‹ Cours de physique de l'École polytechnique (volume 2)Chapitre 176 sur 211 · LAMPES A INCANDESCENCE · texte numérisé non relu

LAMPES A INCANDESCENCE

courant et limitent la région incandescente {fig. Sg). Ces lampes, ainsi que leurs congénères ('), fonctionnent dans l'air avec un éclat et une Tixité remarquables.

Plusieurs inventeurs ont eu l'idée de supprimer la combustion du charbon, en produisant l'incandescence dans le vide; mais M. Edison est le premier qui ait réussi à obtenir un lllamentdecliarbonassezrésislanlpoursupporter,sansse rompre, l'incandescence fréquemment répétée que doit comporter un appareil de ce genre pour être véritablement pratique. Le filament de charbon, delà grosseur d'un crin(^^. 60), est obtenu

Fig. S9.

Pig. 60.

par la carbonisation progressive de fibres d'une espèce de bambou. Ce filament F est serré à ses extrémités c, c' dans de petites pinces en platine, et l'on recouvre les points d'attaché d'une couche de cuivre galvanique, qui établit une continuité parfaite et une bonne conductibilité. On l'inlroduit ensuite dans un globe de verre de forme allongée, dans lequel on fail le vide à l'aide de pompes à mercure, el, vers la fin de l'opération, on porte le filamenlde charbon à l'incandescence pour expulser les dernières traces de gaz carbonés. L'appareil est

(■) Lrampcs Wcrdermann, N>pali, cic.

136* APPLICATIONS DE L*ÊLEGTRICITÊ.

ensuite fermé à la lampe et peut supporter une incandescence d*au moins un millier d'heures et de très fréquentes altemitives d*extinction et de rallumage sans être mis hors d'usage.

On peut substituer au bambou carbonisé d'Edison des filaments provenant de la carbonisation partielle de feailles de carton, chauffées entre des plaques de fonte (Maxim), desfiis de coton rendus plus consistants par Taction de l'acide sidhrique, puis chauffés au rouge dans des récipients en tem (Swan), des brins de chiendent carbonisés ou des Bbres t^ taies vulcanisées et imprégnées de chlorure de xinc (Lane Fox). La forme générale et les effets de ces divers appareils sont tout à fait analogues.

Les lampes à incandescence se prêtent k merveille à la division de la lumière électrique. Leur lumière jaune ùnng^ rappelle avec plus d'éclat celle du gaz et se prête aisément aux usages journaliers et domestiques.

En dehors des lampes d'Edison el de fleure congénères, les charbons employés pour la production de la lumière éiectriqoe sont toujours des charbons artificiels moulés par compressioo. Par une préparation convenable, on arrive à leur commaniqaer une bonne conductibilité et une homogénéité presqae^paN faite ; leur prix est relativement très bas. H. Carré emploie pour la confection de ces charbons une pâte formée d'un mélange intime de coke finement pulvérisé, de noir de fumée calciné et d'un sirop contenant 3o parties de sucre de canne el la parties de gomme. Les tiges obtenues doivent, avant d*étre livrées au commerce, être soumises à l'action prolongée et répétée de la ciialeur rouge.

La résistance moyenne des charbons artificiels est deo**^",^^ à c^^^jô par mètre; le charbon de cornue, employé autrefois, offre une résistance 20 fois plus grande.

IHTERSITÉ DE LA LUHliRE ÉLEGTBiaUE. -- SA DISTUBUTIOI BâlS

L'ESPACE. — Pour évaluer la puissance lumineuse d'une source, on la compare à un étalon de lumière convenablement choisi, à faide de procédés photométriques que nous avonsdécrils (*)• Happelons que Tunilé adoptée en France depuis les travaux

(') Voir t. III, 3- fa se,

INTENSITÉ DE LA LUMIÈUE ÉLECTRIQUE. iS;*

de Dumas et Regnault était la lampe Carcel allumée depuis un quart d'heure au moins, et brûlant ^os^ d'huile de colza épurée à l'heure. Les comparaisons effectuées sur cet appareil ont montré que son intensité lumineuse est constante à 2 ou 3 pour 100 au plus, et son usage prolongé, dans l'élude photométrique du gaz de l'éclairage, a établi sa parfaite commodité pour des mesures de ce genre. A l'étranger, on se servait couramment de la bougie comme lumière étalon; mais il semble que les variations relatives dont l'éclat de la bougie est susceptible sont notablement supérieures à celles de l'étalon Carcel. M. Violle a proposé une unité de lumière plus rationnelle que les précédentes: c'est la quantité de lumière émise par i«ïde surface de platine à la température de sa fusion.

On sait que cette unité a été adoptée par le Congrès des électriciens (*).

Une unité secondaire, défmie sous le nom de bougie décimale, est la vingtième partie de cet étalon absolu.

D'après M. Violle un bec carcel vaut

0,481 unités absolues.

9,62 bougies décimales.

8,91 candies (bougies anglaises de spermaceti).

7,89 kerzen (bougies allemandes).

On peut admettre que les lampes à arc, alimentées par des courants continus, fournissent dans les conditions normales environ 100 bougies décimales par ampère.

Dans Tévaluation de l'intensité d'une source lumineuse, il faut évidemment tenir compte de la répartition dans l'espace de la lumière qu'elle fournit. En étudiant sous ce point; de vue la lumière d'un régulateur entretenu par un courant continu, et dans lequel le charbon positif était placé en haut, M. Fontaine (') a obtenu les résultats représentés par la courbe A (yî^. 61). Cette courbe a été construite en portant dans la direction de chaque rayon vecteur l'intensité de la lumière mesurée dans cette direction. L'intensité atteint son maximum entre

(') Congrès international des électriciens {Comptes rendus des Travaux, p. 49^ 33a à 435 et 35i à 359). (•) FoNTAiNE,5eVi/ice« de la Société française de Physique, 1879 : p. 160.

X)" et ^o* de la verticHie inférieure; elle esl alors dix fois plus grande qu'à 135" de cetle direclion.La courbe symétrique a se rapporte au cas de courants alternatifs. Lesdeu\ coiirbesA eta correspondent, d'après M. Fontaine, à une même dépense df travail mécanique consommée pour l'entretien du courant. L(! cercles pointillé et ponctué ont respectivement des aireségties

Fi g. (

à relies des doux lourhes cl, par suite, représoiUcnt l'iiilonsité moyenne de la lumière dans les deux cas,

La /i^'. Cet, rclillivc à une lampe à incandescence, sïsléiiu'

Siomons, doiuie d'après les mêmes conventions que ci-de*sus, la distriliution liori^onlalo des intensités. Quant à la valeur

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