PHOTOPHONE
qu'oQ aperçoit une trace noire, on déplace le crayon en le promenant sur toute la surface. La résistance de la couche de
sélénium qui réunit les deux rubans décrolL dans un rapport très considérable par l'effet de l'illuminalion.
Le sélénium n'est pas le seul corps dont la résistance électrique varie, par l'action de la lumière : MM. Mercadier et Chaperon (') ont constitué de fort bons photophones avec des lames minces de sulfure d'argent, et établi que la propriété photophonique appartient, quoique à un degré moindre, au sulfure d'élaîn, au phosphate de zinc et à l'oxyde de cuivre. HM. Graham Bell et Tainter (') avaient déjà découvert la même propriété dans le noir de fumée et le noir de platine. Un récepteur au noir de fumée est formé d'une plaque en verre argenté, sur laquelle on détache une couche métallique par un trait en zigzag très étroit, de manière à figurer deux peignes métalliques enchevêtrés l'un dans l'autre. La plaque ainsi préparée est ensuite recouverte de noir de fumée, et placée sur le trajet d'un courant, dans le circuit d'un téléphone. Cette disposition rappelle celle des microphones. Les vibrations sonores produisent danscedernierappareil le même
(') MincADiEH et Cbaperon, Journal de Phyiique, i' série, l. IX, p. 336; 1S90.
(') CftAirAK Bell, Comptes rendu* de l'Académie des Sdeneei, 1. CXII, p. 1106, 18S1; et Journal de Physique, ■■ série, t. X, p. 370.
i8o* APPLICATIONS DE L'ÉLECTRICITÉ,
cffel qui résulte de l'aclion inlermitteule des rayons lumineux ou caloriEîques dans le pholophone au noir de fumée.
TEEKHOPHONE. ~ IJJen que l'éleciricilé ne joue aucun nJle ilniis les appareils qu'il nous resle à décrire, nous ne les séparerons pas des précédents, avec lesquels ils présentcDl une i analogie incontestable, lis ont été étudiés, en particulier, pir j M. Graham Bell et par M. Mcrcadier ('). Quand on fait tom- ] her un faisceau lumineux intermittent sur un corps solide i peu prùs quelconque, il se produit un son musical dout k nombre de vibrations est égal à celui des intermittences- Cm sons, excessivement faibles en général, peuvent (Mre considérablement renforcés en augmcnlanl le pouvoir ahsorbuni pour la ctiatcur de la surface solide active et en régularisant lo^ tibrations par l'emploi d'un tube résonant. La Jiff. 79 représente la disposition employée par M. Mercadier. Les ravoii* lumineux parallèles S, provenant par exemple de la luniii-re de Drummond, sont reçus d'abord sur un disque tournanl II ea verre recouvert d'une feuille opaque, dans laquelle on > ménagé un certain nombre d'ouvertures sur l'un des cercl« concentriques. S'il y a, par exemple, trente ouvertures sur l'un des cercles et si le disque fait dix tours par seconde, Ifs rayons lumineux qui rencontrent le disque seront interceptés et rétablis trois cent fois par seconde. I.e rayon, rendu intermittent par le disque, tombe sur un récepteur A formé d'une plaque P en mica enfumé sur sa face postérieure. On écoule 1 à l'extrémité d'un tube de caoutchouc par le pavillon C
L'air contenu dans le tube est périodiquement échauffé par les rayons calorifiques que le noir de fumée absorbe. Il éprouve des dilatations suivies de condensations qui mettent en vibration la colonne aérienne tout entière et produisent le son perçu. M. Mercadier s'est assuré que seuls les rayons calorifiques jouissent de la propriété de faire parler le tber mophone, à l'exclusion des radiations lumineuses très réfnngibles et des rayons ultra-violets dont l'énergie caloriBque est, on le sait, négligeable.
C) Hbrcadieb, Journal de Phytique, >" série, t. X, p. SI, iJ7eti3i;
THERMOPHONE. i8i*
On peut utiliser Jcs actions tlicrmophoniques pour la reproduction de la parole. A cet effet, on reçoit les rayons solaires, ou ceux d'une source S suflisamment puissante, sur une
plaque argentée très mince P fermant l'embouchure d'un porle-voix T dans lequel on parle {Jig- 79)- Le miroir P
devient successivement concave et convexe; ses vibrations se traduisent par un épanouissement plus ou moins marqué et,
i8a' APPLICATIONS DE L'ÉLECTRICITÉ,
par suilo, par une variation d'intensité du faisceau réfléchi. Ce dernier esl concentré par une lenlillc L sur un récepteur l formé d'un petit lube de verre contenant intérîeuremenl une lame de mica enTuniée m. Les variations d'intensité de la radiation reçue en m produisent le même effet que les inlermitlences dans les expériences précédentes : la colonne d'air vibre el l'oreille placée îi l'emboucliure o perçoit non seulement un bruit, mais la parole elle-même, avec ses arliculalions et son timbre. La disposition ingénieuse de cette expérience est due à M. Mercadier.
THÉORIE D'UN SEUL FLUIDE. i83*