BOUGIES ÉLECTRIQUES
charbons est régulier. Le déplacement du barreau est rendu gras par une petite pompe à air, afin d'éviter les oscillations. Enfin, dans un grand nombre d'appareils, les charbons sont immobiles, mais périodiquement rapprochés par suite de Tinterruption d'un circuit dérivé : celle-ci a lieu à des époques* fixes suffisamment voisines pour éviter que la chute de potentiel entre les charbons varie dans des limites trop larges.
Fig. 55.
A chaque interruption du circuit dérivé, les charbons sont amenés au contact, puis ramenés à une distance invariable. Ce double mouvement est si rapide que l'œil n'en est pas impressionné (régulateur Brokie).
Des dispositions spéciales sont prises pour éliminer du circuit toute lampe qui s'éteint et pour fournir en même temps un signal qui prévienne de son extinction.
BOV0IE8ÉLEGTBI(llUE8. — Dans tous les systèmes qui précèdent, chaque lampe est munie d'un appareil de réglage plus ou moins coûteux. On peut avoir recours à des dispositions plus simples, dont la première en date a été imaginée par M. JablocbkoiT.
La bougie électrique de M. Jablochkoff {Jig> 56) se réduit essentiellement à deux tiges minces de charbon a et 6 pénétrant à leur partie inférieure dans des gaines de laiton et isolées Tune de l'autre par une couche de plâtre. Les extrémités su-
J. et B., IV, 4*« Applications, (4* éd., 1891.) 9
i3o* APPLICATIONS DE L'ÉLECTRICITÉ.
périeures des dcu\ tiges sont réunies Tune à l'autre par une petite plaque de graphite c que le courant rougit d'abord et fond ensuite; l'arc électrique jaillit alors entre les deux pointes. A n)esure que le charbon s*use, le plâtre est fondu parla chaleur de l'arc, et la bougie se consume peu à peu comme une
Fi g. 56.
bougie ordinaire, ce qui a fait donner son nom à Tappareil. Il y a avantage à alimenter les bougies Jablochkoff par une macliino dynaino-électrique à courants altcrnalifs, car les deux charbons, servant alors allemalivcmenl d'électrodes positive et négative, s'usent également.
LAMPE ÉLEGTRiaïïE DE JAMIN. — Au lieu de séparer les charbons parallèles AB, CI) par une niatière isolante, Jamin les disposa à l'intérieur d'un cadre multiplicateur GHKLM inséré dans le même circuit et dont les grands côtés GH, KL sont parallèles aux charbons (//a'. 5;). Le courant pénètre parle charbon AB, ferme l'arc électrique, descend en CI), remonte dans le cadre en (ilï, redescend en KL, de sorte qu'il a là même direction dans un fil verlical du cadre et dans le charbon le plus voisin. L'action électrodynamique exercée parle
LAMPE ÉLECTRIQUE DE JAMIN. i3i*
courant GHKL sur l'arc éleclrique BC, que nous considérerons comme un courant mobile, a pour effet de maintenir l'arc à l'exlrémîté des charbons. Pour nous en convaincre, considérons en particulier l'action de chacun des fils : i° les courants horizontaux HK et 1)G sont le premier parallèle et de même sens, le second parallèle et de sens contraire à l'arc électrique qui se trouve ainsi Fig. 57.
attiré par HK et repoussé par LM; les deux actions sont concordantes pour fixer l'arc à l'exlrémtlé supérieure BC des charbons ; 2° le courant GH, perpendiculaire i BC, est décomposé par le prolongement de BC en deux portions Cm et mil, dont la première repousse 1 I el la seconde attire le courant BC ; ces actions sont concordantes entre elles et avec les précédentes; 3° le courant descendant KL attire // J^ BC par sa portion Kn, le repousse par sa por- f J/ lion /iL et contribue encore à llner BC à l'ex- Irémité des charbons. Ajoutons enfin que les courants traversant les charbons eux-mêmes repoussent la partie contiguê BC du même courant et que l'action éleclrodynamique des charbons s'ajoute ainsi à celle de l'arc.
On peut démontrer expérimentalement l'existence de l'action directrice du cadre (que nous supposerons formé d'un grand nombre defils] en renversant, à l'aide d'un commutateur, la direction du courant dans le cpdre et non dans les charbons. L'action électrodynamique du cadre change alors de signe, el, comme elle l'emporte de beaucoup sur celle des charbons, l'arc est rejeté en AD où il ne tarde pas à s'éteindre. En rétablissant le courant dans le sens normal, l'arc est au contraire fixe en BCSi l'on fait communiquer les charbons parleur base, en les réunissant un instant en AD à faide d'un crayon de charbon, l'arc qui se produit d'abord en A est aussilét rejeté enBC.
Quand on change à la fois la direction du courant dans le cadre et dans les charbons, les actions électrodynamiques ne 8onl pas modifiées; par suite il n'y a aucun inconvénient à employer des courants périodiquement înter\'ertis, comme ceux de la plupart des machines dynamo-électriques.
i3»* APPLICATIONS DE L'ÉLECTRICITÉ.
La fi};. 58 montre la disposition pratique de la lampe Jauiiu. Quatre bougies électriques CD, CD', . . . sont disposées à Tintérieur d*un môme cadre multiplicateur EG et disposées de manière a brûler successivement. Les cbarbons D sont fiies; les cbarbons C peuvent se déplacer latéralement d*uae très petite <]iiantité quand la pièce métallique B qui les porte oscille sur son axe A. Les conununications électriques sont telles qu*une seule bougie CD est animée par le courant dont les Hèches indiquent la direction tant dans la bougie que dans le cadre.
La lampe est diîiposée de manière que les cbarbons se toucbent tant que le courant ne passe pas; mais, aussitôt qu'on lance un courant dans la lampe, un électro-aimant E, constitué par une lame de fer doux entourant la partie borizontaie du cadre, attire une palette F qui appuyait sur le support B des cbarbons mobiles, comme on le voit sur \^fig> 58 C; ce support se trouve déclencliè et les cbarbons s'écartent : Tarcélec- Irique est formé.
Lorsque la bougie qui fonctionne s*est consumée jusqu*au voisinage de sa base, Tare électrique arrivant au niveau delà vis II (y'V* i'>^IO> ^"*c dérivation sans résistance est offerte au courant [)ar l'intermédiaire de cette vis el la bougie s'éteini: mais, (lès (jue le courant cesse de [)asscr dans le cadre, la pa- Iclle \\ retombe sur le support II des charbons el ramène ceuxci au conlacl. Ou se trouve donc ramené aux conditions du début de rc\[)crieuc(\ cl |)ar le uicuh» mécanisme une seconde bougie s'allume. Ouaud les (|ualre bougies sont consuinéeN la |>alc(l(» \\ rclomhe sur le sup|)orl II; mais, comme il n'y a |)lus(le cliarbous d'une» longueur suriisanle pour arriver au cou lac'l, elle relouibe [)lus proloudéuient el, grûce à un levier L, couducleur (|u'elle rencontre (.//a'. "iSC), l'orme une dérivalioii sans résistance el nn»t la lampe hors du circuit. La macliiiu' (h iiamo-clcciri(|ue (|ui auimail la lam[)e peut donc continuera eu faire brûler d'autres : rexlinctiou de l'uue d'elles est sans aucun incouNcuient.
Le système .laniiu se prèle à la division de la lumière clectricjue. On a animé simultanément av(»c une seule machine (iramine de dimeusion onliuaire Go brûleurs, consomniant ensendjle 20 chevaux.
ilâlililJ
i34* APPLICATIONS DE L'ÉLECTRICITÉ.
La lumière des brûleurs provient, d'une pari, de Tare élec- Irique, ou de l'incandescence de parcelles de charbon transportées par le courant; d'autre part, de la combustion des charbons dans l'air. Le cadre multiplicateur employé par Jamio dirigcTarcélectrique, tandis qu'il est sans action sur la flamme. De plus, celle-ci présente des éclats, suivant que la combustion du charbon s'opère plus ou moins aisément. On peut éliminer la flamme et donner à l'arc toute la flxité désirable en renfermant les brûleurs dans des lanternes closes où l'air nepeutse renouveler. On évite aussi parla la formation de composés nitreux, dont Jamin a découvert la production dans ses expériences et qui, mêlés à l'air d'une pièce fermée,finiraienlpar le rendre irrespirable.
Nous rapprocherons des appareils précédents la lampe dite Soleil, qui est à la fois une lumière à arc et une lumière à incandescence. Elle se compose de deux crayons de charbon engagés obliquement dans une masse de calcaire dur, formé d'un assemblage de petits cubes; les pointes des charbons sont séparées par de la chaux ou de la magnésie. La substance réfraclairc est portée à l'incandescence parle passage de l'arc électrique et fournil une lumière jaune orangé rappelant c^lle (lu jour, et qui tranche absolument avec la couleur bleutée (les lampes à arc ou des bougies ordinaires. Les tableaux éclairés par la lampt^ Soleil conserv(Mit leurs tons à peu près exactement ; leur elTcl géni'Tal n'est pas modifié par cet éclairage arlificiel.
LAMPES A INCANDESCENCE. — Au lieu d'employer Tare électricjue, on utilise de plus en plus, pour Téelairage, l'incandescence développée dans une partie suffisamment résisianie d'un oircuil continu. L'idée d'éclairer par un fil de platine incandescent est d(\jà très ancienne, mais tons les essais tentés dans cette voie avaient échoué, par suite d'une altération de structure des fils qui forçait à les remplacer fréquemment.
La première lampe à incandescence qui ait fonctionné régulièremenl est due à M. Urnnier. Sous sa forme actuelle, elle est essentiellement constituée par un crayon de charbon « constamment a])pnyéparun mécanisme convenable contre un contact de bout A et un contact latéral B, qui lui amènent le