PHÉNOMÈNE DE HALL
elle-même, mais sur le conducteur du courant. Toutefois une expérience célèbre, exécutée par M. HaU (*), établit que, dans un champ magnétique, un courant a aussi une tendance à se déplacer par rapport aux molécules matérielles du conducteur qui en est le siège. Voici en quoi consiste cette expérience :
On taille dans une feuille métallique très mince, par exemple une feuille d'or mm qu'on colle sur une glace de verre gg (fig- 227), une croix dont une branche mm est intercalée dans
Fig. 227.
le trajet d'un courant. L'autre branche nn de la croix appartient au circuit d'un galvanomètre que l'on amène exactement au zéro en déplaçant convenablement les points d'attache n, n jusqu'à ce qu'ils se trouvent sur une même ligne équipotentielle. Si l'on vient alors à produire dans la région AB un champ magnétique puissant dont les lignes de force électromagnétiques soient dirigées suivant nn, l'aiguille du galvanomètre présente aussi une dénexion permanente qui, dans le cas d'une feuille d'or, est dirigée en sens inverse de l'action électromagnétique. Par exemple, dans lay?^. 228, S représente le pôle sud d'un électro-aimant : si la feuille d'or est hori-
(•) Hall, American Journal of Mathematics, l. II, 1879, et Philosophical Magazine, 5* série, t. IX, p. 226. Analysé dans le Journal de Phytiquty \^ série, t. IX, p. 289. — American Journal of Science, t. XX, p. 161, et Philoêophical Magazine, 5* série, t. X, p. 3oi. Analysé dans le Journal de Physique, i~ série, t. X, p. i32. — Philosophical Magazine, h* série, t. XIX, p. 219. — American Journal of Science, t. XXXVI, p. i3i «t 277, et Journal de Physique, 2* série, t. VIII, p. 239. — 1880-1888.
zonlale (traits pointillés ), il n'y a pas de courant dans le circuit du galvanomètre ; mais, si elle est verticale (traits pleins), le courant est dirigé comme l'indiquent les flèches, c'està-dire de haut en bas pour un courant principal dirigé d'a^ rière en avant; c'est bien le sens inverse de Taction électramagnétique.
L'argent, le platine, l'étain se comportent comme l'or; mais, dans le cas du fer, le courant secondaire est dirigé dans le seai de l'action électromagnétique.
M. Hall attribue le phénomène qu'il a observé k une force électromotrice spéciale, développée dans le champ magnétique. Soient F l'intensité magnétique du champ, i Finteuité
Fig. aaS.
du courant principal, / la largeur de la feuille mélallique, a son épaisseur; enfin soit Ëla force éiectromotrice invoquée par M. Hall; rexpéricnce montre que, pour un même métal, on a
Ert
- = const.
Si Ton pose
£' est la force électromotrice par centimètre de largeur, (