COS
.a=l/^7-î, COS. 4 = 1 \/'-^^-, et D = 4A — 2a;
si l'on fait dans ces formules /=='^, indice dé réfraction relatif à l'eau pour la lumière rouge, on obtient a = 59°22'30'' et D = 42«1'40"; si l'on y fait au contraire / = ^, indice de réfraction correspondant aux rayons violets , on trouve a = 58^ , et D = 40''17'.
140 OOUms DB PHYSIQUE.
D*apré8 cela si l'on imagine , par l'œil de l'obseryateur^ des lignes parallèles aux rayons qui viennent de tons les points du disque du soleil, et qui soutendent un angle maximum d'environ 30'; qae l'on regarde chacune de ces lignes comme l'axe d'un cAne droit dirigé vers le nuage , ayant un angle au centre de Vt* V W^ et son sommet dans l'œil, l'espace annulaire compris entre tous ces cônes devra contenir tous les rayons visuels suivant la direction desquels l'œil recevra des rayons efficaces rouges ; ce qui donnera l'impression d'une bande rouge de 30' environ d'épaisseur; 30' étant la valeur moyenne de l'angle soutendu par le diamètre du soleil vu de la terre. Cette bande aurait encore une largeur sensible , lors même que le soleil se réduirait a un point , parce que la valeur de l change notablement pour les rayons d'une même teinte. On obtiendrait une bande violette en prenant pour angle au centre d'un des cènes dont nous venons de parler, Tangle de déviation 40** \T correspondant aux rayons violets , efficaces après une seule réflexion intérieure dans les gouttes d'eau. Les cinq bandes des autres couleurs principales du spectre solaire s'obtiendraient de la même manière. Toutes ces bandes se superposeront en partie, et occuperont ainsi une largeur totale de 1° 45' augmentée de 30', à cause du diamètre apparent du soleil.
Or l'observation a appris a Newton que Tordre des couleurs, les angles au centre des cAnes qui ont pour somme l'œil de l'observateur, et qui s'appuient sur les limites des bandes , enfin les largeurs de ces bandes elles-mêmes , sont précisément celles que nous venons d'indiquer pour Tare intérieur de l'arc-en-ciel. On doit donc conclure de cette vérification complète que Texplication qui vient d'être donnée de ce phénomène est la véritable, et que lare intérieur, on le plus vif en couleurs, est dû aux rayons réfractés dans les gouttes de ploie, devenus efficaces après une seule réflexion intérieure.
Soit maintenant n = 2, auquel cas les rayons incidents parallèles S«, S'f', se croisent d'abord après la réfraction à leur entrée Fio. 260. dans la goutte d'eau, deviennent parallèles après la 1'* réflexion intérieure, et se croisent de nouveau après la seconde, pour sortir enfin parallèles et efficaces; on aura :
COS. a = l/^^-l, COS. 4 = |V/^l:=-l, D = n — 6A-*.2a;
on en déduira: a^Tl^'SO'; ft=45<>27'; D = 50^50', pour les rayons rouges, et a = 71<>26'; 4 = 44«47'; D«=54*'0', pour les
THSKTfi-DBUXIBHB LSÇOK. 141
rayons violets. Ainsi j pour l'arc-en-ciel qui résulterait de ces nombres, la bande rouge serait en dedans, la bande violette en dehors, et Tare total occuperait une étendue de 3^10'. Ces dimensions et ces conséquences sont précisément celles que TobserTation indique pour l'arc e&lérieur, ou le plus pâle , que ]'on remarque dans le phénomène de Tarc-en-ciel.
On voit une quantité plus ou moins grande de Tarc-en-ciel , suivant la hauteur du soleil. Quand cet astre est prés de Thorizon , Tare est à peu près un demi cercle ; on en voit une portion d'autant moindre que le soleil est plus élevé ; lorsque son élévation est de 42® environ, l'arc intérieur n'existe pas, et l'on ne voit plus qu'une portion de l'arc extérieur ; enfin , lorsque le soleil est à 54® au-dessus de l'horizon , les deux arcs disparaissent. Pour voir plus d'un demi-cercle, ou même un cercle entier, il faudrait que l'observateur fût placé au sommet d'une montagne , que le soleil fût à l'horizon, 'OU même un peu au-dessous, et que le nuage qui se résout en pluie fût très-voisin de l'observateur.
La lumière de la lune peut aussi former un arc-en-ciel, mais dont les couleurs sont pâles et fauves. Dans le nord , on observe souvent en hiver un cercle complet , dont le soleil ou la lune occupe le centre , mais dont les couleurs ne se distinguent pas facilement ; ce phénomène , connu sous le nom de halos , est attribué à la lumière réfractée dans des cristaux de glace , ayant la forme d'aiguilles très- fines , qui sont suspendus dans l'atmosphère, et que l'on aperçoit même souvent a la surface de la terre. Le phénomène curieux des parhélies , dont la cause n'est pas encore bien connue , et dans lequel on distingue des arcs blancs et brillants , qui réunissent des disques figurant de faux soleils, ne saurait être attribué qu'à de la lumière réfléchie, peutrétre par les mêmes cristaux en aiguille qui produisent les halos, car l'absence des couleurs doit faire rejeter toute explication fondée sur la réfraction.
COURS DB PHTSIQUB.
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TRENTfi-TROISIÈME LEÇON.
De la Tision. — Description de l'œil. — Ajustement de Pœil. Distance de la vae distincte. — Défauts de TcDil Presbytisme et myopisme. — Angle Tisael; grandeur apparente. Angle optique ; estimation de la distance. Grandeur réelle. — Persistance des impressions sur la rétine ; applications de ce phénomène. — Images et couleurs accidentelles. — Auréoles accidentelles. Influence réciproque des couleurs voisines ; applications de ce phénomène. — Théorie générale des apparences accidentelles.
De la vi&ion.
Description (le Toei).
Fio. 281.
513. Pour étudier avec certitude les pbériotnènes lumineuxi il est indispensable de suivre la marche de la lumière dans Tocil, et d'analyser les sensations que fait nattre cet organe. Car les propriétés et les imperfections du sens de la vue peuvent donner lieu à des illusions, ou à de faux jugements, dont il importe de découvrir la cause pour les éviter. Userait impossible, en outre, de comprendre l'utilité des instruments d'optique, si l'on ne connaissait pas la constitution intérieure de l'œil, et les modifications éprouvées par les rayons lumineux qui le pénétrent. Telles sont les raisons puissantes qui forcent le physicien de s'occuper de la vision, quoiqu'elle paraisse appartenir spécialement à la physiologie. D'ailleurs l'œil est destiné à recevoir directement l'action de la lumière, pour la transmettre ensuite au nerf optique; or tout ce qui précède le système nerveux dans l'organisation est influencé par les agents extérieurs à la manière des corps inertes; nous devons donc suivre ces agents dans les organes intermédiaires, tant qu'ils obéissent uniquement aux lois ordinaires de la physique, pour ne les abandonner que là où le principe de la vie vient évidemment compliquer leurs effets.
514. L'œil est contenu dans une cavité qu'on nomme orbite. Son enveloppe de forme à peu près sphérique, est une membrane épaisse et fibreuse, d'un lissu ferme et serré, opaque dans sa plus grande partie, qui est postérieure et prend le nom de.scUroiiqué ou de cornée opaque, transparente au contraire vers sa partie antérieure qui a une courbure plus grande, et que l'on appelle cornée
TRBKTB-TROISlllII LIÇOIC. 143
transpareniê ^ ou simpleoient cornée. Deux membranes sont fixées au point où la sclérotique est liée à la cornée transparente. L*une de ces membranes est Yirts qui donne a Tœil sa couleur; elle est opaque, composée de fibres musculaires, orbiculaires et rayonnantes, et percée vers son centre d'une ouverture circulaire variable de grandeur, qui est la pupille ou la prunelle. La seconde membrane placée derrière Tiris est la couronne eiliaire^ dans laquelle est enchâssé un corps solide diaphane, de forme lenticulaire, appelé le crùiallin. Sur la face interne de la cornée opaque, est une membrane renfermant une matière colorante assez foncée , que l'on nomme la choroïde. Enfin , la partie médullaire du nerf optique, qui aboutit au fond de l'œil, s'épanouit en une dernière membrane, mince, blanchâtre et demi -transparente, qui s'applique sur la choroïde, et qui est appelée la réiine, La couronne ciliaire et le cristallin séparent l'intérieur de l'œil en deux chambres; dans la chambre aniérieure se trouve Vhumeur aqueuêCj dans la chambre postérieure Yhutneur vitrée. Le cristallin est composé de couches de densités difiérentes dont le pouvoir réfringent va en croisant de la circonférence au centre. On appelle fixe optique de l'œil la ligne suivant laquelle il dirige son axe de figure pour voir nettement les objets.
Voici quelles sont les dimensions moyennes des diflPérentes parties de l'œil humain :
millimètres.
Rayon de courbure de la cornée opaque de . . 10 à 11
Rayon de courbure de la cornée transparente . 7 à 8
Diamètre de riris II à 12
Diamètre de la prunelle 8 à 7
Épaisseur de la cornée transparente .... 1 » »
Distance de la pupille à la cornée 2 n »
Rayon cntérieur du cristallin 7 à 8
Rayon postérieur du cristallin iS à 6
Diamètre ou ouverture du cristallin .... 10 n »
Epaisseur du cristallin 5 » »
Longueur de l'axe de l'œil 22 à 24
On a mesuré avec soin les indices de réfraction des difi'érentes substances diaphanes comprises dans l'œil. L'indice principal relatif à l'eau étant 1,330, l'humeur aqueuse a pour indice moyen 1,337 ; l'enveloppe extérieure du cristallin 1,377, sa partie moyenne 1,379 , sa partie centrale 1,399; enfin l'humeur vitrée 1,339.
Marclie
de la lutnicre
dans l'œil.
Distance de
la vue
dialincle.
A justement de l'œil.
144 COURS DB PHTSIQUl.
615. La marche de la lumière datifi l'œil est analogue k celle qu'elle suit dans plusieurs lentilles réuflies. Quand un faisceau de rayons lumineux , partis d'un point extérieur situé sur Taxe optique, traverse la cornée transparente et pénétre dans rbumenr aqueuse, la divergence de ce faisceau diminue par cette première réfraction ; ceux des rayons qui passent à travers la pupille éproavent une nouvelle réfraction à la surface antérieure du cristallin, laquelle tend encore à la convergence ; enfin , lorsqu'ils sortent do cristallin pour entrer dans Thumeur vitrée dont le pouvoir réfringent est moindre, leur convergence est définitive, et si le point lumineux est suffisamment éloigné , les rayons transmis vont former une image réelle en un foyer situé sur la rétine, ou trés-présde cette membrAne.
L'expérience et le calcul prouvent que, lorsque le point sur lequel Tœil est fixé , est plaeé à une distance telle que la vision s'opère avec le moins d'efibrt, c'est que les faisceaux lumineux incidents ont précisément le degré de divergence nécessaire pour que leurs lieux de concours soient sur la rétine même. On a conclo de là que la sensation de la vue est due à l'impression que la lumière produit sur la rétine, lorsqu'elle s'y concentre en unmfime point , ou dans un très-petit espace. Cette analyse rapide de la marche des rayons lumineux dans l'œil, prouve que toutes les parties de cet organe se comportent à la manière des corps diaphanes inorganiques , à l'exception de la rétine qui fait partie du système
nerveux.
516. La distauce à laquelle un objet doit être placé, pour que l'œil voie avec moins d'efTorl, est une première limite appelée la distance de la vue diëtincte; mais lorsque l'objet s'éloigne au delà, la vue conserve encore assez de netteté, jusqu'à une certaine limite, passé laquelle la vue est confuse. L'espace qui sépare ces deux limites porte le nom de champ de la vision. La distance de la vue distincte varie d'un individu à l'autre , et souvent pour chaque individu d'un œil à l'autre ; elle est le plus généralement de trente centimètres; le champ de la vision présente des variations semblables. Les dimensions de l'œil étant connues, ainsi que les pouvoirs réfringents de ses diverses substances , le calcul indique que ks distances focales de deux points lumineux, situés aux deux limites du champ de la vision, diflërent de^ environ du diamètre de l'ccil.
517. Ainsi lorsque le point radieux se trouve à plus ou à moins de 30 centimètres, pour un œil ayant une vue ordinaire , son foyer est devant ou derrière la rétine. Dans les deux cas , le faisceau ré*
trevtji-'TaoisiIhb leçon. 145
fraclé se projette nir cette membrane suivant un petit cercle, et il but expliquer comment l'œil peut encore percevoir nettement la sensation du point lumineux. Or lorsqu'un objet est placé devant une lentille , et qu'on cherche son foyer conjugué en promenant un écran derrière le verre réfringent, l'expérience indique que l'image peut paraître encore nette, quand l'écran s'éloigne un peu en deçà ou au delà du foyer. Il est donc permis d'admettre que la rétine transmet au cerveau la sensation nette d'un point lumineux, non-seulement lorsque les rayons qu'elle a reçus sont tombés sur nn seul de ses points , mais encore lorsqu'ils se projettent dans un petit espace circulaire , dont le rayon ne dépasse pas une certaine limite; la sensation ne serait confuse que si cette limite était dépassée.
Plusieurs faits viennent à l'appui de cette explication : lorsqu'un œil bien constitué fait effort pour voir le plus nettement possible un objet placé plus près de l'œil que la distance de la vue distincte, on remarque que l'iris se dilate de manière à rétrécir l'ouverture de la prunelle; ce qui teud à diminuer le rayon du petit cercle projeté sur la rétine par le faisceau parti de chaque point de Tobjet. Lorsqu'un objet est presqu'en contact avec la cornée transparente, l'œil n'en éprouve qu'une sensation confuse, mais lorsqu'on interpose entre l'œil et l'objet une carte percée d'un petit trou, le faisceau correspondant à chaque point diminue de largeur, et Tobjet est encore vu nettement.
Cette propriété que possède l'œil de percevoir des images, également nettes, d'objets placés à des distances différentes, avait fait penser que l'œil pouvait modifier les courbures et les densités de ses différentes parties, de manière à ramener le foyer du point qu'il regardait, sur la rétine elle-même. On a cru, par exemple, que la cornée transparente change de courbure lorsque l'œil contemple successivement deux points , l'un très-voisin et l'autre trèséloigné ; mais l'image d'un objet , vu par réflexion sur cette cornée, conserve la même grandeur dans les denx circonstances; ce qui ne serait pas si la courbure changeait. D'ailleurs en plaçant devant l'œil un tube cylindrique, terminé par une lentille biconvexe et rempli d'eau , liquide dont le pouvoir réfringent est le même que celui de l'humeur aqueuse , l'œil conserve la propriété de voir éga-* lement des objets diversement éloignés ; ce qui indique l'inutilité de la variation de courbure de la cornée transparente.
On a cru aussi que le cristallin se gonfle ou se dilate vers son centre, à la manière des muscles, pour augmenter ou diminuer T. n. 10
14G COURS DE PHTSIQVB.
son pouToir réfringent et sa coarbure, de manière à faire converger les rayons émergents , en des points plus ou moins rapprochés. Mais celte similitude du cristallin avec la substance musculaire n'existe pas : car Télectricité qui traverse un muscle frais le contracte , tan* dis qu'elle ne fait éprouver aucune modiBcation au cristallin.
H. Lehot a émis une autre théorie de la vision j qui consiste i regarder les différentes parties de l'humeur vitrée , comme pouvant transmettre directement au cerveau les impressions qui y sont produites par la lumière qui converge vers chacune d'elles; les corps Y formeraient alors des images à trois dimensions, et Ion se rendrait compte facilement de la propriété, dont jouit l'œil, de percevoir des sensations nettes et distinctes , d'objets très-diversement éloignés. Mais outre la difficulté d'attribuer à l'humeur vitrée, vu sa nature et sa contexture, une sensibilité analogue à celle des nerfs, d'autres physiciens ont objecté à cette diéorie l'impossibilité qui existait, suivant eux, d'expliquer dans cette hypothèse l'illusion complète que produisent les peintures à fresque et en grisaille, les diorama , ou des tableaux parfaitement peints et convenablement éclairés , dont on cache les cadres.
Absence ^iS, La décomposition du cristallin par couches de densités
TanTiv?"' différentes, tend évidemment à diminuer l'aberration de sphéricité de ce corps lenticulaire ; car les rayons traversant les parties les plus voisines des bords , qui sont moins réfringentes que les parties centrales , tendent à concourir au même foyer que les rayons qui émergent près du centre. L'iris fait d'ailleurs fonction de diaphragme pour arrêter les rayons qui tomberaient sur le cristallin trop prés de ses bords ; sa position dans l'intérieur de l'œil rend même son effet plus avantageux que celui de^ diaphragmes plaoéa devant les lentilles des chambres obscures.
Les différentes réfractions qui s'opèrent dans l'œil ayant toutes lieu dans le même sens, cet organe ne saurait être achromatique. L'absence des bandes colorées dans les images, excepté dans des cas extrêmement particuliers, doit être attribuée au peu de largeur des faisceaux lumineux qui passent par l'ouverture de la prunelle et principalement à ce que la dislance focale de l'œil étant trèspetite, les rayons inégalement réfrangibles ne peuvent jamais être fort écartés l'un de l'autre.
Dcfauts <ie 519. Qn cmpIoic des verres biconvexes pour corriger l'altération de la vue appelée presbifiûmej due à raplatissement de la partie antérieure de l'œil ou du cristallin , et qui recule derrière la rétine le foyer des rayons partis d'un point placé a la distance de la vue
TBE9TE-TROISIBME LRCOlf.
Fia. 283.
distincte ordinaire. Le presbytismeesl commun chez les vieillards, à cause du dessèchement des organes que Tfige amène avec lui. Les lentilles biconvexes, en diminuant la divergence des rayons avant leur entrée dans Tœil , ramènent le foyer dont nous venons de parler sur la rétine elle-même.
On emploie au contraire des verres biconcaves pour remédier au défaut opposé , connu sous le nom de myapume ^ dû à une trop grande courbure de la partie antérieure de rœil , et qui fait con* Tergcr au-devant de la rétine les faisceaux partis des objets placés a la distance de la vue distincte ordinaire ; ce genre de lentille , en augmentant la divergence des rayons lumineux avant leur entrée dans Tceil , ramène le foyer de la vue distincte sur la rétine.
Maiâi les personnes qui font usage de lunettes ordinaires ne voient distinctement que les objets ne s'éloignaut pas trop de Taxe de la vision ; il y a incertitude pour les objets dont les rayons n'arrivent à Tœil qu'en traversant les bords des verres , où ils éprouvent une grande réfraction. Wollaston a imaginé , pour remédier à cet inconvénient, des verres lenticulaires qu'il a Jk^i^Xts pirùcopiqueê , et qui sont concaves vers Tœil et convexes du cAté opposé ; pour les presbytes le rayon de la partie concave doit remporter sur celui de la surface convexe ; Tinverse doit avoir lieu pour les myopes. La forme de ces verres est telle que les rayons, qui arrivent obliquement à Taxe de la vision, tombent encore à peu près normalement à leur surface convexe ; ce qui fait disparaître les grandes réfractions ayant lieu sur les bords des verres ordinaires.
520. L'image d'un objet sur la rétine est évidemment renversée par rapport à la position de l'objet lui-même. Nous jugeons cet objet droit par ta conscience des différents mouvements que nous sommes obligés d'imprimer aux axes optiques de nos yeux, pour regarder successivement les différentes parties de cet objet , en les abaissant de son sommet a sa partie inférieure. Le renversement des images au fond de la rétine, peut être constaté avec un œil de bœuf frais, dont on amincit la sclérotique ; en promenant devant cet œil une bougie , on voit distinctement par derrière une image renversée de la bougie. L'expérience est plus facile en se servant de l'œil d'uu lapin albinos , dont la sclérotique est transparente.
521. Lorsque nos deux yeux se fixent sur un même point, les sensaUon
, . j, . . unique pro-
deux images transmettent au cerveau la sensation d un point unique. duUe sur le» Cette unité de sensation doit être attribuée à l'habitude que nous ^"^ ^*""' avons acquise de rapporter à un même objet les deux impresstions faites sur les points correspondants des deux rétines ^ et en effet , si
Images sur la rétine.
FiG 283.
Angle visuel.
Grandear apparente.
Angle optique.
Ton presse légèrement le coin d*un des deux yeux ^ de manière à iiranger son axe optique, les deux images n'étant plus sur les parties habituellement correspondantes des deux rétines , le point regardé parait double.
622. Les lignes droites menées des extrémités d'un objet an milieu de la prunelle ; forment ce qu'on appelle VangU vistul. Les axes des deux faisceaux lumineux partis de ces extrémités, et réfractés à la sortie du cristallin pour entrer dans l'humeur vitrée, font un autre angle dont le sommet est vers le cristallin et dont la base est la grandeur de l'image sur la rétine. Ces deux angles ne sont pas égaux , ce qui fait que la grandeur de l'image sur la rétine , ou la véritable grandeur apparente , n'est pas réellement proportionnelleà la grandeur réelle pour une distance constante: maison peut admettre celte proportionnalité dans le plus grand nombre de cas, et prendre Taiigle visuel pour mesure de la grandeur apparente.
523. Lorsque les deux axes optiques sont fixés sur un même point , ils forment entre eux un angle connu sous le nom d'anyb optique, et qui est plus ou moins grand , suivant que le point considéré est plus ou moins voisin. La conscience du mouvement que nous imprimons à nos deux axes optiques , nous permet déjuger de la distance des objets sur lesquels nous les fixons ; mai^* lorsque ces objets sont très-éloignés, l'angle optique est trop petit et trop peu variable, pour que cette estimation puisse être exacte. Il résulte de là une imperfection de l'organe de la vue , quand il s'agit déjuger le véritable rapport des distances des objets éloignés ; celte imperfection est la cause d'un grand nombre d'illusions. Ainsi , une longue avenue, bordée de deux rangées d'arbres égaux en grandeur, nous parait se rétrécir au loin, et les arbres y semblent plus petits. Le plancher, le plafond, et les parois latérales d'une longue galerie semblent se rapprocher vers son extrémité la plus éloignée de nous. Une longue pièce d'eau, que nous rapportons au plan de niveau qui passe par nos yeux , semble se relever à l'horizon.' Enfin, une tour très-élevée, vue d'cn-bas et comparée à la verticale qui passe par un de nos yeux , lorsque nous en regardons le sommet, parait penchée vers le haut.
L'intensité plus ou moins grande de la lumière qui nous est envoyée d'un objet , et qui décroît , toutes choses égales d'ailleurs , t mesure que cet objet est plus éloigné , est aussi un des éléments de reslimation de la distance. Mais les changements qui surviennent dans l'atinosphére faisant varier beaucoup la quantité de lumière absorbée par l'air, dans un même trajet, cette base de nos jugements
TEBUTTE-TROISIEME I.EGOIC.
les rend souvent fort erronés. Lorsque des personnes, habituées à juger des distances dans des pays de plaines , et sous des latitudes où l'atmosphère est rarement exempte de brouillards et de courants , se trouvent transportées au milieu des montagnes ou près de réquateur, elles portent des jugements faux sur presque toutes les distances.
- 524. Le jugement que nous portons sur la grandeur réelle des objets, résulte d'une combinaison de la grandeur apparente et de Testimation de la distance. Les erreurs qui accompagnent souvent cette dernière estimation, produisent des illusions lors du jugement composé de la grandeur réelle; les objets que nous rapportons à une distance trop petite ou trop grande, nous paraissent plus grands ou plus petits qu'ils ne sont réellement. Ces illusions sont fréquentes pendant la nuit, lorsque l'obscurité empêche de distinguer le lieu réel des objets et leur position relative.
525. Un fait signalé par Ha riolte indique que toutes les parties de la rétine ne sont pas également sensibles à l'impression de la lumière. Si l'on colle sur un écran vertical noir deux petits cercles de papier blanc, au même niveau et à un pied dedistnnce l'un de l'autre, et si fermant l'œil gauche on s'éloigne de l'écran , en fixant normalement l'œil droit sur le cercle de gauche , à 4 pieds i de distance le cercle de droite , qu'on n'avait pas cessé de voir jusquelà , disparaît complètement , et reparait lorsque l'on s'éloigne encore. Le lieu où se projette l'image qui disparait , cor.vespond sur la rétine à l'origine du nerf optique.
526. La sensation produite par la lumière sur la rétine a une durée appréciable, comme le prouve l'arc lumineux que l'on aperçoit , quand on fait tourner rapidement devant l'œil un charbon ardent, attaché à l'extrémité d'une fronde. Il résulte évidemment de cette apparence qne l'impression produite par le charbon, lorsqu'il occupe une certaine position , dure encore quelque temps après que cette position est dépassée. Cette persistance explique un grand nombre d'illusions du même genre, telles que l'augmentation du volume apparent d'une corde sonore en vibration , la disparition des rais d'une roue qui tourne avec rapidité, la traînée lumineuse qui accompagne la chute d'un météore, etc. On peut encore constater cette persistance en fixant les yeux sur un corps lumineux ou trcséclairé , et les fermant ensuite subitement ; presque toujours l'image de l'objet snbsiste encore quelque temps sans modification ; mais à cette image succède le plus souvent, et avec beaucoup de rapidité, l'apparence d'une image toute difTérenlc, et qui appar-
Grandeur réelle.