DES HUMEURS
continue avec les muqueuses, car il y a là , notamment chez certaines espèces animales, des sécrétions très-caractéristiques; cependant nous les rapporterons, suivant les cas, au tégument externe ou à la muqueuse.
Les humeurs qui sont excrétées sur le tégument externe peuvent être rapportées à trois genres : a, humeurs perspiratoires; b , humeurs folliculaires ou sébacées; c, humeurs glandulaires.
a. On entend par humeurs perspiratoires celles qui sont purement et simplement exhalées ou qui s'échappent des porosités des vaisseaux sans qu'il y ait d'organe sécréteur apparent. Nous avons dit que les vaisseaux exhalants n'avaient jamais été démontrés , et comme on comprend l'exhalation sans leur secours , il n'y a aucune raison de les admettre.
On a admis deux sortes d'humeurs perspiratoires à la peau : la transpiration cutanée et la sueur. Il ne faut conserver que la première espèce, car la sueur est produite par des glandes.
b. Les humeurs folliculaires ou sébacées du tégument externe se remarquent principalement là où il y a des poils; elles ne sont donc pas exclusivement destinées, comme on le disait, à l'entretien de la peau. Ces humeurs renferment de la matière grasse. On les trouve surtout aux aisselles, aux aines, au nez, et dans le conduit auditif, où elles constituent le cérumen. Des follicules plus ou moins composés versent au voisinage des ouvertures naturelles, ou en d'autres parties desanimaux , des humeurs sébacées plus ou moins odorantes ou même fétides; sur le bord de l'anus des carnassiers , entre la queue et l'anus chez la hyène et le blaireau , entre l'anus et les organes génitaux chez la civette , aux pieds des ruminants, au coccyx des oiseaux, etc.
c. Les humeurs glandulaires sont la sueur, qui est fournie par les conduits excréteurs de petites glandes connues depuis quelques années, et le (ait, que la glande mammaire excrète par les conduits galactophores ouverts à la surface du mamelon.
Les humeurs versées à la surface des membranes tégumentaires intérieures, ou membranes muqueuses, sont beaucoup plus nombreuses que les précédentes. Je les divise aussi en perspiratoires, folliculaires et glandulaires.
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a. On pourrait, pour ahrégtir celle éuumi ration , dire que Vaclion perspiratoire est admise, théoriquement au moins, à la surface de toutes les muqueuses, et par conséquent dans les voies gastro-pulmonaires aussi bien que dans les membranes qui revêtent l'intérieur des organes affectés à la génération et a l'excrétion des urines; cependant quelques détails sont nécessaires.
Une humeur perspiratoire s'échappe en abondance des voies aériennes : elle procède des vésicules pulmonaires; mais les bronches, la trachée, le pharynx, et la bouche même , ne sont pas étrangers à sa production, ainsi que l'ont prouvé des expériences dont j'aurai à vous entretenir par la suite. Il y a aussi une humeur perspiratoire dans les fosses nasales.
C'est à celte catégorie que plusieurs physiologistes rapporlent en tout ou en partie le suc 'gastrique. On admet aussi dans l'intestin un suc perspiratoire dont on a voulu calculer l'abondance par le volume des artères mésentériques , et qu'on aurait vu sortir de la surface de la muqueuse amenée au contact de l'air. Nous verrons si l'énorme quantité de glandules de l'estomac et des intestins ne suffit pas pour rendre compte de ces sécrétions.
11 n'y a rien d'intéressant ni même de positif à dire sur les humeurs perspiratoires des autres muqueuses. Est-on fondé à y rapporter celle qui coule périodiquement à la face interne de l'utérus, sous le nom de menstrues?
b. Les humeurs folliculaires des membranes muqueuses sont de plusieurs sortes. Bien que j'aie montré précédemment la transition s "établissant par une dégradation insensible de la glande au follicule , il y a lieu cependant de tenir compte des dif férences dans les humeurs provenant des unes et des autres. Nous rangeons clone parmi les humeurs folliculaires des membranes muqueuses les mucus et les humeurs sébacées analogues à celles que déjà nous avons rencontrées à la peau. Le mucus est une humeur plus ou moins transparente , visqueuse, composée de globules et de cellules de mucus, de lamelles d'épithéliura, et d'un liquide versé par les follicules. On peut rapporter à celte
des jhmeu:*. 287 section le mucus nasal, qui sert en quelque sorlc de type, celui des voies lacrymales, celui des sinus de la face, de la trompe d'Eustache, de la caisse du tympan, du pharynx, des amygdales, des voies aériennes, de l'œsophage, de l'estomac, et celui des conduits excréteurs qui s'ouvrent dans les muqueuses. Si on mettait en doute la sécrétion muqueuse de ces parties , sécrétion masquée ordinairement par les humeurs et les matières qui les parcourent, on pourrait établir ses convictions sur certains phénomènes que la pathologie nous présente. S'il arrive, par exemple, qu'un calcul engagé dans le canal cystique empêche la bile de parvenir dans la vésicule biliaire, celle-ci se remplit du produit muqueux de sa propre sécrétion. De même, dans les cas d'anus contre nature, le bout inférieur de l'intestin, qui a cessé de recevoir les matières que la digestion a élaborées, continue cle sécréter du mucus, que le mouvement péristaltique conduit au rectum , qui s'en débarrasse par l'acte de la défécation. Mentionnons enfin le mucus qui lubrifie les voies génito-urinaires.
Je dois vous faire remarquer que les membranes muqueuses, sans le secours de follicules, excrètent continuellement de leur surface un des éléments du mucus, à savoir les cellules ëpithéliales , que d'autres remplacent à mesure.
Les humeurs sébacées des muqueuses sont toutes versées sur le point où elles se continuent avec le tégument externe.Ces humeurs contiennent delà graisse et quelquefois des vésicules graisseuses tout entières : telles sont l'humeur de Meïbomius, l'humeur de la caroncule lacrymale, l'humeur qui s'accumule entre le gland et le prépuce, l'humeur qui s'accumule entre le clitoris et son prépuce, et à la face interne des lèvres de la vulve. Il faut ranger dans cette catégorie le musc, dont la poche s'ouvre au bord du prépuce; le castoveum , qui est versé dans le prépuce même et dans le cloaque des individus des deux sexes, l'humeur sébacée du rat musqué, etc.
Les humeurs glandulaires qui s'écoulent par des conduits ex cré te urs sur la surface des muqueuses sont les larmes, la salive, la bile, le suc pancréatique , qui appartiennent tous
PttOÎ.KOOMÉNËS.
(les larmes exceptées) au lube digestif i et, d'une autre pari, l'urine, le sperme, l'humeur des glandes de Covvper, l'humeur prostatique, et l'humeur provenant de la glande qui correspond à la prostate ou plutôt à la glande de Cowper, chez la femme.
Humeurs déposées dans des cavités qui ne communiquent pas a l'extérieur, ou qui n'y communiquent que d'une manière intermittente.
Les humeurs perspirées dans les cavités closes d'une manière permanente sont :
l°La sérosité qui mouille le tissu cellulaire; elle y est rarement assez abondante pour couler quand on divise ce tissu.
2° La sérosité des membranes séreuses. Ce n'est aussi qu'à l'état pathologique qu'elle s'y accumule de manière à former une collection, et il n'y a le plus souvent que de l'humidité dans les séreuses, mais elle n'y est certainement pas à l'état de vapeur.
3° L'humeur synoviale qui se trouve dans toutes les articulations à surfaces conliguës. Cette humeur est plus filante, plus visqueuse et un peu moins diaphane que la sérosité des séreuses; j'en rapproche l'humeur dite rnucilagineuse des tendons et celle des bourses muqueuses.
4° Les humeurs affectées à deux des principaux sens. Ce sont, pour l'œil, X humeur aqueuse, l'humeur vitrée, et l'humeurdilede Morgagni, qui se trouve entre le cristallin et la partie antérieure de sa capsule; pour le sens de l'ouïe, il y a deux humeurs, la périlymphe et la vitrine auditive: celle-ci contenue dans les sacs et tubes membraneux du vestibule et des canaux demi-circulaires, celle-là répandue autour de ces sacs membraneux et remplissant en outre les cavités du limaçon.
5° Le fluide céphalo-rachidien, fluide abondant déjà vu par Cotugno, dont les travaux sur ce point étaient à peu près oubliés lorsque M. Magendie le soumit à de nouvelles recherches. Il ne faut pas confondre ce fluide avec l'humidité qui lubrifie l'arachnoïde. Le fluide céphalo-rachidien est entre la pie-mère;el