il était, devient sphérique par
(1) Uber die Blutkanur, p. 26.
(2) Annales des sciences naturelles, t. Ul , p. 103.
;3} Denkschrifien der Jkademie zu Mûnchen,\. VII , p. 179.
(1) Donné, Cours de microscopie, p. 66.
(5) Manuel d'anal omie générale, p. 249.
(6: Caz. méd., 1812, p. 345; et Guy's hospilal reports, vol. Yl; 1841.
(7) CoouBiiiiicatîon orale.
(8) Sx9i€m der Circulation , p. 17.
(B) MoUcKt 4rthiv fur Anatomie, 1837, p. 456.
un effet d'endosmose ; lorsqu'un globule elliptique s'arrondit par la même influence, on est porlé à croire que Teau a distendu un petit sac préexistant. Mais ce changement de forme peut, h la rigueur, s'expliquer par le gonflement d'une petite masse de matière organique qui aurait absorbé de Teau. Les cas où le globule, en se gonflant, devient irrégulier, s'accommoderaient même mieux de cette dernière explication. S'il y a donc des motifs plausibles de s'attacher soit à la première, soit à la seconde opinion, il n'y en a pas qu'on puisse considérer comme parfaitement décisifs. MM. Mandl (1) et Robin (2), etc., ne croient point à une enveloppe dont on |)ourrait dire qu'elle a une face externe et une face interne.
Quant à la place qu'occupe, dans le globule, la matière colorante, il y a lieu d'abandonner les idées des micrographes qui, avec Everard Home, Prévost et Dumas, etc., assignent pour siège exclusif à ce pigment Textérieur du globule , auquel elle servirait à'écorce. Chez les mammifères au moins, lesquels n'ont pas de noyau dans leurs globules, le microscope montre ceux-ci pénétrés partout par la matière rouge. On voit, avec les plus forts grossissements , le centre et les bords également colorés , de sorte qu'on ne peut admettre non plus qu'il y ait une enveloppe incolore contenant un liquide coloré. Un autre fait, signalé d'abord par Virchow (3), et constaté ensuite par MM. Lebert et Robin (4) , qui conservent des dessins à l'appui de leurs observations, montre que le globule, privé de .sa matière colorante, peut conserver sa forme et ses dimensioas. Voici ce fait. On trouve, dans les épanchements apoplectiques et autres épanchements sanguins, l'hémaline cristallisée en prismes rhomboïdaux obliques, séparée par conséquent des globules, qu'un examen
(1) Manuel d'anaiomie générale, p. 2V^
(2) CommuuicatioQ orale.
(3) Die pathologischc Pigmente {Jrchw fur p0ihoiagi$ekê JuatonUe, t. 1, p. 383; Berlin, 1847).
(4) Travail inédit. ^-
atlfirif fait découvrir çà et là , pâles, transparents , mais ayant cmaerwé leurs formes et leurs dimensions.
Dans les globules elliptiques des reptiles et des oiseaux, le »fao est vraisemMablement incolore ; la matière colorante pelètre également toute la partie qui entoure le noyau. Ainsi , là ocore, eOe ne compose pas une couche corticale distincte.
ne ««el^acfl antres propriétés des slobnlefl du mmb^.
Les globales sont mous, souples, élastiques; ils se laissent déprimer sous le compresseur, ils s'allongent quelquefois en tra* Tmant les vaisseaux capillaires. Ce Fait est déjà mentionné en ces termes par Leeuwenhoek (1) : Fidebam multas sangulnis particulas laiitudine duplo reddi longlores ac utramque (omm exiremitatem fieri acutam.
En considérant que les globules sont primitivement ronds rhez les embryons des animaux qui plus lard les ont elliptiques, rt que ces globules elliptiques sont plus gros que ceux des mammifères , on a pu penser que c^était dans la filiôrc des vaisseaux capillaires que les globules, forcés de s'allonger, avaient pris leur forme elliptique. Mais la période où les globules sont ronds est 5i courte , et leur nombre est si peu considérable , eu égard h ce qni a lieu plus tard, qu'il n'y a pas lieu de croire que les globales elliptiques en proviennent.
Soit par suite de leur flexibilité, soit en raison de la facilité aiec laquelle ils s'altèrent , il n'est pas rare qu'ils se prcsenlcnl, même dans le sang qu'on vient d'extraire de la piqûre de son doigt, loot à fait îrrégulicrs, crénelés, chiffonnés. Est-on bien autorisé à donner cet état comme un premier degré de décomposition ? M. Andral croit que cet aspect est dft non à un changement de fonne du globule, mais à un dépôt de fibrine qui se ferait à la surface du globule (2).
[V; Opéra omnia, t. Il, p. f6l.
(2) EiS€d d'kémmfologle pathologigne, p. 32; 1813.
On a étudié rinfluence de différents réactifs sur les globules du sang; quelques-uns des résultats obtenus offrent un certain intérêt.
Déjà vous connaissez Faction de leau sur les globules, déjà aussi vous avez vuTacide acétique rendre transparente, puis dissoudre , Tenveioppe ou partie extérieure des globules à noyau , et détruire presque complètement les globules des mammifères.
Lorsque, par Faction de Teau ou de Tacide acétique, le globule est devenu transparent, on peut employer, pour le faire apparaître de nouveau^ non-seulement Tiode, mais Tacétate de plomb, qui ne contracte pas les globules, comme le fait la teinture d'iode.
Les acides minéraux et le chlore coagulent la matière colorante dans les globules, lesquels ne la cèdent plus à Teau.
L'éthcr dissout presque entièrement les globules, après les avoir rendus, au premier moment , plus petits et plus pâles. Il enlève aux noyaux leurs granulations, et il se charge en môme temps de graisse, ce qui semble confirmer la détermination qu'on a faite de la nature du nucléole.
Mais rinfluence des sels offre un sujet d'étude beaucoup plus fécond , à cause de ses applications à Tartérialisation du sang. Stevens a le premier fondé , sur cette étude , une théorie de la respiration que nous examinerons ailleurs. Certains sels , certaines substances , conservent pendant quelque temps Tindividualité des globules, c'est-à-dire qu'ils empêchent que la matière colorante n'abandonne ces petits corps , et ne se répande par diffusion dans le liquide au milieu duquel ils flottent. Si, après avoir défibriné le sang, on verse le sérum chargé de (;lobules sur un filtre de papier Joseph , la filtration se fait mal , et le papier laisse passer une liqueur rouge , de sorte que sérum et globules altérés le traversent. Mais si, avant de filtrer le sang, on le délaye avec trois ou quatre fois son volume d'une dissohiiion saturée de sulfate de soude , la dissolution passe incolore , laissant, après un écoulement assez rapide, les globules de sang parftittement intacts sur le filtre ; ce qui offre uo moyen d*éta-
GLOBtLGS DU SAIVO. 37
ditr irétat de pureté leur composition chimique (1). Vons recoonissez là l'influence dn sulfate de soude. Toutefois, si le sanj; déOrinc était resté pendant quelques heures avant d'être sounsà ropération dont on vient de parler, il passerait coloré, ■ilgré Vaddittoa du suUate de soude Enfin , même en agissant sur le sang frais , il vient un moment où la liqueur qui passe prend une teinte foncée qui annonce que les globules commentent i s altérer ; mais alors Tintervention d'un nouvel agent peut empêcher cette altération. Il suffit d'établir un courant d'air dans la liqueur pour que les globules , dont la couleur s'avive , et dont l'intégrité , l'individualité (qu'on me passe ce mot) , sont conservées , cessent de traverser le filtre. D'autres sels agissent axnme le sulfate de soude sur les globules de sang : tels sont le phosphate de soude qui existe dans le sang , le lactate de soude , les sels de soude à acide végétal. Il est des sels, au contraire , qai semblent 6ter aui globules la propriété de se laisser aviver par Tair , et de rester intacts sur le filtre. M. Dumas (2) met dans celte catéf,orie le chlorure de potassium , le chlorhydrate f ammoDlaque , et même le sel marin, dont l'excès pourrait peut-être ooofriboer â altérer la constitution chez les individus réduits à faire un usage presque exclusif de salaisons dans leur régime alimentaire.
(1) Figuier et Le Canu, Gaz. méd., 1846, p. 449. Berzelius avait sionalé ractîM du talfale de loude sur les globules , M. Donné aussi ( Cours de nU* croicopiej p. 75). Le hit nouveau est la filtration du sang d*nn mammifère.
Je ne désire pas le moins du monde diminuer le mérite des recherches des >, je sais cependant oMigé de rappeler que les physiologistes du siècle avaient laissé bien peu de choses à dire sur l'action des sels mis en avec leuBg. Par exemple je lis dans Ualler (auteur qu'on devrait (oujmnt consnlter pour savoir si Ton a foit une découverte ) : « Sal Epsomcnsis ■«aagiiîneiD période floridiorem reddtt, Ruldumque globulorwnque dis- • tiHctionem conservât. • Que de choses dans les trois paragraphes où il examwt raction des fels neutres , des tels 'acides , et des sels alcalins sur le sang ! (T II , p. 73 cl Miiv.) Huuter dit qu'une forte dissolution de sel de Glauber nnpiche la 00.1;; ulat ion du sang (O/i tlie blood, p 170).
:T fkchtrrhes sur le san^ ( Comptes rendus des séances de l'Académie dis cUnc€s, t mil , p. 900, t«' juin 1816).
Peu de temps après le travail de M. Dumas , M. Bonnet (1) communiquait à l'Académie des sciences la relation d'eipériences dont les résultats doivent trouver place ici. Mettant à profit qstte notion , que le sang reçu dans une dissolution concentrée de sucre, et jeté sur le filtre, passe clair, les globules restant intac(s sur le papier, il a recherché quelles substances, ajoutées au mélange de sang et de sucre, ne changeraient rien à l'apparence des globules , et quelles autres substances altéreraient leur composition , au point qu'ils ne fussent plus retenus par le filtre.
Dans la première catégorie , il a placé , avec les sels indiqués ci-dessus, les préparations de cigué, de noix vomique, de belladone , Tacétate de morphine , la rue , le seigle ergoté , le quinquina , la noix de galle, le lait , Furine (2), le pus frais inodore, les décoctions concentrées de corne de cheval et de laine de mouton.
Dans la seconde catégorie , on trouve les chlorures de potassium et d'ammonium , les acides sulfurique et oxalique affaiblis, la potasse, la soude, l'ammoniaque, tous les sels ammoniacaux, et surtout le sulfhydrate d'ammoniaque , dont la plus faible proportion suffit pour augmenter la teinte noire du sang , et neutraliser l'action de l'eau sucrée sur les globules, qui passent alors au travers du filtre sans rougir à l'air.
Quant au chlorure de sodium, mis par M. Dumas dans cette catégorie , M. Bonnet Ta placé dans la première avec le nitrate de potasse, qui conserve intacts les globules , et facilite leur rubéfaction à Pair.
Introduits dans une dissolution concentrée de gomme, les globules diminuent de volume, se froncent, et deviennent mats; puis , si on ajoute une dissolution concentrée de sel ou de sucre, ils se gonflent et redeviennent lisses ; et ces phénomènes , décrits par un étudiant allemand , ne se reproduisent point lors-
(1) Gaz. méd., 1846, p. 668.
(2) Httneféld {Der C^ieinismus m der Ihierischen Orgatiisaliou , in-8") prétend cependant que l'urée et la bile attaquent les globulm.
qu'on ifltenrertit Tordre d'application de la gomme et du sucre, of i/o sel (I). La bile dissout Tenveloppe des globules. Hunefeld Ir premier, puis Simon, attribuent cette propriété à la biline cfaobte et choléate de soude).
L'altération spontanée des globules , sur le cadavre, a été con- ^
«idérée, par M. Donné (2), comme un bon signe de mort. Cette
altération commence quelquefois deux heures après la mort;
dans d'autres cas , on a vu les globules encore intacts après
lingt^quatre heures.
V. Gaz. méd.j 1848, p. iTT , ti]Zeitschrift fUr ralionelle MedizLn, 1848. 2) Cours iie tnicroscopie , p. 77.
iMM^B^aa^b.