‹ Cours de physiologieChapitre 6 sur 60 · GÉNÉRALISATION DES FAITS · texte numérisé non relu

GÉNÉRALISATION DES FAITS

Telles sont, Messieurs, les principales sources de nos connaissances en physiologie.

Mais ce serait en vain que l'on rassemblerait une immense quantité de faits, si l'esprit de l'homme ne s'appliquait à saisir les points par lesquels ils se ressemblent ou diffèrent , si par l'emploi de l'analyse il ne décomposait les faits complexes en leurs plus simples éléments, s'il ne les rapportait à leurs conditions premières , s'il ne s'efforçait en outre de saisir le lien par lequel ils se tiennent , de les rattacher à une loi fondamentale ou au moins à un petit nombre de lois ou de faits primitifs. C'est dans cette œuvre que consiste la généralisation des faits; c'est par là que l'homme peut satisfaire à ce' besoin impérieux de connaître et d'expliquer, qui le lance dans la carrière des sciences sans autre but que celui de conquérir la .vérité , cetle vérité qui, suivant l'expression de Bacon, est le souverain bien de la nature humaine.

Vous ne vous abuserez pas toutefois sur la valeur du mot expliquer. Pour nous , un fait aura reçu une explication , nous en posséderons la théorie, par cela seul que nous pourrons le ramener à quelque fait primitif ou à quelque loi générale, peu importe l'expression. Mais, en physiologie comme en physique, on ignore l'essence de ces faits principes, et peut-être n'est-il pas bien important de la connaître, puisqu'il y aurait toujours au delà une explication à demander, et que la difficulté ne serait que reculée. Qu'importe au physicien l'essence de l'attraction ou de l'électricité, s'il parvient à en déterminer les lois?

Si ce langage était trop abstràit , un exemple pourra rendre

Page 1