AB = AH
CHZ AH
5. MICROMÈTRES OCULAIRES. — Dans beaucoup d'appareils on se sert, pour mesurer une très petite longueur de microscopes pourvus de micromètres oculaires mobiles (*).
(!) L'emploi des micromètres oculaires remonte à Roy et à Ramsden qui, vers 1783, se sont servis de microscopes a rélicuics mobiles dans leur appareil pour mesurer la dilatation des règles (voir T. I" L. IV Chap. IV § 4).
Ces microscopes possèdent un oculaire positif do Ramsden (voir l'Optique) et, dans le plan vu nettement à travers cet oculaire, se trouve un réticule formé par un fil très fin et bien tendu. Ce fil peut se déplacer parallèlement à lui-même à l'aide d'une vis micrométrique, dont la tête porte un tambour T (fig. 9) di-
Fiu. o.
visé en parties égales pour indiquer le nombre de fractions de tours (l). Les nombres entiers de tours sont donnés par la disposition suivante : dans un plan très voisin du plan de mobilité du
(1) La meilleure disposition consiste à faire de la pièce DT, comprenant le tambour T et le bouton B qui sert à le mettre en mouvement, l'écrou de la vis mierométrique. C'est la vis alors qui est mobile suivant son axe et qui porte le réticule. Un ressort, qui tend à écarter ce réticule de la partie fixe L de l'instrument, fait appliquer constamment l'écrou BT contre cetto pièce fixe L; de cette façon il n'y a pas de temps perdu dans le jeu de la vis micrométrique.
La vis V sert à déplacer l'oculaire 0 parallèlement au fll du réticule, pour que l'oculaire ne cesse pas de voir nettement le fll, ce qui arrive quand, en laissant fixe l'oculaire 0, le fll du réticule s'approche des bords du champ.
réticule, se trouve un écran dont le bord denté en scie (fig. 10)
est vu à travers l'oculaire et se détache en noir sur le fond
brillant du champ. Le bord de cet
écran est perpendiculaire au lii du
réticule, et une dent est distante de
la suivante de la longueur du pas de
lavis micrométrique; il en résulte que
le fil s'avance d'une dent à chaque .,
tour complet de la vis, co qui fait
connaitre le nombre des tours entre
deux positions successives du fil.
Pour mesurer avec cet instrument la distance de deux lignes parallèles kic. iu.
très voisines, on place ces lignes devant le microscope, de façon à les voir nettement dans le champ; leur image réelle fournie par l'objectif se forme alors dans le plan du réticule. En déplaçant le fil à l'aide de la vis micrométrique et, au besoin, en faisant tourner le corps du microscope autour de son axe pour amener les lignes visées à être parallèles au fil, on obtient la coïncidence du fil avec l'image d'une des lignes (1). On fait la lecture du tambour et Ton note les deux dents de l'écran entre lesquelles le fil est placé; puis on fait tourner la vis micrométrique jusqu'à amener le fil en coïncidence avec la seconde ligne ; les lectures donnent le nombre entier et fractionnaire de tours qui a été fait pour passer d'un pointé à l'autre. Ce nombre de tours fait connaitre la distance des deux lignes, si, une fois pour toutes, on a fait la tare de l'instrument, c'est-à-dire si Ton connaît quelle est la distance de deux traits qui nécessitent juste un tour de la vis pour être vus successivement en coïncidence avec le fil du réticule.
On obtient cette tare en visant avec le microscope deux traits
(1) Quand on a à viser des traits, il est plus précis de se servir d'un réticule formé par deux fils parallèles placés à une très petite dislance, invariable du reste, comme le représente la figure 10; c'est l'ensemble de ces deux fils qui se déplace sous l'action de la vis micrométrique. Le pointé se fait alors en amenant les deux fils du réticule à comprendre entre eux l'image du trait.
à une distance connue a, par exemple deux traits distants d'un millimètre. Si n est le nombre entier ou fractionnaire de tours de la vis micrométrique nécessaire pour pointer successivement
ces deux traits, — est la valeur de la tare. De cette façon, si dans n
une mesure il a fallu faire tourner do N tours la vis pour pointer successivement les deux lignes, N — est la dislance de
n celles-ci.
Le microscope grossissant beaucoup la longueur à mesurer, cette disposition permet d'atteindre une grande précision dans les mesures.
6. EMPLOI COMBINÉ D'UNE RÈGLE GRADUÉE ET DE MICROSCOPES A MICROMÈTRES. — Le procédé le plus précis que Ton connaisse aujourd'hui pour mesurer une longueur un peu considérable consiste clans remploi d'une règle graduée on millimètres et de deux microscopes pourvus d'un micromètre oculaire mobile.
Les microscopes A et A' (fig. il) sont portés, le plus souvent, par une même barre de fer très solide BB, le long de laquelle ils peuvent se déplacer et se fixer à l'endroit voulu à l'aide de vis de pression PP'.
On règle la position de cette barre de façon que les axes des microscopes soient perpendicaires à la direction de la dimension linéaire à mesurer; la barre est alors à peu près parallèle à cette direction. Ce réglage, qui n'a pas besoin d'être fait avec une extrême précision, s'effectue par des moyens sur lesquels il est inutile d'insister et qui varient du reste suivant les cas.
Pour faire une mesure, on fait glisser chacun des microscopes vers une des extrémités de la longueur à mesurer, mise à bonne distance pour être vue très nettement par les microscopes; on fixe ceux-ci dans une position telle qu'ils pointent à peu près l'extrémité correspondante et, en agissant sur les visVetV* des micromètres oculaires, on fait un pointé exact.
On substitue alors à la dimension linéaire une règle graduée en millimètres qu'on dispose de telle façon qu'une ligne perpendiculaire aux traits qu'elle porte coïncide exactement avec
Fie. 11.
la position qu'avait auparavant la dimension linéaire à mesurer (f). On est assuré, du reste, que la règle se trouve exactement à la même distance des microscopes que la dimension linéaire quand elle est vue nettement ô travers ceux-ci.
Dans le champ de chaque microscope on aperçoit alors deux divisions de cette règle entre les quelles le fil du réticule parait placé. Après avoir fait les lectures nécessaires pour avoir la position des fils, on agit sur les vis micrométriques, pour déplacer chacun d'eux de façon à le faire coïncider avec l'image de celle des deux divisions qui est la plus près de l'autre microscope (2). On obtient ainsi les petites longueurs qu'il faut ajouter à la distance connue comprise entre les deux traits de la règle visés dans la dernière position donnée aux fils, pour avoir la longueur de la dimension linéaire.
On peut, du reste, tout aussi bien déplacer les fils du réticule de façon à pointer celui des deux traits qui est le plus éloigné de l'autre microscope. Ou obtient airçsi les petites longueurs qu'il faut retrancher de la distance connue des deux traits de la règle visés pour obtenir la longueur de la dimension linéaire.
Eu employant ces deux procédés à la fois, on obtient les données nécessaires pour avoir la tare de chaque micromètre, ou l'on a un contrôle.