‹ Cours de physiologieChapitre 21 sur 60 · IU.A\IS VT10IV DES ANIMAI \. MO · texte numérisé non relu

IU.A\IS VT10IV DES ANIMAI \. MO

Vous allez reconnaître tout d'abord, dans ce que je vais dire de sa texture, l'utilité de la distinction que nous avons établie entre les parties simples et les systèmes. La fibre cellulaire et le tissu cellulaire ne sont pas choses identiques. Avant les recherches microscopiques des médecins, on avait soutenu deux opinions différentes sur la structure de ce tissu.

Le plus grand nombre des analomistes, avec Haller et Bichat, le considéraient comme formé de fibres et de lames diversement inclinées les unes sur les autres , et interceptant des cellules communiquant toutes entre elles. D'une autre part, Bordeu , Woltf et Meckel , l'ont comparé à une espèce de mucus, à une matière serai-fluide, n'ayant ni fibres ni laines; et comme l'examen de cette matière y montre cependant, quand on la tire, une apparence de fibres, de lames et de cellules, ces auteurs expliquaient cette apparence par la traction exercée sur la matière muqueuse, traction qui aurait le même résultat si on l'exerçait sur de la colle interposée à deux corps qu'on écarterait l'un de l'autre. Il y a du vrai dans les deux opinions.

Trois éléments composent le tissu cellulaire : 1° des fibres cellulaires (voy. p. 233) , 2° des fibres de noyau (voy. p. 233), et 3° une matière amorphe, sorte de colle ou de glu qui unit ensemble les deux espèces de fibres. C'est cette matière amorphe qui , passant d'une fibre à l'autre, donne l'apparence de lames au tissu cellulaire et y circonscrit des cellules. Dans quelques perties, comme l'arachnoïde et l'intervalle des petits faisceaux musculaires, le tissu cellulaire est réduit à sa fibre propre et à la matière amorphe. Dans d'autres parties, au contraire, et cela intéresse encore le physiologiste , le tissu cellulaire revêt une apparence et des propriétés spéciales; il est contractile, comme au dartos, au mamelon, dans les veines , et dans ces points on trouve en plus grande abondance l'une des variétés de fibres à noyau , celle a fibres larges. Mais comme il y a aussi des fibres cellulaires, on n'est pas en droit d'affirmer que ce mode de contractilité, qui diffère de la conlractilité musculaire, appartienne spécialement aux fibres de noyau. Des capillaires sanguins for-

ment des mailles dans le tissu cellulaire, on y trouve aussi des lymphatiques.

2° Système adipeux.

Ce système est très-généralement répandu dans l'économie : sous la peau, dans les grands intervalles musculaires, aux plis des membres, dans le bassin, autour des reins, dans les épiploons, le médiastin, autour de l'œil, dans les cavités des os , où il prend, suivant la place qu'il occupe , les noms de moelle, de suc médullaire, de suc huileux , etc. 11 est des parties qui en sont constamment dépourvues. 11 est à noter que son accumulation clans ces parties eût certainement troublé la fonction chez les gens obèses. Il n'y en a pas autour du cerveau, ni dans les paupières, ni au pénis, ni au scrotum, ni dans le tissu cellulaire flexible qui permet les mouvements du pharynx.

La cellule adipeuse que nous avons décrite (p. 230) forme la partie fonclamenlale de ce système ; mais elle ne le constitue pas seule, pas plus que la fibre cellulaire ne constitue le tissu de ce nom. Ces cellules se déposent dans le tissu cellulaire sous forme d'amas qui écartent ce tissu, s'y creusent des loges , communiquant entre elles, et restant cependant séparées en partie par des cloisons incomplètes, ou des trabécules de tissu cellulaîre, de dimensions variables, et sur lesquelles rampent des vaisseaux. Les cellules elles-mêmes n'ont pas de capillaires clans leurs parois.

3° Système fibreux.

On ne peut pas aujourd'hui rassembler dans un même système le tissu fibreux ordinaire et le tissu fibreux élastique. Je ne vous ai point parlé de tissu fibreux, à\>ro\>os des parties simples du corps; c'est parce que ce tissu peut être considéré comme du tissu cellulaire condensé en fibres plus ou moins fortement unies les unes aux autres, Effectivement, on voit dans beaucoup de parties du corps le tissu fibreux se confondre par dégradation avec le

OUGANISAXIQî* DKS AMMAL'X. 21 S

tissu cellulaire , el tous les deux se réduisent en gélatine par la coction.

Voici les diverses formes que peut affecter le tissu fibreux :

1° Tantôt allongé en cordons ou en bandes d'un blanc soyeux et nacré, il va, comme une corde inflexible, porter au loin l'action des muscles. On le nomme alors tendon, si ses fibres sont réunies en faisceaux, et aponévrose, si elles sont réunies en lames. D'autres aponévroses entourent, à la manière d'un caleçon, les muscles des membres ; d'autres , comme des cornets, reçoivent à leur face interne les insertions des fibres musculaires; d'autres cloisonnent les membres ou les grandes cavités splanchniques. Dans quelques aponévroses, celle du fascia lata, par exemple, le tissu fibreux est joint à une grande proportion de tissu élastique, ou plutôt de fibres de noyau réunies en faisceau.

2° Ailleurs le tissu fibreux assujettit fortement les os les uns aux autres; il porte alors le nom de ligament. Quelques ligaments sont fascicules; les autres , sous le nom de capsules fibreuses ou de capsules articulaires , entoureut l'articulation d'une sorte -r!e cylindre ou de cône tronqué.

3" Enfin, le tissu fibreux fournil des enveloppes protectrices médiates qu immédiates à différents organes, au cerveau, au cœur, aux reins , au foie, à l'œil, au testicule, aux os. etc.; il se dispose encore en gaines, qui retiennent les tendons en place, et dans lesquels ils glissent.

Le tissu fibreux n'est pas un tissu simple , il reçoit dans plusieurs de ses parties des vaisseaux et même des ramuscules nerveux.

4" Système fibreux élastique.

Tous les tissus du corps jouissent d'un certain degré d'élasticité; mais cette propriété est surtout développée dans quelques parties riches en fibres élastiques proprement dites (p. 234) ou en fibres de noyau ( p. 233), et qui , étalées sous forme de membranes ou de bandes distinctes, ne paraissent avoir d'autres usages que ceux qui dérivent de leur élasticité.

246 PltOLÉGOMÈîVES.

1° Lâ où une force permanentedevait faire équilibre à une force également permanente, la nature a presque toujours employé le tissu fibreux élastique. Par exemple , la tête des quadrupèdes, placée à l'extrémité antérieure de la col mne vertébrale, est sans cesse sollicitée vers le sol par son propre poids. La contraction musculaire, qui de sa nature est intermittente et ne peut persévérer sans fatigue , n'eût pu être opposée avec avantage à celte action permanente de la pesanteur. Pour obvier à cet inconvénient, la nature eût pu attacher la téte d'une manière fixe; mais alors le mouvement par lequel elle se porte en bas eût été perdu. Il fallait donc que le crâne de l'animal fût suspendu à une bande élastique qui résistât à l'action de la pesanteur sans s'opposer aux mouvements: tel est l'office de ce ligament cervical supérieur, si puissant chez les quadrupèdes, et presque rudimentaire dans l'espèce bumaine. Les ligaments jaunes jouent un rôle analogue entre les vertèbres, pendant la station bipède.

2° Plus souvent le tissu- fibreux élastique est destiné à faire antagonisme à la contraction musculaire , et comme celle-ci est intermittente, ainsi que nous venons de le dire, le tissu élastique ramène alors les parties à l'état d'où les avait momentanément tirées l'action des muscles. Ainsi c'est l'élasticité qui y maintient, sans fatigues pour l'animal, l'état de repos. Yoici des exemples. La griffe du chat, du lion ou du tigre , ne se déploie que sous l'iufluence des contractions musculaires de l'animal, qui veut saisir ou déchirer sa proie. Dès que la contraction a cessé, une bande élastique ramène au repos et cache ces griffes dans l'intervalle des doigts. Une bande élastique maintient ouvertes les coquilles des bivalves , dès que les muscles ont cessé de les rapprocher l'une de l'autre , etc.

3° Dans quelques parties où s'opèrent d'une manière Arythmique et pendant toute la durée de la vie des mouvements alternatifs d'expansion et de resserrement, la contraction musculaire opère une de ces actions , les tissus élastiques sont préposés à la seconde. Ainsi l'artère, dilatée par la colonne de sang que la contraction ventriculaive y a poussée, se resserre pendant la diastole du cœur par son tissu fibreux élaslù/ue; ainsi les voies

aériennes que l'air dilate pendant les contractions musculaires inspiratrices sont resserrées, pendant l'expiration, par la membrane fibreuse élastique de la trachée, des bronches et de leurs subdivisions.

4° D'autres faisceaux élastiques, comme ceux qui constituent les cordes vocales inférieures et les membranes interposées aux pièces du larynx, sont mis en vibration par l'air et servent à la production ou au retentissement de la voix.

On trouve encore le tissu élastique dans le tendon du m iscle qui tient étendues les ailes des oiseaux, dans le ligament qui attache en arrière le pénis de quelques animaux , dans le ligament suspenseur de la verge, dans quelques aponévroses d'enveloppe, celle du muscle fascia lata , celle du bras, celles du dos de la main et du cou-de-pied, dans les fascia de l'abdomen. Il y en a une couche autour de l'œsophage et autour des principales membranes séreuses splanchniques , et dans quelques-uns des replis du péritoine.

Les faisceaux et les membranes appartenant au système fibreux élastique ne sont pas, à proprement parler, des tissus simples. Dans les uns, ce sont surtout les fibres élastiques qui prédominent (p. 234); dans les autres, les fibres à noyau (p. 233); tous ont plus ou moins de tissu cellulaire; des vaisseaux s'y remarquent en petite quantité. Plusieurs auatomistes ont cru voir les fibres jaunes élastiques passer à l'état de fibres musculaires et se terminer par des fibres tendineuses. M. Laurent dit avoir observé cette disposition dans le corps élastique situé dans l'épaisseur du repli cutané qui forme le bord antérieur de l'aile des oiseaux. M. Thompson a vu aussi les fibres élastiques des ligaments jaunes de l'homme se terminer par des fibres tendineuses. Ces faits ont été communiqués en 1836 à la Société anatomique.

5° Système cartilagineux.

Le tissu que nous avons décrit comme un élément organique, à la page 231 , se rencontre dans un assez grand nombre de points de l'économie.

,h PHOLliuOMÈiVES,

1° Certains cartilages révèlent les extrémités articulaires des os; ils portent le nom de cartilages diarthrodiaux dans les articulations à surfaces conligues; ils y facilitent les mouvements, empêchent l'usure qui résulterait inévitablement du frottement des parties osseuses les unes sur les autres, et s'opposent ainsi, en raison de leur vitalité obscure, à l'irritation que pourrait occasionner ce frottement; ils amortissent aussi les effets des chocs et des chutes. Je signalerais à votre admiration la particularité analomique dont je viens de vous entretenir, s'il n'y avait partout sujet d'admirer lorsqu'on examine les rapports en- Ire la conformation des parties et les fonctions qu'elles sont appelées à remplir. On voit., chez certains sujets, disparaître les cartilages diarthrodiaux (et j'ai plus souvent observé cela à l'épaule que dans d'autres articulations); les mouvements des os déterminent constamment dans ces cas leur usure ou leur état éburué, et les extrémités articulaires se déforment. Peut-être le mot usure ne convient-il pas ici, puisqu'on ne voit point de détritus des parties qui ont disparu ; mais qu'on appelle cela usure ou absorption, le fait reste, et il démontre l'utilité des cartilages articulaires.

2° D'autres cartilages sont placés autour de certaines ouvertures ou de certains conduits, qui doivent être ouverts d'une manière permanente et jouir cependant de la faculté de se resserrer et de se dilater. L'élasticité et la souplesse des cartilages s'adaptent parfaitement à ces usages; ceux du larynx, de la trachée , des bronches, des fosses nasales, assurent le passage de l'air au travers des voies respiratoires.

3° Les cartilages costaux offrent tout à la fois la solidité qui était nécessaire pour résister, à la manière des côtes, à la pression atmosphérique, et la flexibilité nécessaire au mouvement des pièces de la poitrine pendant les phénomènes respiratoires.

4° D'autres cartilages sont temporaires et ils tiennent la place des os qui s'accroissent à leurs dépens et dans leur intérieur. Supposez que le tarse et le carpe du nouveau-né contiennent déjà les os qui doivent un jour constituer ces parties , l'accroissement y sera à peu près terminé, et elles resteront dans un état incomplet

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de développement. L'ossification ne pouvait donc y être si précoce; mais il fallait cependant que des parties solides, résistantes, donnassent au membre sa forme, aux muscles des leviers. Eh bien, des pièces cartilagineuses modelées comme les os futurs y remplissent provisoirement les usages mécaniques destinés à ces derniers. Des cartilages temporaires tiennent aussi la place des os longs, et se réduisent plus tard à des lames intermédiaires à l'épiphyse et à la diaphyse, lames dans lesquelles l'ossification allonge los, et qu'elle finit par envahir complètement.

Le système cartilagineux n'a pas partout la même composition. Dans les cartilages diarthrodiaux, on ne trouve que la substance fondamentale et les cellules décrites page 230. C'est donc dans ces points un tissu simple, n'ayant ni vaisseaux, ni tissu cellulaire, ni nerfs. Les vaisseaux qu'on a injectés à sa face profonde sur des os de veau appartenaient au cartilage d'ossification ou temporaire. Je suis plus embarrassé pour expliquer le fait suivant. J'ai poussé du mercure clans l'artère iliaque d'un fœtus, et après ce mercure une injection solidifiable : or j'ai vu , et montré aux élèves qui suivaient mon cours avant 1830, un réseau vasculaire pénétré par le mercure et qui s'avançait à la surface des condyles du fémur. Ces vaisseaux, que d'autres anatomistes ont aussi injectés, appartenaient-ils au feuillet aminci de la synoviale qui revêt le cartilage?

Les cartilages temporaires ont des vaisseaux. Dans quelques cartilages des adultes, ceux des côtes par exemple, il passe quelquefois des ramifications vasculaires très-ténues du périchondre ou membrane d'enveloppe dans le cartilage même; mais en général les injections, même les plus ténues, ne pénètrent pas dans les cartilages.

6° Système fibro- cartilagineux.

11 n'y a peut-être pas deux anatomistes qui s'accordent sur la détermination des parties qui doivent être rapportées à ce système. Bichat avait réuni sous cette dénomination, qu'il a, je crois, introduite dans la science, les corps interposés aux vertèbres et

-50 PROLÉGOMÈNES, les ménisques ou ligaments interarticulaires , les cartilages souples comme l'épiglotte, les cartilages du nez , de l'oreille, de la trachée et des bronches. Béclard réduisit cette nomenclature, en rapportant les cartilages souples à la division des cartilages, sous le nom de cartilages membraneux. Muller retira encore de la classe des fibro-cartilages les ligaments interarticulaires. Enfin, M. Cruveilhier a nié l'existence du tissu fibro-cartilagineux, les parties désignées sous ce nom étant pour lui ou des cartilages ou de simples amas de fibres. Henle, au contraire, restitua au système fibro-cartilagineux presque tout ce que Bichaty avait admis.

Je vais essayer de vous donner le moyen de vous guider dans ce dédale. Vous savez que le cartilage se compose d'une matière homogène et de cellules. Telle est sa constitution dans ce qu'on appelle les cartilages vrais, savoir : les cartilages qui revêtent les extrémités articulaires, ceux du nez, le cartilage thyroïde, le cricoïde, les aryténoïdes, les cerceaux de la trachée , ceux des bronches , le cartilage de l'appendice xyphoïde, et , pour ne rien omettre, la poulie dans laquelle se réfléchit le muscle grand oblique de l'œil, et le petit noyau renfermé de chaque côté dans les ligaments hyo-thyroïdiens.

Or, déjà dans quelques-uns de ces cartilages vrais, dans les cartilages costaux, par exemple, et dans le thyroïde, on voit çà et là, par les progrès de l'âge , la substance fondamentale se convertir en fibres dures et raboteuses; néanmoins, on laisse ces parties dans la classe des cartilages vrais. Mais, dans d'autres parties que je n'ai pas encore énumérées , la substance fondamentale tout entière ou presque tout entière s'est convertie en fibres plus ou moins souples au milieu desquelles sont plongées les cellules : c'est ce qu'on nomme fibro-cartilages , lesquels, sous tout autre rapport, et soit qu'on ait égard à l'apparence ou à la fonction, constituent une classe fort peu naturelle, puisqu'on y trouve les cartilages de l'oreille, celui de la trompe d Eustache, les petits noyaux carlilagi ni formes contenus dans le larynx, (es disques intervertébraux, la substance qui attache les pubis et celle qui est interposée à la clavicule et au sler-

num, l'épiglotte , plutôt composée de cellules cartilagineuses que de fibres, \escartilages des paupières, celui de la langue; on y ajoute enfin la couche mince qui enduit le condyle du maxillaire inférieur et la cavité glénoïde , car on ne voit pas là les caractères d'un cartilage diarthrodial. Quant à ces coussinets interposés aux surfaces articulaires du genou, à la mâchoire inférieure et au temporal, etc., on les a retirés de la classe des fibro-carlilages, parce que leurs fibres ne sont pas de la même nature que celles qui résultent de la transformation de la partie fondamentale des cartilages. Ces fibres appartiennent plutôt au tissu fibreux" ordinaire, et, suivant la remarque de Mnller, l'ébullition les convertit promptement en gélatine. La même chose doit se dire des bourrelets qui augmentent la profondeur de certaines cavités articulaires. Les fibres des disques intervertébraux et des autres fibro-cartilages donnent, au contraire, de la chondrine analogue à celle des tissus élastiques.

Parmi les fibro-carlilages, les uns, placés autour d'ouvertures naturelles ou au voisinage d'organes des sens, se rapprochent par leurs usages de certains cartilages dont je les ai éloignés à regret; les autres attachent ensemble certaines pièces du squelette. Parmi les premiers, celui de la trompe, en la maintenant ouverte, permet le renouvellement de l'air dans la caisse du tympan; celui de l'oreille, outre qu'il est vibratile et réflecteur, entretient la liberté du conduit au fond duquel les ondulations sonores vont se propagera la membrane du tympan. Parmi les seconds, les disques intervertébraux donnent aux corps des vertèbres un lien bien différent des ligaments ordinaires, lien élastique et souple qui tout à la fois permet, modère le mouvement, et ramène les parties à la position qu'elles ont quittée.

7° Système osseux.

Les os sont , après les dents , les parties les plus dures du corps. Nous verrons l'apparition du système osseux, dans l'économie animale, s'accompagner de modifications très-importantes dans le système nerveux et dans l'appareil actif de la locomotion. L'en-

-,J- IMIOLÉUOMÈNES.

semble des pièces de ce système, coaservées dans leur rapport naturel par les ligaments ou des moyens artificiels, constitue le squelette, partie qui détermine et qui rappelle la forme et les dimensions du corps.

Les os fournissent des cavités qui recèlent les viscères les plus importants de l'économie; ils protègent le cerveau, la moelle épinière, l'origine des nerfs, le cœur, les poumons, les viscères digestifs et génito-urinaires. Le mécanisme de leur résistance nous offrira des particularités intéressantes au crâne, au rachis, à la poitrine et au bassin.

Les os protègent aussi quelques organes des sens: celui de la vue, celui de l'ouïe, celui de l'olfaction. Bien plus, dans les fosses nasales et l'oreille, les os sont configurés de manière à faire partie de X organe du sens. Les anfractuosités des fosses nasales, la caisse du tympan, les osselets, les conduits demi-circulaires, le limaçon, ne sont pas seulement des parties protectrices.

Les os fournissent des leviers pour la plupart des mouvements partiels du corps, pour les mouvements de préhension , de répulsion, et pour ceux de progression. Dans la continuité des membres, ces leviers sont allongés, creux, prismatiques, ce qui diminue leur masse sans diminuer leur force. Ils se renfleul vers leurs extrémités, qui se recouvrent de cartilages, pour s'articuler avec les os d'une autre fraction du membre. La configuration de ces extrémités détermine l'étendue et la direction des mouvements.

Certaines pièces du système osseux sont employées à des actes qui sont prochainement en rapport avec la vie nutritive; les mouvements des côtes et du sternum attirent l'air dans la poitrine et l'en expulsent. L'os hyoïde joue un rôle important dans le mécanisme de la déglution; la mâchoire inférieure offre un levier pour la mastication , etc.

Les os ne constituent point un système simple; ils contiennent, avec la matière osseuse proprement dite, c'est-à-dire avec la substance fondamentale, les canalicules et les corpuscules, décrits à la page 232, du tissu adipeux, des vaisseaux artériels et veineux, ces derniers disposés en certaines parties sous forme

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de canaux osseux, tapissés seulement par la membrane interne des veines. Les nerfs qui pénètrent dans le canal nourricier des os, pour se distribuer à la membrane médullaire, sont connus depuis longtemps. J'ai vu bien nettement , sur des préparations faites par M. Gros, d'autres nerfs pénétrer les extrémités des os longs.

8° Système artériel.

Ce système se compose d'un ensemble de vaisseaux qui reçoivent directement le sang des veniricules du cœur , et le portent du centre à la périphérie. Ces vaisseaux sont à peu près cylindriques, sans valvules à l'intérieur, si ce n'est à l'endroit où ils communiquent avec le cœur ; ils sont modérément extensibles en travers, très-élastiques, et beaucoup plus épais dans le système aortique, où la résistance devait être plus grande, que dans le système de l'artère pulmonaire.

Ce système , bien qu'il joue le rôle de système formateur, par rapport à plusieurs autres systèmes, est cependant un des plus composés qu'on puisse citer. On y trouve , en effet, de dedans en dehors : 1° une couche mince iïépitliélium pavimenteux. Il ne faut pas que vous vous figuriez qu'on aperçoive ici les cavités des cellules; ce sont de simples lamelles d'une extrême ténuité, et l'on pourrait y nier les cellules.

2° Une tunique dite striée ou fenêtrée , fine, hyaline, trèsdifficile à isoler, se fendant dans le sens longitudinal.

Ces deux couches forment ce qu'on a nommé si longtemps, en France , tunique séreuse des vaisseaux.

3° Une couche de fibres annulaires, sèches, d'apparence granulée, plates, rarement bifurquées, entremêlées de quelques fibres semblables aux fibres de noyau. Cette couche est épaisse et maintient béante la lumière d'une artère coupée en traverselle est très-élastique, sans doute, et cependant elle ne constitue pas la couche de tissu élastique des artères; peut-être faudrait-il en faire un tissu élémentaire.

4° C'est en dehors de ces fibres annulaires que l'on trouve la couche de fibres élastiques décrites page 234.

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6° Enfin, vient la couche eelluleuse ou adventice, dans laquelle se rencontrent des fibres celluleuses, des .fibres de noyau et du tissu cellulaire amorphe.

Ajoutons que les parois des artères reçoivent de petits vaisseaux, vasavasorum,el que des filets nerveux semblent se fondre dans leurs membranes.

9° Système veineux.

Les vaisseaux qui constituent ce système ramènent le sang aux oreillettes du cœur. Leurs parois sont molles, extensibles; elles s'affaissent après la section du vaisseau, à moins qu'elles ne soient attachées à des lames fibreuses, à des conduits osseux, ou au parenchyme de certains viscères. La plupart des veines sont garnies à l'intérieur de valvules qui empêchent la rétrogradation du sang, et dont nous étudierons plus particulièrement la disposition et le mécanisme en traitant de la circulation.

On trouve dans la composition des veines, comme dans la composition des artères, un ëpitliélium pavimenteux tapissant l'intérieur d'une membrane striée; mais les couches qui s'ajoutent à ces deux membranes ne sont plus les mêmes que dans les artères. Une tunique à fibres longitudinales peut être démontrée dans les grosses veines, puis, au lieu de ces fibres annulaires spéciales qui donnent aux artères coupées en travers, la faculté de tenir béante leur lumière , il y a un tissu cellulaire riche eu fibres de noyau et contractile. Haller avait signalé, et les micrographes modernes ont constaté de nouveau, la présence de fibres musculaires dans les gros troncs veineux, au voisinage des oreillettes. Enfin, la tunique élastique proprement dite y est absente.

Les veines ont, comme les artères, des vasa vasorum, mais ils y sont moins nombreux. Des filets nerveux se divisent aussi dans les parois de la veine cave inférieure, mais on n'en a pas vu sur d'autres veines.

ORGANISATION DUS ANlMU X.

10° Système capillaire.

Pour passer des artères dans les veines , le sang traverse des vaisseaux extrêmement ténus \ qu'on nomme capillaires, et dont les parois ne sont composées, a l'état le plus simple, que par une seule membrane excessivement mince , amorphe , c'est-àdire sans structure, portant d'espace en espace ou renfermant dans son épaisseur des corpuscules semblables à des noyaux de cellules, et insolubles dans l'acide acétique. Cette membrane amorphe peut être considérée comme la partie commune ou fondamentale des vaisseaux; mais rarement les capillaires sont-ils assez ténus pour qu'on ne voie que cette partie fondamentale dans leurs parois. Dès que ces vaisseaux offrent un développement qui dépasse cinq millièmes de ligne , suivant le calcul de Henle, leur membrane fondamentale reçoit en dedans la couche dite d'épithélium pavimenteux, et en dehors les rudiments des tuniques dont j'ai fait précédemment l'énumération. Ces additions extérieures varient sans doute dans les vaisseaux plus développés , suivant qu'ils appartiennent au système veineux ou au système artériel; mais il est impossible, tant que le diamètre n'excède pas un à deux centièmes de ligne , de distinguer à l'aspect des parois si un vaisseau est artériel ou veineux.

La question de la contractilité des vaisseaux nous occupera à propos de la circulation.

11° Système érectile.

Si vous supposez qu'au lieu de commencer par des capillaires qui feraient suite aux capillaires artériels, les veines commencent par un réseau où elles sont encore larges et mille fois anastomosées ensemble; ou mieux, si vous supposez un amas de cellules librement ouvertes les unes dans les autres, cellules où les veines s'ouvrent largement et qu'elles (apisseni de leur membrane interne ; si vous faites verser directement le sang dans ces mailles par des artères qui ne soient pas encore invisibles à l'œil nu ; si

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vous entourez cette masse vasculaire d'un tissu fibreux extensible et rétraclile, envoyant à l'intérieur des prolongements ou trabéeules qui cloisonnent incomplètement ces parties et contiennent dans leur épaisseur les ariérioles flexueuses qui versent le sang dans les cellules ; si , enfin, vous dotez d'un certain nombre de nerfs cet appareil si riche en vaisseaux, vous aurez une idée de ce qu'on nomme tissu érectile.

La disposition des veines dans ces tissus , entrevue par Vésale et positivement décrite par Hunier, a été reconnue par les principaux anatomisles de ce siècle ; mais on dispute aujourd'hui sur la manière dont les artères versent le sang dans les origines dilatées et anastomosées des veines des tissus érecliles. Nous nous expliquerons, en traitant de Yéreclion, sur ces artères hélicines qui, au dire de Muller, s'avancent en tire-bouchon dans la cavité des cellules , et s'y terminent chacune par une extrémité en culde-sac , laquelle verserait par de petits orifices le sang qui doit causer la turgescence du tissu érectile.

Les filaments déliés qui forment en quelque sorte la charpente du tissu érectile sont principalement formés de fibres de noyau. On trouve en outre quelques fibres musculaires dans les grands amas de tissu érectile des gros quadrupèdes.

Le tissu érectile n'est pas aussi généralement répandu qu'on le supposait il y a quelques années. Ce n'est point ce tissu, mais un tissu cellulaire contractile et où prédominent encore les fibres de noyau, qui produit l'érection du mamelon. C'est à tort aussi qu'on l'a admis dans le corps papillaire de la peau, dans les papilles de la langue, aux lèvres. C'est dans les corps caverneux du pénis qu'il existe à son plus haut degré de développement, il existe aussi dans la partie spongieuse de l'urèthre et du gland; il donne momentanément à ces parties la rigidité nécessaire pour porter le liquide fécondant à sa destination. Le clitoris, les petites lèvres de la vulve, les crêtes des gallinacés, renferment du tissu érectile.

Les veines spléniques s'ouvrent largement dans les cellules de la rate, ce qui rapproche son tissu de celui que nous décrivons; mais ici la turgescence, quand elle a lieu, n'est pas amenée par

les mêmes moyens, et elle est par elle-même un phénomène insignifiant , tandis qu'elle a une finalité clans les tissus éreetiles du pénis.

12° Système lymphatique.

On donne ce nom à un ensemble de vaisseaux à parois pellucides quoique résistantes, d'un aspect noueux, garnis à l'intérieur de nombreuses valvules, vaisseaux qui ne font point suite comme les veines à un autre ordre de vaisseaux, mais qui commencent ou par des extrémités en cul-de-sac , comme dans les villosités intestinales, ou par des réseaux, et qui aboutissent en dernier lieu dans le système veineux. Ils n'y parviennent, en général, chez les mammifères qu'après s'être interrompus et ramifiés dans de petits corps rougeàtres nommés ganglions, d'où naissent des ramifications qui reconstituent de nouveaux troncs. Ces vaisseaux se chargent dans l'intestin d'une humeur d'apparence émulsive nommée chyle, laquelle est un produit de la digestion. Ils ramènent des autres parties du corps un liquide plus transparent, la lymphe, qui peut être considérée, en grande partie, comme un résultat de la décomposition des organes.

Quoique minces, les parois des lymphatiques peuvent être divisées, à l'aide de l'analyse microscopique, en plusieurs couches : 1° une intérieure, épithélium pavirnenteux , composée plutôt de lamelles que de cellules ; T une couche de fibres longitudinales, où Henle signale des fibres de tissu cellulaire, des fibres de noyau, et quelques fibres granulées semblables à celles delà tunique des artères; 3° une couche purement celluleuse, dont les fibres prennent une disposition annulaire.

Les vaisseaux lymphatiques ne sont pas aussi généralement répandus que les artères et les veines; ils reçoivent quelques petits vaisseaux dans leurs parois. On n'y a pas décrit de nerfs.

13° Système séreux.

Partoutoùdeux ou un plus grand nombre d'organes se touchent sans adhérer les uns aux autres, et doivent exécuter des glisse- 1 17

2ô8 IMlOUU'.OMÎîXES.

ments, la nature a assuré l'accomplissement de cetle action en revêtant la surface externe de l'organe, ainsi que la face interne de la cavité qui le recèle, d'une membrane mince, à surface lisse , douce au toucher, et sans cesse humectée d'une humeur qui facilite le glissement. Ces membranes , qu'on peut ramener par la pensée et même par la dissection à des ampoules ou sacs sans ouverture, portent le nom générique de membranes séreuses.

La classe des séreuses (car ici le mot classe convient mieux que le mot genre) peut se diviser en quatre genres, savoir: 1° les séreuses splanchniques, 2° les synoviales , 3° les bourses muqueuses des tendons, 4° les bourses muqueuses sous-cutanées. \

1° Les séreuses splanchniques , ou séreuses proprement dites , tapissent les parois des trois cavités du tronc et se déploient sur les organes contenus dans ces cavités. Ce sont Yarachnoïde , qui couvre d'une sorte de vernis la face interne de la dure-mère crânienne et rachiciienne , et entoure l'axe cérébrospinal; les plèvres, qui revêtent la face interne de la poitrine, le diaphragme, les parties contenues dans le médiastin et la face externe des poumons; le feuillet séreux du péricarde, étalé à la face interne du feuillet fibreux de ce sac, à la face externe du cœur et de l'origine des gros vaisseaux, et qui tapisse en outre une portion de l'aponévrose centrale du diaphragme; le péritoine, enfin , la plus vaste et la plus compliquée des membranes séreuses, en raison du nombre et de la variété des organes contenus dans l'abdomen, et sur lesquels elle se déploie dans une plus ou moins grande étendue. Les tuniques vaginales peuvent être considérées comme des productions du péritoine, puisque chaque testicule a emporté la sienne en opérant sa migration dans le scrotum.

2° Les synoviales, qui diffèrent sensiblement des séreuses splanchniques, se voient dans toutes les articulations à surfaces contiguës; elles se déploient à la face interne des ligaments capsulaires et se réfléchissent sur les extrémités articulaires des os. La présence d'un épithélium pavimenteux à la surface des carli-

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Jages articulaires ajoute un nouvel argument à ceux que Nesbitt, Bonn, W. Hunter, et surtout Bichat, avaient allégués pour démontrer le passage de la synoviale sur ces cartilages.

3° Les bourses muqueuses des tendons, ou synoviales des tendons, dont le nombre ne s'élève pas à moins de cent de chaque côté du corps, en revêtant et le tendon et les parties sur lesquelles il glisse, diminuent considérablement les effets du frottement, et rendent plus facile la transmission de l'action musculaire. 11 y a une grande analogie entre les synoviales des tendons et les synoviales articulaires, et l'on voit certains tendons, comme celui du poplité, celui de la longue portion du biceps, celui du sous-scapulaire, emprunter aux synoviales articulaires voisines leurs moyens de glissement.

4° I -es bourses mucilagineuses sous-cutanées représentent les séreuses les plus simples. On les trouve là où la peau glisse sur les parties saillantes du système osseux, entre la rotule et la peau du genou, entre l'olécrâne et la peau du coude. 11 n'est pas rare d'en rencontrer, chez les portefaix, entre l'aci omion et la peau qui recouvre cette éminence. Il n'est pas rare non plus qu'il s'en développe accidentellement. On en a vu sur des gibbosités de la colonne vertébrale , sur la partie saillante du pied-bot, sur l'extrémité du fémur après une amputation de la cuisse; j'ai vu une poche séreuse se former entre la clavicule et une tumeur du cou qui frottait sur cet os.

La membrane amnios, qui appartient aux annexes du fœtus, ne peut être rapportée à aucun des quatre genres de séreuses que nous venons d'examiner.

Le tissu cellulaire forme la base des membranes séreuses : il se condense de plus en plus de leur face adhérente vers leur face libre, que recouvre un épithélium pavimenleux. Plusieurs séreuses splanchniques sont doublées en dehors par des espèces de fascia très-élastiquésoù prédominent les larges fibres de noyau. L'existence des vaisseaux sanguins dans les membranes séreuses a été mise en doute. La dispute ne pourrait se soutenir qu'à l'aide d'une sorte de subtilité anatomique. Sans doute, il n'y a pas de vaisseaux dans la couche épithéliale, mais plus profondément on

2(>l) MlObÉGOMÈNÊS.

en injecte : les séreuses reçoivent quelques nerfs , mais je ne puis croire qu'elles possèdent les magnifiques plexus que M. Bourgery a fait représenter et qui en feraient, on ne sait dans quel but, des organes presque aussi richement dotés en nerfs que les membranes sensibles des sens. Il y aura eu quelque cause d'erreur dans la préparation. Les séreuses ont des lymphatiques.

ont. \.\is.vno.\ DEà animaux.

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