‹ Cours de physique à l'usage der élèves de la classe de mathématiques spécialesChapitre 161 sur 178 · VI. — MÉLANGE DES GAZ ET DES VAPEURS · texte numérisé non relu

VI. — MÉLANGE DES GAZ ET DES VAPEURS

810. Tenfiiloa maxfana d'one -vapeur saturante -dans une atm^splière

limitée. — La loi de Dalton (756) a été soumise par Regnault h de nombreuses vérifications. A l'aide de l'appareil de la seconde série d'expériences sur la vapeur d'eau (774), il mesurait les tenisions, d'abord après avoir fait le vide, puis en laissant dans l'appareil de l'air ou de l'azote à une pression plus ou moins grande. Si on appelle tension maxima de la vapeur dans le mélange V augmentation de pression produite par la présence de cette vapeur^ on trouve une tension toujours très voisine de celle qu'on a mesurée dans le vide. Cependant, la tension de la vapeur d'eau dans l'air est constamment inférieure de' quelques dixièmes de millimètre à la tension dans le vide ; la différence est irréguUère et ne paraît pas liée à la température. Avec l'élher, le sulfure de carbone, la benzine, la diflférence est plus grande, atteint quelques millimètres et augmente avec la pression et avec la température.

La loi de Dalton relative à la tension maxima d'une vapeur saturante dans Une atmosphère lirnitée n'est donc applicable, comme la loi du mélange des gaz (537), que dans le cas de faibles pressions.

811. Kiquéfinetloii des méiaiigeB gaseux. — L'étude de la compressibilité et de la liquéfaction des mélanges gazeux conduit â la même conclusion : la présence d'un gaz difficilement liquéfiable retarde la éondensatîon d'un gaz plus liquéfiable ; ainsi, un mélange à. volumes égaux d'air et de gaz carbonique a pu être comprimé par M. Cailletetà la température deO°el à la pression de 400 atmosphères sans qu'il se produisît trace de liquéfaction.

Par contre, la présence d'un gaz facileikient liquéfiable peut déterminer la condensation d'un gaz dans des conditions de température où ce dernier seul ne serait pas liquéfiable; ainsi, MM. Cailletet et Hautefeuille ont obtenu, à 0^ et sous des pressions de 300 à 400 atmosphères, des liquides très riches en oxygène, azote ou hydrogène, en comprimant ces gaz au contsu^t d'un excès de gaz carbonique ou de protoxyde d'azote; ils ont pu, de même, obtenir au-dessus de 31"^ un liquide formé de cyanogène et d'anhydride carbonique.

D'une manière générale, un mélange de gaz carbonique et d'air semble se comporter, au point de vue de la condensation, comme au point de vue de la compressibilité, comme un gaz unique possédant un point critique qui lui est propre et d'autant plus rapproché du point critique d'un des éléments que la proportion de cet élément est plus grande.

Page 1