APPAREILS DE PROJECTION. — On se sert beaucoup aiyoar
d'hui, dans les conférences et les cours publics, de projectiOna de photographies ou d'images coloriées sur verre.
L'appareil de projection se compose essentiellement d*nB objectif formé d'une seule lentille achromatique de 20 à 25 centimètres de distance focale, qui donne sur un écran éloigné de plusieurs mètres une image réelle renversée et agrandie du dessin sur verre ; celui-ci doit être placé, par conséquent, un peu au delà de la distance focale de l'objectif. Pour que celte image se peigne droite sur l'écran il faut, bien entendu, disposer le dessin dans une position renversée. Comme dans l'appareil précédent, on met au point en réglant convenablement la position de l'objectif, à l'aide d'un pignon et d'une crémaillère.
Si les dimensions linéaires de l'image sont 20 fois celles du
INSTRUMENTS UOI'TIQL'E 451
ilesstn sur verre, la surface de l'image est JOO fois celle du desâÎD. La lumiiire qui a traversé un cenlimètre carré de celui-ci se trouvant répartie sur iOO centimètres carrés, on voit
que l'éclairement do l'imaj^'e ne sera que In fraclion tt-t de celle
de l'objet. D'une façon [fûncrale si tj csl le grosàisseim^iit linéaire,
le rapport de l'écliiirement île l'imûge à celui de l'objet cs>l — .
Kn outre, comme rima};o est vue, non directement, rnaii jinr di^'usion, une grande quantité de liuuioro c^t absorbée par l'écran. Aussi, pour que cette image ue soit pas trop sombre il faut éclairer très vivement l'objet. On emploie à cet ellct la lumière Drummond, la lumière élcrtri(jtie ou, mieux encore, la lumière solaire.
Comme une lentille de 20 à 25 centimètres de distance ocaic, icllo que celle ipii constitue l'objeclif, ne peut dépasser 4 à 5 centimèires de diamètre sans que les aberratioas de sphéricité ne viennent nuire à la netteté de l'image, et que le dessin sur verre a souvent une dimension plus considérable, il faut que lesrayons qui ont passé à travers le dessin V (flg. IH) conver- ^nt vers l'objectif o adn (|u'il3 puissent tous lejraverser. Pour Tour ii. 30
Abu
cola, le ilessin V est placé contre un syslème convergenl A [accumula le tir) formt- par une ou deux lentilles de grand diamètre (jiiti les rayons traversent avant de tomlter sur lui. La distance focale de ce systfcme doit être égale environ à sa distance à l'objectif, si l'on emploie comme source de lumière les rayons solaires (renvoyés liorizonlnlement à l'aide d'un poite-lumîère). Lerayons qui ont traversé l'ace umulateiir donnent alors une petite image du Soleil h peu près sur l'objeclir, el tous les rayons qui ont traversé le dessin passant ainsi par une très petite portion lie cette lenldle, l'image est très nette. Si l'on se sert d'une lanterne à lumière Di'ummond, ou à lumière électrique L (11^'. 111). il faut un système éclairant plus convergent, de facoD à former encore sur l'objectil' une image de la sourc-e lumineuse qui esi près de l'accumulateur (11.
La lanterne ma<jiquc est un appareil de projection à peu pn's
analogue à celui que nous venons de décrire, La |»lus gtaai^ diiïérence tient à ce que l'accumulateur .\ (11),'. 118) est fomu'
(1) Ces accumulalourg sonl Ir- plus souvaiil turmia, dans co ras, pir Jm* lentilles plan- convexes A (ft g. 111), qui se loucticnl par leurs fai'es lionibMt. H eal âvideni qub las JeDiilles ds^ accumula leurs n'ont pas besoiu d'vlrc ichnh MtliqUDs, ni même d'être bien psrIaileB.
par une seule lentille pian-convexe très bombée, placée derrière le dessin sur verre V (et non en avant, comme dans les bons appareils de projection) et tournant sa face bombée du côté de l'objectif 0. Cette lentille A donne du dessin sur verre, (|ui esl placé contre elle, une image virtuelle occupant à peu près la mémo position que Tobjet ; ainsi, elle modifie peu par sa présence la position et la grandeur de l'image donnée par Tobjectif: elle ne joue que le rôle d'accumulateur en faisant converger sur celui-ci les rayons c|ui ont traversé le dessin sur verre V. Ordinairement l'objectif n'est pas achromatisé, les lanternes magiques étant des appareils assez grossiers, en général, dont le bon marché est le principal mérite.
5. MICROSCOPE SOLAIRE. — Le microscope solaire (i) est un appareil de projection qui est destiné à donner des images très agrandies de très petits objets transparents.
Si nous désignons par f la distance focale de Tobjectif, par p et par l les distances de Tobjet et de l'image aux plans principaux correspondants de cet objectif, on a la relation :
d'autre part, le grossissement ij a pour valeur :
d'où :
Ce grossissement est d'autant plus grand que la distance l de récran à l'objectif est plus considérable. Comme on est limité, pour cette distance, par la dimension de la pièce dans laquelle on opère, on voit que, si Ton veut obtenir de très forts grossis-
(1) De |&txpo< peiil et de ax'ini(ù Je regarde»
460 IJVnH V. — CHAPITRE VU
semenls, il faut prendre des objectirs très convorgcols, de fa^on que f soil très petit.
Aussi les objectifs des microscopes solaires (flg. 113) sonl-ite
forroés de li-ois à quatre Icnlilles convergenles centrées asseï rapprocliêfs l'une de l'aulre; chacune de ces lentilles doit être
achi'omaiique (').
(1) Dans les ubjcclifs ites microscopes sulaires, ainsi que dans ceux de* microscopes cnmpo'^is. qui leur son! presque idenliques, la prcmitn» lenlill* doit doimur de l'ubjcl une iniagi; virludie qui Tonclionnc comme objet réel vis-à-vis de la lenlillc suivante. Il faul, par coDséquenl, que l'objet «oit plaoïi 1res près do la preuiii-rc Iciilille. Or. comme on donne une surfac* r«lalivemCDt as^ez étendue aux lenlilles objectives, il en résulte qua tct rajuns issus d'un point de l'objet et qui tombent sur la première JenlitU rorment un cône d'angle considérable: ainsi, les rayons incidents eilrfMM font entre cuK un angle qui peut aller jusqu'à tT(h. Ce grand an^fe (Toarerlure est non iteuicment avantageux pour admettre plus de rayona dans l'instrument, et avoir ainsi une clarté plus grande, mais aussi, en pennallaBt l'introduclion de rtjODS qui ont truversA tri.'s obliquement l'objet, dea débiils, des stries par exemple, qui ne seraient pat vus avec les rafOM normaux, deviennent visibles; le pouvuir tntlyatal augmente avee raagb
Maiï, dans le cas de rayons Taisant des angles de 85* avec l'aia principal, an est bien loin de la iliéorie ctémenlaire des lentilles où l'on supposa que la* rii)ons ne font entre eui que de très petits angles, et l'on datTail l'a^ ttiidre â avoir des images très difurniées par les aberrations de spbêrieilà, l'ourlant let constructAira de microscopes sont anÎTé* è obiMir 4ta «k-
Pour donner une idée du grossissement qu'on peut obtenir
avec le microscope solaire, supposons que la distance focale
soit 5 millimètres, et que Técraii soit placé a une distance de
5 mètres ; on aara / = 500 f = 0,5, le grossissement sera
^r-=- — 1 = 999 (mille environ). On peut même obtenir facile-
ment des grossissements plus considérables.
Si le grossissement linéaire est 1000, Véclairernenl de Timage ne sera que la millionième partie de celle de Tobjot; aussi pour que Timage soit suffisamment éclairée il faut que Tobjet soit traversé par une grande quantité de lumière. On Téclaire généralement a Taide des rayons directs du Soleil, d'où le nom de microscope solaire. Ces rayons sont renvoyés sur Tobjet par un porte-lumière, et un système de deux lentilles convergentes A et B, la première de grand diamètre, la seconde d*uB
jectifs d*un aplanctisme presque parfait. Ils sont formés de lentilles planconvexes tournant toutes leur face plane vers l'objet et ayant des distances focales et des diamètres croissant à mesure qu'elles sont placées plus loin de lui.
La raison de cet aplanctisme, qui peut paraître surprenant, a été donnée par le botaniste anglais Jackson Lister en 1830. Nous avons vu (Chap. IV { 4) qu'une lentille plan-convexe est aplanétiquo pour deux points placés 80r son axe principal, du côté de la face plane, l'un M au delà du foyer, Tautre N entre le foyer et la lentille; entre ces deux points, l'aberration longitudinale est positive, en dehors, elle est négative. Supposons d'abord un objectif formé de deux lentilles seulement. Disposons l'objet AD entre la première lentille et son point N; après avoir traversé cette lentille, les rayons centraux donnent de AD une image virtuelle A'H', et les rayons marginaux une autre image virtuelle A', IV, située plus près de la lentille. Plaçons maintenant la seconde lentille de façon que ces images très rapprochées A'B' et A',B', tombent entre son foyer et son point M ; les rayona centraux et marginaux pour la première lentille restent centraux et marginaux pour la seconde, et celle-ci donne do A',B',, par les rayons marginaux, une image réelle qui peut occuper la m^me place que l'image réelle de A'B' qu'elle donne par les rayons centraux, les aberrations de la seconde lentille compensant la différence de distance de A'B' et de A',B', si les deux lentilles »ont convenablement placées.
On conçoit sans peine qu'on puisse de même calculer la distance et la courbure des lentilles pour des objectifs composes de trois ou quatre verres. Aussi cette observation de Lister a-t-elle été le point de départ de progrès très importants dans l'aplanélisme des objectifs de microscope.
diamètre moindi'e, fait converger lo faisceau sur le très petit objet qui doil être grossi. Ces deux lentilles A et B donnent une image réelle très petite du Soleil; il est bon que cette image coïncide à peu près avec la première lentille de l'objectif 0, et soit voisine, par conséquent, de l'objet V, pour que celui-ci soit vivement éclairé. A cet 'effet, la lentille B, appdée focus, peut être un peu déplacée, au gré de l'opérateur, au moyen d'un pignon P et d'une crémaillère.
L'objet V est généralement placé entre deux verres, qui sont pinces entre deux plaques métalliques à ressorts HH percées de deux trous circulaires en regard centrés sur l'axe principal de l'appareil : c'est le porte-objet.
La mise au point se fait, comme dans tous les appareils de projection, en fai^ut varier la distance de l'objectif à l'objet. Si cette distance est le double de la distance focale, on sait qua l'imagede l'objet se fera uettc à la même distance, c'est à dire beaucoup trop près ; si maintenant on rapproche l'objectif de l'objet d'une longueur égale à la dislance focale, de façon à placer l'objet précisejnent dans le plan focal, l'image se formera nette à l'inlini, trop loin, par conséquent. On voit qu'un jH'tit déplacement de l'objectif donne un très grand déplacement de l'image. Aussi, alïn de pouvoir amener l'objectif juste H la |>osiiiott convenable pour avoir une image nette sur l'écran lîxe. l'opérateur peut-il donner à cet objectif un très petit mouvemont à l'aide d'un pignon Q et d'une crémaillère, et mt^iae, pour parfaire la mise au point, à l'aide d'une ^'is de rappel R.
Le microsoope polairo est précieux pour montrer de très petit! objeu à t jul un auditoire ; mais il laisse toujours un peu à désir\>r stMis le rap)H>rl de la netteté des images et, par U est inférieur au microj^-ope i-omposé. d'un emploi beaucoup plus commcnle du reste.
•. OCBLAIRES.— Vn tyuhirf est un petit système optique, fomté d'tme ou de plusieurs lentilles ceotrées, qui se place près de l'itil et i tra\ers It<quel on regarde un otyot ou une image léelle ftHirnio v*!" ïia objectif, ijui fonctionne par rapport à Tocii- Uire so;t iVïL=;e un objet r«>el. soit comme un objet %Trttid.
INSTimMENTS D'OPTIQUE 463
L'oculaire donne de cet objet une image le plus souvent virtuelle (*) que rœil regarde.
On appelle oculaires positifs ceux qui sont destinés à regarder des objets réels. A Texception des lentilles divergentes qui servent à corriger la myopie, ces oculaires sont tous convergents.
On appelle oculaires négatifs ceux qui sont destinés à regarder des objets virtuels. Ils peuvent être divisés en deux catégories: 1* — les oculaires négatifs convergents (comme l'oculaire d'Huyghens); — 2® les oculaires négatifs divergents comme Toculaire de la lunette de Galilée.
Rappelons que le système optique qui constitue un oculaire peut être remplacé, pour la construction des images, par ses deux plans principaux et ses deux foyers, les points nodaux étant confondus avec les points principaux. Cette simplifîcation permet d'établir un certain nombre de propriétés générales.
Quand un oculaire est composé de plusieurs lentilles et qu*il doit être associé à un objectif dans un instrument composé, on donne, en général, aux lentilles de Toculaire un diamètre tel que tous les rayons qui ont traversé Tobjectif et. la première lentille <le l'oculaire traversent aussi les lentilles suivantes. Tout en ayant égard à celte condition, on peut souvent donner aux lentilles qui suivent la première un diamètre plus petit, à cause de la convergence que la première lentille oculaire produit sur les rayons.
7. PUISSANCE D'UN OCULAIRE. - GROSSISSEMENT. — La puissance d'un oculaire est l'angle sous lequel on voit au travers une dimension linéaire de l'objet égale à Tunité de longueur, en choisissant cette unité assez petite pour que Tangle dont il 5*agit puisse être confondu avec son sinus ou sa tangente. D'après cela, en désignant par P la puissance d'un oculaire, et par l la longueur très petite d'un objet réel ou virtuel, /P est l'angle sous lequel on voit l'objet à travers l'oculaire. C'est de la puissance que dépend la grandeur (le l'image rétinienne:
(1) Dtns le cas d'an œil hyperinctrope, Timage fournie par Toculaire peut ^Irc rccUe et fonclionncr par rapport à l'a-il comme un objet virtuel.
Arti LIVRE V. — CHAPITRE VU
{•lus la puissance est grande, plus ou voit gros à Iravci lairc
Con:;iiléronâ. en i».irlii.nilier. un oculaire convcrgeni, et iicvnons II' cas le plus ^n^ml ijui peut se pn'scnler : l'œil eU ilisposè pour voir à une dislance d et son point nodal aulénour 0 ;!■;;. lU' est ptact^ à une ()i$t«nce c «lu point noial jHisIi'rieur Nj île roculaire. L'image virtuelle A'B' d'un objet AB «•si vue sous laujrlo A'OB', et la pui&sam-e P de l'oculaire es! è)ral# à ta voleur ihfronomélrique de cet angle, si AB est égal à l'uni té.
Or. on « :
ABAB AB KN, AB (t> taivt -bÛ~»BO-BN;BÔ
l>'a»ilft' [\*rt, v»n « :
ï*» i)i->:^)]inl (^r
a\, bn,~/
lie Tx-ulaire ; d'où :
^^^^^M ««totttM
««MttMnl.^s^e>^.<i .r l^-s J . jî: «ŒpUj*»! BX, pir si
valeur d — e, B'O par il, AB par Tunilé, et, enfin, en confondant lang P avec Tangle P, il vient :
Or, nous verrons (^,li) que, quand un oculaire convergent fait par- .
lie d'un instrument d'optique, il faut, pour que Tœil soit bien placé,
que son point nodal soit très voisin du foyer postérieur de Tocu-
laire. Dans ce cas, - étant à peu près égal à l'unité, et - tou-
jours petit par rapport à -, le premier terme de l'expression de
la puissance est tout à fait négligeable devant le second ; la puissance est alors indépendante do il c'est-à-dire de la vue de l'observateur, puis qu'on a sensiblement :
la puissance égale la convergence de foculaiiv.
Cette dernière proposition reste rigoureuse, quel que soit e, si Tœil de Tobservateur est disposé pour voir à Tinfini (d =oo ); aussi pour calculer la puissance d'un oculaire, supposerons-nous toujours l'œil disposé pour voir à l'infini.
Quand l'oculaire est formé d'une seule lentille (loupe), l'inverse de la distance focale donne immédiatement la valeur de la puissance.
Quand l'oculaire est composé de plusieurs lentilles, la dernière lentille, celle placée le plus près de Tœil sert de loupe pour regarder l'image réelle ou virtuelle de l'objet donnée par l'autre lentille ou l'ensemble des autres lentilles. Dans ce cas, pour calculer la puissance, 1<î procédé le plus simple consiste à chercher la grandeur / de Timage fournie par les premières lentilles d'un objet de longueur égale à Tunité, et placé de façon que celte image soit dans le plan focal de la dernière lentille; en désignant par r la distance focale de celle-ci , la puissance
de celte loupe est —, et l'image de l'objet de longueur-unité
mi iJvnB V. — CHAPITRE vu
csl vue sous l'an^lo — pnr un œil accommoilé pour la vision
A l'infini; telle est donc In puissance de l'oculaire.
On appelle (frossîssement G de l'oculaire, le rapport entre la puissance de l'oculaire P et la puissance maxima P| de l'œil de l'observateur :
Auti-ement dit, le groBsi^seinenl est le rapport entre l'angle R0U9 k'iiuel on voit rimngc de robjet, fournie par l'oculaire à l'nnglo sous lequel on verrait à l'œil nu l'objet lui-même plteé à le ilislance iiiiniiiiii D do vision distincte.
Couuni! la puii^sanie innNima de l'œil P, est égale à — ; la ^o^ uiuli> (h devient :
\i) G = PD
1^ Itrossissement dépend de l'oculaire et de la vue do l'obser^alour. Puisque la pui^sanceP esta peu pK's indépendante de la vue do eelui-ci, en voit que, pour un mênie oculaire convergent , le grossissement est plus faible pour les vues myopes ijue pour les vues normales, ] tu i Si] ue H est plus petit ilans le premier cas, puisquela |)uissaniv muxima P| de l'u'il myope est plus grande que celle de l'irit noniml. I.e );ro>sissement repn-sente. en quelque sorte, ra\;inlago quo Ton a à se servir de l'oculaire : les myopes oat iiioirts Ix'som d'un oeulitirt' eonvergenl que les personnes à vue Kmpue.
«. WSE AD POtHT D DR OCDLUBE COlTTEKfiEaT. — Pour voir netli-nu-nl à travers un oculaire, il faut que l'image qu'il fournit soil pla.'ee on <!o;à de la disl.moe maxima et au delà de la tli^liuice minima .îe \ ision distincte.
Nous allons ko-:s >>.vut-t'r ici. et dans les paragraphes sui- Viiul«, dc^ ocuiiiires .-onver^nts. (H'^sitifs ou négatifs; nous nous ivctuierons de l\vu;a".:^ diverfonl à propos de la lunette ilo tîaliliv.
Ka l^-Aul l'cb;ei iljr.s le preniier plan focal d'un oculaire
convergent, Timage est à TinOni; elle est, par conséquent, conyenablement placée pour être vue par un œil normal.
En rapprochant Tobjet de façon à le placer entre le premier plan focal et le plan principal correspondant, Tiinage devient virtuelle; or, on peut toujours, en donnant une position convenable à Tobjet, amener cette image à se former en deçà du maximum de vision distincte d'un œil si myope qu'il soit.
En éloignant Tobjet un peu au delà du plan focal, au contraire, rimage devient réelle et peut encore être vue par un œil hypermétrope, si elle n'est pas trop près de l'œil, pour lequel cette image fonctionne comme objet virtuel.
La mise au point se fait donc en faisant varier la distance de l'objet à l'oculaire; par tâtonnement on arrive rapidement à donner à cette di&tancc une valeur qui rend la vision parfaitement nette.
Comme l'œil peut s'accommoder de façon à voir à différentes distances, la distance de l'objet au premier plan principal peut varier entre deux limites />( et p^ sans que la vision cesse d'être nette. Mais nous allons montrer que ces limites pi et p^ sont d'autant plus voisines que l'oculaire est plus puissant.
Désignons par ji la distance de l'objet au premier plan principal, par d la distance de Timage au second plan principal, et convenons de regarder d comme une quantité positive si l'image est virtuelle et négative dans lo cas contraire. Cette quantité d représente la distance au point nodal de l'œil de Timage fournie par l'oculaire diminuée de la distance toujours petite du point nodal de l'œil au second point nodal de l'oculaire. Désignons enfin par f la distance focale de Toculaire et par P sa puissance.
On a :
d'où :
Comme fesi toujours petit vis à vis de d quand Tobjei est au point, — - est petit vis à vis de —, par conséquent, la formule cidessus montre que p est voisin de f : f objet mis aa point est toujours dans le voisinage du plan focal.
Si d varie, sans que la vision cesse d'être nette, entre deux limites rf, et rf^, on voit que les deux valeurs dep correspondantes
Pi ^^ Pi sont d'autant plus voisines que la puissance P = — est
plus grande, puisqu'on a :
dt-d,
Celle quantité pi — p^ représente en profondeur, suivant Taxe de Toculaire, la portion de Tobjet qu'on peut voir nettement ftan> déplacer celui-ci, mais en faisant varier l'accommodation, ce qui se fait très rapidement ; c'est, en quelque sorte la latitude ifaccom* Modation pour les objets vus à travers roculaire : elle est d'autant plus faible que la puissance est plus grande.
Il est à remarquer que, quel que soit l'oculaire convergent, loupe mince ou épaisse, doublet, oculaire composé ou même raiorcsoope composé quelconque, pour une même puissance
P = — et pour une même vue. c'est-à-dire pour les mêmes valeurs de df et de d^, cette latitude d'accommodation (pi — p^csl la même d'après la formule «8 .
9. ACHBOHATISHE DES OCULAIRES FOSITIFS. — On n'achromatise |KL<, on ^ut-ral, k»s lentilles des oculaires conver>rents ; ce n'est j>as très utile, en effet, car ils donnent avec des lentilles non achromatiques dos images à peu près dépour\'ue8 d'irisation quand l'œil est convenablement placé. Plus loin nous examinerons à ce |>oint de vue le cas où l'oculaire est associé à un objectif dioptrique. N\his n-nis bornerons ici au cas où Tocubiro est |K>s.tif el x^ri a regarder un objet réel dépourvu
d*irisatioii tel qu'un objet matériel ou Timage réelle donnée par un miroir concave.
L'oculaire convergent, que ce soit une loupe ou qu'il soit formé de plusieurs lentilles, a une distance focale d'autant plus petite que la réfrangibilité de la couleur considérée est plus gi'aiîde. Si donc l'objet est placé de façon à donner une image virtuelle, celle-ci sera d'autant plus éloignée et d'autant plus grande que la couleur qui éclaire l'objet est plus réfrangible.
Supposons un objet blanc sur fond noir ; ses images dans les diverses couleurs simples seront séparées, l'image violette étant la plus grande et la plus ('loignéc. Si l'œil est placé loin de l'oculaire, l'image violette sera vue sous un angle plus grand (|ue l'image rouge; l'image rétinienne violette débordera l'image rouge : l'objet blanc sur fond noir vu à travers l'oculaire paraîtra blanc au milieu où il y a superposition des images dans toutes les couleurs, mais bordé d'une zone bleue passant au violet sur le bord extrême où manquent les autres couleurs du spectre.
Dans le cas d'un objet noir sur fond blanc, la partie noire sera bordée d'une zone jaune-rouge pour des raisons semblables.
Mais, si l'on approche de plus en plus l'aûl de l'oculaire, cette irisation diminue de plus en plus et devient insensible quand l'œil est ti es près de l'oculaire. Les images d'un même point dans le jaune et le bleu, en effet, sont sur une ligne droite qui coupe l'axe principal en un certain point K, toujours assez voisin de l'oculairo. Si donc le point nodal de Vœ'û pouvait coïncider avec K, les images d'un même point dans le jaune et le bleu se confondraient sur la rétine : toute irisation disparaîtrait (^).
Si l'on ne peut faire coïncider exactement le point nodal de
(1) Dans le cas d'une IcuUUe infiniment mince, le centre optique se confond avec les points nodaux pour toutes les couleurs, et les images d'un m(>me point dans les diverses couleurs sont rigoureusement en Irgne droite : le point K est le centre optique. Pour une lentille épaisse ou pour un système optique quelconque dont les deux plans principaux ne sont pas confondus, il y a un système différent do points nodaux et, par conséquent, un axe secondaire différent pour chaque couleur : la position du point K varie un peu suivant le point objet considéré.
470 LIVRt: V. — CHAPITRK VII
['(cil avec les divers points K correspondant aux divers points de l'objet, du moins en meilant l'œil près de l'oculaire, l'irisatioD efit assez diminuée pour devenir insensible.
Après ces ^néralités, nous allons décrire quelques-uns des oculaires les plus employés.
10. LOUPE. — On donne le nom de loapo, ifocalaire simple, ou doculaire de Kepler â un oculaire formé d'une seule lentille plus ou moins épaisse.
Nous n'avons rien à ajouter pour la théorie de la loupe â ce qui a été dit aux généralités sur les oculaires. Nous ferons remarquer seulement, iju'on a avantage h placer l'œil iK's près de ta loupe, non seulement pour éviter l'irisation des images, mais aussi pour voir une plus grande surface de l'objet qu'on reganle, pour avoir uo champ plus coBpidérablo, quanil la loupe » un petit diamètre.
Les loupes sont des lentilles biconvexes en général: plus les faces sont bombées, plu» la loupe est puissante, mais plus aussi les aberrations deviennent considérables.
'"^- "^ Pour éviter
cet inconvéniral Wollaslon .'i, en 1813, a imaginé la disposition sui%-mDte : une sphère de verre est coupée en deux par un plan diamétral i puis
.1; \VUU«m ll)Jt-\V^[|»
à LooJrH le 16 avril 1766, mort mi IBK
INSTHUMENTS D'OPTIQUE 471
les deux parlies sont séparées par un diaphraifinc préBentant une ouverture d'un diamètre éga\ environ au tiers de celui de la sphttre (Bg. 115). Cctle disposition ne diminue pas beaucoup le champ de l'instrument, et, ne laisstinl passer (|ue les rayons voisins du centre, diminue l'aberration de spliéricité,
La loupe de Brewster ("), dite Coddiugtoii, la plus employée aigourd'hui par les naturalistes, n'est qu'une modiUcation de celle lie Wollaston : In sphère est simplement creusée d'une rainure profonde (flg.
116), qui produit le uu>me elTet que le diaphragme.
En outre, on ne conserve de la sphère que la partie utile comprise dans un cylindre de diamètre
«'gai environ aux -^ de celui de la sphère.
Dans de pareilles loupes, tout rayon se dirigeant vers le centre de la sphère la traverse sans déviation : les deux points nodnux et le centre opiiquu sont confondus avec le centre de la sphère. Les deux plans principaux sont dune aussi confondus.
11. DOUBLET DE WOLLASTON. — LODPE MONTÉE. ~ Comme pour lo6 objectifs, on diminue l'aberration de sphéricité des oculaires en les composant de deux lentilles. Le doublet de WoUiistott (1820), très souvent employé pour regarder de petits objets, se compose du deux lentilles plan-convexes centrées tournant chacune leur face plane vers l'objet. La première len-
(1) David Bresw»lor e»t nii ■ SedburR (Ecohbs) I« Il dâcembro 1781.
m LIVUE V. — CHAFITrtE VII
tille L a une distance Focale r <|ui est le tiers de \a distance focale de la seconde L' ; les diamètres sont à peu près dans le môme rapport de 1 â 3; la distance CC des deux lentilles est
égale à y f
Quand l'uculnire est mis au iiotiil, la première lentille L {iig. 117) donne de l'olijet AB une image virtuelle A'B', et cette image fondioiiiic comme objet réel j)ar rapport à la lentille L', placée près de l'inil, «pii est une loupe destinée à la regarder. L'image A'B' fournit' par la première lentille doit donc tomber it peu près dans le plan focal de la seconde lentille, exactement si l'util est dispor^é pour voir à l'inllnl.
fjui)posoiis qu'il en soit ainsi ; dans ce cas l'iriiage A'B", pour se trouver dans le pliin focal de L', doit tomber à une dielant-e de
L égale à -5- r; il faut donc placer l'objet AB à une distance^
de L donnée i)ar :