INFLUENCE DU CENTRE NERVEUX , ETC
pléée par une autre; mais toute cette pattie du livre ofFre un amas de sublilités indignes de cet ingénieux physiologiste.
La commission de l'Institut chargée d'examiner l'ouvrage de Legallois déclara qu'il ferait époque dans Thistoire de la physiologie. Cependant il était attaquable sous plus d*un rapport; et, de nos jours , on a réduit à bien peu de chose la dépendance prochaine dans laquelle le cœur serait de la portion rachidienne du centre nerveux.
1° // riestp€is vrai que la moelle tienne si prochainement le cœur sous sa dépendance , que les mouvements de celui^ ci, après la destruction de celle-là j deviennent à l'instant même incapables d'entretenir la circulation. Wilson Phliipp (i)i Qu^ le premier a soumis à révision la doctrine de Legallois, a fait une série d'expériences dans lesquelles il a tantM enlevé la région cervicale de la moelle , tantôt la moelle en totalité. Dans d'autres circonstances, celte partie a été détruite par un stylet de fer : ce stylet était quelquefois chauffé au rouge avant d'être introduit dans le rachis. Dans tous ces cas, le cœur a continué de battre, les artères carotides sont restées pleines de sang, ce liquide s'est échappé par jet des vaisseaux d'un membre amputé. Treviranus constata aussi que la destruction delà moelle n'arrêtait pas immédiatement la circulation; mais ses expériences, faites sur des grenouilles, n'ont pas la même importance que celles de Wilson Philipp. J'en dirai autant des expériences de Glift (2) sur des carpes : elles ont montré du reste que la circulation ne s'arrêtait pas immédiatement après la destruction de la moelle épiniëre. Enfin Weinholdt(3), Wedemeyer (4), Nasse (6) , M. Flourens, ont confirmé ces résultats. M. Flourens ayant détruit la portion lombaire de la moelle sur des lapins , des câblais et sur des chiens , a vu la cir-
(1) Expérimental inquiry into the laws of vUal fUncUons, p. (>9 et suiv. ; London, 1817.
(2) Phitosophical transacUons , vol. CV, p. 91 ; J815.
v3) yersuch aber das Lehen und seine Grundkrœfte ; 1817.
(4) UtUcrsuchungen ubcr den KreLlauf» p. 2 35.
(5) UnUrsnchungen *nr Lebensnatnriehre, i B , i^Tb. ; 1819.
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culatioD se maînteair pendant plusieurs heures. Après la des* truction de la moelle épinîëre tout entière et du cenreau sur des lapins, des oies et des poules , la circulation dura plus d*nne heure chez les lapins, et au delà d'une heure et demie chez les oies et les poules. Quand on opère sur de très-jeunes animaux, on peut se dispenser d'établir la respiration artificielle. M. FkMirens a vu, dans cette condition de Texpérience, les ballraieiits des carotides témoigner, pendant une heure et demie, de la per> Sistanoe de la circulation chez des chiens et des chais nouveau* nés.
T La destruction partielle de la moelle permet une survie qui peut même être assez longue, ce qui n'aurait pas lieu si le cœur était paralysé. Wilson Philipp a vu trois lapins survivre, Tun 24 heures, Tautre 27, le troisième 36 heures, après celte mutilation partielle; mais retendue de moelle détruite n^est pas indiquée. Un pigeon et une poule auxquels M. Flourens avait enlevé toute la portion de moelle comprise en arrière de la dernière vertèbre dorsale ont survécu près de deux jours. M. Brown-Sequard (1) pense que Thémorrhagie est souvent cause de la mort prompte des mammifères auxquels on enlève une région de la moelle autre que celle qui tient immédiatement sous sa dépendance la respiration. En rendant par transfusion, à des lapins sur lesquels la moelle lombaire venait d'être détruite, une quantité de sang à peu près égale à celle que ces animaux avaient perdue , il en a vu plusieurs survivre de huit à dix jours à Tablalion de la portion lombaire de la moelle. Cet infatigable expérimentateur a montré à la Société de biologie un cochon d'Inde adulte sur lequel il avait enlevé toute la portion de moelle épinière comprise derrière la dixième vertèbre costale. L'animal, qui était opéré depuis trois jours, paraissait très-vivant; il est mort de myélite le septième jour. Déjeunes pigeons auxquels il avait enlevé la moitié postérieure de la longueur de a moelle environ ( la portion comprise entre la troisième ver-
Ci) Comptes rendus des séances de la Société de biologie, U 11 , p. 20.