II
/T VA, V ëtant
doniiié par la formule (a), et T représentant ]e temps écoulé depuis le moment où la couche X a commencé à se mou-
voir; on déduit de cette équation : &s=3— = / — - dt\ mais la fonction Y (2) vérifie l'équation aux différences partielles X -3 — j- t -y- = 0, et puisque X = ar, on en conclut -7— = T- > et enfin , 0 =
dx a dl a
D'après cette relation , les couches d'air comprises entre 0 et X'', qpi ont toutes des vitesses négatives» sont actuellement diklées^ et la valeur absolue de la dilatation pour chaque couche est proportionnelle à la vitesse dont elle est maintenant animée. Au contraire, la masse d'air entre X-^'et X' est aotueUenient condensée , et chacune de ses couches a une densité d'aittant plus grande qu'elle se meut plus vite. Et par exemple, les couchesd'air en 0, X'^ X', ontla même densité que lors du repos, la couche en J est à son maximum de condensation, celle en P à son maximum de dilatation. Oa voit anisi que la courbe OJ' X'' JX' peut représenter indifféremment, par ses ordonnées, ou la loi de succession des vitesses , oucelle des changements de densité , et qu'une onde entière étant partagée en deux parties , la première peut être, appelée demi-onde condensante, la seconde demi-onde dilatante. L'une correspond précisément aux vitesses positives, l'autre aux vitesses négatives.
Ondes 4^- On passe £icilement de la théorie ^n mouv^ouent
sphériques. ^ ondes sottores daûs un cylindre, à celle de leur mou* vement dans toutes les directions autour d'un point , centre d'ébranlement où l'on peut supposer qu'une petite
YUIGT-SIXIÈICE LEÇOSr. 35
sphère gazeuse soit altemalivement condensée et dilatée. D suffit de remarquer qu^alors, en vertu de la loi énoncée sur la yitesse de propagation, Faraplitude seule des oscilla* tions Ta en diminuant » à mesure que Ton considère sur un même rayon des couches d*air de plus en plus éloignées du centre *, mais que Tordre , la succession et les rapports d*étendue des ébranlements successivement communiqués à iMie même couche, ne doivent pas changer. D^où il suit que la longueur d'ondulation, ou la largeur de Tonde ^ sera encore la même *, seulement pour se représenter géométriquement le mouvement général de Tair sur un même rayon sonore, il faudra imaginer, qu'en même temps que la portion de courbe OJ' X" JX' glisse sur ce rayon avec la vitesse uniforme a, et que sa base OX"X' conserve toujours la même grandeur, ses ordonnées, qui représentent les vitesses des couches d'air qu elles traversent, vont en dimi* nuaAt à mesure qu'elles s'éloignent, proportionnellement à la distance qu'elles parcourent.
La loi des viteàses pourra être représentée analytiquement par la formule (a), en divisant le second membre par X, En effet, lorsqu'un son, produit en un point d'une masse d*air, se propage dans toutes les directions, lii vitesse propre de chaque partie de cette masse , à une même époque de son mouvement vibratoire, est d'antanèt plus petite que sa distance x au centre d'ébranlement est plus grande ;
car la force vive f ], corresponde te à chaque ébra4e-
ment, doit rester constante, lorsque cet ébranlement, se propageant de couche en couche , laisse en lepos celle qui le transmet; or la masse d'air totale de la couche située à une distance x, actuellement animée de la vitesse V tandis
que tout le reste du fluide est en repos , est proportionnelle au carré x* *, le produit a?* Y' doit donc être constant*, V doit donc être en raison inverse de x. ^' ^tJ^" 4o5. Le rapport des intensités d'un même son, à deux •on. distances différenli^ du corps sonore , doit être celui des forces vives qui seraient communiquées à une même masse d*air, considérée successivement à ces deux distances, par la propagation d'un même ébranlement élémentaire -, il est donc égal au rapport des carrés des vitesses propres qui correspondent à cet ébranlement, ou au rapport inverse des carrés des distances. Ainsi l'intensité du son doit décroître en raison inverse du carré de la distance au corps so* nore. Cette loi de la diminution d'intensité se démontre de la même manière pour la propagation des ondes en général , quelle que soit la nature du milieu élastique qui les transmet, et quelle que soit la direction du mouvement vibratoire communiqué , relativement à celle que suit la propagation*, elle a donc lieu pareillement pour la lumière qui , comme nous le verrons , doit être attribuée à des ondes analogues aux ondes sonores. On peut vérifier par l'expérience que l'intensité de la lumière suit effectivement cette loi de décroissement, mais la même vérification serait difficile à faire pour le sen.
Direction du 4^6 • M. Poissou a démontré que tout ébranlement prooscillatoire °"'^ ®^ ^^ pomt d Une masse gazeuse , quelle que soit sa d" *m?oÎm" ^^'^*^° ' ®® propage en onde sphérique suivant les lois qui viennent d'être développées *, c'eât-à-dire qu'à partir d'une distance finie et très petite de Torigine du mouvement , les molécules du gaz se meuvent suivant les rayons mjSmes des ondes. D'où il suit que , lors de la propagation dû son, les masses d'air atteintes par le mouvement vibra-
VINOT-SIXIÀMB LEÇON. ij
tqîre sont toii)Oun alteniatiyeinent condensées et dilatées.
4^7. La longueur d'une demi-ondulation ( X ) est inti- Loogoeun
, cTondula-
mement liée avec la durée r d'une demi-vibration du corps tion. sonore , puisque leur rapport est constamment a , ou la vitesse de propagation du son dans Tair. Cette relation X s=3 ax peut servir à déterminer Tune des trois quantités X, T, a y lorsque les deux antres sont connues*. Les sons étani d'autant plus graves ou plu4 aigus que r est plus grand on plus petit , X est plus grand pour les sons graves 9 plus court popr les sops aigus.
408. Telle est la théorie d^ ondes sonores. Un tuyau Ç^f*??*^
^ •'de ▼erlnca-
de lOQO mètres environ de longueur, composé de cylindres ^^^^^ creux en fonte réunis par des rondelles de plomb , qui devait secvir à conduire les eaux dans Tintéiieur de Paris , donna à M. Biot Toccasion de vérifier plusieurs conséquences de cette théorie. Un son produit à Torifice du tuyau, et se propageant suivant son axe , ne déviait pas diminuer sensiblemeat d'intensité, puisque les dimensions transversales des couches successivement ébranlées étaient partout les mêmes. Eu effet, lorsqu'une personne parlait à Torifice, m|6me assez bas, elle était entendue à l'autre extrémité, quoique le tuyau ne fitit pas rectiligne , et que son déyeloppementfùt de près d'un quart de lieue. La théorie indique que les sons graves ou aigus doivent employer le. même temps à se propager dans l'air, pm'sque la vitesse de propagation du son est indépendante, de 3a hauteur. L'expérience a con^mé cç.tte Ipi générale -, car en faisant jouer un «dr de musique par un instrument à Tune des extrémités du tuyau de conduite., il était entendu à l'autre extrémité sans aucune altération , ce qui exigeait que les différents sons pussent conservé en se propageant les mêmes intervalles de
temps qui les séparaient à rorigine , sans quoi k mesure eût été altérée , et le chant dénaturé. Mesure 4og. On a entrepris plusieurs fois de déterminer par Tex- TitetBe du périence la vitesse réelle du son. L'opération la plus exacte est celle qui fiit faite dans les enrirons de Paris , entre Montlhéry et Montmartre. Un canon était tiré à Tune des stations^ et Ton comptait à l'autre le^emps qui s^écoulait entre Tapparition de la lumière et Tinstant où le brcdt se faisait entendre. Le temps que met la lumière pour se transmettre à quelques lieues étant tout-à-fait inappréciable, il suffisait de diviser la distance connue des deux stations, par le nombre de secondes écoulées entre la lumière reçue et le son transmis , pour avoir la vitesse de propagation cherchée. Ces expériences furent faites la nuit afin d'apercevoir plus facilement le signal , et pour que le bruit ne fÙt pas affaibli par des sons étrangers.
Le vent qui entraîne la masse d'air dans laquelle l'onde se propage doit ralentir ou augmenter la vitesse du son , suivant qu'il se dirige en sens contraire ou dans le même sens. Cette cause d^erreur peut être écartée en croisant les feux dans des temps très rapprochés, et en prenant la moyenne des deux observations consécutives *, car le son se .propageant dantf deux directions opposées, sa vitesse devra être autant diminuée dans un sens par le vent existant, qu'elle sera augmentée dans l'autre sens.
Le nombre auquel on est généralement parvenu , dans toutes les ex|>ériencesde cette nature, est celui de 333 rrtètrès par seconde sexagésimale , k la température de o^. A une température difierenté cette vitesse varie •, la théorie indiquait cette variation , puisqu'a densité égale TélàsËcité de l'air est d'autant plus grande que la température est
VIHGT-SIXIÈMS LSÇOR. Sq
plus élevée \ cette élastieité supposée i à o^> deveoaot i-f-a;à«% f a = -g- j y on devait trouver pour la vitesse
de propagation du son à la température £, . . • y
azsz'iZ'il^ y i'\'OLtjfSi\B, théorie était exacte. Cette der- 1
nièrc {bmuile a été vérifiée par plusieurs observations s'étendant entre — - ^S^, et 27 ou 3o* au-dessas de zéro.
4<o. Mais pour que le résultat de la théorie fut com* Correction
plétemen t vérifié, il fiiUait comparer la valeur numérique de ^ dû sôn"'^
la vitesse de propagation du son , donnée par ce résultat, à ^^<^"i^*
celle déduite de Fohservation. La formule a == \/^ P^^t
être mise sous une forme plus commode. Soient u le poids de runité de volume du gaz dans lequel le son se propage , g rintensité de la pesanteur ou le poids de l'unité de masse , et A la hauteur d'ime colonne du gaz proposé ayant pour base Kani téde surface, dont la densité seraitpartou t la même, et qui exercerait par son poids sur sa base une pression
égale k e. On aura évidemment ij:=3— , e=:At9, etla vî-
tesK de propagation déduite de raBi|||^ de^nt a =.|/ gh \
ç*estra-dire qu'elle doit être la même que ceUe acquise par
h OD corps pesant tombé dana le vide de la hauteur ~.
La hauteur barométrique qui fait équilibre à la pression ^e Tatmo^phêre étant moyennement o"*^76, on aura ]« valeur numérique de A, d'après sa définition, en multipliant o^'^^ô par le rapport connu 10466 de la densité du mercure i celle de Fair*, on a en outre ^ss^,8o88', on
trouvera «km as» l/^&»a379"',3 -, et en ayant jdgard à la
variation de la température, as33»^gr,B V^ i •4*«^« Ce
4o COURS DE PUY51QUE.
résultat diffère beaucoup de celui donne par Tobservatioii directe qui est a xsSSS" V^ i + af.
Cette diiFérence ^ entre la vitesse de propagation du son calculée et celle obtenue par des expériences directes^ était connue depuis long-temps -, on avait répété les expérienceft dans différents pays *, en multipliant les précautions qu'on jugeait nécessaires » on avait toujours obtenu à peiF près le même nombre 333"*. La différence dont il s*agit devait donc tenir à quelque circonstance importante du phénomène, négligée dans le calcul. G*est Laplace qui assigna la vëiâtable cause de ce désaccord entre Tanalyse et Tobservation.
Lorsqu^un £luide,élastlque est comprimé ou dilaté » il y a variation de température. Laplace pensa d'après cela que, lors de la propagation du son, les variations brusques de densité des couches d'air ébranlées devaient être accompagnées de variations de température , qui pouvaient augmenter le rapport de V^Iasticité à la densité de Tair-, il trouva que pour tenir compte de cette cause il fallait mul-
tiplier e , dans 'a fjfcftiule a = i/ ^ , par le rapport -7
du calorique spécifique sous pression constante c , a 'celui sous volume constant c', du gaz dans lequel le son se propageait; en sorte quje la formule corrigée devait être
Une expérience de M. Clément^ que nous avons dé-
crite (S 347) , donne pour le rapport -r, le nombre i ,375.;
mais ce résultat doit être considéré comme trop faible , parce que y dans Texpérienee ^itée , il, y a des pert)» de
YUIGT-SntÈME LEÇOn. 4^
chalear par les enveloppes^ qu'il n'est pas possible d'éva- Iner. Si Ton adopte ce noifth^e, dont la racine carrëe est à peu prés I9 1 72 » 01^ trouve pour la vitesse de propagation dn son y déduite du calcul et eonigëe ,....;
ii=s 31I981 V^ i^^t* Ce résultat est encore plus faible que celui donné par l'observation ; il fau.t prendre
-, = lyipS^ ou -T = 194^' P^"'' obtenir une formule
vérifiabJe. Or.la différence des deux nombres z^4' ®^ ^9^7^ pouvant ^tre attribuée à l'imperfection de toute eifpérience de mén^ nature que celle faite par M. Clément» on doit regarder la formule de Newton > con^gée par Laplace, comme Raccordant avec l'observiltioja.
M. Biot a imaginé une expérif&nce pour proi^ver qu il y a développement de chaleur lois^ de la propagation du son dans un fluide élastique. Quand un espace es|^ satu^^é de vapeur, la nioindre diminution du voli^me, sans qiugmen- Ution de température 9 doit produire une liquéfaction*, d'i^près cela , lorsque le son tend \ se propager d^mi <Ui «Bpace saturé de vapeur^ cette propagation ne povivant avoir lieu sans qu'il j ait d'abord condensf^tion d^ns 1^ première couche ébranlée, cette condensatioix donnerait lieu à une liqué&ction d un dégagement de chaleur n« V^^^^^Pi^^pagnaît pas,, et elle ne serait pa^ suivie d'une dilatation, en sprte que Téhranlement ne serait pas communiqué à la couche suivante^ il s'ensuivrait qi^e le son ne pourrait pas se propager dans la vapeur à saturation. Si cependant lors de ces circonstance^ il. 7 a 3on transmis , on devrai en çonçbire que la condensation brusque d'une couche de vapeur, dans la propagation du son , est accompagnée d'un dégagement de chaleur qui s'oppose à la liquéfaction. Ox
4a COtmS DE PHYSIQUE.
c'est ce qui a Heu en effet *, car si Ton prend un ballon vide d*air^ au milieu duquel une petite clochette, suspendue par un cordon peu élastique, ne fait entendre attcun son lok^squ'on T'agite^ le son est transmis aussitôt qa*on met Tintérieur du ballon en communication avec de l'éllier qui le rempUt de Tapeur.
Onâm iii. Lorsque les ondes sonores qui se propairent dans un
gUm. fluide élastique rencontrent un obstacle fixe, ou une surface de- séparation entre ce fluide et un autre milieu de densité différente > il y a réflexion cottime pour la lumière ; c'est-à-dire que des ondes réfléchies se propagent dans le gaz en s'éloignant de Tobstacle. Si Ton convient d'appder rayon sonore une droite quelconque partant du centre d'âbiBuleraent, et suivant laquelle le son se propage^ la loi de la réflexion du son , déduite du calcul , peut s'énoncer en disant qu'un rayon sonore se brise à la surface réflécltiasante» de telle manière que le rayon réfléchi et le rayon incident sont situés dans un même plan perpendiculaire à l'obstacle , et font avec la normale deux ai^ès égaux . Cette Idi de la réflexion du son est ainsi la même que celle de la réflexion de la chaleur et de la lumière.
Le fiiit de la réflexion du son est manifeMé par les échos. Il y a des échos multiples qui dépendent de plusieurs obstacles tellement disposés que , par les"^ réflexions succesrives qui s'spèrent à leur surface , ils renvoient à roreille lé même son , h des époques diflfôi^ented et avec des intensités décroissantes. L'expérience prouve que Foreillene (ieut distinguer que dix sons par seconde , 6u iqu'eUe ne peut percevoir distinctement la succession de deux sons séparés -par un Intervalle de temps moindre que ^i ^^ seconde •, dr le son paroourt 339 mètres par i", deux^
YIBGT -SIXIÈME LEÇOH. 4^
sons successifs ne peuvent donc être distingués que s'ils se propagent à 33"", 3 au moins de distance Tun de Tautre \ diaprés cela , un observateur c[ui produit un son en face d*un obstacle plan pouvant donner lieu à un écho , doit être au moins placé à i6™^5 de cet obstacle. On conçoit facilement que plusieurs obstacles , tels par exemple que deux plans solides ou deux murs parallèles, distants de plus de SS'^ySy puissent donner lieu à un écho multiple, pour un observateur placé au milieu de Tespace qui les sépare*
Il j a des surfaces courbes qui , par les réflexions qu'elles occasionnent, font concourir en un même point les rajons sonores partis d^un autre point. Dans une des salles du Conservatoire des Arts et Métiers, un observateur placé ï Yun des angles entend des paroles prononcées k voix basse à l'angle opposé, tandis qu'une personne placée an milieu ne peut les distinguer; la forme de la voûte est la cause de ce phénomène. On conçoit que si la surface est celle d'un ellipsoïde de révolution , le son produit à Tun des foyers doit être entendu plus distinctement à l'autre foyer qu'en tout autre point.
4 1 2* Le porte-voix consiste en un cône métallique vers F!i>rte-Toix. le sommet duquel est une embouchure , et qui présente k son autre extrémité une partie plus évasée que le reste do cAne, à laquelle on donne le nom àepaintlon. L'aYatitage de cette dernière disposition a été indiqué par TexpérféDce; mais la théorie n'en connaît pas la cause. Quant à TntfKté du cdne pour favoriser la propagation du son dans nue certaine direction , en augmentant son intensité , il est Sicile de la concevoir*, car les réflexions du son produit a Femboucbure ^ opérées par tes parois intérieures , forcent les rayons sonores à faire des angles de plus en plus petits
44 G(HIB8 DE PHYSIQUE.
avec i^axe de rinstrument. Op peut s^en convaiocre en par— ^> ifl9* tant de la loi connue de la réflexion. S.oient ÂB Taxe du cône 9 CD unç des arêtes de la paroi conique , ha un rayon «onore incident, àR le rayon réfléchi correspondant, b^ab une parallèle à AB^ on aura Tangle aBR=:Bai=3 iBaD-j* DflJ, et aRB=Ra4'=:BaD— DaJ, d'oùaBR=aRB-fl vîDab -, ainsj, à chaque ré^exion sur la paroi intérieure du porte-voix , le rayon réfléchi fait avec Taxe un angle plus petit que le rayon incident, et la différence est ^ale à Tangle au sommet du cdne.
Propagation 4i^.- Jusqu*ici nous avoDS supposé que le fluide iqter-
du ion /i** • • «.1 »t .• 1
dans les aoli- mjédiaire qui communiquait les yibrations du corps sonore l^uldM? ^ l'organe de Touïe était gazeux *, mais les corps solides et liquides , dont l'élasticité est démontrée par toutes les expériences que Yçn a &ites pour constater leur compressibilité , doivent pouvoir aussi transmettre les sons. L'expérience confirme cette prévision : les personnes qui plongent sous Teau entendent les sons produits dans l'air au-dessus de la surface du liquide. Si l'on place l'oreille à Textrémité d'une poutre qui est légèrement frappée à Tau-tce bout , on distingue facilement le son transmis par le bois. M. Bipt s'est proposé de détenniner la vitesse de propagation du son dans l'enveloppe isolide du tuyau de conduite dont nous ayons parlé pl^s haut (§ 4^^) \ un appareil produisant un son fi^t disposé à Torifice , et l'on entendit à l'autre bout du tuyau deux sons distincts : Tun était transmis par la masse d'air intérieur, et l'autre, qui arrivait beaucoup plus, vite , était communiqué par Tenveloppe en fonte. M. Biot a conclu de cette expérience que le son se propage dix fois et demie plus vite dans la fonte que daiui l'air *, mais ce résultat présente quelque incerti^
YINGT^SIXlkME LKÇOH. 4^
tnde 9 à cause des solutions de contiiitiitrfdaos TeiiTeloppe, proyenant des rondelles de plomb qoi réunissaient ses différentes parties.
M. Poisson a trouYé pat Fanalyse , une relation très simple entre la vitesse de propagation du son (a) dans une lame, et le nombre (n) de vibrations longitudinales qu^elle
cxëcute dans i^unité de temps ; cette relation est a =s — ,
/ étant la longueur de la lame. Le nombre n pouvant être détei^iné par reipërience, cette formule donne Je moyen de connaitre a. On doit à Laplace une formule plus générale^ qui donne la vitesse de propagation du son dans les
Ii<]uides et les solides. Cette formule est a =3 i/--, â^ est
Imtensitë de la pesanteur, e la quantité dont s'allonge ou se raccourcit une colonne du corps > ayant pour hauteur Fonité de longueur^ sous Tinfluence d'une traction on pression égale an "poids de cette colonne. En substituant dans cette formule des nombres connus pour g^ e, on aura ainsi la vitesse de propagation du son dans tous les corps dont on connaît le coefficient de compressibilité. Pour Teau, on trouve a = 14^8", ce qui indiquerait que le son se propage quatre Cois et demie plus vite dans Veau que dans Taîrl
4i4» Ce dernier résultat a été confirmé par une expé- Mature dirience directe que MM. Golladon et Sturm ont faite peu- Titewe dant une nuit sur le lac de Genève, en produisant un son dam Peau. à une des extrémités du lac , et comptant le temps qu'il mettait à parvenir, par sa propagation dans Feau, à une ^listance de préside quatre lieues. Le son était produit au moyen d'une cloche assez forte suspendue à un bateau, et
46 COURS DB PHTftIQUS.
qm plongeait dans Feau. Un leyier coudé vtoait mettre le feu à un amaa de poudre, au moment même où un marteau^ mobile avec ce levier^ tombait sur la cloche; on avait ainsi un signal lumineux qui indiquait Tiostant de départ du son.
La difficulté de rcspërience consistait principalement à rendre le son » transmis par Teau, appréciable à la distance considérable où on voulait le percevoir ; on s'est servi à cet effet d*un tuyau de tôle, cylindrique et creux, qui était fermé, à Texception d*une petite ouverture. ménagée, v^rs Pi6. aoo. ^® ^^^^ ^^ contre laquelle on appliquait Toreille j la paroi du tuyau était disposée » sur un des côtés et vers le bas , en plaque circulaire que Ton dirigeait perpendiculairement à la direction des rayons sonores^ et à laquelle on avait donné une grande surface. Cet appareil étant immergé, leis ébranlements commoniqués à la plaque par les vibrations de Feau se transmettaient à Tair du tuyau , et Ton entendait diatincteipent le son produit à près de quatre lieues de distance. C'est ainsi que BAM. Sturm et Golladon ont trouvé, pour la vitesse du son dans Veau, le nombre i435% résultat que Ton peut regarder comme identique aveé celui déduit de la formule de Laplace.
Tni«T-8EPTISMg LIÇOK. 4?
»%»<W»%»<»^/»M>WIW^^»^
De la tenaalion du son. — Organe de Vaaïe» — Senaaûaa des ac* cords. — Mesure des sodb* ^- Sons harmoniques. — Échelle musicale. — Tons et demi-tons. — Tempérament.
4 1 5 • Après ayoir constaté que le son est dû aux Tibra* Sw la tentations d'an corps élastique , qu'il se propage par la comma* du ton. nication da monvement ^«Aratoire à Tair on à d'antres mi*
Keair pondérables y il importe » pour compléter Tétade de ce phénomène, de décrire Torgane qui le perçoit, et d'*analyser les sensations qu'il produit. Cette partie de Taconstique y ainsi définie, paraît appartenir plntâtà la physiologie qa'à la physique *, il en est de même de la TÎsion , qui comprend la description de Toeil et l'analyse des sensations perçues par cet organe. Û ne sera peuC-étre pas inutile de } JQstifijer ici , par quelques réflexions , ces empiétements op» parents de la Physique sur le domaine d'une autre science. Toutes nos sensations paraissent dues à certaines actions que les ner& reçoitent des agents inorganiques -, mais près** <]Qe tot:^oars ces actions ne sont transmises an systène nervenx, que par des appareils d'une coatextore.tris diffàente, et qui, étant en rapport direct arec les agentsexté^ rieurs , ont nécessairement des propriétés physiqaes appfo-priées à la seule influence que ces agents doivent exeroar.
Ces appareils 9 tout organiques qu'ils soient, doivent dooc se conduire^ se mouvoir de la méoaie manière que les sul>s— tances inorganiques , capables d'ëprouver Teffet des causes naturelles qu'il s'agit de rendre sensibles. Sous ce point de vue rétude des propriétés de ces oi^anes intermédiaires appartient à la Physique-, et cette science ne doit arrêter ses investigations que là où le système nefveuxcommence à paraître.
D'ailleurs si Ton enlevait «au physicien la faculté de faire des excursions sur les limites de l'organisme , on le priverait d'un moyen puissant de découvrir ou de vérifier les lois et les propriétés des agents naturels -, car les organes intermédiaires , destinés à mettre les corps vivants en rapport avec le monde extérieur^ remplissent ce but avec une perfection qu'il serait difficile de il^iser*, et souvent ce qu^il y a de mieux à faire^ pour construire un appareil dont l'objet est de régulariser ou de concentrer les effets d*un ^gent physique , c'est d'imiter le plus possible l'appareil analogue qui se présente dans la nature.
Sans doute l'analyse des sensations» et celle des jugements qu'elles nous font porter, sont étrangères à la Physique proprement dite -, mais si l'on considère que nos sens entrent toujouim pour quelque chose dans le travail de la plupart des expériences , qu'ils y jouentsouveut un râle indispensable , comme moyen de mesure et de comparaison» on reconnaît la nécessité d'entrer dans quelques détails sur leurs propriétés , tant pour régulariser leur emploi » que pour estimer l'exactitude des résultats qu'ils fournissent. D'ailleurs si l'expérience constate des relations très simples, entre la nature des sensations et les effets immédiats des causes extérieures qui les font naître , il suffira de rétablir
les sensations pour être ce^iri de Texistence des effets cor* respondants'y on aura ainsi iln nfbyen simple de reprodoire, d^analyser ces effets , et par suite d'étudier les lois qui les régissent.
4^6. Uorgane de Touie, chez l'homme, prëseâte d'à- Description bord un canal ouTert à Textérieur, appelé conduit auditif» Les parois de ce canal , formées par une membrane épaisse, se replient , se contournent en s'épanouissant yen Torifice^ et forment ainsi' lepauillon, qui parait destiné à ^
concentrer les ondes , ou à diriger les rayons sonores^ par une suite de réflexions , parallèlement à Taxe de la partie plus profonde, qui est à peu près cylindri^e. Il est à croire aussi que les parois du pavillon partagent ellesmêmes les vibrations transiiiises par Tair , et que la variété d'inclinaison des différents éléments de sa surface, a pour but d'en offiîr toujours plusieurs dans une direction normale à celle des rayons sonores, telle qu'elle soit. Les vibrations de ces éléments particuliers, excitées ainsi dans les circonstances les plus favorables, peuvent être ensuite communiquées, par les cartilages qui les avoisinent , aux autres parties de l'oreille externe*^ leur direction subissant dans ce trajet des modifications convenables.
Le conduit auditif se termine obliquement par une membrane mince et très élastique, connue sous le nom de membrane du tympan. Deixiére cette membrane se trouve une cavité osseuse, remplie d'air, appelée la ca/>5e du tympan^ et qui communique avec l'arriére-bouche par un petit canal nommé la trompe d'Eustache. La position et la nature de la membrane du tympan^ l'équilibre de pression de l'air ^ur ses deux faces, sans cesse rétabli par la trompe d'Ëustache , font penser que cette membrane vi-