ROTATION D'UN ALMANT PARALLÈLE A SON AXE
C'est ce qu'on vérifie avec un aimanl dans l'appareil de la fig. 5o, en faisant arriver le courant par la pointe E, abaissée
jusqu'au niveau du mercure ; et, en plaçant l'aimant excentriquement en A {fig. 02), il se met à tourner.
L'ACTION ÉLECTROMASHÉnaUE S'EXERCE SUR LE CONDUCTEUR DU COURANT. — Remplaçons dans Texpérience de la fig. 49 le conducteur linéaire par un conducteur creux, une sorte de vase de cuivre renversé. Le courant est amené par le pivot sur lequel le vase métallique repose en équilibre, et s'échappe par ses bords dans une cuvette annulaire. On peut se demander si l'introduction de l'aimant N'S'. produira ou non la rotation électromagnétique du vase dans les conditions où le conducteur linéaire se mettrait à tourner. De deux choses l'une, ou bien les actions électromagnétiques agissent sur la matière du conducteur traversé par un courant, et alors le conducteur creux doit tourner sur son pivot comme le ferait individuellement chacun des conducteurs dans lesquels on peut le décomposer par des plans infiniment voisins, passant par l'axe ; ou bien ces forces ne s'exercent que sur l'électricité en mouvement, et n'entraînent d'ordinaire les conducteurs que parce que l'électricité ne peut s'échapper dans la direction normale à leur surface : comme cette impossibilité n'existe plus dans l'expérience actuelle, le vase devrait alors demeurer immobile. L'expérience prouve qu'il tourne et justifie ainsi la première hypothèse. Le moment de la force qui sollicite le conducteur creux ne diffère pas du moment de la force qui s'exercerait sur un conducteur linéaire réunissant tout le courant et appliqué arbitrairement sur la surface du conducteur creux.
Il v a lieu d'insister sur la différence absolue de nature des
7ï LES AIMANTS.
aclions clecIroKlaliqucs qui loiideiit seulement â déplacer l'éleciricité dans les conducteurs, el des actions électromagnétiques qui s'exercent sur les conducteurs mêmes du courant.
BOTiTIOH ÏLECTBOlUBlliTiaTrE DES ÉLECTBOLTTU. — Dc même qu'un conducteur a deux ou trois dimensions, un liquide peut aussi tourner sous l'inlluence d'un aimant ou d'un courant. C'est ce qui a été étahli d'abord par Davj- (') pour le mercure, ensuite par Schweigger (') pour les électrolyles. Les rotations électromagnétiques des liquides ont élé étudiées spécialement par Berlin (•), â l'aide de l'appareil suivant :
Un vase annulaire V {ftf;. 53), destiné à recevoir le liquide sur lequel on veut expérimenter, par exemple une dissolution
Fig. 53.
de sulfate dc cuivre, contient deux électrodes atmulaires concentriques i et e dont on peut k volonté inlervertir le rôle par le moyen d'un commutateur. La cavité centrale du vase peut
(') Davv, Annales de Chimie cl de Physique, i" série, I. X\V, p. G^:
{■) SciiWEcoaEii, Journal de Schiveîgger, t. \LVII1, p. 34i; 183O.
(') Bertcm, Annales de Chimie el de Physique, 3' strie, t. LV. p. îu',. iS'jg; l. LVIII, p. 90, i8l")o; 4' série, 1. \VI. p. 71. iS'Kj. cljoiirnal tic Physique, I" série, t. Vit, p. i5i, 187S.
ROTATION DES ÉLECTROLYTES. 73
recevoir un aimant permanent ou un électro-aimant H. Enfin on voit autour du vase une bobine horizontale G destinée à produire les rotations électrodynamiques. Des flotteurs, portant de petits pavillons/?, demeurent immobiles dans le vase (|uand on fait passer à travers le liquide des courants centripètes ou centrifuges, mais se mettent à tourner autour de Taxe de l'appareil dès qu'on anime Télectro-aimant intérieur. Le sens de la rotation change avec la direction centripète ou centrifuge du courant et s'effectue toujours vers la droite de l'observateur d'Ampère placé dans le courant et regardant le pôle austral de l'aimant.
7l LES AIMANTS.