GÉNÉRALISATION DES FAITS
ma pensée plus facile à saisir, ce sera celui de la plus haute généralisation à laquelle l'esprit humain se soit élevé.
Un corps qui cesse d'être soutenu tombe avec une vitesse uniformément accélérée.
Notre satellite, dans son trajet autour de la terre, décrit un
orbe elliptique.
Deux fois dans vingt-quatre heures, on voit l'océan s'avancer sur le rivage, reculer ses limites et se retirer ensuite.
L'eau ne peut s'élever au delà de 32 pieds dans un corps de pompe, et le mercure au delà de 28 pouces dans un tube barométrique.
Si la physique générale et la physique particulière ne se composaient que de l'énoncé de faits semblables, sans montrer le lien qui les unit , sans en présenter la théorie , pourraient-elles mériter le nom de science ?Non, certes. Mais que Newton vienne nous dire : Toutes les molécules de la matière s" attirent mutuellement en raison directe des masses et inverse du carré des distances, alors nous voyons ces phénomènes, qui ont si peu de rapports au premier aperçu, se ranger naturellement dans une même loi , celle de la gravitation universelle. Nous disons alors que nous possédons la théorie de ces faits, que nous les expliquons, quoique le fait principal, celui delà gravitation universelle , nous soit inconnu dans sa cause prochaine.
Il en sera de même des explications en physiologie, autant que cela sera en notre pouvoir ; mais nous y rencontrerons des difficultés de plus d'une sorte.
Les procédés par lesquels l'esprit humain parvient à généraliser les faits sont d'une application plus facile et offrent des résultats incomparablement plus satisfaisants en physique qu'en physiologie. On peut se rendre compte de cette différence.
Les phénomènes du monde inorganique sont peu complexes ; nous pouvons prendre un à un les éléments dont ils se composent et les étudier à loisir. Nous pouvons quelquefois décomposer ces phénomènes par l'analyse, les recomposer par la synthèse; nous pouvons presque les faire naître à volonté. Souvent le calcul les prédit avant que l'expérience ne les démontre. Il I. 4
SO MlOl.ÉCOMLlNES.
n'eu est pas de môme à l'égard des êtres vivants : rien de plus variable que les phénomènes dont ils sont le théâtre ; rien de plus difficile que l'analyse de ces phénomènes, car ils sont extrêmement complexes.
On n'en a pas moins essayé de porter l'analyse dans les phénomènes de la vie. L'histoire des tentatives qui ont été faites à ce sujet constitue la philosophie de la science ; j'en toucherai quelques mots dans une des prochaines leçons , à l'occasion des propriétés vitales.