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(1) Traité de chimie, vol. VIU , p. 485. Dans ce Irarait , publié en 184d, M. Dumas a, comme on le voit, modifié l'opinion qu'il avait émise antéKeurenient , de concert avec M. Prévost.
(3} Dumas, loc, cit., p. 493»
Je rr?iendrai plus loin sur la quantité de fer qu'elle contient. Ottte substance ne renferme ni soufre ni phosphore ; elle est donc Moi distincte des matières purement albuminoïdes. On le prouve a h faisant déflagrer avec de Tazotate de potasse ; elle ne fourlit alors ni acide phosphorique ni acide sulfurique.
Après ayoîr parlé de la substance colorante que la chimie retire da sang , il est convenable de dire quelques mots de cette substance , telle qu'elle s'ofFre dans le san{; défibriné , et sans avoir été soumise à Tinfluence d'aucun réactif. Nous avons dit ^eUeéiait soluble dans l'eau. La dissolution dans laquelle aiste b matière albuminoîde, à laquelle la couleur est unie dans les globales, prend , par l'agitation avec l'oxygène , une teinte qui se rapproche de celle du sang artériel , sans pourtant devenir aussi éclatante. Elle absorbe alors de l'oxygène et dégage de Tacide carbonique ; la couleur se fonce si l'action de roxygène est prolongée. Elle peut être desséchée et convertie en me masse noirâtre qui se laisse pulvériser. Cette substance a conservé sa sfAnlnUié dans l'eau; elle ne l'a même pas perdue lorsqu'on l'a mainfenoe pendant plusieurs heures à une température de 1Ù0 degrés. Mais , si elle était chauffée pendant qu'elle est à l'état de dissolution , elle se coagulerait dès le 76® degré. L'akool et les acides la coagulent comme la chaleur. Des disques minces de cette matière, suspendus dans de l'éther pur, s'y dissolvent , suivant Hunefold.
Le mélange d'hématosine avec la substance dont on la débarrasse si difficilement a reçu de quelques chimistes le nom d'/ié" malo-globuUne (1). Berzelius a pensé que ces deux corps étaient non à l'état de mélange , mais à l'état de combinai^n , opinion qui n'est pas partagée par M. Dumas (2).
L'hématosine ne forme en poids qu'une partie extrêmement
I (1) Je rappdle que le mot global ine a été employé par M. Le Canu , dans eaprcoMer travail, pour désigner la matière colorante, tandis qn'im plus ^rand
«■ibre de ciiimistet ont compris sous ce nom la matière albuminoîde du
Sliliule.
(2] Traité de chimie , t. Vlll , p. 489.
minime des globules. Sur 1 ,000 parties de saug , il n'y a pas 3 millièmes d'hématosine: 3,2700, suivant M. Le Canu; par conséquent un peu moins que de fibrine ^ dont le chiffre est porté par le même expérimentateur i 2,9480.
La matière colorante du sang résiste pendant longtemps à la décomposition (l).Yauquelin (2), faisant l'analyse d'un sang de bœuf conservé pendant cinq ans, ne trouva pi us traces de fibrine et d'albumine que la fermentation putride avait détruites; mais la matière colorante déposée au fond du vase avait , dit-il , conservé ses propriétés, et donnait, avec Tacide sulfurique affaibli , une dissolution d'un rouge magnifique. Gela a donné Vidée de préparer la matière colorante par fermentation.
Matière colorante jaune du scmg. Les physiologistes avaient signalé la teinte jaune du sang ou de quelques-unes de ses parties (voyez p. 16 de ce vol.), avant que l'analyse chimique y démontrftt un principe de cette couleur (3). C'est ce principe qui donne au sérum la teinte qui lui est propre. Cest du sérum que M. Sanson (4) l'a extrait par le procédé suivant. Le sang de bœuf desséché est lavé par l'alcool, qui dissout les matières grasses et quelques sels; le résidu, traité par l'eau distillée , lui abandonne la matière adorante ; on évapore , et on obtient une matière qui, traitée encore par l'alcool pur ou l'alcool éthéré, donne une teinture d'un jaune d'or.
L'analogie qui existe entre cette matière et les principes colorants de la bile a frappé un grand nombre de médecins.
Les rapports qui existent entre les matières colorantes du sang
(1) Les historiens et tes antiquaires se complaisent à rechercher, dans les lieux qui ont été témoins de quelques crimes , les traces du sang des personnages qui sont tombés sous le fer des assassins. Un des personnages de Walter Scott montre le sang de Rizzio dans le château d*Holyrood.
(2) Note sur le principe colorant du sang des animaux ( Annales de chimie et de physique, 1. 1, p. 9).
(3) Cbevrcttl, Diet. des seàmces luUiw., L XLVU , p. 108. -p- Le Canu , Journal de pharmacie, t XVIL
(4) Thèse de r£cole de pharmacie , p. 17, 4 juillet 1836, et Journal de pharmacie, t. XXI, p. 420.
COMPOSITION DU SANG. tCg
et de h bite ont été i'otget d'une lecture intéressante, feite par M. Polli, au congrès scientifique tenu à Naples en 1846 (1). M. MU signale le fèr comme un élément commun à la bile et à rkénatosine. Il dit aroir trouvé le fèr dans les urines des ictérifics ; il montre le sang rétrogradant quelquefois vers la couiear de la bile , lorsqn'étant épanché ou extravasé , il passe du roQge noir au violet, puis au vert, puis au jaune; et, d'une Mtre part, la bile parcourant quelquefois ces nuances en sens iif erse , pour arriver à la couleur foncée du sang veineux.
Ce serait donc au fond une même matièrecolorante ; seulement elle serait au maximum d'oxydation dans le sang et au minimum dans la bile. L'ictère des nouveau-nés, l'expectoration jaunâtre succédant , pendant le cours d'une pneumonie , à Texpectoration sanguinolente, paraissent à M. PoUi des faits confirmatifs de sa doctrine , à l'appui de laquelle il eAt peut-être invoqué encore , s'il l'eût connue, la théorie du D^ Golding-Bird sur les selles vertes des enfants qui ont pris du calomd (voyez t. n, p. 463). B est k remarquer eneore que MM. Lassaigne (3) et Le Ganu (S) omt tTOBTé dans le sang des ictériques une matière colorante Mené, gai vraisemblablement est la même que celle qui a été signalée dans la bile par M. Ghevreul (4).
Tout bien considéré, ce n'est pas entre la couleur jaune du sang et la matière colorante de la bile que M. PoUi a signalé des malices , mais entre la matière colorante de la bile et la matière colorante rouge du sang.
De quelques autref matières colorantes admises dans le sang par divers auteurs. Une matière soluble dans l'eau et l'éther, et donnant à l'alcool une couleur rouge intense, a été découverte par M. Simon (5), et nommée par lui hémaphœïne. 11
(1) Gaz méd., 1S46, p. 14.
(2) Journal de chimie médicale, 1. 1, p. 226; 1822i.
(3) Études chimiques sur le sang ^ p. 100.
;4) Journal de physiologie, t. IV. p. 126; 1824.
(5) jinim4d chemistry, translated by E. Day , vol. i, p. 159.
croit qae la matière jaune de M. Sanson n'est pas différente de cette hémaphœine.
Le sang normal contient , d'après M. Sanson , une matière colorante bleue , dont M. Dumas (1) ne paraît pas révoquer en doute Texistence. Cette matière est insoluble dans Teau , Talcool, et l'élher à froid ; Tacide sulfurique Fattaque. La dissolution acide ne contient pas de fer.
Le pigment brun et le pigment jaune de Sigwart sont des mélanges de différentes matières extractives et grasses du sang , colorées soit par Phématosine , soit par le principe jaune que nous venons de décrire (2).
Addttloii.
Aujourd'hui 31 mai 1851 , le compte rendu d'une des dernières séances de la Société de biologie annonce la découverte d'un nouveau principe inmiédiat dans le sang. Ce principe, trouvé et isolé par M. Verdeil, est cristallisable , azoté, jouissant d'une réaction acide, très-soluble dans Feau, peu solubie dans Talcool, et insoluble dans l'éther {G(zz. méd., 1861, p. 348).
(1 ) Traité de chimie, t VUl , p. 495.
(2) Le Canu , Éludes chimiques sur le sang^^ p. 16; 1817.
COMPOSmOlV DU SANG. IQft