‹ Cours de physiologie (volume 2)Chapitre 56 sur 66 · INFLUENCE DU CENTRE NERVEUX, ETC · texte numérisé non relu

INFLUENCE DU CENTRE NERVEUX, ETC

tèbre dorsale et le coccyi) se développaieal parfiaitement et ga* gnaient en poids autant que des pigeons intacts du même âge.

3*» Cliez le fœtus des mammifères encore renfermé dans le sein de la mère, l'absence complète ou la destruction complu de la moelle épinière n'empêche ni la circulation générale, ni la nutrition des diversei parties du corps. Cette proposition importante a été déreloppée dans la dissertation inanguraie de M. le professeur Lallemand (1). A rhistoire du fœtus anencé^ phale qu'il a disséqué , et qui n'avait plus de traces de la moelte épinière, M. Lallemand a joint l'indication de hits de ce genre empnintés à Morgagnî (2), à Van Home (3), à Ruisch (4), * Littre (6), à Sue (6), à Fauvel (7), à Méry (8), et à qaelqoes aatrei encore pour lesquels il renvoie à Morgagni (9) et à Hubert (iO> Comme la lésion qui a détruit la moelle date des premiers iernfê de la vie intra-utérine, il est évident que le cœur de ces fœtoa a entretenu une circulation régulière pendant six mois au moinf, sans le concours des centres nerveux. Il est vrai que àna tot ixBtus acéphales, qui sont privés de cœur, la nutrition et um doute la circulation s'opèrent encore, et que l'on pourrait Mpposer que les choses se passent suivant le même mécanisme chez les fetus munis d'un cœur et privés de moelle. Mais cher ces derniers, l'organe central de la circulation s'est montré trop bien développé pour que Ton puisse supposer qu'il était resté dans rimmobililé. Il a donc, je le répèle, rempli ses fonctioni sans l'assistance de la moelle épinière. Toutefois il est bien re*

miÊ

(t) Ohsetvatlons pathologiques propres à éclairer plusieurs points de physiologie, 2< édH., d« la p99e40i 101.

(2) De Sedibus ei cousis morborum, episl. xi.viii , n* a0«

(3) MisceUanea nat. curios, decur. 1 , ao. 3 , obi. 120«

(4) Rapporté par Kerkring, Spiciiegium anal*, obs. 23.

(5) Histoire de VJcad. des sciences, année 1701, p. 21

(6) Histoire de VJcad, des sciences, année 1746, obs. 6, n<> 1.

(7) Histoire de l'Acad. des sciences, 1711, obs. anat. , p. 26.

(8) Histoire de l'Jcad, des sciences, an. 1712, p. 40, obs. anat. , 6.

(9) Epistolœ anat, xx , n« «56 et 57 ; et de Sed. et camis, epîst. XLVin» obs. 48 et 50.

(10) De MeduUa spinaU, in-4« ; Gottins. , 1741.

connu qu'on ne peut pas conclure rigoureusement du fetos à Tadulte, pour la question que nous agitons.

4*" Cependant la moelle peut exercer une cerUUne influence sur les mouvements du cœur, et sa destruction di* minue Vënergie de ces mouvements. J'ai déjà parlé des taits qui établissent cette influence (page 693); Nasse (1), après avoir mesuré la hauteur du jet du sang qui s'écoule d'une artère ouverte, détruisit tantôt des portions de moelle, tantôt la moelle toul entière , et observa que la hauteur du jet du sang diminuait en proportion de l'étendue de la lésion qu'il avait fait subif à la moelle. Déjà Clift avait vu la destruction brusque de la moelle ralaitir les mouvements du cœur, après les avoir primitivement accélérés. M. Longet a décapité des chiens adultes, après avoir pris des précautions contre Thémorrhagle; il a institué chez eux la respiration artificielle. A quelques-uns il a détruit la moelle; à d'autres, non. Il a constaté que chez les premiers les contractions du cœur faiblissaient plus que chez ceux dont la moelle avait été respectée (2).

Quelques physiologistes ont voulu reconnaître au bulbe raclddien {moelle allongée) les privilèges que Legallois avait accordés à la moelle épinière. Budge (3), dans un premier travail, a professé que le cœur dérivait de cette partie, à laquelle s'associait pourtant la moitié supérieure de la région cervicale de la moelle, le principe de ses contractions. Plus récemment il est revenu sur cette idée , en Tappuyant des expériences dont j'ai exposé et apprécié les singuliers résultats à la page 694 et aux pages suivantes. Il a noté, en outre, que lablation du bulbe rachidien et du haut de la moelle jusqu'aux membres antérieurs, chez les grenouilles, diminue le nombre des battements du cœur, et que le m^me résultat a lieu lorsqu'on a ménagé la portion du bulbe qui entrelient les mouvements respiratoires.

ci) Vtilersuchufigen zur Leùens IVatuiichrc ,p. 132, 134; 18 19.

(2; Trailé de physiologie, f. Il, p. 190.

v3} Untersuc/iungen Uber das Nervensy^tem; Frankf. a. M., 1841.

INFIXENCE DU CE!\ITRE NERVEUX , ETC. 709

En admettant cette influence, que Mayer (I) a aussi reconnue, on se demande si elle passe au cœur par le pneumogastrique ou par la moelle , qui la transmettrait par le grpod sympathique. Nui doute que le pneumo[];astrique ne soit ici le principal, sinon Tunique intermédiaire, puisque nous avons vu dans les expériences de Budge, et surtout des frères Weber, le courant galvano-magnétique établi dans ce nerf produire les mêmes résultats que quand on excite directement le bulbe.

Quant à la nature de cette influence, j^ai déjà dit (p. 694) qu'elle était fort mystérieuse, puisque l'excitation du bulbe par le courant électro-magnétique paralyse activement le cœur, as Heu de le mettre en contraction. Mais il est démontré, poar moi , que le bulbe rachidien, pas plus que la moelle , ne tient prochainement sous sa dépendance les battements du cœur. Des batraciens privés de la moelle allongée et maintenus à une température un peu basse (de 1 à 8 degrés centigrades) ont vécu trois mois et quelques jours (*2). La température a ici une grande influence. La survie des batraciens après Tablation de la moelle allongée se compte, suivant M. Brown - Séquard , par des mois à la température de 1 à 8 degrés centigrades , par des semaines à la température de 5 ù 12 degrés, par des jours à la température de 10 à 16 degrés, par des heures à la température de 20 à 24 degrés, et par des minutes à la température de 30 à 40 degrés. Chez les mammifères eux-mêmes , si on a préalablement abaissé leur température au-dessous de 30 à 3i degrés centigrades, le cœur peut continuer de battre pendant 10 à 20 minutes, sans le secours de Tlnsufflation pulmonaire (3).

Quant au cerveau et au cervelet, leur influence sur le cœur est beaucoup plus éloignée encore que celle de la moelle épinière et de la moelle allongée. Mais c'est ici le lieu de dire un mot de Taction de la volonté sur le cœur. L'école de Stahl a

(1) Froriep's Notiien,X.\\\\\\\, p. 314; 1846.

(2) Brown-Séqnard, Comptes rendus des séances de la Société de biologie, 1849, p. 158.

(3; Brown-Sé^iard, ïbid.

710 DE LA CinCLXATION.

placé les mouvements du cœur, comme ceux d'uo muscle des membres, sous la direction de Tàme. Stahl ne reconnaissait de différence entre le cœur et un autre muscle que celle qui résultait de ia fréquence des conlractions du premier, fréquence dont rame avait senti la nécessité , pour empêcher que le repof du sang n*entrainàt la putréfaction de ce liquide. Les sUbliens étaient bien un peu embarrassés pour démontrer que la volonté a de la prise sur les mouvements du cœur; mais Tun d*eux avait dit que, par suite de la répétition non interrompue de ces mouvements, Tàme avait fini par en perdre presque complètement la conscience, comme du jeu des paupières dans le clignement; et ils se contentaient de cette raison, lis citaient Tinévitable histoire de ce colonel Townshend , qui avait joui de la faculté d'enrayer à volonté les battements de son cœur. Et comme la persistance des contractions de cet organe , après qu'on Ta arraché de h poitiine, semblait attester que Tâme n'était pas indispensable i son action, on vit le célèbre Whytt admettre la divisibilité de Tâme, dont quelques parcelles avaient ainsi été extraites avec le cœur! On sait aujourd'hui que la volonté n'a pas de prise directe sur le cœur, et que c'est par l'intermédiaire de la respiration qu'on peut arriver à modifier et même à arrêter la contraction du cœur lorsqu'on joint la compression de la poitrine à la suspension des mouvements respiratoires. Je renvoie donc à l'histoire des circulations partielles , et en particulier de la circulation pulmonaire , l'examen de ce point de doctrine, sur lequel Weber a récemment fourni de nouveaux documents (1).

De l'influence du grand sympathique sur les contractions

du cœur.

C'est à peu près exclusivement par le grand sympathique que la moelle cpinière agit sur le cœur, mais on se demande si ce nerf n'exerce pas une action propre sur le cœur. Dans les expé-

(1) Sur des essais d'arrêt volontaire de la circulation du stutg et des fonctions du cœur {Archives gén, de méd,, p. 309, arril 1853).

INFLUENCE DU GIl/kND SYMPATIIIQUL. 711

riences par lesquelles on a démontré que Tcxcitation galvanique des nerfs cardiaques peut chan{jer les contractions du cœur, on a agi plutôt sur le grand sympathique que sur le pneumogastrique, qui donne moins de rameaux au cœur que ne le fait le grand sympathique. Celles de ces expériences dans lesquelles on avait enlevé le cœur et préparé ces nerfs sont trèsconcluantes, puisqu'il n'y avait pas possibilité d'action réflexe sur le cœur. On avait , en même temps, évité d'agir directement sur les fibres charnues du cœur. Telles étaient les conditions des expériences'foites par M. de Humboldt sur un renard et deux lapins. Il est dit qu'à chaque contact des métaux, les pulsations du cœur furent manifestement changées ; elles devinrent pins rapides, et surtout plus énergiques. Burdach (I), Grève (3), Webster (3) , Ludwig (4), etc., ont vu aussi les mouvements du conir excités par l'irritation des nerfs cardiaques.

Tous ces faits s'expliquent soit dans l'hypothèse où le grand sympathique n'aurait qu'une action conductrice par rapport à la moelle épinière , soit aussi dans l'hypothèse où ce nerf joindrait à son action conductrice une action propre.

I.a doctrine qui admet que certains ganglions du grand sym-» pathique tiennent sous leur dépendance les mouvements du cœur n'est , comme nous le verrons ailleurs, qu'un cas, qu'une application isolée de la théorie de Winslow , de Bichat, de Reil , de Johnson, etc., sur les fonctions du grand sympathique; mais cette doctrine a plus particulièrement été appliquée à la physiologie du cœur par M. Lallemand , de Montpellier (5), et par M. Brachet,deLyon(6).

M. Lallemand , après avoir constaté que la moelle manquait et que les ganglions du grand sympathique étaient très-déve-

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(1 ) Fom Boue und Leben des Gehirns, B. \i\ , S. 69.

(2) f^om Metalireitze, ifi-8«, S. 96; Uipz., 1796.

(3) On the connexion ofthe stomach wUh lift, in-8®, p. 4 ; LonST., 1793.

(4) Scriptores neurologici minores, t. IV, p. 408.

(5) Thèies de Paris, 1818, n*> 165, p. 25 et sui?.

(6) Rech, expériment. sur tes fonctions du sysléine nerveu» gtuiglion- ;ia/re, p. 163; 1837.

loppés dans le fœtus monstrueux dont il a donné TobservatioQ (uoy. p. 707 de ce vol.) et dans les autres cas de ce gpenre (1), eir a conclu que les ganglions, à eux seuls, avaient pu fournir la force nerveuse nécessaire pour Tentrctien des battements da cœur pendant la plus grande partie de la vie intra-utérine. Cette conclusion est rigoureusement exacte, mais il ne faudrait pas tirer du fait précédent cette autre conclusion, que la moelle ne fournit rien chez les individus régulièrement conformés, et surtout après Fépoque de la vie intra-utérine.

Quant à M. Brachet, de Lyon, il a essayé de résoudre expérimentalement cette question. Après avoir lié les deux artères sous-claviëres et mis à nu, de chaque côté , le ganglion cervical inférieur, il a coupé tous les nerfs qui en procédaient. cLe cœur, dit-il, s'est arrêté sur-le-champ! » Ce résultat ayant manqué dans d*autres expériences, l'expérimeutateur, soupçonnant que Faction du cœur était entretenue, dans ces cas, par le gan- ' glion cardiaque, a poussé jusque-là la vivisection. La première côte a été cassée, Tartèrc sous-clavière gauche liée, le ganglion cardiaque excisé; le cœur a été paralysé instantanément (2). Les physiologistes n'ont pas pris au sérieux ces expériences. Une expérience de Muller (3), répétée plusieurs fois par M. Longet (4), prouve que le ganglion cardiaque (quand il existe) n'a pas le merveilleux privilège de tenir si prochainement le cœur sous sa dépendance. On enlève rapidement le cœur de la poitrine d'un animal vivant, on le coupe à la jonction des oreillettes avec les ventricules , on racle la base de ceux-ci, on en a séparé alors le ganglion, et cependant ils se contractent encore pendant un certain temps. J'ai d^à dit ailleurs que des fragments de cœur se comportaient de la même manière. Ainsi Taction propre du grand sympathique ne va pas jusqu'à tenir sous sa dépendance ac-

(1) Breschet a?ait aussi signalé ce grand développement desBangtions chei les monstres privés de moelle.

(2) Loc.cit., p. 163.

(3) Matmel de phxsiologie, 1. 1 , p. 576.

(4) Traité de phxsiologte, 1 11, p. 384.

tuelle la contraction du cœur, à moins que pour dernier refuge on ne mette en cause les {^anfj^lions que Hemack (1) a vus sur rexlrémilé périphérique des nerfs du cœur, et qui sont cachés dans la trame de cet organe.

Conclusions sur les rapports des moui^ements du cœur

avec le système nerveux.

L'examen détaillé dans lequel je suis entré, les faits nombreux et en quelque sorte contradictoires dont je vous ai entretenus, ne laisseraient que doutes et incertitudes dans votre esprit si je n'en faisais sortir quelques propositions doctrinales. Voici ma manière de voir sur ce sujet épineux :

1° Ni la moellQ épiniëre , ni le bulbe racbidien, ni le pneumogastrique, ni les ganglions cervicaux du grand sympathique, ni le ganglion cardiaque, ne tiennent si prochainement le cœur sous leur dépendance , que la contraction de celui-ci cesse h rinstant même où il ne communique plus avec ceux-là.

2^ liOrsque certaines lésions du système nerveux arrêtent tout à coup les mouvements du cœur (voy. p. 695 de ce vol.), ce n'est pas parce qu'elles interrompent la transmission d'une force ou d'un principe quelconque qui se faisait de ces parties au cœur, et qui était actuellement nécessaire à sa contraction, ce n'est pas, en un mot, d'après le mode suivant lequel la section du nerf radial paralyserait les extenseurs des doigts actuellement contractés , c'est plutôt par une sorte d'influence paralysante active qui, pour s'exercer sur le cœur, a besoin que le point lésé du centre nerveux soit en communication par un nerf avec cet organe. En effet, le cœur reprend ses battements si ce nerf intermédiaire est coupé. C'est là un des faits les plus extraordinaires que les vivisections de notre temps aient révélés. Je pense qu'on en a voulu déduire à tort que le principe des battements du cœur résidait exclusivement dans le bulbe racbidien. Le nerf pneumo-

(1) Muller's Archiv fur Ânalomie, 8. 4S3 ; 1841.

714 DK LA CIRCULATION.

gastrique est plas particulièrement aFFecté à la transmission de cette singulière influence (voy. p. 695).

3® Le cœur n'est pas plus que tout autre muscle aFFrancbi de Fiufluence nerveuse. L'action des ncrl^ fondus dans sa trame est nécessaire fi ses contractions. Ces nerfs puisent leur force dans le centre nerveux et notamment dans la moelle épinière et le bulbe rachidieii; ils rempruntent à la moelle par le grand sympathique et au bulbe rachidien par le nerf pneumogastrique.

Les ganglions ont une force propre, indépendamment de celle qu'ils empruntent au centre nerveux et qu'ils dépensent lentement. La transmission de ce principe , du centre aux ganglions, de ceux-ci aux nerfs, et des ncrfeaux ramifications qui touchent la fibre musculaire, se fait lentement. On peut dire que toutes ces parties sont chargées tn même lemps. Voilà poqrquoi ni la section des cordons nerveux, ni l'ablation des ganglions, n'arrête à l'instant l'action du cœur. De même, un cœur extrait de la poitrine d'uu animal vivant a emporté avec lui une portion de âlets ner* veux dont l'action n'est pas épuisée, et qui le fait battre pendant quelque temps.

L'excitation galvanique des nerfs active cette influence (en même temps qu'elle en donne la démonstration), elle accélère en quelque sorte le courant dont nous parlons.

La solution de continuité des pneumogastriques qui n'interrompt pas l'action du cœur, doit cependant l'affaiblir en supprimant une partie de la source à laquelle puisent sans cesse les radiations nerveuses du cœur (voy. p. 701).

La destruction de la moelle tarit considérablement cette source : de là les résultats signalés par Legallois, mais qu'il avait exagérés (voy. p. 702 de ce vol.).

L'action propre des ganglions peut suffire à l'entretien des battements du cœur pendant la vie intra-utérine; mais, après la naissance, l'influence de la moelle est indispensable.

Ces propositions, rapprochées de celles que vous trouverei disséminées dans la discussion qui précède, vous permettront de vous faire une idée des rapports de l'action du cœur avec les centres nerveux.

INFLUENCE DU SYâTBMR NCIIVBUX. CONCLUSIONS. 715

Ces rapports se révèlent en outre dans un grand nombre d'affections pathologiques, dans ces efFets d'action réflexe qu'on ap* pelle sympathies. Je remarque deux espèces d'influences tout à fait en rapport avec celles que les expérimentations nous ont fait connaître. Et c'est la première fois sans doute qu'on aura fait ce rapprochement , puisqu'on ne connaissait pas cette singii* lière action paralysante dont il a déjà été question plusieurs fois. Qu'une influence morale vive, et de celles qui dépriment» vienne à causer la syncope, elle aura exercé une action sidérante analogue à celle que les vivisections nous ont fait connaître. Je suis convaincu que l'influence est transmise du centre nerveux au cœur par le pneumogastrique. Je me suis demandé plus haut si l'action se propageait par des fileta de mouvement ou de sen« timent. D'autres états excitent , par l'intermédiaire du centre nerveux, les battements du cœur: ce sont les passions expansives, l'irritation portée sur les racines des neris racbidiens, comme dans les expériences citées plus haut de M. Magendie (v. p. 694). Presque toutes les inflammations locales réagissent de la même façon. Ne serait-ce pas par les neris cardiaques du grand sympathique que la réaction passe, dans les cas de fièvre symptomatique, du centre nerveux au cœur? Il y a, à mon avis, deux grandes catégories de fièvres : l^» celles qui ont pour point de départ une altération du sang, c'est-à-dire du stimulus normal des contractions du cœur; T celles qui tiennent à une affection pathologique locale , affection inflammatoire, le plus souvent. L'excitation est alors propagée au centre nerveux par les nerfs de la partie malade. Ce centre nerveux réagit, comme nous l'avons dit, sur les nerfs qui vont au cœur.

Une théorie complète des rapports des mouvements du cœur avec le système nerveux devrait nous initier à ce mécanisme admirable, en vertu duquel la diastole et la systole s'enchatnent et se succèdent si régulièrement dans les cavités antagonistes du cœur. Les physiologistes les plus éminents se sont exercés sur ce problème. On pourra voir l'exposé de leurs hypothèses dans ce paragraphe de Haller, qui a pour titre : Quœ causa sit aliernl ordi'nis, quo cordis partes constringuniur et laxanturP /gr-

potheses variœ (I). Ces hypothèses , que je ne reproduirai pas, n^apparliennent plus qu'à Thistoire de la science. Pour Haller, Texph'cation était simple et facile; elle découlait des lois de Tirritabilité. CTétait, comme il le dit dans un autre paragraphe : SUmuU lier et successio; c'est-à-dire la marche naturelle du sang ou stimulas , des veines dans les oreillettes, de celles-ci dans les ventricules, et de ceux-ci hors du cœur. De sorte que le système nerveux n*y était pour rien. Mais, comme nous l'avons dit page 651, le type de ce rhythme est imprimé dans la texture nerveuse et musculaire du cœur. H ne faut pas même remonter, pour en chercher la cause, jusqu'au centre nerveux, ni même jusqu'aux ganglions cervicaux du grand sympathique, ni même au ganglion cardiaque, puisque des parcelles du cœur se meuvent d'une manière rhythmique. Faut-il invoquer les petits ganglions que Remack a vus sur les fibrilles nerveuses du cœur ?

Muller s'est demandé si la contraction et le relâchement alternatif^ tiennent à ce que la fibre musculaire, soumise à une excitation continue de la part du nerf, perd et acquiert, alternativement, la faculté de répondre à cette excitation, ou si plutôt ce n'est pas le nerf qui opère sa décharge d'une manière intermittente sur la fibre musculaire. Il s'est prononcé pour cette dernière opinion, qui est la plus vraisemblable.

(1) Blemenia phxsiol.j t. I, p. 498.

CmCULATlOBT DANS LES ARTÈRES. 717

QUATRB'YINGT'NEUYIÊflE LEÇON.

( Suite.)

OIROULATIO* DAWI LMM ARTÉRSt.

Messieurs,

Les artères transportent le sang du centre à la périphérie , du cœur à toutes les parties du corps.

Une des divisions du système artériel conduit le sang noir aux poumons ; l'autre transmet à tous les organes le sang vivifié par Tacte de la respiration.

J'exposerai , en premier lieu , les phénomènes de la circulation artérielle ; je remonterai ensuite à la cause du mouvemient du sang dans les artères, et à Texamen des propriétés de ces vaisseaux.

Parmi les phénomènes de la circulation artérielle , les uns peuvent être recueillis par le sens de la vue , les autres par le toucher, les autres, enfin, par le sens de Touïe. Je ne traiterai de CCS derniers que quand j'aurai terminé l'exposé de la circulation dans les vaisseaux.

1® Des phénomènes recueillis par le sens de la vue. Si on examine sur un animal vivant une artère dénudée, on remarque qu'elle est le siège d'une pulsation. Cette pulsation peut être observée aussi à quelque distance du vaisseau , c'est-à-dire qu'elle se transmet de celui-ci aux parties molles et à la peau qui le recouvrent. Il est important que les chirurgiens soient prévenus qu'une artère mise à nu peut paraître complètement immobile , bien que l'individu soit vigoureux , que la circulation soit active, que le vaisseau observe soit volumineux et parcouru par le sang comme les autres parties du système artériel. Gela

718 DB LA GIACULATIOII. *^^* '

se voit lorsque l'arlère mise en observation est parFaitement droite , et que la position de la partie ne lui foit faire aucune inflexion. La carotide d'un bélier éiant mise à nu , ce vaisseau parut parfoitemenl immobile à Parry (1) ; mais si on inclinait h tête de ranimai de manière à changer la direction du vaisseaa et à lui imprimer une courbure , les pulsations paraissaient à rinstant même. On produit un effet inverse en redressant, par le changement de situation de la partie, une artère courbe qui offrait des pulsations; celles-ci disparaissent à Hnstant (3). Souvent une artère qui communiquait une impulsion évidente aux téguments semble complètement immobile quand <m l'a dénudée. Gela a trompé plus d'un opérateur.

Valiongemenl et le raccourcissement alternatifs des artères sont des phénomènes très-apparents de la circulatioDS da sang dans ces vaisseaux. Rallongement de Tarière pencbnt la systole du cœur est facile à constater. Il suffit d'examiner le point où une artère se bifurque pour voir que l'angle de séparation des deux branches s'éloigne et se rapproche alternativement du cœùr(3). C'est par suite de la répétition <te ces mouvements que les artères des vieillards s'allongent peu à peu d'une manière permanente. On voit , chez certains sujets , V aorte descendre flexueuse au devant de la coloime vertébrale , les iliaques former des espèces de circonvolutions sur les côtés du détroit supérieur du bassin , les temporales se recourber en zigzag sur les tempes, etc. Parry évalue à une ligne et Bell à trois lignes le déplacement de la bifurcation de la carotide primitive. J*ai souvent ccmslaté un allongement plus considérable encore dans les artères sur lesquelles je venais de poser une ligature Immédiate après l'amputation des membres sur l'homme. A chaque systole du cœur, le bout de l'artère porUnt la ligature sort littérale*

(1) Expérimental inquiryinto îhe tHtture of the arierial pmlse^ ii p. 6; Loud., 1816.

(2) ArUiaud» Oisserialion sur la diiataiion des arUres,iaï'89; Paiii^

(3) Scbullz , Journ. des progrés, t. VU , p. 49 ; Wedemeyer, Journ, des progrés, t X , p. 1 , etc.

ClRCUL/kT|ON DANS LES ABTÈRES. 710

ment du moigoon. Mais il faut tenir compte ici de la condition exceptionnelle dans laquelle se trouve le vaisseau après Tampulation d'un membre. Une artère dont la continuité ne serait pas interrompue s'allongerait moins. On trouve dans Haller une ex* pUcation un peu subtile de la cause prochaine de rallongement des artères pendant la diastole du cœur (1); il nous suffira d'avoir signalé le fait.

La locomotion des artères constitue un troisième pbéno* mène appréciable par le sens de la vue. Cette locomotion est trèsmarquée là où les vaisseaux présentent des courbures. Bichat fait observer qu'on voit dans le mésentère toutes les artères se déplacer à la fois. lia locomotion de Tarière brachiale devient trèsapparente dans certaines positions du membre supérieur; tel est , par exemple, le cas où un individu étant couché sur le dos, place sous sa tète la paume d'une de ses mains : l'artère devient flexueuse dans celte position, et l'on voil chez certains sujets sauter à la fois toutes ses courbures. Il n'esl pas exact de dire avec Bichat, et un grand nombre de physiologistes, que la systole du cœur ait pour effet de redresser les courbures des artères; cette systole a pour effet, au contraire, d augmenter les cour* bures d'un grand nombre d'artères. Ceci n'avait point échappé à Parry. Sur une des artères de la panse du mouton , artère qui est très-libre dans son trajet et présente plusieurs courbures successives et inverses, M. Flourens dit cependant avoir vu ces courbures se changer alternativement les unes dans les autres, et, succes$ivement, les points convexes de chacune devenir concaves, et réciproquement (2). La locomotion des artères, à mon avis, doit être considérée comme une conséquence inévitable de leur allongement, car les extrémités de ces vaisseaux ne pouvant s'éloigner du cœur, la partie intermédiaire doit se déplacer.

Indépendamment de l'allongement et de la locomotion de Tarière , il y a souvent dans ces vaisseaux un mouvement roiaioire signalé par Parry, et que j'ai plusieurs fois observé dans des artères courbes.

(1) Btemenia physiologia, t. II, p. 230.

(2) G€U. m^if., 1837, p. 61.

La dilatation et le resserrement alternatifs de Tartëre ont été et sont encore aujourd'hui un objet de controverses. Le raisonnement fait admettre ces deux états alternatifs, mais il faut reconnaître qu'on les voit plutôt des yeux de la raison qu'autrement. Parry (1), après s'être livré à une foule d'expériences sur les artères de divers animaux, a positivement nié la dilatation et le resserrement alternatifis du diamètre de ces vaisseaux. Voici ses principaux arguments : Les artères carotides et les artères crurales étant mises à nu , on n'y vit aucune dilatation. Les ca* rotides paraissaient complètement immobiles , à cela près du léger déplacement qui leur était imprimé par les mouvements respiratoires. Ces artères, examinées avec un instrument grossissant dont le champ était assez vaste pour comprendre tout leur diamètre transversal , ne présentèrent aucune dilatation. En regardant avec une forte lentîHeie point brillant dû à la réflexion de la lumière sur la convexité du vaisseau , on reconnut que ce point lumineux ne changeait pas de place. L'aorte ventrale semblait, à la vérité , se dilater et se resserrer; mais, examinée avec la lentille, elle n'offrit pas de gouflement latéral : le mouvement était dû à la projection du vaisseau en avant, alternant avec son report en arrière. Avant Parry, Ârthaud (2), et avantArthaud, de Lamure (3), disaient avoir constaté, à Taide d'expériences analogues à celles qui viennent d'être citées, que les artères ne se dilatent pas. Arthaud n'a jamais pu voir la dilatation de Taorte placée entre les deux branches d'un compas qu'il ne mettait pas tout à fait en contact avec le vaisseau. John Davies (4) n'a pu découvrir, même à l'aide du microscope , dans les artères des animaux vivants, ni expansion ni contraction alternatives, etc.

Cependant le plus grand nombre des physiologistes admettent , avec raison , celte dilatation que plusieurs ont constatée.

(1) On Ihe arterial puise, p. tO.

(2) Dissertation sur la pulsation des arl ères, iii-8®; Parij, t771.

(3) Recherches iur la pulsation êcs artères, io-8" ; MontpelUer, 1760. (4)' The London med. rrposUory and reuiew, vol. XXIX, p. 389; 1828.

GMGULATION DANS LES ARTERES. 721

Halier ne la mettait pas en cloute (1), Spallanzani Ta vue en adaptant un anneau à Faorte d'une salamandre (2); Hasting^, en entourant d'une ligature peu serrée Taorte d'un chat (3); M. Poiseuille (4), dans des expériences très bien conduites, et dont le principe consiste à faire passer Tartëre au travers d'un liquide dont le mouvement peut être Facilement apprécié à Faide d'un tube gradué adapté à l'appareil; M. Floiirens, en adaptant à des artères de petits anneaux brisés de ressort de montre. Les ex* rémiiés de ces anneaux s'écartent et se rapprochent alternati* vement. La dilatation fut très-apparente sur l'aorte de plusieurs lapins et plus encore sur l'aorte abdominale d'un chien (5). Meckel a constaté* la dilatation des artères du cordon ombilical. Ne perdons pas de vue que cette dilatation doit être renfermée dans des limites très-restreintes , car la capacité du système artériel tout entier ne peut éire augmentée que du volume de Fondée de sang lancée à chaque systole par le ventricule gauche. Ajoutez qu'une partie de cette ondée de sang est employée à allonger l'artère, et qu'une autre partie remplace simplement le sang qui a été poussé dans les capillaires. Il ne faut pas s'exagérer pourtant la valeur de cette considération ; la dilatation n'est pas répartie à un moment donné sur toute la capacité du système artériel; elle se propage, par un mouvement successif et rapide de l'aorte, à la périphérie de l'arbre artériel. Cette dilatation a été évaluée à Yn du calibre du vaisseau par Wedemeyer (6) et à V5 de ligne pour l'artère brachiale. Le raisonnement, d'accord avec l'expérience, nous indique que la dilatation sera beaucoup

(1) «Milii quidem de pbaenoineoo ipso dubium Dulluin superett» {JSlemenia phxsiologiœ, t. Il, p. 238). On peut voir, au paragraphe iulitulé Diiataiio artehatj que ce sujet avait été vivement débattu par Haies, Borelli, Weitbrecht, etc.

(2) Expériences sur la circulation, trad. par Tourdes, in-S», p. 146; Paris, an Vlll.

(3) De n conlractili vasorum/in-S'* ; Edinb., 18 i 8.

(4) Joum, de physiologie, p. 44 ; 1S2U.

(5) Gaz.niéd., 1837, p. Gl.

(($) Journal des pro grés, t X, p. 1.

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plus marquée dans les gros vaisseaux que dans les petits. Hastiogs ne Ta vue^que sur les grosses artères ; Spallanzani n'a pu la constater sur des artères plus petites que les mésentériques ; suivant M. Schultz(l), la dilatation est plus marquée dans les grosses artères, et rallongement, dans les artères de moyen calibre. Cependant on peut dire, en thèse générale, que rallongement des artères l'emporte sur leur dilatation.

I..es artères qui sortent du sommet de la poitijne ont souvent un mouvement indépendant de la systole du cœur, il leur est communiqué par Tinspiration et Texpiration : ce sont de simples déplacements de Tartère.

Un dernier phénomène recueilli par le sens de la vue concerne la manière dont le sang s'échappe d'une artère ouverte. Si on divise en travers une artère d'un certain calibre, on voit le sang s'élancer par saccades , mais non cependant d'une manière intermittente : c'est un jet continu avec des redoublements d'intensité, La saccade correspond à la systole des ventricules, et dans ce moment il semble que l'orifice de l'artère divisée ait été un peu dilaté; puis le jet continue en s'afEaiblissant pendant la diastole du cœur; en même temps, l'artère paraît revenir sur elle-même. Avant que le jet a'arrète complètement, il survient une nouvelle saccade, et ainsi de suite. La saccade est surtout marquée dans les grosses artères; dans les petites, au contraire, et celles qui sont fort éloignées du cœur, le jet se rapproche , de plus en plus, de l'écoulement continu.

Tels sont les phénomènes que l'on peut contater par le sens de la vue; passons à ceux que le toucher aide à recueillir. Si on presse du bout-du doigt une artère d'un animal vivant, on sent une pulsation ) une secousse particulière. La secousse donnée par l'artère est très-marquée, si cette artère est volumineuse, et surtout si elle a un point d'appui contre lequel on la comprime modérément; si, au contraire, on pousse cette artère, dénudée ou non dénudée, contre des parties molles peu ré-

J) Journal des progrés, t. VII, p. 49.

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sistantes , la perception du pouls pourra être peu marquée oo nulle : c'est ainsi que la carotide d*un bélier, dénudée et poussée contre les parties molles, ne donnera pas de sensation de puisa* tion au doigt ; mais prenez cette artère entre deux doigts ou appliquez-la contre les vertèbres du cou , et vous sentirez les pulsations. Dans certaines occasions, on peut sentir sur soi-même, et sans y appliquer les doigts, les battements d'un grand nombre d'artères.

Nous avons maintenant quelques-uns des éléments nécessaires pour discuter la question du poufs. Au temps d'Hippocrate, on donnait le nom de pouls ((r^u^fioO non-seulement à la pulsation des vaisseaux, mais aux palpitations des muscles; et rien ne prouve qu'Hippocrate ait jamais appliqué ses doigts sur une artère pour y étudier le pouls. Dans un ouvrage qui parait antérieur à Galien , et qu'on a peut-être à tort attribué à Ruftia d'Éphèse (1) , le pouls est positivement attribué à la contraction du cœur.

A quelle modification physique dans Tétat de Fartère fout-il rapporter le /7o///^P Quelques uns le rapportent à rallongement de Tartère (2) ; d'autres, à sa dilatation (3) ; d'autres, èsa locomotion (4); d'autres ,à plusieurs de ces causes ou à toutes ces causes réunies (6). Il serait bon de convenir, au préalable, de ce qu'on doit entendre aujourd'hui par pouls. Est-ce la pulsa^ tion que Tœil aperçoit? est-ce la secousse imprimée à la pulpe d'un doigt appliqué sur l'artère? Dans la première acception, il est bien clair que le pouls est dû surtout à la locomotion de l'ar-

(1) Xuvc<|;^ iTipi o^u^i&Mv, traduction par M. Darembers.

(2) Artbaud, DUserl. sur la dUatalion des artères, in-8®; Paris, 1771 Jadelol, Mémoire sur la pulsation des artères, iu-S** ; NaDcy, 1771. Parry, Jnquirx into the nature of the arteriat puise ; Lond., 1816.

(3) Haller, Efcm. physiol., t. Il, p. 238; Spallanzani, Expèr* sur la drculalion, p. 305; Hastinoti, de Fi contractili vasorum.

(4) Bicbat, Anat. génér.jL I, p. 338; 1801 ; Weithrecht* Comm. Jcmi. Petropolit., toI. VII, p. 3l(r, Lamure, Rech. sur la cause de la pulsation des artères, iii-8°; Monlp., 176tf.

(5) UdWtv^ Elem. pUxsiol.f l. Il, p. 'i38 ; Aroolt, i^/ém. de philosophie naturelle, t. Il, p. 386.

1ère et à rallongement, qui ne peut avoir lieu sans locomotion; à peine peut-on invoquer ici l'influence de la dilatation (voyez ce qui précède). Mais si, comme cela serait plus convenable à mon avis, on veut limiter aujourd'hui l'acception du mot pouls à la désignation du choc que Tartère (ait éprouver au doigt qui la presse , il faudra faire intervenir dans la production du phénomène une condition qui ne sera ni l'allongement, ni la dilatation , ni la locomotion. Sans doute ces trois phénomènes pourraient à Toccasion exciter une légère sensation tactile dans un doigt placé près du vaisseau ou à son contact; mais il font autre chose pour produire nettement et pleinement la sensation du pouls. 11 faut que le doigt , étant appliqué sur une artère pourvue d'un point d'appui, déprime la paroi artérielle, sans cependant oblitérer la lumière du vaisseau; il Faut que le doigt, poussant en quelque sorte une partie de la circonférence du vaisseau dans la cavité de celui-ci , altère sa forme cylindrique. Gela est si vrai , qu'on peut , comme je l'ai dit plus haut , pousser du doigt une artère volumineuse sur des parties molles sans avoir la sensation de ses pulsations ; c'est que le vaisseau est resté cylindrique , et que le doigt n'a pas déprimé la paroi. Voilà pourquoi on ne peut sentir le pouls sur des artères d'un trèspetit calibre, car la moindre pression fermerait la lumière du vaisseau. On peut voir les pulsations des petits vaisseaux , mais on ne peut les sentir avec le doigt. Une artère d'un sixième de ligne de diamètre n'excite plus la sensation du pouls.

Je viens d'exposer les conditions du pouls, mais je n'en ai pas donné la théorie. Il y a là un choc, que quelques-uns ont comparé à celui du bélier hydraulique : ce choc est transmis par le liquide et non par la paroi. Galien avait prétendu prouver qu'il était transmis par la paroi (voy. Historique, p. 669 de ce vol.). L'origine de ce choc était rapportée, par Pelletan, au redressement brusque de la valvule bicuspide, au moment de la systole ventriculaire.

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