ÉTAT DES GAPILL41RES DANS LES PARTIES ENFLAMHÉES
Dtns le réseau capillaire lui-même , les changements ne f(ont pas moins remarquables; Taugmenlatlon du nombre des glo* bules sanguins fait tout d abord paratlre les capillaires dilatés , et* bientôt la dilatation est réelle: On est frappé de voir, par exemple, deux capillaires naissant d'un tronc commun offrir chacun un diamètre plus grand que le ironc commun qui les fournit. On voit aussi dans les capillaires des parties enflammées, mais moins constamment que dans les vaisseaux qui y abordent ou qui en partent, des irrégularités de calibre , des dilatations presques sphériques, ressemblant à de petits anévrysmes; d'autres dilatations sont cylindriques et allongées en forme de boudin; quelques-unes alternent avec des rétrécissements. Des recherches d'anatomie pathologique ont montré ces divers états des capillaires à Kœlliker(l), à Bruecke (2), et à Ecker(3), dans des cas d'inflammation chronique chex Thomme. Notons avec Virchow que ces dilatations partielles ne peuvent être considérées comme un fait anatomique appartenant en propre au travail phlegmasiquc, puisqu'on les ^observe parfois dans des parties oon enflammées. Disons auïli,. avec M. Lebert, que la dilatation générale At uniforme des capillaires est un état plus commun que leur dilatation partielle.
Il Faut maintenant montrer comment se fait la circulation dans ces parties ainsi modiflées par le travail inflammatoire, et quels changements le sang y éprouve.
Dès que le resserrement s'est prononcé dans les artérioles, et la dilatation dans les capillaires, le cours du sang est ralenti dans ces derniers; ils se remplissent davantage de globules. Çà et là, on voit Toscillation s'établir dans des séries de globules; enfin, et par places aussi, le mouvement s'arrête. On a alors sous les yeux ce que l'on appelle les stases ; leur mode de formation a parfaitement été exposé par Kaltenbrunner. Tous les
( I) Zeitschrifl fur aissenschaftUche Zoologie, R. I, p. 2C2; 1849.
(2) Zeitichrifi fUrrationtIffi Médecin, B. V, p.7i.
(3) /6iW.,B.VI,p.l35.
expérimentateurs modernes les ont bien vues. Elles s'étendent de proche en proche, à mesure que Tinflammation se propage; elles gagnent aussi les artérioles et les veinules. M. Lebert suppose que ces stases, si constantes dans les inflammations que Ton développe artificiellement dans les tissus des animaux à sang firoid , ne sont pas aussi étendues dans les inflammations spontanées chez Thomme. Kaltenbrunner leur accordait une plus grande importance , puisqu'il les regardait comme un caractère propre à faire distinguer Tinflammation de la simple congestion.
Enfln le sang lui-même subit des modifications remarquables dans les parties enflammées. Ses globules ont de la tendance à s*aggluiiner; ils se collent les uns aux autres^ s'affaissent, de* viennent plus sombres : c'est ainsi qu'ils donnent naissance aux stases. Dans les premiers temps de leur accolement, ik ont conservé leur forme et leurs autres propriétés; de sorte qu'ils peuvent encore être rendus à la circulation générale, ce qui arrive au plus grand nombre pendant la résolution. Quand les stages se prolongent, ils perdent leur matière colorante, se défimnent, et se convertissent en grumeaux irréguliers. Kaltenbrunner a parlri des changements que les globules éprouvent dans les vaisseaux; Gluge s'en est particulièrement occupé (I).
L'accumulation des globules du sang dans les capillaires des parties enflammées change naturellement la proportion de ces globules avec le plasma; celui-ci y est moins abondant que dans les autres parties du système vasculaire.
Ajoutez enfin à ces traits une tendance à Texsudation plastique, exsudation qui s'opère tantôt à la surlace libre des membranes enflammées , tantôt dans la trame même de la partie atteinte de phlogose, souvent dans les deux directions à la fols, et vous aurez un tableau assez complet, bien que réduit, de ce qui se passe dans les capillaires d'une partie que l'inflammation a envahie. Il est bien important de remarquer que si le produit de cette exsudation a de la tendance à s'organiser, il
(t) Atlas d'anatomie pathologique. Ht. XXI, p.